Les Éditions Noir sur Blanc

  • New York, 3 novembre 1954. Dans quelques jours, le centre d'immigration d'Ellis Island va fermer. John Mitchell, son directeur, reste seul dans ce lieu déserté, remonte le cours de sa vie en écrivant dans un journal les souvenirs qui le hantent : Liz, l'épouse aimée, et Nella, l'immigrante sarde porteuse d'un très étrange passé. Un moment de vérité où il fait l'expérience de ses défaillances et se sent coupable à la suite d'évènements tragiques. Même s'il sait que l'homme n'est pas maître de son destin, il tente d'en saisir le sens jusqu'au vertige.
    À travers ce récit résonne une histoire d'exil, de transgression, de passion amoureuse, et de complexité d'un homme face à ses choix les plus terribles.
    Venue à l'écriture par la poésie, Gaëlle Josse publie son premier roman Les heures silencieuses en 2011 aux éditions Autrement, suivi de Nos vies désaccordées en 2012 et de Noces de neige en 2013. Également parus en édition de poche, ces trois titres ont remporté plusieurs prix, dont le Prix Alain-Fournier en 2013 pour Nos vies désaccordées. Ils sont étudiés dans de nombreux lycées et collèges, où Gaëlle Josse est régulièrement invitée à intervenir. Le roman Les Heures silencieuses a été traduit en plusieurs langues et Noces de neige fait l'objet d'un projet d'adaptation au cinéma.
    Gaëlle Josse est diplômée en droit, en journalisme et en psychologie clinique. Après quelques années passées en Nouvelle-Calédonie, elle travaille à Paris et vit en région parisienne. Elle anime, par ailleurs, des rencontres autour de l'écoute d'oeuvres musicales et des ateliers d'écriture auprès d'adolescents ou d'adultes. Le dernier gardien d'Ellis Island est son quatrième roman, et le premier publié par Notabilia.

  • Deux récits se dessinent dans L'ombre de nos nuits, avec au centre un tableau de Georges de La Tour. En 1639, plongé dans les tourments de la guerre de Trente Ans en Lorraine, le peintre crée son Saint Sébastien soigné par Irène. De nos jours, une femme, dont nous ne saurons pas le nom, déambule dans un musée et se trouve saisie par la tendresse et la compassion qui se dégagent de l'attitude d'Irène dans la toile. Elle va alors revivre son histoire avec un homme qu'elle a aimé, jusque dans tous ses errements, et lui adresser enfin les mots qu'elle n'a jamais pu lui dire. Que cherche-t-on qui se dérobe constamment derrière le désir et la passion ?
    En croisant ces histoires, Gaëlle Josse met au coeur de son roman l'aveuglement amoureux et ses jeux d'ombre qui varient à l'infini.
    Après le succès du Dernier gardien d'Ellis Island, prix de littérature de l'Union européenne 2015, Gaëlle Josse poursuit avec ce cinquième roman son exploration des mystères que recèle le coeur.

  • Préface de Dinaw Mengestu
    Dédié à celle qu'elle n'a jamais eue, Lettre à ma fille est une succession de courts textes décrivant les souvenirs qui ont façonné la vie exceptionnelle de Maya Angelou. Féministe avant l'heure, et après une enfance et une adolescence marquée par la violence, elle écrit avec le coeur de millions de femmes qu'elle considère comme ses soeurs de combat. La littérature la sauvera et l'amènera à être la première étudiante noire d'une école privée. Puis elle fréquentera le milieu intellectuel noir-américain et deviendra une grande militante de la condition des femmes noires. C'est grâce à l'écrivain James Baldwin qu'elle se mettra à écrire après la mort de Martin Luther King et deviendra l'auteure que l'on connaît aujourd'hui.
    Dans ce captivant récit, l'auteure nous fait partager ses combats et les épreuves qui ont forgé son caractère dans la compassion et le courage.
    Maya Angelou fut poète, écrivaine, actrice, enseignante et réalisatrice. En 2013, en tant que militante des droits civiques américains, elle a reçu le National Book Award pour « service exceptionnel rendu à la communauté littéraire américaine ». Elle est décédée le 28 mai 2014 à l'âge de 86 ans.

  • La condition pavillonnaire nous plonge dans la vie parfaite de M.-A., avec son mari et ses enfants, sa petite maison. Tout va bien et, cependant, il lui manque quelque chose. L'insatisfaction la ronge, la pousse à multiplier les exutoires : l'adultère, l'humanitaire, le yoga, ou quelques autres loisirs proposés par notre société, tous vite abandonnés. Le temps passe, rien ne change dans le ciel bleu du confort. L'héroïne est une velléitaire, une inassouvie, une Bovary... Mais pouvons-nous trouver jamais ce qui nous comble ? Un romand profond, moderne, sensible et ironique sur la condition féminine, la condition humaine.
    Sophie Divry est née en 1979 à Montpellier. Elle vit actuellement à Lyon. Après La Cote 400, traduit en cinq langues, La condition pavillonnaire est son troisième roman.

  • Dans un petit studio mal chauffé de Lyon, Sophie, une jeune chômeuse, est empêtrée dans l'écriture de son roman. Elle survit entre petites combines et grosses faims. Certaines personnes vont charitablement l'aider, tandis que son ami Hector, obsédé sexuel, et Lorchus, son démon personnel, vont lui rendre la vie plus compliquée encore. Difficile de ne pas céder à la folie quand s'enchaînent les péripéties les plus folles.
    Après la mélancolie de La condition pavillonaire, Sophie Divry revient avec un roman improvisé, interruptif, rigolo, digressif, foutraque, intelligent, émouvant, qui, sur fond de gravité, en dit long sur notre époque.
    Sophie Divry est née en 1979 à Montpellier. Elle vit actuellement à Lyon. Après La Cote 400, traduit en cinq langues, et le succès de La condition pavillonnaire, Quand le Diable sortit de la salle de bain est son quatrième roman.

  • « Toujours est-il que nous sommes immobiles chacun dans son trou. En un million d'années la mouche non plus n'a pas appris à échapper à l'araignée.»
    Dans Discours à la nation, Ascanio Celestini évoque une nouvelle fois la relation entre la classe dominante et la classe dominée, mais renverse ici son point de vue : cette fois, ce sont les puissants qui parlent. Des discours d'un cynisme suffoquant débarrassés de leur vernis de respectabilité, qui se révèlent d'un grotesque aussi comique qu'effrayant. La docilité du peuple, la démission des syndicats, le marché globalisé, sont aussi mis en situation dans le livre. Celestini met le doigt sur les aberrations de nos sociétés modernes.
    Les pages de ce livre tintinnabulent comme un trousseau de clés. Au coeur de chaque histoire, il y a une image, le ton noir de la fable, une vertigineuse parabole anarchique (ou anarchiste) : des mots qui ouvrent en grand des portes dans la tête du lecteur.
    Avec sa langue inimitable, à la fois tendre et vipérine, d'une poésie sautillante, d'un humour ravageur ; avec sa conscience politique et un véritable amour des « petites gens » ; avec son sens aigu de la musicalité des mots, Ascanio Celestini a construit en quelques années une grande oeuvre.
    Ascanio Celestini a 42 ans et vit à Rome. Cinéaste, dramaturge, écrivain, il est l'un des acteurs les plus connus du théâtre narratif en Italie. Son film La pecora nera, adaptation cinématographique de La brebis galeuse (éditions du Sonneur, 2010), a été remarqué à la Mostra de Venise en 2011 et a reçu le prix spécial du festival du film italien d'Annecy. Il a écrit cinq livres, tous publiés en Italie par les éditions Einaudi. Il a reçu en octobre 2013, le prestigieux Prix de la critique en Belgique pour l'adaptation théâtrale du Discours à la nation. Son roman Lutte des classes a été publié à l'automne 2013 chez Notabilia.

  • « Si nous voulons changer le roman, c'est avant tout pour le plaisir. » Sophie Divry
    Ce livre a pour but de discuter quelques idées reçues qui pèsent sur la conscience de l'écrivain français contemporain qui, il faut l'avouer, a un lourd héritage. Cette réflexion, si elle relève avant tout de la théorie littéraire, n'a au fond d'autre but que de dire que le roman n'est pas mort, et que la littérature vaut le coup. Face aux plaintes répétées des « déclinologues » qui ne prouvent que leur propre perte de foi et laissent le lecteur dans un découragement démobilisateur, Sophie Divry propose des solutions pour refaire du roman un lieu de recherche et d'aventures. Elle partage ses idées pour une littérature plus exigeante, plus vivante et plus tenace, plus nécessaire aux auteurs comme aux lecteurs.
    Sophie Divry est née en 1979 à Montpellier et vit actuellement à Lyon. Après quatre romans très remarqués - La cote 400 ; Journal d'un recommencement ; La condition pavillonnaire et Quand le Diable sortit de la salle de bain - l'auteur signe son premier essai avec Rouvrir le roman.

  • Avec Ascanio Celestini, l'écriture est une féerie de la création. Son roman Lutte des classes en est un magistral exemple. Quatre personnes qui vivent dans le même immeuble, où se mêlent loufoquerie et désastre, nous racontent leurs histoires entremêlées.
    Ascanio Celestini est né en 1972 et vit à Rome. Cinéaste, dramaturge, écrivain, il est l'un des acteurs les plus connus du théâtre narratif en Italie. Son film La pecora nera, adaptation cinématographique de La brebis galeuse (éditions du Sonneur, 2010), a été remarqué à la Mostra de Venise en 2011 et a reçu le prix spécial du festival du film italien d'Annecy. Il a écrit cinq livres, tous publiés en Italie par les éditions Einaudi.

  • Un détenu converse avec son gardien et lui rapporte les aventures affreuses et édifiantes de l'un de ses compagnons de cellule, le Nègre Dingo Africain, et celles d'autres infortunés prisonniers. Il décide de préparer un discours. On ne sait ni quand ni comment il pense pouvoir le prononcer, ni à qui il entend l'adresser : à ses concitoyens, à l'État, au juge qui l'a fait échouer en prison, à cause d'un délit vraisemblablement mineur. Je me suis levé et j'ai parlé est une exploration de l'univers carcéral, le récit d'une inhumanité et de ses injustices. Une société qui tourne le dos à la vérité et nourrit ainsi l'inégalité, la répression, où la violence des dominants triomphe de l'espoir d'un monde plus juste.
    Ascanio Celestini est né en 1972 et vit à Rome. Cinéaste, dramaturge, écrivain, il est l'un des acteurs les plus connus du théâtre narratif en Italie. Son film La pecora nera, adaptation cinématographique de La brebis galeuse (éditions du Sonneur, 2010), a été remarqué à la Mostra de Venise en 2011 et a reçu le prix spécial du festival du film italien d'Annecy. Il a écrit cinq livres, tous publiés en Italie par les éditions Einaudi. Il a reçu en octobre 2013, le prestigieux Prix de la critique en Belgique pour l'adaptation théâtrale du Discours à la nation.

  • Qui était vraiment Friedrich Nietzsche ? Il y a dans sa biographie un trou de trois mois, et c'est là que se trouve peut-être la réponse. En effet, Nietzsche est victime d'une cabale internationale ourdie par Wagner, Lou Salomé, Freud et autres Illuminati, auxquels, moyennant une légère torsion historique, viennent s'ajouter Staline et Atatürk. En 1882, afin d'échapper à cette meute, le philosophe prétend partir pour la Sicile, mais s'embarque en fait pour Chypre. Incognito. À moins que ce ne soit contraint et forcé, puisque, selon une autre hypothèse, captif du rêve d'un lecteur de Zarathoustra, il est entraîné malgré lui dans cette île au statut ontologique douteux. Quoi qu'il en soit, il y passera trois mois indescriptibles, que Le coeur de la terre, roman halluciné et hallucinant, s'emploie à décrire.
    « Tout ce qui a trait à ce livre que nous soumettons à la curiosité du lecteur ne serait-il pas en fait parfaitement normal ? Ne serait-ce pas plutôt quelque chose dans la structure même de la réalité qui grince sinistrement, quelque chose dans le féerique enchaînement des causes et des effets qui commence à craquer, séparant irrémédiablement le narrateur de son histoire, l'histoire de la narration et le monde de notre représentation du monde ? »
    Svetislav Basara, écrivain, éditorialiste, ex-diplomate, né en 1953, est le grand trublion de la littérature serbe. Il est à ladite littérature ce que le triangle des Bermudes est à la navigation : un risque permanent de se voir englouti par une dimension qui n'était pas à l'ordre du jour. Sa poétique exalte avec drôlerie l'absurde omniprésent et fait pressentir derrière celui-ci un mystère dont la nature métaphysique est attestée par certains de ses admirateurs et contestée par d'autres.
    Préface d'Eric Naulleau

  • Un père et son fils cherchent à se faire une place l'un auprès de l'autre dans une nouvelle vie à la campagne. Mais comment peuvent-ils espérer en leur avenir si le fils refuse de bien travailler au lycée et si le père néglige son rôle de parent ? L'arrivée inopinée d'un dénommé Hans, un « ami » de longue date, personnage équivoque aux méthodes étranges, bouscule leur vie et lui donne un sens insoupçonné.
    Le roman entrelace obsessions et métaphores sur le mythe d'OEdipe et nous donne à mesurer à quel point le passage à l'âge adulte transfigure la réalité. De son ton dérangeant, Denis Michelis cisèle dans cette tragicomédie une critique drôle et acerbe de notre conception de la réussite familiale, sociale et amoureuse.
    « Si j'avais eu le choix, poursuit mon vieil âne de père, je t'aurais laissé filer sur la longue route, mais les pères doivent prendre soin de leurs fils, c'est ainsi depuis toujours. Même si c'est un fils comme toi. »
    Denis Michelis est journaliste, écrivain et traducteur. Il vit à Paris. Le bon fils est son deuxième roman après La chance que tu as (Stock, 2014) qui a connu un écho important de la part de la critique et des libraires.

  • Jefferson Woodbridge avait débarqué à Paris à vingt ans avec l'intention de devenir un romancier américain célèbre. Quelques décennies plus tard, on le retrouve, désabusé, obscur tâcheron du monde de l'édition qui apprécie ses qualités de nègre et de traducteur. Lorsque le docteur Moreno lui annonce qu'il sera aveugle dans les six mois, cela lui apparaît comme une délivrance : « Ainsi donc je n'aurai plus jamais le temps de m'ennuyer », se dit-il, en prenant la décision d'aller mettre fin à ses jours à Buenos Aires.
    La proximité de la mort fait également ressurgir le souvenir de Magdalena, la première femme, peut-être la seule, qui ait compté dans sa vie. Une jeune femme solaire, fantasque et insaisissable dont l'apparition un samedi soir au métro Mairie de Montreuil l'avait ébloui. Comme dans un rêve, il se souvient d'avoir vécu avec Magda la vie de bohême à Paris. Un jour elle avait disparu.

  • José Cantoná, être grotesque et dérisoire entretenu par son vieux père, n'a rien d'un héros. Mais l'assassinat de Pedro Akira, leader de l'opposition au régime dictatorial du président de la République du Miranda, le très minuscule Don Tomás Del Pito, va changer son destin. Sosie parfait du charismatique Akira, le voilà convaincu de se mettre dans la peau du héros, dont la mort n'a pas été rendue publique, afin de jeter à bas le régime pitiste.
    Que se passe-t-il quand il tombe amoureux de sa belle et silencieuse infirmière, Ada ? Qu'arrive-t-il à un imposteur qui peu à peu incarne le personnage qu'il joue ? Pourchassé par ses ennemis (les tueurs de Del Pito, les militaires, les narcotrafiquants, les escadrons de la mort) et trahi par ses amis, le faux Akira prend la fuite avec sa belle. Dès lors, le roman avec ses épisodes hilarants se transforme en un thriller effréné, où la mort guette à chaque instant.
    Satire violente de certains régimes latino-américains, Trois cercueils blancs est porté par une voix sauvage et imprévisible.

  • Pour Tom, il y aura désormais un avant et un après. Dans la fracture du temps, dans les profondeurs d'un hôpital de Stockholm, un corps dévasté, comme un autre lui-même, est arraché à tous ses liens terrestres. Mais au-delà des moindres signes cliniques émerge encore, par moments, la conscience d'une femme aimée, Karin, qu'il faut délivrer d'urgence de l'enfant qu'elle porte. Sa famille, ses amis veillent dans l'ombre, séparés d'elle, mis à nu devant la finalité obscure des jours.
    Dans l'après, malgré les douleurs de la perte, les tourments, et les complications de la vie civile, Tom se consacre à la petite Livia et revit par la pensée ses années auprès de Karin, s'évertuant à ranimer partout la jeune femme.
    /> À mille lieues du pathos et des poncifs sentimentaux, Tom Malmquist a ciselé un texte fort et vrai. Grâce à ses observations justes et fines, il évoque toute la gamme des nuances et des sensations qui restituent l'être aimé dans la mémoire et même dans la chair des jours. Voici un livre sur l'énigme indéchiffrable de l'existence.
    Acclamé unanimement par la critique lors de sa sortie, le premier roman de Tom Malmquist est finaliste pour le Grand Prix de littérature du Conseil nordique 2016. Il a été vendu dans une dizaine de pays.
    Tom Malmquist (né en 1978) est poète et musicien. Il a déjà publié deux recueils de poèmes : Sudden death (2007) et Fadersmjlken (Le lait paternel) (2009). Avec À tout moment la vie, encensé par les lecteurs et les critiques, il nous offre un livre qui fait partie des meilleurs livres jamais écrits en suédois sur le deuil.

  • Un événement des plus extraordinaires pousse le narrateur à rouvrir le journal qu'il avait abandonné par inertie naturelle profonde, moins par souci de témoigner que pour faire front contre ce qui semblerait vouloir lui voler la vedette. Lui, un marginal qui se sent agir sur tout et tous comme un éteignoir, se remet donc à l'écriture, replié dans l'appartement où il vit, sans travail, sans le sou, misanthrope et égoïste mais moins par conviction que par l'effet d'une solitude que rien n'allège. Entièrement livré à ses pérégrinations intellectuelles nourries de lectures diverses et à ses errances dans Montréal, son être éparpillé se fait le réceptacle des préoccupations médiocres et dérisoires d'un monde boursouflé.
    En quelque cent pages, le lecteur est entraîné dans une sorte de féérie ratée du moi, un faux-journal fou furieux de fantaisie et d'imagination, déversé en une logorrhée joyeuse, souvent franchement drôle, et avec une légèreté qui ne s'encombre de rien, une langue singulière, inspirée, pleine de contrastes et de dérision. Il y a un je-ne-sais-quoi de joueur et par là de très rafraîchissant, une gaieté envers et contre tout, dans ce Journal d'un psychotronique qui oscille entre volonté de néant et volonté de grandeur, désenchantement et allégresse - comme si le spectacle d'une hypothétique fin du monde était, finalement, assez réjouissant pour que personne ne regrette d'être venu.
    « Je pourrais le jurer : ma présence provoque le ralentissement, jusqu'aÌ l'interruption momentaneìe des événements, je suis une masse nuageuse, je suis une panne de courant. Je l'ai remarqueì plus de cent fois, c'est une tare, c'est peut-être inneì, inscrit dans mes codes : il ne se passe presque rien laÌ ouÌ j'apparais, et moins encore quand j'y reste un peu. »
    Né à Montréal en 1972, Aleksi K. Lepage écrit depuis qu'il connaît l'alphabet, sans autre ambition ni projet que de s'amuser avec les mots. Cette lubie et quelque hasard l'ont mené au journalisme culturel, à la chronique et à la critique, dans les pages du quotidien La Presse notamment, où il a sévi pendant plus de quinze ans.

  • Jeune et brillant doctorant en littérature française, Ludovico est attelé à la rédaction d'une thèse qui l'ennuie jusqu'au jour où il découvre l'existence probable d'une fin différente au roman utopique L'Autre Monde écrit par Cyrano de Bergerac en 1657. Se procurer la version inédite de cette conclusion lui assurerait une entrée fracassante dans la carrière universitaire et rachèterait sa morne existence de fils de bonne famille, désabusé, érotomane par cynisme et flirtant dangereusement avec l'alcoolisme. Il est à la fois le représentant et le témoin écoeuré du naufrage de sa génération, celle de l'Italie berlusconienne. Son seul îlot d'authenticité se trouve dans la relation complice qu'il entretient avec sa soeur cadette, Umberta, où se joue et se déjoue sans cesse, entre ironie et amour vrai, la tentation de l'inceste.
    « Un roman ambitieux, une encyclopédie des croyances et désillusions du temps présent, une analyse convaincante et scrupuleuse de l'asphyxie de l'Italie actuelle. » Daniele Giglioli, Il Corriere della Sera
    Né en 1973 à Gênes, en Italie, Filippo D'Angelo vit depuis 2001 en France. Spécialiste du libertinage, il a enseigné la littérature française. La fin de l'autre monde est son premier roman.

  • « " Devant moi, suis-je tentée de dire maintenant, il n'y a que le passé. Une tentative véritablement folle de faire s'écouler le temps à rebours."
    Tout commence par le goût métallique d'une pièce de monnaie sur la langue d'une enfant, par le doigt de la mère lui fouillant la bouche pour lui ôter cette pièce, premier souvenir d'une conscience qui s'éveille parmi les chiens et les oiseaux, dans une grande maison carrée de la Caroline du Sud, où derrière les rideaux de mousseline, sous la glycine et les magnolias, vivent Eve, ses frères, ses parents, tous ces êtres qui passent dans le monde comme des rêves. Et tout s'achèvera dans un autre siècle, dans les vieux paysages dévastés, lorsque la mère devenue poussière se sera abîmée dans sa vie intérieure, dans les décombres de ses poèmes.

    " Parfois, en lisant, elle était submergée par la beauté et pleurait. Parfois je pense que la beauté la rendait folle. "

    Devenue vieille et maigre à son tour, assise au même petit bureau où elle a vu sa mère souffrir de n'être pas Baudelaire, Mallarmé ou Rimbaud, Eve brûle ses dernières forces à ressusciter le passé, à exhumer le monde perdu dans l'espoir de parachever l'oeuvre de sa mère et d'offrir un peu de paix à cette âme déchirée. C'est ainsi que du fond de cette terre tragique, dont rien de bon n'était censé sortir, s'élèvent les visages anciens, renaissent les parfums, les couleurs, les bruits et les sensations d'une vie en partage. Et c'est dans ces interstices de la pensée où toutes les époques convergent, dans le langage mystérieux du souvenir, et non pas dans les cahiers noircis de poèmes, que l'oeuvre véritable s'élabore : la mère chercha l'art dans les espaces infinis de l'idéal, mais l'art était dans la vie et les choses minuscules, dans les mille petits riens de chacun, à la portée immédiate de la main. »
    Sylvain Trudel
    Sam Savage vit dans le Wisconsin. Il est l'auteur du phénoménal Firmin (Actes Sud, 2009), traduit dans une quinzaine de langues, et de La Complainte du paresseux (Actes Sud, 2011). Il a obtenu un doctorat en philosophie à l'université Yale.


  • Deux jours de vertige est le récit d'une tempête. Il faut d'abord franchir les murs de cette élégante maison de campagne où se réunit une bande d'amis le temps d'un week-end ; puis repérer la belle et flottante Sara, juste au moment où elle apprend que l'amant qui l'a précipitée dans un état d'errance en la quittant sera de la partie. C'est là, au coeur des émois de Sara, que se joue l'essentiel de ce roman qui s'attache moins à raconter des événements qu'à se livrer à une minutieuse description des états de l'être dans sa perméabilité et ses imperceptibles fluctuations au gré des rencontres, de la lumière du jour, du temps qu'il fait.
    Le désir de trouver un équilibre dans cette mouvance infinie, ballotté dans une incessante agitation intérieure, confronté au monde et en premier lieu à l'autre, tel est ce qu'Eveline Mailhot parvient à rendre palpable dans ce huis clos psychologique vertigineux.
    Eveline Mailhot a grandi à Montréal, elle y a étudié la philosophie ainsi qu'à Bruxelles et à Paris. À la fin de ses études elle a travaillé en tant que rédactrice dans différents milieux. Après son recueil de nouvelles, L'amour au cinéma, Eveline Mailhot signe avec Deux jours de vertige son premier roman.

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