Gallimard

  • «J'ai deux dieux : Logos et Anankè, l'inflexible raison, le destin nécessaire.» Reconnaître l'Anankè, cette figure du destin sans visage, et aussitôt la coupler au Logos, voilà l'exigence de Freud ou plutôt la tâche qu'exige de lui l'objet qu'il assigne à la psychanalyse : penser l'inconscient.
    L'enquête ici menée pour cerner la réforme freudienne de l'entendement qu'implique une telle exigence comporte trois temps. Elle part du «penser» même - pensée du trouble et trouble de pensée - pour déboucher sur la mystique et l'archaïque où le Logos métapsychologique se confronte à son altérité intime ; elle revient enfin au réel même de la Kultur et du politique. D'un bout à l'autre, Logos et Anankè se confirment bien comme les divinités tutélaires de l'entendement freudien jusqu'en leur entre-deux : l'illusion.
    Freud ne fait pas que découvrir : il institue. Dire sur lui aujourd'hui, s'en tenir à lui, ce n'est donc pas le répéter ou le commenter mais dégager les conditions de possibilité de son intervention radicale sur le champ du savoir pour en restituer le plein effet clinique.

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