Langue française

  • "Ettore Majorana m'est "tombé dessus" lorsque je commençais mes études de physique. À lui seul, il incarne la contradiction la plus radicale qui fût jamais apportée à tout ce qui est ordinairement considéré comme ordinaire chez les physiciens. Il est une singularité pure, qui a surgi dans l'Italie des années vingt, au moment où la physique venait d'accomplir sa révolution quantique et de découvrir l'atome.
    Né en 1906, Majorana fut un théoricien fulgurant. Ses travaux sur l'atome et l'interaction nucléaire ont fait date. En 1937, il publia même un article prophétique dans lequel il envisage l'existence de particules d'un genre nouveau, qui pourraient résoudre la grande énigme de la matière noire.
    Ce jeune homme maigre, aux yeux sombres et incandescents, était considéré comme un génie de la trempe de Galilée. Mais de tels dons ont leur contrepoids : Majorana ne savait pas vivre parmi les hommes, et c'est la pente pessimiste et tourmentée de son âme qui finit par l'emporter. À l'âge de trente et un ans, il décida de disparaître et le fit savoir. Une nuit de mars 1938, il embarqua sur un navire qui effectuait la liaison Naples-Palerme et se volatilisa."
    Étienne Klein est parti sur les traces de Majorana, à Catane, Rome, Naples et Palerme. Il a rencontré des membres de sa famille, fouillé les archives, analysé les travaux scientifiques, avec le secret espoir que ce personnage romanesque cesserait enfin de se dérober.
    Physicien, docteur en philosophie de sciences, Étienne Klein dirige le Laboratoire de recherches sur les sciences de la matière du CEA. Il est notamment l'auteur des Tactiques de Chronos et de Discours sur l'origine de l'Univers.

  • Aujourd'hui la Catalogne s'embrase contre Madrid. Et si demain une nouvelle fièvre s'emparait des régions françaises contre Paris ?
    Gilles Martin-Chauffier détricote le roman national et montre comment la Bretagne s'est laissée avaler par la France lors du mariage de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. Le duché est alors séduit par la culture et la clarté françaises qui vont dominer l'Europe. Lessivé par les grandes guerres maritimes contre l'Angleterre, il sera à la pointe de la Révolution mais ses prêtres refuseront de prêter serment car la Bretagne est une terre éprise de liberté. Demain, malheureusement pour les Jacobins, "la question bretonne, la corse, la basque, l'alsacienne, la savoyarde et d'autres, martiniquaise ou polynésienne vont apparaître. La Bretagne va ressusciter et la France, vieille, fatigante, lui donnera la main pour s'émanciper".  
    Breton d'origine, Gilles Martin-Chauffier réclame la sécession de la Bretagne parce que justement nous avons perdu notre esprit français: "La France a désormais des mièvreries de pharisienne déguisée en carmélite. Au lieu de chantonner elle morigène. Sermons, morale et bien-pensance envahissent l'espace."
    Ce pamphlet brillantissime, inscrit dans une perspective historique est signé par l'une des meilleures plumes françaises. Et bretonne.

  • La France est le pays des réformes mais aussi de l'humour absurde.  À la prochaine rentrée scolaire, une nouvelle réforme de l'orthographe, décidée il y a 26 ans, entrera en vigueur. C'est dire combien les mots empruntent le chemin des écoliers. L'irrésistible Jean-Loup Chiflet s'attaque, crayon à la main, à cette nouvelle usine à gaz : la réforme de l'orthographe.  Dans cet essai pataphysique, à la fois aigu et grave, il fait non seulement l'éloge de l'accent circonflexe mais décortique aussi drôlement les réformes de la langue française de 1635 - 1694 - 1740 - 1835 - 1867 - 1901 - 1908 - 1935 - 1977 - 1981 - 1983 - 1989 - 1990  et rédige les prochaines réformes qui vont défigurer notre paysage lexical. Une logique poussée jusqu'à l'absurde.
    Dans la grande tradition de l'humour d'Alphonse Allais, un pamphlet délirant et érudit destiné aux amoureux des mots, aux cancres en orthographe et aux parents exaspérés.
     

  • Les Français croient au paradis : la retraite ! Une vie entretenue par les jeunes générations d'actifs et vouée aux loisirs, aux voyages, à la méditation. Mais « peu de gens savent être vieux », affirmait La Rochefoucauld. Aussi un traité sur l'art de la retraite s'impose-t-il dans un monde où l'on vit de plus en plus longtemps. Antoine-Pierre Mariano a rêvé lui aussi à cet état de liberté. Il a cru au bonheur de l'oisiveté. Il a découvert l'horreur de la retraite, de l'exclusion dans une époque atteinte de "jeunisme". À travers son double, Benoit Saint Gulliez, il décrit toutes les étapes du retraité : le pot de départ, le bal des hypocrites, l'abandon du costume et de la cravate pour le pantalon de velours, nouvel uniforme de l'inactif qui s'endort dans le confort. Une existence consacrée aux courses dans les supermarchés, à la télévision, aux vacances avec des vieux, aux parties de bridge qui se transforment en compétitions sanglantes, à la philatélie, au bricolage. Un musée des horreurs pour celui qui se sent encore actif et en bonne santé. Et, en plus, il faut rester dans le coup à l'époque de la révolution numérique.
    Ce petit pamphlet plein d'humour et de dérision dénonce l'un des lieux communs de notre époque. La retraite est un purgatoire avant l'enfer du déclin. Retraités de tous les pays, unissez vous pour continuer à travailler, à vivre tout simplement !

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