La Rumeur Libre

  • De courts textes chacun tient dans une page. Dans ce bloc, dense, compact, et dans cette légèreté pourtant, ce flux, cette coulée de larmes : je crois n'avoir rien découvert d'aussi beau depuis les élégies de Rilke. Sans doute est-ce parce que cela « tombe » en prenant son essor, en se mêlant aux nuages, aux étoiles, à la volubile floraison du sang. (extrait de la 4ème de couverture de Lionel Bourg).

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  • Les feuillages, la mer, les oiseaux, la vie loin de la vie, l'écart, les questions, la distance, les échecs, les brisures, les cassures, les roses parfumées, les jours baignés d'enfance, le parfum des fruits sur les lèvres, les bleus à l'âme, l'angoisse, les cris, les chocs, les obsessions, les rues interminables, la rumeur de l'amour sur la peau, la glisse des mots entre amis, le désir de chant sur le monde, l'impensable douleur du monde, la vie ravagée, torturée, l'ardeur des cerisiers en fleur, la réalité irréelle du temps, les caresses de la lumière, le rire insaisissable de la vie

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  • Un vol d'adolescents souffle sur la planète peuplés de folie au désert de leur coeur une nuit de sanglots dans le vide laissé par la haine au milieu des maisons détruites des cris rendus muets des douleurs mortes ... et le poème m'a échappé, je voulais dire les forêts bleuies d'une musique de silence au loin sur les collines où l'on croise des biches, et le ciel qui verse avec largesse sur elles ses coupes d'harmonie dont on aime boire le champagne au bouquet de sagesse et de fruit, le poème qui cherchait l'âme claire d'un vin de vie qu'en toutes terres on voudrait élever, le poème m'a échappé, mais dans la fleur du silence plus féconde que la haine le chant était resté...

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  • Patience :

    Ce qui attend sous les nuages bas l'automne le sait il est au travail dans le flair des grands chiens à l'arrêt comptant les oiseaux en allés vers des cieux partis sans laisser de trace Désormais il y aura place pour des couleurs à échanger longtemps avec le silence à l'oeuvre au jardin et la solitude enfin sans mouvement autre que celui des fruits dans le sang Voici venu le temps de demander à ceux qui ne sont plus parmi nous jusqu'où le cri du dedans peut aller quand la route au lointain disparaît devant la perspective éternelle de ce qui n'aura plus de futur

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  • (extrait) Dans une contrée discrète, on signalait les choses non pas par leur contraire mais par métonymie. Ainsi, on deman- dait de faire attention à la nuit par un panneau noir, de prendre garde au vent par un panneau transparent et pour que les enfants aient peur de la forêt, on posait sur leur chemin une branche morte depuis longtemps.

    (extraits) Elle la cacha si bien dans son bouquet que le client ne remarqua pas le petit défaut.

    *** Un homme, sous l'effet d'une bonne prise de drogue, construisit un autre monde dans le- quel nous étions.

    *** Une jeune femme sans le sou qui avait perdu son mari à la guerre, vendit son lot de mou- choirs à de riches veuves en pleurs : tant pis si ses larmes n'avaient plus d'habits.

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  • (extrait).

    Soudain j'aboie/ Soudain nos jambes nos cuisses mon sexe noir/ Soudain je te pose une question/ Soudain tu m'échappes/ Soudain nos corps glissent sur le tapis/ Soudain la succession des étoiles/ Soudain le mur plus mur que le mur/ (extrait).

    Soudain et tu n'es plus qu'une emmurée docile/ Soudain les vastes terres se cognant en leurs angles/ Soudain et tu surprends la lutte primitive/ Soudain carotides et sangsues liant leurs ouvertures/ Soudain le corps emblématique propulsé dans l'espace/ Soudain et tu comprends que la démence sied aux galaxies/ Soudain le jour encerclé sa girandole de feux/ Soudain la peur collée aux cintres d'un théâtre sans lieu/ Soudain et tu n'es plus qu'un point sur ce terrain sa déclive/ Soudain la lettre seule épelée appelante/ Soudain pliée et dépliée sa rondeur sa musique/ Soudain aux autres s'emmêlant usinant sa longueur/ Soudain sans théorème et sans robe sans appâts/ Soudain sa nudité spectrale spirale ou sceptre/ Soudain agrandissant son diadème nuptial/ Soudain reptile au ruisseau marié aux abysses/ Soudain serpente et s'abreuve et tournoie/ Soudain glisse et remue déplaçant le vivant

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  • Adieu au loin mes soeurs jolies la clarté vous a quittées derrière des vitres dépolies on voit vos ombres s'agiter vos lèvres vagues sous des treilles ne savent plus que me sourire vos corps encore dans mon sommeil ne savent plus sous moi s'ouvrir la nuit vous garde rien que pour elle ce que vous fûtes semble perdu souvenez-vous sous tant de ciel combien pourtant vous étiez nues je me souviens parfois d'un nom qui vient rejoindre deux seins tremblants d'un sexe humide ou bien sinon de nos amours se dévorant ne reste rien à mon réveil de ce qu'on dut en vous oser ni du goût frêle de groseille de vos baisers décomposés.

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  • Chambre zérosix Ce qui l'intéresse dans le paysage Juste en face du lit La bordure du mur jusqu'à mi-hauteur qui imite le vrai bois Le sapin le chêne le poirier le cerisier ou le merisier La bordure en linoléum qui ramène à lui l'amour des arbres Ses veines ses torsions Il admire le faux chef d'oeuvre avant de revenir à l'étonnement du départ Ascension vertigineuse La conquête qui va de l'arbre enraciné jusqu'à la mer qui recouvre

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  • T'as crié forcément. Tu serais pas là autrement.

    Ça te ferait du bien de l'entendre le cri.

    De l'entendre pour la première fois le premier cri.

    T'as pas pu.

    Le cri d'embarquement dans l'Camion le cri d'arrivée.

    T'as pas pu.

    Le cri d'aptitude. Bon pour le passage.

    T'as pas pu.

    T'as rien entendu. T'as senti. Le choc.

    L'air qui entre. La violence.

    T'as crié forcément. La violence.

    T'as crié pour respirer. Crier c'est pour respirer.

    Respirer c'est tout seul. La séparation.

    Crier c'est pour respirer pas pour écouter.

    N'empêche que ça te ferait du bien de l'entendre le cri parce que toi tu peux plus.

    /> Tu peux plus crier la vie ... La vie et rien que la vie. Le cri de la vie.

    Tu peux plus.

    T'as plus le son. Plus le bon son.

    Dès que t'essayes de crier la vie et rien d'autre.

    Un autre cri arrive. Un cri modifié.

    Le cri d'un autre et d'un autre et d'un autre ... Le cri de tous les autres.

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  • Moon Walker est un véritable tournant dans le parcours de l'auteure et se présente à la fois comme une quête des origines et un inventaire des fêlures de notre présent. Née d'une mère française métropolitaine et d'un père Guadeloupéen.

    (extrait de la préface d'Alain Mabanckou).

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  • Extrait de la préface de Lionel Ray :

    La poésie de Sylvestre Clancier est toute d'impressions, effervescente, interrogative, elle procède par touches, notations brèves, en appelle aux errances de la rêverie et de la mémoire - toutes deux confondues, indémêlables [...] Souvenirs à demi rêvés : son domaine personnel en même temps qu'il fait écho à Nerval ou à Verlaine (« Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? ») Ou bien serait-ce une maison de campagne, les journées buissonnières, l'île de Ré, une soeur (Juliette), le voisinage d'André Frénaud :

    Maintenant la maison, ses cours et son jardin sont en toi. Tu sais qui est là, de l'autre côté, te regarde, te fait signe en silence.

    [...] Dans le poème il semblerait que le temps fait halte, s'étire, cristal et brume tout ensemble. [...] Le fi n brouillard des heures et des joies et ce petit « goût d'éternel » que Jean Follain cherchait à formuler.
    Néanmoins le poète ne rend pas compte seulement des circonstances d'ordre privé. [...] C'est l'incompréhensible et sanglant feuilleton du siècle, le cimetière des morts anonymes, des échos d'époque aussi avec son désordre joyeux, ses fanfares, ses éclats, ou encore la misérable épopée des vies minuscules, ou « les fusillés du petit matin » un certain onze novembre, au Mont Valérien. Et quelques échappées du côté des arts, Buffet, Vasarely, etc.
    Sylvestre n'a pas besoin de forcer la voix. Il lui suffi t dans des vers simples comme le vent, de nous donner à respirer un air pur, et de nous communiquer le sentiment que ce qui tremble entre les mots, c'est cette autre chose qu'on appelle poésie, selon le mot de Guillevic.

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  • (extrait) J'essaye d'écrire une chanson où débarquer - une terre - comme s'il s'agissait de faire revenir le soleil d'entre les nuages, les perles rares et les poèmes, le mystère de leurs conversations éternelles.

    (extrait) Un jour, j'oublierai mon nom, ma ville et ma vie, sans façons et sans style, où ne sont passés que les mots dans le tamis des vents.
    Et les cargos de larmes vides où l'enfant sans cartable n'aurait rien appris.

    On a dans ces maisons le coeur à changer de vie et dans les antres de la nuit, on s'adonne à la musique, elle fera le reste et les rêves.

    J'avais accumulé du vide, des toits sans raison de vivre, le temps d'un enfant qui naît.
    Lui aussi sans façons et sans style, habillé du limpide de la lumière des journées.

    Il n'en faudra pas plus que cette simple caresse Ça ira

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  • (extrait) :

    On ne parle jamais à la légère On est poursuivi toute une vie par ce qu'on dit. Les paroles hantent et toutes les autres à la chaîne en somme Elles reviennent en personne réclamer leur dû. Elles refusent de consoler à peu de frais ce que prête la mort Suspendu au sans mot on défend tout ce que n'ont pas touché Le double le fou le rêve le possédé du fond des démons On se précipite sous l'averse ou l'abat-jour d'un pommier On ne sait si le verbe mord la chair ou si la chair ne veut pas qu'on la touche On a les gestes attendris et la gaucherie insolite des alités qui rêvent dans leur lit de nuages que la fièvre dévore les mains du silence Pour aimer il faut que tout soit en place. Quand ce n'est pas le cas on souffre (extrait) :

    J'aimerais donner un nom à ces portes sans contact. A ces beautés de visage à demi-falaise. Tonnerre étonné farouche de respirer. Mourrai-je lucide à demi enseveli dans la pénombre lascive des yeux qui aiment Complice et amant. Irai-je me noyer dans la continuité rêvée des langues Maritime Auroral Me jeter dans la mer lavée de la souillure du crime Me perdre dans la liesse chaude des ravins noirs où tout s'efface Aurai-je le courage de divulguer le mal mot de ma vie La pauvreté de l'Ami parti Comment trouver un lieu, un abri, comment lutter contre l'indifférence et la dérision ? Seuls les mots donnés en ami, en frère, sont précieux Écrire c'est tendre une main miroir d'âme L'essentiel n'arrête pas de se perdre Mais rien de ce qui est vrai ne peut jamais disparaître.

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  • La poésie de Diana est animée par la capacité lyrique de voir le monde dans un élan de grâce du langage. Quelque chose gémit dans ces poèmes, comme du cristal blessé, du sang séché, la bouche de la vase. En même temps, sa poésie est patiemment douce, peuplée de diminutifs, des mauvaises habitudes du langage, d'apocopes de l'intimité populaire au sein de vers fragiles qui resplendissent, rythmiques, chantés, où cette richesse n'est plus bridée. L'oeil de Diana Bellessi ne voit pas les choses comme des objets, mais comme des visages portés à son attention. Là réside et se condense son habitat : regarder, parler du regardé dans le poème, être regardée et parlée dans le langage depuis cette condition mortelle qui donne, à la poète et à toutes les créatures, sa place dans le monde.

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  • Un jour je partirai vers des contrées altières des civilisations nouvelles des forêts vierges des déserts inhabités Je prendrai mon bâton de mots mes sandales de vent mon sac à dos de désirs ma gourde d'espérance Je partirai vers des lointains des hollandes vers des rivages des terres promises J'emprunterai des chemins de traverse des sentiers zigzaguant des drailles très anciennes des canaux incandescents Je partirai sans me retourner vers les écrans & la Ville laissant les hordes de sauvages

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  • Fatigué de respirer tellement fatigué et pourtant cette envie violente de vivre de vivre encore et encore pour atteindre le bout du tunnel pour enfin poser un pied sur l'autre versant fatigué oui fatigué et cette envie qui me tenaille de faire l'amour à des sirènes des filles debout sur le pont faire l'amour des nuits entières parce que c'est inévitable

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  • Les poèmes de Prose Lancelot sont autant de photographies qui décrivent le grand texte de la tradition littéraire.
    Ces poèmes récrivent un corpus traditionnel contracté, ils s'aventurent dans le champ de l'ekphrase, la description au sein d'un texte, d'une oeuvre d'art.
    Les trois textes qui composent ce recueil récrivent donc des récits bien connus : Prose Lancelot, L'Odyssée et d'autres issus de la tradition classique. Leur réécriture est contractée, elle se présente sous forme de descriptions concises des oeuvres d'origine, ramassées, encadrées, comme autant de photographies. Ce sont des descriptions de ces oeuvres.

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  • « On se demandait / combien de temps / durerait notre esclavage / sur cette terre/ il aurait fallu / commencer autrement ».
    Trois livres, trois poèmes : Prière d'insérer ma carcasse, suivi de A présent chaque jour qui passe, suivi de Déclin en ma carcasse.
    Les textes sont oscillent entre des dialogues intérieurs et un chant, l'alternance est rythmée par des invocations, entre l'état du soliloque et l'adresse à un autre, lecteur bien distinct.

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  • Tu marches/sous un ciel transparent/et ton allure est un fleuve /qui s'évanouit dans l'océan./Queltehue que tes mains/découvrent entre les flammes/d'une maison de ronces./Pour cette raison tu existes,/comme une horloge/dans la nuit,/À l'heure où le hibou/troque son/bracelet d'écailles.

    Une poésie chargée en émotion qui opère un retour sur les événements de la dictature chilienne, par Patricio Sanchez Rojas, alors enfant de 11 ans, des parents impliqués dans l'engagement auprès d'Allende, qui nous rappelle à la réalité chilienne d'aujoud'hui, en regard de cette histoire qui nous a tous bouleversés.
    Un hommage tout en finesse et humanité.

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  • Le livre ardent de nos désirs où se précipitent les rapaces de l'ombre Recueil de textes, poèmes en prose, sur le temps passé toujours là, dans les scènes vécues, tissées dans la langue du désir de plénitude et de l'amour.
    Des textes courts, successions de fragments de poèmes, images encordées par une langue précise et musicale.

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  • Je voudrais ne pas utiliser la voix/Mais passer le bras/Mon tablier est frais lorsque près de la mer/J'ai le poing bleu pour forcer les espaces/Rassembler les eaux jusqu'à la bouche/Plutôt nager que compter les syllabes.

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  • Longtemps, la Mort s'est demandée / Si c'était bien nécessaire d'écrire / ces chroniques... / Pour quel lecteur ? / Une fois Mort / Le dernier Mort / Qui succéderait à la Mort ? / Le dernier libraire / Fermerait sa boutique. / C'est tout. / À ma vieille amie, qui m'accompagne depuis toujours, / qui me tient la main dans les moments difficiles, / et si elle ne peut guère compter sur moi, je sais / que je peux, en toutes circonstances, compter sur elle. / Allez, trinquons, à la Mort, à la Mort ! / Avant, la Mort, / J'étais contre. / Mais aujourd'hui qu'elle me drague... / * La Mort, assise sur un banc, / Pensive, / S'interroge, un peu dégoutée : / « J'en croise tant des indifférents, / Alors je me demande s'ils ont / Un permis de port d'âme. » / *

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