Littérature générale

  • En novembre dernier, Annick Cojean publiait dans les colonnes du Monde un article terrifiant : Esclave sexuelle de Khadafi. Une jeune femme de 22 ans, belle et traquée, racontait comment à 14 ans, le Guide Suprême, « Papa Mouammar » la repérait dans son école, lui caressait les cheveux et la désignait ainsi comme son esclave sexuelle à vie. Violée, frappée, forcée par son maître de consommer avec lui cocaïne et alcool, elle ne pourra s'échapper de cet enfer que peu avant la Révolution.
    Une vie gâchée ? Une seule ? Non, des centaines, peut-être plus. Nul ne le sait, tant ce sujet est tabou. Ce que révèle la journaliste Annick Cojean dans ce document sans précédent, est au sens propre inouï : dans les coulisses d'une dictature, dans le lit national d'un tyran drogué en permanence, tyran d'opérette mais vrai meurtrier, nous plongeons en caméra subjective dans un système d'esclavagisme sexuel, entre prostitution, corruption, terreur, viols, crimes, dont les victimes sont des jeunes femmes qui en sortent meurtries à jamais.
    Annick Cojean a mené secrètement l'enquête à Tripoli, aidée par une poignée de femmes révoltées, dans cette prison à ciel ouvert.

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  • « Je ne serais pas arrivée là si... Quelques mots anodins qui posent une question vertigineuse. Qu'est-ce qui m'a faite, défaite, marquée, bouleversée et sculptée ? Quel hasard, rencontre, accident, trait de caractère, lecture, don, peut-être aussi quelle révolte, ont aiguillé ma vie ? Quelle joie m'a donné des ailes ? Ou peut-être quel drame ? A moins qu'il m'ait dévastée, qu'il m'ait fallu me battre, plonger et rebondir. Ai-je poursuivi un rêve ? Des anges ont-ils veillé sur moi ? Et mes parents ? Quel fardeau ou quelle chance ? Oui, comment se construit une vie ?
    A 25 femmes magnifiques, j'ai lancé ce petit bout de phrase, et 25 ont accepté de la poursuivre. Juliette Gréco et Christiane Taubira, l'une haïe par sa mère, l'autre galvanisée par sa mémoire. Virginie Despentes et Amélie Nothomb. Patti Smith et Marianne Faithfull. Agnès b. et Claudia Cardinale. Joan Baez et le rabbin Delphine Horvilleur. L'écrivaine turque Asli Erdogan et l'actrice britannique Vanessa Redgrave. La pianiste Hélène Grimaud, la maire de Paris Anne Hidalgo, l'avocate et prix Nobel iranienne Shirin Ebadi, la féministe Eve Ensler, les comédiennes Nicole Kidman et Dominique Blanc...
    Elles se racontent avec une sincérité bouleversante. Quels ont été leurs principaux ressorts ? Qu'ont-elles appris de la vie? Et que peuvent-elles partager avec les jeunes filles qui les liront et qui, elles aussi, ont bien l'intention d'imposer leur voix dans un monde dont les règles sont forgées par les hommes ? Ce livre se voudrait inspirant pour toutes les femmes.
    Et parce que l'interview est un exercice à deux, basé sur l'échange - de regards et de confidences -, l'intervieweuse est contrainte de s'interroger. Je ne serais pas arrivée là... si je n'avais eu une maman incroyable d'amour et de tendresse, de vitalité et d'optimisme. C'est évidemment à elle que je dédierai ce livre. »

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  • Gisèle Halimi : Soixante-dix ans de combats, d'engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd'hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l'injustice demeure, qu'elle est plus que jamais intolérable. Gisèle Halimi revient avec son amie, Annick Cojean, qui partage ses convictions féministes, sur certains épisodes marquants de son parcours rebelle pour retracer ce qui a fait un destin. Sans se poser en modèle, l'avocate qui a toujours défendu son autonomie, enjoint aux femmes de ne pas baisser la garde, de rester solidaires et vigilantes, et les invite à prendre le relai dans le combat essentiel pour l'égalité à l'heure où, malgré les mouvements de fond qui bouleversent la société, la cause des femmes reste infiniment fragile.
    Depuis l'enfance, la vie de Gisèle Halimi est une fascinante illustration de sa révolte de « fille ». Farouchement déterminée à exister en tant que femme dans l'Afrique du Nord des années 30, elle vit son métier comme un sacerdoce et prend tous les risques pour défendre les militants des indépendances tunisienne et algérienne et dénoncer la torture. Avocate plaidant envers et contre tout pour soutenir les femmes les plus vulnérables ou blessées, elle s'engage en faveur de l'avortement et de la répression du viol, dans son métier aussi bien que dans son association « Choisir la cause des femmes ». Femme politique insubordonnée mais aussi fille, mère, grand-mère, amoureuse... Gisèle Halimi vibre d'une énergie passionnée, d'une volonté d'exercer pleinement la liberté qui résonne à chaque étape de son existence.
    « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque » : ces mots de René Char, son poète préféré, pourraient définir Gisèle Halimi, cette « avocate irrespectueuse », et sa vie de combats acharnés pour la justice et l'égalité.

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