Langue française

  • Ce poème est issu et traduit de la production poétique contemporaine syrienne. Le Port a Jauni poursuit ainsi son exploration du champ poétique arabe, de la poésie du désert qui date d'avant l'islam (Mu'allaqa, un poème suspendu, mars 2019) à la poésie moderne dialectale (avec la série des Roubaiyat, 5 recueils publiés depuis 2015) et jusqu'à la poésie contemporaine syrienne, très belle et très triste en même temps (Tireurs sportifs, 2018). L'Arbre dont j'ignore le nom est une méditation du poète sur l'exil et l'oubli. L'exil et l'incapacité à dire dans une autre langue, les « mots sont pauvres, ils montent et descendent comme le hoquet d'un nourrisson dans le brouillard d'une autre langue ». L'exil et le souvenir d'histoires familiales qui permettent d'évoquer ce que l'on fut, là d'où l'on vient. L'exil et la violence subie, « l'épouvante devant la vengeance des serpents blessés ». L'exil et son attente, l'exil est son silence, au point que la peur est devenue tristesse.

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  • Tireurs sportifs est un long poème écrit par Golan Haji dans les premières années de la révolte syrienne, après 2011. Les vers s'égrènent, chapelet d'observations minutieuses du quotidien, de scènes, d'images, d'instants vécus qui nous plongent dans un monde en lutte, dans un monde en guerre. L'écriture n'est jamais sinistre, jamais obscène, elle donne seulement à voir, et à entendre par le truchement d'une magnifique langue poétique. Ici, il n'est pas question de dénonciation, d'engagement ou de voyeurisme, mais d'un constat réhumanisé par la poésie. Ce long poème peut être lu dès les dernières années de l'enfance et dès l'adolescence, il permettra de ressentir ce qui nous est souvent inaccessible, sans morale ni injonction. Les illustrations de Thomas Azuelos ont été réalisées indépendamment du poème, lors d'un voyage en Israël et en Palestine, là où les frontières se frottent et les barbelés enferment. Réalisés en deux temps distincts et en deux lieux différents, poème et illustrations semblent issus d'une même argile.

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  • Ce poème est une réécriture de la Mu'allaqa d'Imru al-Qays, texte phare de la littérature arabe du désert (un siècle avant l'islam). L'objectif est de l'adapter pour le rendre accessible aux jeunes lecteurs contemporains. La matière principale de ce travail est donc l'original arabe dans ses différentes versions et les deux traductions de référence de Jacques Berque et de Pierre Larcher. Le texte final puise assez librement dans l'original arabe et ses traductions, respectant la progression et les thèmes du poème. Par moments, il reprend strictement la beauté visuelle de certaines images, par d'autres, il adapte d'autres images de façon à les rendre sensibles aujourd'hui. L'original arabe est une mine d'images poétiques que les traductions françaises ne sauraient épuiser et qui représentent pour nous une source d'inspiration. De tous les thèmes présents dans l'ode, nous privilégions la cosmogonie développée par le poète et les correspondances entre tous les éléments, qui constituent son univers : la nuit vue comme une étoffe, l'étoffe des vêtements effaçant les traces dans le sable comme l'aube efface les étoiles dans le ciel, l'humain partageant des caractéristiques animales et végétales, les animaux partageant des caractéristiques humaines... La vie nomade englobe nature et créatures, d'un seul tenant.

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