Presses universitaires de Rennes

  • Du milieu du XIXe siècle au Front populaire, la désignation, dans la presse ou dans les bulletins de sociétés savantes, de la « grande voyageuse », puis de l'« exploratrice » et enfin de la « sportive » comme figure emblématique du voyage lointain atteste d'un processus de démocratisation et d'individualisation de l'aventure des femmes. Ce livre se propose de questionner ces glissements terminologiques pour y observer les mécanismes d'élargissement socioculturel d'une pratique féminine de loisir. Ainsi, par la lecture privilégiée de leurs récits de voyage, cette étude souhaite faire apparaître les composantes économiques, les savoir-faire techniques, les organisations intellectuelles et scientifiques, les usages corporels, les modes, les goûts et appétits de ces dames du voyage lointain. À travers l'expérience d'un accident culturel vécu dans l'ailleurs, proposent-elles au retour une autre façon d'être au monde, un autre style de vie ? Histoire de transgressions en somme, d'émancipation, de territoires conquis et perdus, d'indépendance ou d'enfermement, l'histoire des femmes en aventure est toujours associée à des représentations de l'espace lointain, mais aussi à la perspective d'un « autrement » dans un va-et-vient constant dans l'imaginaire, entre l'incertitude d'un devenir et le désenchantement possible de ce qui semble déjà là.

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