Gilles Martin-Chauffier

  • Nous sommes à Rome, juste à l'heure où elle va dominer le monde, au septième siècle, au temps de César.
    C'est la capitale du monde, une ville immense et monstrueuse où s'observent et se haïssent Crassus, Cicéron, Catulle, Pompée, César ou Caton.
    Spartacus vient d'être tué, Cléopâtre est en ville, l'ambition et la violence sont en ménage, l'art et le sexe s'entendent comme la vis et l'écrou.
    Tous les vices qui rendent la vie irrésistible s'épanouissent quand les vertus qui la rendent pénible s'évanouissent.
    Cicéron a fait de la morale son fonds de commerce, se présentant comme la voix du peuple alors qu'il est un défenseur acharné du Sénat et des intérêts de l'aristocratie.
    Publius Claudius Pulcher, héritier de la famille la plus noble de Rome, se fait adopter par un esclave, change son nom en Clodius, se fait élire tribun de la plèbe et chasse Cicéron de Rome.
    Cicéron prend le parti de Pompée, Clodius celui de César. La guerre entre eux dura dix ans et la République n'y survécut pas.
    Leur lutte est racontée ici par un philosophe grec, Metaxas, l'ami le plus brillant et le plus sarcastique de Clodius qui le fait venir d'Athènes à Rome pour lui écrire les discours qui lui permettront d'affronter Cicéron à armes égales dans des joutes oratoires où il oppose la démocratie réelle de Clodius à la démocratie formelle de son adversaire.
    Metaxas tombe sous le charme de cette ville merveilleuse, accueillante, féminine et effrayante. Puis il va découvrir le sort des capitales qui règnent sur le monde  : quand elles n'ont plus d'ennemis étrangers à leur mesure, elles se suicident.
    Voici ses Mémoires, qui racontent la chute de la République romaine et la mort de Cicéron.

  • Une femme hors du commun - inspirée par la grand-mère de l'auteur - se remémore et nous raconte son incroyable existence.
    1938. Alors que le destin de l'Europe s'apprête à basculer à Munich, un voilier anglais accoste sur l'Ile-aux-Moines. A son bord, Charles Evans et sa fille Marge. La jeune fille anglaise rencontre là deux jeunes Bretons, Blaise de Méaban et son meilleur ami Mathias. Elle épouse Blaise et, se croyant enceinte, ne peut l'accompagner à Londres lorsqu'il s'embarque pour répondre à l'Appel du Général de Gaulle. Esseulée, elle fait alors de Mathias son amant - et le véritable père de son fils. Ce trop lourd secret de famille et les guerres feront le reste...
    De la débâcle 1940 à l'épuration en passant par la déportation, de la guerre d'Indochine aux Jeux olympiques de 1964 en passant par la guerre d'Algérie, ce trio amoureux traverse un quart de siècle où la petite histoire se mêle à la grande. On y lit la lâcheté et l'opportunisme des hommes, mais aussi leur grandeur. Marge, joueuse et intrépide, délurée, tolérante et libre, raconte leurs choix et leurs trahisons, leurs défaites et leurs victoires, leurs joies et leurs amertumes. Elle aura fait de sa vie une fête galante et incarné une certaine idée de la France. Marge, à la marge des conventions ; Marge, au centre de tous ces destins.

  • Dans la «  Cité noire  » de Versières, territoire oublié par la République, un adolescent d'origine maghrébine est retrouvé mort en bordure d'une voie de RER. La veille, il avait été poursuivi par un jeune gardien de la paix. Tout semble indiquer que ce dernier n'y est pour rien, mais qu'importe  : les jeux sont faits. La police, la famille, les grands frères, la mairie, les avocats, la presse, les «  consciences  » - tous s'en mêlent, chacun y cherche son compte mais personne ne semble se préoccuper de l'essentiel  : qui est le véritable coupable  ?
    De l'Élysée au ministère de l'Intérieur, d'un commissariat à une piscine de luxe en passant par la rédaction d'un magazine d'information, L'Ère des suspects nous conduit au coeur d'une société du mensonge et du faux-semblant où les «  victimes  » servent de dépouilles médiatiques aux tartuffes qui nous gouvernent.
    Entre thriller politique et comédie du pouvoir, Gilles Martin-Chauffier signe ici son Bûcher des vanités à la française  : un roman ambitieux sur les impostures de notre temps.

  • Aujourd'hui la Catalogne s'embrase contre Madrid. Et si demain une nouvelle fièvre s'emparait des régions françaises contre Paris ?
    Gilles Martin-Chauffier détricote le roman national et montre comment la Bretagne s'est laissée avaler par la France lors du mariage de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. Le duché est alors séduit par la culture et la clarté françaises qui vont dominer l'Europe. Lessivé par les grandes guerres maritimes contre l'Angleterre, il sera à la pointe de la Révolution mais ses prêtres refuseront de prêter serment car la Bretagne est une terre éprise de liberté. Demain, malheureusement pour les Jacobins, "la question bretonne, la corse, la basque, l'alsacienne, la savoyarde et d'autres, martiniquaise ou polynésienne vont apparaître. La Bretagne va ressusciter et la France, vieille, fatigante, lui donnera la main pour s'émanciper".  
    Breton d'origine, Gilles Martin-Chauffier réclame la sécession de la Bretagne parce que justement nous avons perdu notre esprit français: "La France a désormais des mièvreries de pharisienne déguisée en carmélite. Au lieu de chantonner elle morigène. Sermons, morale et bien-pensance envahissent l'espace."
    Ce pamphlet brillantissime, inscrit dans une perspective historique est signé par l'une des meilleures plumes françaises. Et bretonne.

  • En janvier 1994, un secrétaire d'Etat décide de publier un livre. Il choisit de signer une biographie de Barbey d'Aurevilly. Un journaliste va l'écrire pour lui. En trois mois, l'affaire est dans le sac. Au-delà de l'apparence brillante du ministre anticonformiste, son " nègre " va peu à peu découvrir le député-maire cynique d'une commune de la banlieue parisienne.
    La corruption est-elle le monopole des princes qui nous gouvernent ou s'étend-elle à tous ceux qui la connaissent sans pour cela s'en émouvoir ? Dans la salle à manger privée du Président de la République ou dans les salons d'honneur du Quai d'Orsay, au Grand Véfour avec un jury littéraire ou dans une église occupée par des sans-logis, à sa conférence de rédaction ou chez son élégant éditeur, partout, le journaliste se trouve confronté à la question.
    Quand le Canard Enchaîné révèle son rôle, la comédie change hélas de registre. L'amoralisme frivole d'un Parisien cultivé se heurte soudain à des intérêts qui ne prennent pas la vie pour une plaisanterie. Alors apparaît le vrai visage de la France : une société de castes en apparence exquise, en réalité cruelle.
    Gilles Martin-Chauffier est né en 1954. Son précédent roman, Une affaire embarrassante, a obtenu le prix Jean Freustié. Il est rédacteur en chef Paris Match.

  • Hervé de Varsala est un blanc-bec du XVIe arrondissement de Paris bouffi de morgue, "golden boy" en herbe qui, à dix-huit ans, devient l'assistant de Richard (ex Rachid) Trabani, homme d'affaires libanais, puis le gigolo de son épouse - alors qu'il ferait mieux de passer son baccalauréat, comme ne cesse de le lui répéter son père, rédacteur en chef du Figaro... La fascination que ce milieu, facile, dévoyé, et dangereux exerce sur lui lui fera acquérir une connaissance parfaite des indélicatesses et autres délits d'initiés auxquels sont mêlés les très proches du président. Après la chute et le suicide de Bertrand de Vigneuse, la justice convoque le très jeune Hervé de Varsala. Une affaire embarrassante est un roman politique - et à clefs - et ce trousseau fait du bruit. Il révèle au grand public les secrets de la stratégie boursière et la psychologie particulière de cette "jet society" dorée qui ne vit que de compromissions et puise ses forces dans la politique et le caviar à la louche.

  • Sait-on ce qui se trame dans le XVIIIe arrondissement de Paris ? Ce qui se passe dans les cours d'immeubles, les caves et les étages de l'ensemble Artois-Picardie ?
    Le commissaire Kergénéan, cynique et manipulateur, n'en croit pas ses oreilles quand on lui annonce l'enlèvement d'un jeune juif du quartier. Une guerre des gangs ? Une autre affaire Ilan Halimi ? Et si l'on avait juste un peu dérangé le chaos naturel du trafic de drogue ? Que cache Hassan, le premier de la classe ? Qui protège Anne-Marie, la professeure du collège, une égérie de la mode qui aurait mal lu le Coran ?
    Du bureau dy ministre de l'Intérieur au parvis d'un cité, en passant pas les suites du Bristol, Gilles Martin-Chauffier aime écrire là où ça fait mal, entre hypocrisie des uns et paranoïa des autres. En ces temps de montée de l'extrémisme, voici Paris en temps de paix. Le pacte républicain dans le hachoir du communautarisme subventionné. Drôle de paix...

  • Que se passe-t-il quand l'animateur vedette de Canal-Première, un bourgeois parisien à l'humour cinglant, invite un « beur » star du foot dans son émission ? En apparence, tout oppose Richard Tessler, dont les livres de chevet sont Machiavel et Baltasar Gracian, qui manie la langue comme une arme de combat, et l'ailier droit de l'équipe de France, Hassan Elgann, au physique de pharaon émacié, le crâne rasé, le verbe rare, rivé à son clan familial de Saint-Xavier dans le 93. En apparence, seulement. Il est au moins un rêve que ces deux fauves ont en commun : Delphine, blonde aux jambes affolantes, aussi cynique que Tessler dont elle ne fera qu'une bouchée. En la raccompagnant chez elle, Richard voit ce qu'il n'aurait pas dû voir : une émeute dans la cité où un enseignant se fait molester puis tombe dans le coma. La police cherche les responsables et surtout leur commanditaire. Richard sera-t-il impliqué ?
    Alors la bluette entre « happy few » des plateaux télé vire à la série noire. Chacun verra son passé resurgir. On découvrira, au passage, que tout le monde ment. Et se ment. Tessler a effacé toutes traces de ses origines, le clan Elgann flirte avec le banditisme, Delphine est une manipulatrice hors pair. Mais au juste qui manipule qui ?
    Avec le brio et la causticité qu'on lui connaît, Gilles Martin-Chauffier ne décrit plus seulement les coulisses du Tout-Paris médiatique, il aborde ici les problèmes de notre société contemporaine : en fustigeant les consciences morales qui prennent les banlieues pour le théâtre de leurs ambitions, il pose les questions gênantes. Comment s'intégrer à la société française ? Et que vous arrive-t-il quand on s'affranchit des règles ?

  • Romancier, Gilles Martin-Chauffier est l'auteur de six romans dont, chez Grasset, Les Corrompus qui a obtenu le prix Interallié en 1998. Il est également rédacteur en chef de Paris-Match.

    Depuis Bel-Ami de Maupassant, rien n'a vraiment changé. A Paris, on aime, on trahit, on se venge.
    Voici une affaire d'Etat où l'on retrouve un jeune ministre charmeur et corrompu, qui doit autoriser une campagne en Afrique d'expérimentation d'un vaccin contre le Sida. Un Falstaff anglais, à l'allure de gentleman-farmer endimanché, tirant sur le cigare et les notes de frais, sorte de Vautrin qui arrange les compte occultes d'une entreprise agissant au nom de l'intérêt de la France. Un juge, métallique et impitoyable, qui voudrait voir tomber les têtes. Quel spectacle ! Serait-ce un cloaque où l'on échange des informations et des comptes numérotés à Lugano ? Les dessous impudiques d'un régime grignoté par la corruption ? Rien n'échappe au stylo vitriolé de l'auteur : aucun ridicule, aucune petitesse des princes qui nous gouvernent.
    Et pourtant on ne saurait être indifférent à la voix de la narratrice, Arielle de Kergantelec, engagée malgré elle dans cette transaction où elle perdra son honneur, ses illusions, et l'homme qu'elle admire, son breton de père, un homme honnête au pays des scélérats. Arielle, rouée mais innocente, charmeuse mais dépassée. D'un voyage ministériel en Egypte à une piscine de la Place Vendôme, d'un boudoir truffé de micros à la roche de Solutré escaladée par les apôtres du Sphinx, d'une prison pour femmes à une banque de Lugano, le romancier, proche du réel, ausculte notre République finissante. Le trait semble cruel... Mais si nous en étions vraiment arrivés là !

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