Arts et spectacles

  • La fin des avant-gardes de l'entre-deux-guerres Nouv.

    Au lendemain de la Première Guerre mondiale, d'ambitieuses avant-gardes telles que le constructivisme et le surréalisme se répandent en variantes originales à travers le monde occidental et au-delà, appelant à une révolution de l'homme, de la culture et de la société. Dans les années vingt, au temps de l'art déco, individuellement ou en groupe, on réclame cependant plus de réalisme - poétique, magique, socialiste... - accompagnant des courants régionalistes en Europe ou en Amérique. Réputées moins utopistes, ces réactions répondent aux querelles idéologiques ravivées par la crise économique de l'entre-deux-guerres.
    Deux types de cultures s'ignorent et s'affrontent. Aux États-Unis, en Union soviétique, dans les dictatures ou les démocraties européennes, un retour à l'ordre souhaité ou imposé est manifeste. La guerre civile en Espagne, préludant à un conflit mondial, va jeter à bas tous les espoirs de changer le monde. C'en sera fini des avant-gardismes comme de leurs adversaires et des certitudes des hommes qui devront constater que l'humanité change mais n'avance pas.
    Constructivistes ou surréalistes, les grandes avant-gardes historiques ont si bien imprégné les arts, les idées et les comportements qu'on oublie trop ce qu'on leur doit. Elles ne représentent pas qu'une période passée, un concept dépassé et une forme d'action devenue inopérante, même si nous avons cependant encore beaucoup à apprendre de ces mouvements et des réactions qu'ils ont suscitées jusque dans notre vie quotidienne.

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  • Claude Simon : être peintre Nouv.

    Claude Simon, avant de devenir l'un des plus grands écrivains du XXe siècle, Prix Nobel de littérature, a été peintre-plasticien avec ferveur pendant plus de vingt-cinq ans, de 1932 à 1960, date de parution de La route des Flandres.Peintures, dessins, photographie, assemblages, collages, tapisserie même, la production fut abondante, accompagnée de notes et carnets : l'ouvrage réunit ici pour la première fois une riche iconographie qui donne à voir des oeuvres dont on ignorait jusqu'à l'existence.Faire oeuvre pour Claude Simon, c'est inventer des formes capables de conjuguer raison et émotion.Cheminant avec le peintre durant les difficiles époques de sa jeunesse, on voit se profiler dans le geste artistique les grands romans à venir.Claude Simon n'a jamais oublié qu'il venait de ces années-là : il écrit comme il aurait voulu peindre.Claude Simon : être peintre est le second volet de la biographie de Claude Simon, Une vie à écrire (Seuil, 2011).

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  • Adhocisme : le choix de l'improvisation Nouv.

    L'adhocisme a toujours existé (pensez à Robinson Crusoë fabriquant un radeau puis un abri à partir de l'épave de son navire). En tant que principe de conception, l'adhocisme se manifeste d'abord dans l'improvisation quotidienne : une bouteille transformée en bougeoir, un dictionnaire en butoir de porte, un siège de tracteur sur roues en chaise de salle à manger. Mais c'est aussi une force qui n'est pas exploitée à sa juste mesure dans la façon dont on aborde presque toutes les activités, du jeu à l'architecture, de l'urbanisme à la révolution politique.Attrayant, le propos développé dans ce livre est accompagné d'illustrations et d'exemples provenant de domaines aussi divers que la mécanique automobile et la biologie. L'adhocisme nous pousse à prêter moins d'attention aux règles et plus aux principes concrets sur lesquels nous nous basons pour faire les choses. Cet ouvrage atteste que la résolution des problèmes ne doit pas nécessairement se manifester par un « eurêka ! » de génie, mais nécessite des essais et des erreurs, des ajustements et rajustements.

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  • "Devant un Outrenoir, qu'est-ce qu'on voit ? Il y a de la lumière réfléchie par le noir, donc déjà modifiée, transformée. Si elle était réfléchie par du vert, du bleu ou par un miroir, ce ne serait pas la même. On voit de la lumière qui provient du tableau vers celui qui regarde : ça c'est ce qui se passe dans ma peinture, c'est le côté optique [...]. si la lumière change de place, ce n'est plus la même peinture que l'on voit ; et si le regardeur bouge, ce n'est pas tout à fait la même chose qu'il voit. . C'est une organisation, certes, qui reste la même mais qui s'efface ou qui apparaît plus évidente, c'est tout un ensemble de choses qui change, tandis que dans une peinture traditionnelle, il y a un point de vue. Dans mon cas, l'intériorité ne précède pas l'acte de peindre." Pierre Soulages

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  • « Une sculpture n'est pas un objet, elle est une interrogation, une question, une réponse.
    Elle ne peut être ni finie ni parfaite. »

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  • En 1982, le paysagiste Bernard Lassus et son équipe sont lauréats du concours pour l'aménagement du site de la Corderie royale de Rochefort-sur-Mer. Simultanément à la rénovation du bâtiment historique, Bernard Lassus conçoit un projet paysagé ambitieux. Alors que l'arsenal fermé depuis 1926 coupait la ville de La Charente, il offre aux habitants un vaste parc urbain qui ouvre la ville sur la mer.
    C'est également un parcours dans le temps par lequel est conçu le projet paysagé. Depuis le XVIIe siècle, la ville de Rochefort arme la marine française pour la conquête des Amériques. À leur retour, pour ne pas faire naufrage, les navires sont chargés d'espèces végétales provenant de Virginie ou du Canada, transformant la fonction militaire de Rochefort en un « port de terre ». L'évocation poétique de cette épopée botanique structure le projet du jardin des Retours.
    Faisant parti des Grands projets du Président de la République en région, le jardin des Retours est une oeuvre reconnue internationalement. Il associe la rénovation d'un monument historique à une démarche narrative pour un renouvellement d'activité économique et qualifie l'originalité des créations de Bernard Lassus. Celleci investit, en outre, la question contemporaine des rapports patrimoniaux entre monuments et jardins et de leur protection respective.

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  • Le 21 novembre 2018, Pascal Quignard a fait don à la Bibliothèque nationale de France d'un ensemble unifié d'estampes, de peintures, de dessins, de manuscrits, de livres inédits, de partitions et d'imprimés. Laurence Engel a souhaité montrer un certain nombre de ces pièces dans une exposition qui aura lieu à la BnF du 7 avril au 7 juin 2020.
    La première partie de cet ouvrage est le catalogue de cette exposition dont Olivier Wagner est le commissaire.
    Dans une seconde partie, ce livre rassemble un essai de Mireille Calle-Gruber sur le don, la reproduction d'un livre inédit de Pascal Quignard, De taciturnis, avec des gravures de Pierre Frilay, et enfin une conférence de Pascal Quignard, intitulée Sur le geste perdu de l'abandon et accompagnée d'une vingtaine de reproductions, ainsi qu'un commentaire sur la Hersé de Poussin. Cette conférence sera prononcée le 6 avril 2020, à la Bibliothèque nationale de France, en ouverture de l'exposition.

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  • « Si j'avais un conseil à donner à un jeune peintre, je lui dirais de commencer par copier une pomme. »

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  • Lorsqu'en 2003 Thomas Schmitt et Jean Faucheur lancent le mur Oberkampf, l'idée semble saugrenue. Pas tant parce qu'elle concède un panneau d'affichage aux street artistes, mais parce qu'elle circonscrit une contre-culture vivante, incontrôlable, merveilleusement éprise de liberté et d'espace, pour la ramasser sur quelques mètres carrés. Seize ans plus tard, le concept «  Modulable Urbain Réactif  » a fait taire les sceptiques. Il s'exporte dans la France entière et gagne l'étranger. Les bombers se sont-ils assagis au point d'accepter de couler leurs oeuvres sur des confettis ? Les maires ont-ils gagné un double pari  : maîtriser la fringale vandale en réduisant leurs frais d'aérogommage  ? Plus insidieusement, s'agissait-il de vouloir baliser les champs d'expression de tagueurs sans dieu ni maître, de les récupérer en les institutionnalisant  ? Heureusement non.
    Ce livre est le troisième tome dédié au kaléidoscope du 107 rue Oberkampf. Il recense les oeuvres et le profil de quatre-vingts artistes qui ont rejoint la sarabande en 2016, 2017 et 2018. Ils viennent de toute la planète et proposent des images qui valsent avec le coeur du monde. Autant de pulsations qui résument les peurs, les espoirs, les joies, les esthétiques, les délires, les angoisses, les fragilités d'aujourd'hui avec beaucoup de conviction, de lucidité, de poésie et de beauté.

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  • Notes sur les copies

    Alberto Giacometti

    • Hermann
    • 9 Novembre 2016

    « La copie est-elle autre chose que la tentative d'extraire le plus possible de la rencontre avec une oeuvre d'art ? Je suis convaincu que la copie d'un chef-d'oeuvre est la meilleure école qui soit pour tout artiste qui décide d'en réaliser. »

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  • « Je n'ai plus peur plus aucune peur, avant je tremblais le soir, la nuit la mort toujours me hantait, me tourmentait, maintenant rien, c'est pire c'est effroyable, ce calme »

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  • La période hellénistique correspond à une extension géographique maximale du monde grec. On trouve dans ce vaste espace, qui s'étend jusqu'aux portes de l'Inde, des sculptures qui portent la marque de leur temps avec des inflexions régionales. On ne peut, à partir de la mort d'Alexandre en 323, tracer des frontières rigides qui correspondraient aux limites mouvantes des royaumes qui se constituent en remodelant un espace élargi, car les hommes et les objets circulent.

    Après un premier volume consacré à la présentation des fonctions et des grands thèmes de la sculpture hellénistique (Picard, 2016), François Queyrel privilégie dans cet ouvrage une approche régionale. Il met ainsi en valeur localement la consommation des sculptures, qui peut coïncider mais pas nécessairement avec leur lieu de production, et cerne les échanges et interactions entre sculpteurs et commanditaires, car la sculpture était faite pour un contexte particulier. En adoptant un ordre géographique, il vérifie si des différences existent entre cités et royaumes et constate l'originalité de traditions locales et leur diversité, alors même que les conditions historiques varient suivant les régions, et la force d'une ambition unificatrice qui évolue dans ses formes durant les trois derniers siècles avant notre ère.

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  • écrits (édition 2007)

    Alberto Giacometti

    • Hermann
    • 29 Septembre 2007

    Rassemblant des textes célèbres, notamment liés au surréalisme, quelques-uns des entretiens au cours desquels le sculpteur avait exposé ses vues sur l'art, des carnets et des feuillets inédits, l'ouvrage montre l'artiste aux prises avec son art et avec la vie. Il permet de comprendre l'esthétique de l'artiste et le regard qu'il portait sur le monde.

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  • La restauration des monuments historiques après 1945, travail colossal, urgent et nécessaire, sert de creuset pour renouveler les techniques, mais aussi les théories de la restauration. La question de l'acceptation ou de la non-acceptation de la perte (culturelle, matérielle, identitaire, psychologique, etc.) est au coeur des enjeux.Le thème de la «lacune» permet d'esquisser une forme d'allégorie du patrimoine martyr. La «réintégration des lacunes» dans la pensée de Cesare Brandi, avec ses fameux «axiomes», aide à penser la réparation. La restauration post bellica peut alors être une forme de guérison, mais une guérison qui conserve -exigence éthique-des traces du passage de l'oeuvre dans le temps, y compris dans le temps des ruptures de l'histoire.
    Depuis 2011, divers pays subissent des destructions intentionnelles ou par effets collatéraux. Comme pour ajouter du désespoir à la détresse, les guerres en Syrie et au Proche-Orient creusent de nouveaux patrimoines martyrs. Pour illustrer ces questions sensibles, cet ouvrage propose l'analyse de projets de restauration post bellica particulièrement significatifs en Allemagne, en France, en Italie et en ex-Yougoslavie, sur une période allant de 1945 à nos jours.

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  • Ancien culte mahorie

    Paul Gauguin

    • Hermann
    • 21 Mars 2002

    Écrit et orné de 23 aquarelles, conçu comme un véritable livre illustré où les images accompagnent l'histoire presque mot à mot, ce recueil représente le premier engagement de l'artiste en faveur de ces arts primitifs dont l'influence a marqué la peinture du XXe siècle.

  • Cet ouvrage retrace pour la première fois dans toute son étendue l'oeuvre paysagère de l'ingénieur Adolphe Alphand (1817-1891), l'une des personnalités les plus importantes, et les moins connues, de l'urbanisme parisien de la seconde moitié du XIXe siècle. Proche collaborateur du préfet Haussmann, et son héritier à la tête des travaux d'aménagement de la capitale, pendant presque quarante ans Alphand a dirigé la création du réseau des « espaces verdoyants » de Paris, c'est-à-dire de ce réseau de squares, jardins et promenades plantées qui, devenu un modèle de référence dans le monde entier, continue aujourd'hui à marquer l'espace public de la capitale, son imaginaire et ses usages.

    Grâce à une longue enquête menée dans des archives en partie encore inexplorées, ce livre révèle une dimension inédite des Grands Travaux qui ont transformé Paris en « capitale du monde ». À la tête d'une équipe pluridisciplinaire composée de techniciens de haute volée - ingénieurs, paysagistes, horticulteurs, architectes - Alphand élabore une vision globale du rôle du végétal dans l'aménagement urbain. Ainsi, en faisant de la « nature » l'une des matrices de la fabrique urbaine, il en invente les paysages.

  • Personne de moins bavard que Miró. Toute sa vie il s'est appliqué à s'effacer derrière son oeuvre. C'est par elle, et par elle seule, qu'il a tenté d'agir sur l'esprit et le coeur de ses contemporains. Et pourtant dans ce livre Miró parle. Sa frénésie de création n'a jamais été plus grande. Peut-être les amateurs d'anecdotes resteront- ils sur leur faim. Mais ce n'est pas pour alimenter des ragots que Miró parle. Il a beaucoup vu - en Espagne, en France, aux États-Unis, au Japon... -, a connu la misère avant la gloire, a croisé tout ce qui a un nom, a eu pour amis tout ce qui a fait l'art moderne : Picasso, Kandinsky, Duchamp, Varèse, Cage, Breton, Desnos, Tzara, Leiris, Queneau, Calder, Max Ernst, Masson, Aragon, Buñuel, Dalí...
    Mais le plus précieux de ces entretiens est peut-être ce que le grand peintre dit à Georges Raillard de son travail, des innombrables toiles en cours qu'il mène de front. Entrer dans le secret de Miró, c'est entrer dans le secret de son atelier - qui nous concerne tous, comme le secret de tout grand art révolutionnaire.

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  • écrits et propos

    Pierre Soulages

    • Hermann
    • 19 Septembre 2014

    « Une peinture est un tout organisé, un ensemble de formes (lignes, surfaces colorées...) sur lequel viennent se faire ou se défaire les sens qu'on lui prête. Le contenu de cet ensemble n'est pas un équivalent d'émotion, de sensation, il vit de lui-même. Ces relations entre les formes sont un transfert de relations de l'univers à une autre signification. Dans ce qu'elle a d'essentiel la peinture est une humanisation du monde. » Pierre Soulages (1948) Voici réunis, dans leur variété, leur constante et exemplaire rigueur, quelques-uns des textes et entretiens de Pierre Soulages. Ils explicitent pour nous son oeuvre immense.

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  • Jean Fournier fut, de 1954 à 2006, l'un des plus importants directeurs de galerie d'art contemporain en France. Amoureux de la peinture, il a accompagné, dès leurs débuts, des artistes majeurs, tel Simon Hantaï, et révélé le travail des Américains de Paris, héritiers de l'expressionnisme abstrait : Joan Mitchell, Sam Francis, Shirley Jaffe, James Bishop. Dans sa galerie rue du Bac, puis rue Quincampoix, il fait découvrir une nouvelle génération de peintres, comme Claude Viallat, Pierre Buraglio, Bernard Piffaretti. Les collections publiques françaises (Centre Pompidou, en tête) sont riches des oeuvres de ceux qu'il a défendus et un regard sur les grandes collections privées des années 1970 et 1980 témoigne de sa réelle influence. Sa perspicacité lui fit épouser la cause d'artistes, certes peu nombreux, mais triés sur le volet, dont il avait pressenti très tôt qu'ils feraient partie des figures de premier plan. Sa probité exemplaire lui valut l'estime de toute la profession. Un demi-siècle d'art porte à jamais la trace de son action.

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  • Ecrits et propos sur l'art

    Henri Matisse

    • Hermann
    • 19 Septembre 2014

    Convaincu que la matière d'un peintre était tout entière dans ses toiles, Matisse s'est défendu, sa vie durant, de systématiser sa pensée sur l'art en une doctrine ordonnée. Mais porté par l'événement ou la sympathie, il a livré des réflexions, des remarques, des jugements, sans cesse repris et nuancés, à certains témoins privilégiés de l'élaboration de son oeuvre, et donné à d'autres l'occasion de les enregistrer. On a choisi d'articuler écrits, propos et correspondance en quelques grands chapitres qui se répondent, développant la problématique propre à Matisse et décrivant la courbe solide d'une vie dont l'oeuvre n'a pas subi le déclin. Au-delà de la spontanéité facile, triomphe la volonté d'exploiter et d'exercer avec constance et minutie les ressources d'un art et les possibilités d'un tempérament, dans la seule grande règle que le peintre ait jamais considérée comme absolue : le travail quotidien. « Aucune personne ayant fait quelque chose qui vaille la peine n'a agi autrement. »

  • «  L'argent est l'envers de toutes les images que le cinéma montre et monte à l'endroit  » écrit Gilles Deleuze dans le deuxième volet de Cinéma. Le capital est toujours derrière le cinéma. Le Capital hante Cinéma du début à la fin. C'est donc une lecture marxiste du diptyque composé de L'Image-mouvement et L'Image-temps que propose Jun Fujita dans Ciné-capital. Comment fonctionne le mode de production ciné-capitaliste  ? Comment celui-ci fait-il produire de la plus-value aux images  ? Pourquoi et comment s'approprie-t-il le travail même du spectateur  ? En quel sens peut-on soutenir qu'Eisenstein et Hitchcock ont anticipé l'arrivée de la New Economy des années 1990 (dématérialisation du travail et financiarisation de l'économie)  ? Quand et comment les images s'insurgent-elles contre l'exploitation ciné-capitaliste  ? Comment se mettent-elles à valoir pour elles-mêmes  ? Pourquoi le cinéma politique, depuis Straub et Huillet, a-t-il cessé de privilégier le tournage au bord de la mer  ? Qu'est-ce qui permet à Deleuze d'affirmer qu'Ozu est un cinéaste de gauche  ? Telles sont quelques-unes des questions abordées dans Ciné-capital.

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  • Paysage ! Le mot fait rêver... Il désignait à l'origine le tableau, la peinture d'une vaste étendue, puis, très vite, l'espace reçu par l'observateur sensible. Le terme peut sembler distancé par le moderne territoire. Il reste porteur d'un idéal de liberté, de beauté.
    Il est présent partout. Dépassant les frontières de la géographie, il gagne l'histoire de l'art, la philosophie, les sciences de l'aménagement. Mais alors que s'étendent les villes, l'urgence du paysage se fait sentir.
    Nous avons choisi de donner la parole aux auteurs photographes de l'ultra-contemporain. Seize d'entre eux, parmi les plus singuliers, ont été interrogés. Ils nous présentent la raison de leurs images.
    L'attention portée aux mots, à l'avant-image, constitue l'originalité de cet ouvrage qui s'adresse aux amoureux de la Terre et de la photographie.

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  • 1912-1922 : dix ans au cours desquels la peinture a connu une mutation plus considérable que pendant des siècles auparavant. Au centre de cette période, l'oeuvre de Kandinsky et son décisif passage de la ligne : la naissance de l'abstraction. C'est entre ces deux dates, en Allemagne puis dans la Russie post-révolutionnaire où Kandinsky fait l'expérience utopique de la table rase, que vont se jouer, pour une bonne part, les destinées de l'art contemporain. Document essentiel pour la connaissance de Kandinsky, qui contient la clef de l'homme et, par là, de l'oeuvre , ce livre date de 1913. La traduction originale de Jean-Paul Bouillon confronte les deux premières versions du texte et restitue à Regards sur le passé sa valeur de témoignage sur la genèse de l'art abstrait. Plusieurs documents de la même période, concernant aussi bien la peinture que la musique, la poésie ou le théâtre ont été ajoutés ; ils complètent l'information relative à une révolution sur laquelle on ne cesse de s'interroger.

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  • Que peut le lieu au cinéma, lorsqu'il n'est pas limité à être le décor de l'action, ni même confondu avec le paysage, encore moins réduit à un espace à parcourir ou encore amalgamé à une espèce de neutralité territoriale  ? Des cinéastes tels que Chantal Akerman, Lisandro Alonso, Pedro Costa, Bruno Dumont, Béla Tarr, Avi Mograbi, Tariq Teguia, Philippe Grandrieux, Danièle Huillet & Jean-Marie Straub ou encore Sharunas Bartas choisissent de ne pas (con)centrer exclusivement la narration cinématographique sur la seule trajectoire des personnages. Les lieux qu'ils figurent à l'écran sont des spatialités telluriques, des territoires d'habitation, des matrices existentielles où se mobilisent des manières de faire et de vivre, où s'accomplissent tant des forces d'émancipation que des adynamies existentielles. Cellule d'accueil, pivot remarquable, refuge de trajectoires individuelles et communautaires, le lieu au cinéma rayonne tantôt comme un chantier précaire, tantôt comme une fortification inébranlable.

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