La Decouverte

  • La Ligue des droits de l'Homme s'interroge ici sur ce qu'est devenue la valeur justice dans la France sarkozyenne, son rapport au temps, aux inégalités et aux pouvoirs. Elle questionne le rôle que l'on fait jouer à l'appareil judiciaire dans la répression des mouvements sociaux et la logique néolibérale désormais appliquée à l'institution judiciaire, y compris dans la gestion pénale des affaires. Elle dénonce l'emballement des gardes à vue, du nombre de détenus et de la durée des peines, signes d'une dérive qui doit cesser.

  • L'idée de ce livre est partie d'un double constat : la référence au respect des droits de l'homme ne suffit pas, ou ne suffit plus, pour remettre en cause les politiques migratoires qui leur portent atteinte. Par ailleurs, beaucoup de contrevérités circulent sur la question des migrations : « l'immigration pèse sur le budget national », « il faut privilégier l'immigration choisie contre l'immigration subie », « l'aide au développement peut interrompre les flux d'émigration », « la lutte contre l'immigration clandestine favorise l'intégration des migrants installés »... Ces idées fausses traduisent une grande méconnaissance de la réalité de l'immigration et de la politique migratoire menée en France par la droite comme par la gauche depuis les années 1970, et plus encore de celle mise en place dans les années 2000 et qui se profile au plan européen.
    Face aux fantasmes et aux mensonges, cet ouvrage a pour objectif de poser les bonnes questions, d'analyser les conséquences des politiques menées et de démonter les solutions hâtives, afin de montrer la réalité des situations et de susciter le débat. Il s'adresse aux personnes qui doutent, ébranlées par les discours sécuritaires ou économistes, bien qu'attachées aux principes. Il suggère qu'une politique alternative à la fermeture des frontières n'est pas forcément irréaliste ou utopique.

  • L'été 2010 a marqué un tournant dans le quinquennat de Nicolas Sarkozy. Lien martelé entre immigration et insécurité, remise en cause des naturalisations de « Français d'origine étrangère », présomption de délinquance pour les jeunes nés en France de parents étrangers et circulaire d'un ministre déjà condamné pour injure raciste ordonnant que la destruction des « campements illicites » sans relogement ni hébergement vise « en priorité » les Roms. Cette avalanche, qui a sali l'image de la France et défiguré la République, n'est pas qu'une récupération de l'électorat d'extrême droite après l'échec des régionales de mars 2010. Elle tente une diversion face au rejet d'une politique ouvertement favorable aux plus hauts revenus en pleine crise sociale. La LDH s'interroge dans ce livre sur ce qui est précisément défiguré, et qui fait de la République bien plus qu'une simple étiquette constitutionnelle. Elle dénonce la dérive vers une véritable xénophobie d'Etat, de lois anti-étrangers en chasse aux sans-papiers. Elle pointe l'ethnicisation croissante du politique, le président de la République lui-même rendant des groupes ethniques responsables de l'insécurité qu'il met en scène. Elle situe ces provocations dangereuses dans un contexte de fragmentation sociale et d'accroissement des inégalités qu'encouragent les politiques actuelles. Elle caractérise enfin l'exacerbation d'un système monarchique dans lequel il n'y a pas plus de place pour des débats politiques réellement contradictoires que pour la séparation des pouvoirs. Pour la LDH, il y a donc urgence à reconstruire la République « laïque, démocratique et sociale » que proclame toujours l'article 1er de la Constitution.

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  • L'année 2011 a été marquée à la fois par l'approfondissement de la crise économique, sociale et écologique, par la révolte des peuples arabes et par la préparation d'échéances démocratiques majeures en France. Pour relever ces défis, la Ligue des droits de l'Homme, dans la logique du Pacte pour les droits et la citoyenneté qu'elle a signé avec quarante-neuf autres organisations associatives et syndicales, pense qu'il est temps de porter, à côté de ses « indignations » et de ses critiques des régressions des droits, des propositions pour construire ensemble un avenir différent. Non pas un programme politique pour une alternance, mais des pistes pour des alternatives à la hauteur des enjeux.
    La LDH affirme ici la nécessité de relégitimer le politique comme fondateur de démocratie ; de prendre au sérieux l'effectivité des droits sociaux et de réinvestir dans le service public ; de changer d'ère face à l'urgence écologique ; d'en finir avec la politique de la peur et du soupçon, de rendre la justice indépendante du politique et de mettre la police au service des droits des citoyens ; de refuser les logiques de discriminations, de racisme et de xénophobie pour choisir un avenir partagé, en France comme dans le nouveau monde qui naît, en agissant fermement pour l'universalité des droits.
    Les citoyens ont envie de cette nouvelle donne. La société civile, dans sa diversité, est porteuse d'énergies, d'idées, de possibles. Elle cherche à les exprimer, à dire les mots du changement, elle veut être entendue. Ce livre n'a d'autre ambition que de mettre en débat ces ambitions et ces attentes, et le nouveau contrat social garantissant l'effectivité des droits pour un « autre avenir ».

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  • Défense acharnée de la laïcité, invocation récurrente du péril " communautariste " : depuis plusieurs années, la référence à la république se trouve au coeur du débat public en france.
    Comme si ce seul mot suffisait à fixer les contours de notre société, à déterminer l'identité politique, économique, sociale et culturelle de notre pays. mais quelle est donc cette république ? en existe-t-il une définition seule et unique ? et qui en décide ? engagé dans ce débat aux nombreuses facettes, denis sieffert propose de revisiter ce mot devenu quelque peu "magique" en parcourant l'histoire de cette république " une et indivisible", et cependant multiple.
    Il ressort de son analyse que la république est un " signifiant flottant" qui a eu, de condorcet à robespierre, de thiers à gambetta, et de waldeck-rousseau à léon bourgeois, plusieurs significations, des plus progressistes aux plus réactionnaires. l'idée républicaine conserve-t-elle aujourd'hui une forme de pertinence politique et à quelles conditions ? peut-on concevoir une république qui puisse intégrer notamment les acquis du libéralisme politique et de la pensée écologique ? et, si oui, de quelle république s'agit-il alors ?.

  • La question de la lutte contre la violence et l'insécurité occupe depuis quelques années une place importante dans le débat politique français. Par ailleurs, les faits divers de délinquance des jeunes occupent une place croissante dans l'actualité médiatique et sont présentés comme les manifestations d'une sorte de « nouvelle barbarie ». Amalgamant les délinquances les plus bénignes et les plus graves, de prétendus « experts » réactivent la vieille peur du complot de l'« ennemi intérieur ».
    Laurent Mucchielli s'efforce d'abord d'expliciter les enjeux de ce débat, de décortiquer les discours et d'en montrer tous les artifices. S'appuyant sur les recherches menées depuis une trentaine d'années, il explique comment on doit lire les statistiques de l'insécurité et de la violence (atteintes aux biens, agressions, violences à l'école). Il retrace l'histoire de la délinquance juvénile depuis les années cinquante, resituant ainsi ce problème de société dans une perspective économique, sociale et politique. Loin de la crispation actuelle sur de simples recettes policières, mais sans nier l'existence des problèmes, il propose alors quelques réformes de fond pour réduire la délinquance juvénile.

  • L'effondrement financier de La Russie en août 1998 a déclenché une double réaction en chaîne aux effets dévastateurs.
    D'abord et surtout pour la population russe, confrontée à une crise politique, économique et sociale sans précédent. Mais aussi, d'une autre façon, pour le reste du monde, en particulier pour les pays de l'Union Européenne. Pour comprendre cette crise et ses effets possibles à moyen et à long terme, il est fondamental d'en connaître les causes. Tel est le premier objet de court essai de l'un des meilleurs spécialistes français de la Russie.
    Jacques Sapir y montre, de façon particulièrement convaincante, pourquoi le krach, pourtant largement prévisible a surpris la majorité des responsables et des experts occidentaux : ceux-ci ont préféré fermer les yeux sur le chaos dans lequel le pays était plongé depuis plusieurs années. Et il montre aussi comment ces responsables (FMI. G.7) ont encouragé les gouvernements russes à suivre des politiques qui ne pouvaient mener qu'à des impasses.
    Tout autant que ses graves conséquences matérielles, le krach a ouvert une profonde crise morale en Russie, qui frappe de discrédit la nouvelle élite russe, coupée de la société et déchirée par de féroces conflits. Mais cette crise touche aussi les opinions occidentales, choquées par les erreurs incroyables des grandes puissances qui prétendent régenter le monde. Pourtant le pire n'est pas sûr, comme le montre Jacques Sapir en explorant en conclusion les conditions de redressement.

  • Le pacte civil de solidarité (Pacs) est partout présenté comme l'une des grandes réformes sociales de la gauche française.
    La loi du 15 novembre 1999 a été adoptée à l'arraché après beaucoup d'incertitudes gouvernementales, de guerres d'experts, de mobilisations sociales, et après un marathon parlementaire très conflictuel. Avec deux ans de recul, la victoire finale est-elle aussi éclatante ? L'un de ses enjeux fondamentaux était la place que la société accorde à l'homosexualité. Certes, depuis vingt ans, nous sommes entrés dans l'ère de la tolérance que l'épidémie du sida a mêlée de compassion solidaire.
    Mais dès qu'il s'agit d'aller au-delà et de raisonner en termes d'égalité de droits ou en termes de respect des différences dans les orientations sexuelles, force est de constater que l'homosexualité retrouve une partie de sa marginalité. Dans cet ouvrage, Daniel Borrillo et Pierre Lascoumes montrent que, malgré l'adoption du Pacs, l'homophobie demeure une composante forte de nos sociétés qui, pour démocratiques qu'elles prétendent être, se révèlent en réalité incapables de se penser hors de la norme hétérosexuelle.
    Retraçant les grandes lignes de la controverse qui a conduit de la revendication d'un partenariat pour les concubins jusqu'au Pacs, ils s'attachent à montrer comment la gauche a finalement contourné l'une de ses valeurs cardinales, l'égalité : si la droite politique assume souvent une homophobie explicite, la gauche est " hétérosexiste " par sa croyance dans une hiérarchie des sexualités qui met l'homosexualité dans une place subordonnée.
    Les auteurs montrent comment homophobie et hétérosexisme se sont alors associés pour refuser de reconnaître l'existence d'un véritable pluralisme des orientations sexuelles justifiant une égalité réelle dans l'exercice de la citoyenneté, et pour cantonner l'homosexualité dans une place mineure.

  • Depuis les années 1990, il devient enfin envisageable de juger les responsables contemporains de violations massives des droits de l'homme : la pression des sociétés civiles a permis la création de tribunaux ad hoc (ex-Yougoslavie et Rwanda), la mise en place prochaine d'une Cour pénale internationale, ou l'application du principe de " compétence universelle " par les tribunaux nationaux (illustrée par l'" affaire Pinochet ").
    Malgré cela, dans les sociétés qui sortent de périodes de dictatures, il reste difficile de concilier désir de justice et volonté de paix. Et dans les pays démocratiques, les militants des droits de l'homme maîtrisent encore mal les nouveaux outils du droit international pour lutter contre les tortionnaires et les dictateurs d'autres pays. C'est pour rendre accessibles les clés de ces problèmes complexes que le CEDIDELP (Centre de documentation internationale pour le développement, les libertés et la paix) a pris l'initiative de cet ouvrage.
    Fruit d'un travail collectif placé sous la direction de l'un des meilleurs spécialistes français en la matière, le magistrat Louis Joinet, il apporte des réponses claires à dix questions essentielles : 1. Que signifie la lutte contre l'impunité ? 2. Quels en sont les objectifs fondamentaux ? 3. Quel sont les moyens du droit international ? 4. Les responsables de violations des droits de l'homme doivent-ils être jugés dans leur pays ? 5.
    Quel peut être le rôle des commissions d'enquête non judiciaires ? 6. Quel rôle peut jouer un " tribunal pénal international " ? 7. Qu'est-ce que la " compétence universelle " de tribunaux nationaux ? 8. À quels obstacles se heurtent ceux qui luttent contre l'impunité ? 9. Quel rôle peut jouer la société civile ? 10. Quelles perspectives pour la lutte contre l'impunité ?.

  • On pense au maréchal Foch : « Ma droite recule, ma gauche est menacée, mon centre est enfoncé, la situation est excellente. J'attaque. » Las, depuis le 6 mai 2012 et l'élection de François Hollande, cet esprit d'offensive n'est pas au rendez-vous. Hésitation et reniements, entre autres sur les terrains ou la droite se montre la plus agressive, nourrissent impatiences, doutes et déceptions. Au vu des attentes et des urgences démocratiques et sociales, la République reste en souffrance.
    Ni bilan ni anticipation, ce livre revient sur quelques-uns des dossiers phares de la période, en restitue la trame pour en éclairer les contradictions, les issues possibles afin d'aider aux nécessaires mobilisation citoyennes.

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  • Les années 1997-2002 furent celles du " tournant sécuritaire ", marqué par la surenchère électorale sur le thème de l'" insécurité ".
    Mais, depuis 2002, la france est engagée dans une véritable " frénésie sécuritaire ", qui n'a fait que s'aggraver depuis l'élection présidentielle de 2007. chasse aux étrangers sans papiers, internement prolongé d'adultes et d'enfants en zones de rétention, multiplication des infractions et des sanctions, remise en cause de la justice des mineurs, atteinte à certaines libertés au nom de la lutte antiterroriste, pression croissante du pouvoir politique sur les magistrats, explosion de la population carcérale, mais aussi abandon de la police de proximité, recours croissant au fichage, à la vidéosurveillance et à la biométrie, montée en puissance des technologies et des doctrines d'origine militaire.
    Les auteurs de ce livre, spécialistes reconnus dans leurs domaines, décryptent les facettes de cette frénésie, ses origines idéologiques et sa mise en scène médiatique. a partir de leurs recherches, études et enquêtes, ils montrent qu'elle ne répond pas à la demande de sécurité des populations et alertent sur l'avènement possible d'une nouvelle " société sécuritaire ".

  • « Plus jamais ça ! » : tel était l'objectif de la définition du crime contre l'humanité, adoptée en 1945 pour sanctionner les criminels nazis. Pourtant, depuis, massacres et génocides n'ont pas cessé. Et nous vivons dans un monde où le pouvoir réclame toujours plus de désordre pour imposer sa protection mafieuse, plus d'inhumanité pour donner du brillant au mensonge humanitaire. Dans ce monde, que peut signifier la justice ?
    C'est à ce paradoxe insupportable que Raoul Vaneigem s'attaque dans ce livre, en revisitant les fondements de la justice moderne. Pour lui, tant que la liberté restera le produit idéologique du libre-échange, la justice se bornera à corriger l'homme, valeur marchande plus que valeur humaine. Car si le capitalisme et l'humanisme de façade ont rompu avec la loi du talion, le rôle de la justice se borne depuis à limiter les excès d'un système inhumain. Pour autant, le pardon n'est pas une alternative à la punition : loin de rendre les hommes meilleurs, il les endurcit dans l'idée de la fatalité et de la compassion.
    Ni pardon ni talion : à la fois nécessaires et insuffisantes, les institutions judiciaires ne peuvent être que le point de départ d'une lutte plus vaste contre la barbarie universelle, fondée sur un consensus sur les droits de l'être humain, patiemment obtenu par une éducation nouvelle et l'émergence d'un nouveau style de vie : agir localement avec une perspective globale, en solidarisant partout les forces vives des individus aspirant au bonheur. Vaneigem ne raille pas les avancées de la justice, il plaide seulement pour que, poussées toujours plus avant, le progrès humain les rende obsolètes.

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