République des Lettres

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. "Écrire l'histoire de Marie-Antoinette, c'est reprendre un procès plus que séculaire, où accusateurs et défenseurs se contredisent avec violence. Le ton passionné de la discussion vient des accusateurs. Pour atteindre la royauté, la Révolution devait attaquer la reine, et dans la reine la femme. Or, la vérité et la politique habitent rarement sous le même toit, et là où l'on veut dessiner une figure avec l'intention de plaire à la multitude, il y a peu de justice à attendre des serviteurs complaisants de l'opinion publique. On n'épargna à Marie-Antoinette aucune calomnie, on usa de tous les moyens pour la conduire à la guillotine; journaux, brochures, livres attribuèrent sans hésitation à la «louve autrichienne» tous les vices, toutes les dépravations morales, toutes les perversités; dans l'asile même de la justice, au tribunal, le procureur général compara pathétiquement la «veuve Capet» aux débauchées les plus célèbres de l'Histoire, à Messaline, Agrippine et Frédégonde." - Stefan Zweig.

  • Dans la Vienne du début du siècle, il n'est pas un bibliophile qui ne connaisse Jakob Mendel, catalogue vivant de l'ensemble du savoir imprimé. Monomaniaque à la mémoire prodigieuse, affreusement peu doué en affaires, il est affligé d'une boulimie bibliographique qui fait de lui un homme précieux. Perpétuellement installé à la table d'un café du vieux Vienne dont il a fait son quartier général, il délivre ses expertises érudites à tous les amateurs ou spécialistes qui ont le bon sens de venir le consulter.
    La Première Guerre mondiale va mettre sens dessus dessous l'univers de Mendel, et le précipiter brutalement dans le monde des vivants, dont il n'a jamais rien appris.

  • Le Joueur d'échecs est l'un des derniers écrits de Stefan Zweig et a été publié en 1942, après sa mort au Brésil, où il s'était réfugié pour échapper aux persécutions de l'Allemagne nazie. Il y raconte l'histoire d'un homme qui n'a survécu à l'enfermement (arrêté par la Gestapo) qu'en imaginant des parties d'échecs, jusqu'à épuiser littéralement sa mémoire...
    Un des récits les plus célèbres de Zweig, étudié aujourd'hui dans les lycées.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. Extrait: "Un jeune neurologue étudie l'explication de l'hystérie. Plus rapidement qu'il ne le croit, ce problème lui découvre ses abîmes. Mais là, dans ces profondeurs, un nouveau problème se présente à lui: l'inconscient. Il l'examine et il se trouve que c'est un miroir magique. Quel que soit l'objet spirituel sur lequel il projette sa lumière, il lui donne un sens nouveau. Ainsi armé d'un don d'interprétation sans égal, mystérieusement guidé par une mission intérieure, Freud avance d'une révélation à une autre, d'une vue spirituelle à une nouvelle, plus vaste et plus élevée, et toutes ces découvertes s'enchaînent naturellement pour former un tableau d'ensemble du monde psychique." - Stefan Zweig.

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  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. Recueil de trois essais sur Hlderlin, Kleist et Nietzsche. Une similaire et tragique destinée rapproche ces trois grands génies créateurs. Friedrich Hlderlin, dans une haute conception de la poésie, refusa de transiger avec la vie pratique et s'éteignit dans la misère et la folie. Henrich von Kleist ne put mettre que par le suicide un terme à l'antagonisme qui existait entre les impulsions de sa nature et les impératifs de de son rationalisme. Friedrich Nietzsche, le "philosophe au marteau", solitaire et incompris, sombra également dans la folie. Usant d'une autre méthode que dans "Trois maîtres" (Balzac, Dickens, Dostoievski), mais comme il l'a déjà fait dans "Trois poètes de leur vie" (Stendhal, Casanova, Tolstoï), Stefan Zweig qui fut l'un des tenants de la biographie psychanalytique donne ici une interprétation riche en images de ces trois hautes figures de l'esprit luttant avec leur démon intérieur.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. Dans une pension de la Riviera où réside le narrateur, la très réservée Mme Henriette, honorablement connue et mère de famille, vient de s'enfuir avec un jeune séducteur. Les pensionnaires s'étonnent de la rapidité de l'aventure et personne n'arrive à croire qu'une honnête femme puisse ainsi abandonner son foyer après quelques heures seulement de conversation avec un inconnu. Seul le narrateur ne condamne pas la femme immorale, bientôt rejoint par une vieille dame anglaise distinguée. Celle-ci lui raconte alors un épisode de sa jeunesse analogue à celui qui met en émoi la petite pension, se remémorant une aventure amoureuse de vingt-quatre heures, aussi étrange que passionnée. Le récit, où l'on trouve une évocation remarquable de l'atmosphère des casinos de l'époque, est animé par une analyse psychologique particulièrement profonde.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. "La santé, pour l'homme, est une chose naturelle. La maladie, au contraire, s'introduit subitement en lui comme une étrangère, se rue à l'improviste sur l'âme effrayée et agite en elle une foule de questions. Car puisque cet ennemi inquiétant vient du dehors, qui l'a envoyé ? Se maintiendra-t-il, se retirera-t-il ? Peut-on le conjurer, l'implorer ou le maîtriser? (...) Ce livre ne prétend aucunement être l'histoire systématique de toutes les méthodes de guérison psychique. Il nous est seulement donné d'exposer ici comment une pensée se développe chez un individu, comment elle le dépasse et prend son essor dans le monde. (...) Nous nous sommes contenté de choisir trois personnalités qui, chacune par une voie différente, et même opposée, ont pratiquement réalisé sur des centaines de milliers d'êtres humains le principe de la guérison par l'esprit : F. A. Mesmer par la suggestion et le renforcement de la volonté de guérir, Mary Baker-Eddy par l'extase de la foi, Sigmund Freud par la connaissance de soi et l'élimination des conflits psychiques inconscients." - Stefan Zweig

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. "Bien qu'ils aient été écrits dans une période qui s'étend sur dix ans, ce n'est pas le hasard qui réunit en un seul volume ces trois essais, consacrés à Balzac, Dickens et Dostoïevski. Un projet unitaire vise à montrer les trois grands et, à mon sens, les seuls romanciers du XIXe siècle comme des "types" qui, précisément à cause des contrastes entre leurs personnages, se complètent et, peut-être, élèvent le concept de romancier, de créateur épique d'un monde au niveau d'une forme distincte. [...] Le romancier, au sens le plus noble, le plus élevé du terme, ne peut être que le génie encyclopédique, l'artiste universel qui bâtit tout un cosmos et installe, à côté du monde terrestre, son propre univers, avec ses types humains spécifiques, ses lois de gravitation, son firmament. Qui imprègne de son être chaque personnage, chaque événement, au point qu'ils ne deviennent pas seulement typiques pour lui mais qu'ils ont, pour nous aussi, une telle puissance d'évocation que nous sommes souvent tentés de qualifier en fonction d'eux des événements et des gens - à propos de personnes réelles nous dirons: une figure balzacienne, un personnage à la Dickens, une nature dostoïevskienne. Chacun de ces artistes façonne une "loi de la vie", une conception de la vie à travers la multitude de ses personnages, dans une perspective si unitaire qu'il est en fait à l'origine d'une nouvelle forme du monde. Montrer cette loi secrète, cette genèse des personnages dans son unité cachée, c'est ce que j'ai tenté de faire dans mon livre, qui pourrait porter comme sous-titre: Psychologie du romancier." - Stefan Zweig.


  • Nietzsche

    Stefan Zweig

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. "Tout esprit créateur est inévitablement amené à entrer en lutte avec son démon, et c'est toujours un combat passionné, héroïque, le plus magnifique de tous les combats. Souvent cette lutte grandiose et mystérieuse dure toute une vie. Elle prend sa forme visible dans l'oeuvre de l'artiste, où vibre le souffle ardent des noces de l'esprit et de son éternel séducteur. C'est chez le créateur qui lui a succombé que le démon réussit à se dégager de l'ombre, devient verbe et lumière; c'est chez lui que s'affirment le plus nettement ses traits passionnés. Friedrich Nietzsche, le "philosophe au marteau", solitaire et incompris, sombra dans la folie, terrassé par son démon intérieur. Quand un artiste se trouve dans ce cas, il en naît un art particulier, qui jaillit comme une flamme, un art fait d'ivresse, d'exaltation, de fièvre, de fureur, d'élans spasmodiques de l'esprit qui n'appartiennent d'habitude qu'au pythique et au prophétique; le premier indice de cet art c'est toujours l'exagération, la démesure, l'éternel désir de se dépasser, d'atteindre l'infini. Nietzsche est de cette race prométhéenne qui force les cadres, brise les barrières de la vie et se détruit elle-même dans la passion et l'excès: le regard étrange et fiévreux du démon flamboie au fond de ses yeux, le démon parle par ses lèvres. Il parle même encore en lui lorsque ces lèvres sont muettes, quand son cerveau est éteint, quand son corps est mourant; jamais l'hôte effroyable qui l'habite n'est plus visible qu'au moment où son âme se déchire, écartelée par l'excès de souffrance, et que la vue y plonge par la déchirure jusque dans les profondeurs les plus intimes." - Stefan Zweig.

  • Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. Cet ouvrage est à la fois une contrepartie et un complément. "Le Combat avec le démon" montrait en Hlderlin, Kleist et Nietzsche trois variantes d'une nature tragique, agitée par une puissance démoniaque, qui, faisant aussi bien abstraction d'elle-même que du monde réel, s'attaque à l'infini. "Les trois maîtres", Balzac, Dickens et Dostoïevski, représentaient des types de constructeurs épiques de l'univers, qui, dans le "cosmos" de leurs romans, juxtaposent une seconde réalité à celle existante. La route que suivent ici les "Trois poètes de leur vie" ne conduit pas comme chez les précédents dans le monde réel ou dans l'infini, mais elle les ramène simplement à eux-mêmes. Ils sentent instinctivement que la mission essentielle de leur art n'est pas de dépeindre le macrocosme, la plénitude de la vie, mais de dérouler devant le monde le microcosme de leur moi: aucune réalité n'est plus importante pour eux que celle de leur propre existence. Aussi, tandis que l'écrivain qui crée un monde, celui qui se tourne vers l'univers fond sa personnalité dans l'objectivité de ses représentations au point de la rendre invisible, celui qui sent subjectivement, dont les pensées sont dirigées vers son moi, y verra la fin de toute chose et sera avant tout le peintre de sa vie. Quelle que soit la forme qu'il choisisse, le drame, l'épopée, le poème lyrique ou l'autobiographie, inconsciemment, il fera toujours de son moi le médium et le centre de ses ouvrages. Avant tout il se représentera dans ses descriptions. Mettre en évidence ce type de l'artiste occupé de lui-même, et son genre artistique essentiel, l'autobiographie, voilà le but que nous nous sommes tracé dans la présente trilogie. Stefan Zweig.

  • Fouché

    Stefan Zweig

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. Né en 1759, élève des Oratoriens de Nantes puis professeur à Arras où il rencontre Carnot et Robespierre, Joseph Fouché est élu député à la Convention aavant de réprimer férocement l'insurrection de Lyon en 1793. Accusé de zèle terroriste par Robespierre, il rallie ses opposants. Nommé ministre de la Police en 1799, il participe activement au coup d'Etat de Bonaparte et conserve son portefeuille sous le Consulat. Se distinguant par son cynisme et ses abus de pouvoirs, incontournable depuis l'affaire de la "machine infernale", il demeure ministre durant l'Empire. Ayant mis au point des méthodes d'investigation redoutables, maître absolu dans le domaine des renseignements et des tractations souterraines, il obtient en 1809 le ministère de l'Intérieur, tout en conservant la Police. Mais en raison de sa trop grande puissance occulte, Napoléon se ravise et lui supprime ses fonctions ministérielles tout en le faisant duc d'Otrante. Très surveillé, puis exilé à la Restauration malgré ses manoeuvres, il meurt à Trieste en 1820.

  • Balzac

    Stefan Zweig

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. Biographie d'Honoré de Balzac. "C'est seulement à son oeuvre que l'on peut juger la vie réelle de Balzac. Celui qui parut un fou à ses contemporains fut en réalité l'intelligence artistique la plus disciplinée de l'époque; l'homme que l'on raillait comme le pire des prodigues fut un ascète avec la persévérance inflexible d'un anachorète, le plus grand travailleur de la littérature moderne. Le hâbleur dont ils se moquent, eux les gens normaux, bien équilibrés, parce qu'il jette de la poudre aux yeux et fait le malin en public, a, en réalité, fait surgir de son cerveau plus de choses que tous ses confrères parisiens pris ensemble; c'est le seul homme peut-être dont on peut dire sans exagération qu'il s'est tué au travail. Jamais le calendrier de Balzac n'a été d'accord avec celui de son temps: quand pour les autres c'était le jour c'était pour lui la nuit, quand c'était la nuit pour les autres c'était le jour pour lui. Son existence ne se déroule pas dans le monde vulgaire, mais dans le sien propre, celui qu'il a créé; le vrai Balzac, seuls les quatre murs de sa cellule de travail l'ont connu, observé et étudié. Aucun contemporain ne pouvait écrire sa biographie, ses oeuvres l'ont écrite pour lui." - Stefan Zweig.

  • Érasme

    Stefan Zweig

    Texte intégral révisé suivi d'une biographie de Stefan Zweig. "Érasme, Grandeur et décadence d'une idée" est d'abord une biographie historique du plus célèbre des humanistes de la République des Lettres, que Stefan Zweig suit depuis sa jeunesse jusqu'à sa mort. Mais plus que le récit linéaire d'une vie, ce qui l'intéresse, c'est de mettre en lumière les idées, la mission d'Érasme, ce qu'il appelle son "legs spirituel": un idéal de tolérance qui s'oppose au fanatisme sous toutes ses formes, religieux, national ou philosophique. A travers Érasme, c'est la Renaissance qu'il évoque, et aussi la Réforme, formidables bouleversements dans l'histoire des idées. Mais surtout, en 1935, quand ce livre sort en français, Stefan Zweig vit en exil à Londres, et il voit se profiler sur son pays, l'Autriche, puis sur toute l'Europe, la menace du cataclysme qui, déclenché par Hitler, ne va pas tarder à s'abattre. Sa méditation sur l'humanisme d'Érasme vaincu par le fanatisme de Luther prend alors toute sa force et sa dimension tragique. Achevant son livre, l'écrivain, voulant une dernière fois croire en la raison et en la justice, écrivait: "Ils seront toujours nécessaires ceux qui indiquent aux peuples ce qui les rapproche par-delà ce qui les divise et qui renouvellent dans le coeur des hommes la croyance en une plus haute humanité."

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