Pu De Paris-sorbonne

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  • Arcimboldo ou rhétoriqueur et magicien Nouv.

    Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte. En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Laurence Bertrand Dorléac partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : " Arcimboldo ou Rhétoriqueur et Magicien " de Roland Barthes.

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  • La décolonisation de la pensée et des savoirs est de plus en plus présente dans la littérature contemporaine (philosophie, sciences sociales, littérature). On peut la définir comme une démarche comprenant trois dimensions : une critique de la raison hégémonique et universaliste (déconstruction), une critique de la raison colonisée (émancipation et désobéissance épistémique) et une reconstruction des savoirs dans le cadre d'un espace commun et transculturel (migration et traduction).
    L'afrocentrisme est l'une des formes de décolonisation de la pensée et des savoirs. Ce courant de pensée, qui a prospéré aussi bien en Afrique que sur le continent américain, se présente d'une part comme une critique de l'eurocentrisme et d'autre part comme une approche, fondée sur la théorie du stand point, pour l'étude de l'histoire et des réalités africaines à partir de modèles endogènes. Bien que ce courant de pensée ait donné lieu à de vives polémiques idéologiques et à des critiques épistémologiques bien fondées, il conserve toute sa force paradigmatique et son potentiel critique, mobilisable moyennant un travail de mise à jour. Il permet de repenser divers sujets comme la philosophie ellemême, l'historiographie philosophique, la colonisation, la décolonisation, l'histoire, le développement, la gouvernance, la citoyenneté, etc.

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  • Tirés à part n. m. - Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.

    En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Michelle Zancarini-Fournel partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "Quelle histoire pour la révolution ?" de Jean Chesneaux.

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  • Tirés à part n. m. - Extrait d'une revue ou d'un ouvrage relié à part en un petit livret. Destiné habituellement à faire connaître un article récemment publié, la collection détourne l'usage et la fonction du tiré à part pour inviter à la (re)découverte d'un texte.

    En lieu et place du traditionnel mot d'accompagnement de l'auteur, Arnaud Esquerre partage ici, dans une courte présentation, son expérience de lecture de : "On y croit toujours plus qu'on ne croit. Sur le manuel vaudou d'un président" de Jeanne Favret-Saada.

    Croisant sorcellerie, droit et politique, un procès fait en 2008 par Nicolas Sarkozy, alors Président de la République, à une maison d'édition ayant édité une poupée vaudou à son effigie, attire l'attention de l'anthropologue Jeanne Favret-Saada. Elle livre quelques mois plus tard une analyse magistrale de cette affaire dans un article présenté par le sociologue Arnaud Esquerre.

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  • Depuis le début des années 1990, un marché dit volontaire des crédits carbone a vu le jour. Dans l'optique de compenser leurs émissions de gaz à effets de serre (GES), des entreprises achètent ainsi sans contrainte réglementaire des crédits carbone à d'autres entreprises ou ONG. Afin d'obtenir ces crédits carbone, dont chaque unité correspond à une tonne de GES évitée ou réduite, les opérateurs (entreprises et ONG) mettent en oeuvre des projets de réduction d'émissions de GES dans les pays du Sud. Des journalistes, des ONG environnementales et même des scientifiques considèrent que ce marché ne permet pas de réduire efficacement les émissions de GES, mais qu'il conduit au contraire des entreprises de s'acheter une image verte (greenwashing). Ils estiment aussi que les populations du Sud encourent de potentiels dangers avec la mise en oeuvre de tels projets, comme celui de se voir accaparer leurs terres au profit de projets de compensation carbone. Comment s'est construit ce marché en dépit des controverses qu'il suscite ? C'est à cette question que s'attelle cet ouvrage.

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  • Les femmes ont eu un rôle fondamental dans la Commune de Paris : en retraçant l'histoire de trois cheffes de file du Paris révolutionnaire, Carolyn J. Eichner démontre l'influence des féminismes sur les événements sociaux et politiques de cette époque. Elle met en évidence l'ampleur, la profondeur et les effets des socialismes féministes communards bien au-delà de l'insurrection de 1871.

    Du début des années 1860 à la fin du XIXe siècle, ces femmes radicales développèrent une critique du genre, de la classe sociale et des hiérarchies religieuses. Ces idéologies ont émergé en une pluralité de socialismes féministes au sein de la révolution, qui ont influencé les relations de genre et de classe à la fin du XIXe siècle. L'auteure se concentre sur trois femmes, qui ont mené les insurgés sur les barricades et qui illustrent la multiplicité des socialismes féministes, à la fois concurrents et complémentaires : André Léo, Élisabeth Dmitrieff et Paule Mink. Léo théorisait et enseignait par le biais du journalisme et de la fiction, Dmitrieff oeuvrait à l'organisation du pouvoir institutionnel pour les femmes de la classe ouvrière, et Mink haranguait les foules pour fonder un monde socialiste égalitaire. Chacune de ces femmes a tracé son propre chemin vers l'égalité des sexes et la justice sociale, chemins qu'emprunte cet ouvrage pour éclairer la vie et les stratégies plurielles de ces trois cheffes révolutionnaires et leur le rôle dans la Commune de Paris.

  • A partir de 1967, Michel Foucault s'essaye à un répertoire d'actions plus classique sous la forme de signature de pétitions, appels et autres lettres ouvertes. Le présent volume en donne à lire les principaux, que Michel Foucault cosigna jusqu'à sa mort prématurée en 1984. Un portrait méconnu du philosophe apparaît à travers ces textes, le dessinant à la fois attentif à ce qui survient en France mais aussi aux quatre coins du monde.

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  • Cet ouvrage s'adresse en premier lieu à tous les étudiants préparant les agrégations de Lettres et de Grammaire, mais aussi au lecteur curieux de recherches en stylistique. Se trouvent ici réunies les interventions de la traditionnelle journée d'agrégation, à l'initiative de l'UFR de langue française de la faculté des Lettres de Sorbonne Université, sur le programme de la session 2021 des épreuves de grammaire et stylistique françaises : le Testament de François Villon, L'Heptaméron de Marguerite de Navarre, les Satires de Nicolas Boileau, l'Histoire de ma vie de Giacomo Casanova, Mauprat de George Sand, Le Balcon de Jean Genet. En appuyant leurs analyses sur des aspects linguistiques, lexicales, génériques ou poétiques, les contributeurs de ce volume illustrent l'apport de la lecture stylistique à l'interprétation des textes.

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  • Patrimoines incertains. Photographie et récits familiaux dans la France du XIXe siècle Manuel Charpy / "Attraction- Répulsion". Histoire de la patrimonialisation des collections photographiques Dejerine Alice Aigrain / Les archives discrètes. Entrevoir la pratique photographique au Muséum national d'histoire naturelle Lisa Lafontaine / L'Afrique de l'Ouest dans les tiroirs. Documentation scientifique et photographie coloniale à la photothèque de l'IFAN (Dakar) Anaïs Mauuarin / Un patrimoine visuel sous le communisme. La photographie amateur et sociale du président tchécoslovaque Antonin Zapotocky Fedora Parkmann / "Faut-il tout garder ?" Patrimoine et archives photographiques Marie-Ève Bouillon.

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  • Ce livre retrace le parcours d'un Juste : Jules Molina, dit "Julot", militant d'Algérie, habité très tôt par ses convictions, marginalisé par l'Histoire.

    Né en 1923 à Mohammadia dans une famille d'immigrés espagnols, il ne quittera l'Algérie qu'en 1989, à contrecoeur. Vingt ans plus tard, à la veille de sa mort, il rédige ses mémoires et les transmet à sa famille. Les voici, livrées dans un style sobre mais étonnamment vivant, accompagnées de réflexions historiques et d'entretiens que Guillaume Blanc a mené auprès des proches de Molina.

    Cet ouvrage raconte d'abord une histoire algérienne. Celle d'un homme entier, qui fut un soldat du contingent colonial, un indépendantiste torturé par l'armée française puis, comme une évidence, un citoyen algérien, impliqué corps et âme dans la construction du pays. Le parcours de Jules Molina fait voler en éclat les visions simplificatrices de l'Histoire, donnant à voir une expérience coloniale parfois faite d'hommes moraux dans un contexte immoral, puis une Algérie socialiste portée, aussi, par des communistes et des Algériens d'origine européenne.

    Ces mémoires racontent une Algérie disparue mais également une lutte sociale. La vie de Molina signale combien, pour lui, ses camarades et sa famille, le communisme a toujours relevé de l'hu-manisme : un combat permanent, toujours du côté des victimes, pour un monde à visage humain, comme nous le rappelle Henri Alleg en 2009, lors de l'enterrement de son ami le plus proche.

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  • À la périphérie des institutions publiques et privées se développent aujourd'hui des formes nouvelles de communs. L'idée centrale de ce livre est que le Commun fait système avec l'État et le Marché et qu'il existe une pluralité d'options et de pistes possibles d'aménagement de cette combinatoire. Il ne s'agit pas ici de promouvoir les communs per se, mais d'observer les conditions et les voies de déploiement de différentes formes de communs à la lisière des systèmes institués (comme l'État et le Marché), d'évaluer leurs transformations, d'examiner les dimensions éthiques de leur mobilisation.

    Cet ouvrage réunit des chercheurs, des enseignants de plusieurs disciplines et différents acteurs privés et publics du Commun qui apportent à la fois des précisions théoriques - du côté du droit et de la philosophie en particulier - et leurs expériences pratiques dans les domaines de l'énergie, de l'agriculture et du numérique.

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  • Une comptine scolaire, qui a chantonné dans la mémoire de générations d'écoliers, réunit les illustrations du Grand Siècle : « Une corneille perchée sur la racine de la bruyère boit l'eau de la fontaine Molière. » Le nom de Boileau y exerce la fonction cohésive du groupe verbal. Il rassemble autour de lui la génération classique, mais il y perd son intégrité.
    C'est cette fortune paradoxale qui est l'objet de ce livre. Boileau incarne le classicisme français. C'est lui qui « grince des dents » le soir de la bataille d'Hernani. Son nom ne cesse de revenir, depuis quatre siècles, dans les débats littéraires, avec une constance telle que Thibaudet a proposé de voir en lui le « président » de la République des Lettres. Mais en contrepartie de cette position cardinale, l'oeuvre est peu lue, mal connue. C'est tout le paradoxe de Boileau : la présence du nom s'accompagne d'un relatif oubli de l'oeuvre.
    Le présent livre s'efforce de décrire ce que recouvre le nom de Boileau, de Houdar de la Motte à Lacan, de Sainte-Beuve à Proust, de Victor Hugo à Baudelaire, Queneau, Francis Ponge ou Philippe Beck. L'étude d'une figure revient à s'interroger sur la formation des abstractions moyennes qui habitent la mémoire culturelle et que mettent en récit les scénarios historiographiques.
    C'est l'ambition épistémologique d'une enquête qui est aussi une réflexion sur les métamorphoses de l'idée de littérature.

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  • LE TERME prépon (TTpéTTov) ne signifie pas seulement le convenable, mais encore la brillance - Homère l'emploie, par exemple, pour dire d'Hector qu'il "brillait" parmi les guerriers troyens ("ho d'éprepe kai dia pantôn", Iliade, XII, 104). Prépein (...) se dit ici d'un héros qui parmi ses semblables se distingue, sans doute parce qu'il convient plus qu'eux à la fonction guerrière, mais surtout parce qu'il est plus éclatant.

    C'est la nuance métaphorique qu'il faut saisir ici. Leconte de l'Isle traduit : "Il les surpassait tous." Mais la prééminence d'Hector n'est pas une question de taille : Hector est plus considérable que les autres, il est splendide.

    Selon la première définition de Socrate, le beau serait donc l'éclat d'une splendeur exubérante ; et cette traduction, voire cette interprétation, change le sens du Hippias majeur du tout au tout. La convenance concerne la bonne proportion, l'harmonie, comme Chauvet et Saisset le soulignent, en bons classicistes français du XIXe siècle. Cette définition de la beauté peut éventuellement avoir un sens dans le contexte de l'art français du XVIIe siècle et de son académie où l'on apprenait les canons de proportion simplifiés des Italiens du XVIe siècle, mais elle n'a aucun rapport avec les discussions de l'académie platonicienne.

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  • Ce livre rassemble les nouvelles vénitiennes de Camillo Boito (1836-1914), écrivain italien qui fut aussi critique d'art et architecte. Pour la première fois, une édition française rassemble « Senso », son oeuvre la plus connue, qui fut adaptée au cinéma par Luchino Visconti en 1954, et ses autres nouvelles ayant Venise pour cadre. Deux de ces nouvelles (« La couleur à Venise » et « Quatre heures au Lido ») sont inédites en France, tout comme deux articles publiés par l'écrivain sur la sauvegarde du patrimoine vénitien. Dans une Venise aux deux visages, tantôt splendide, tantôt décrépite, Boito joue avec les lieux communs de son époque, notamment le mythe des amours vénitiennes, qu'il s'amuse à réécrire dans plusieurs de ses nouvelles, dont « Senso ». Dissimulant son ironie sous une impassibilité de façade, l'écrivain dresse un portrait sans complaisance de la société vénitienne de la fin du XIXe siècle.

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  • Malgré les progrès constants de l'écrit, les sociétés latines, byzantines ou musulmanes du Moyen Âge restent très largement dominées par l'oral et les sons. La voix tient un rôle primordial au sein d'un paysage sonore dont l'étude a récemment bénéficié d'un regain historiographique et du croisement interdisciplinaire avec l'anthropologie, la musicologie, l'archéologie, l'architecture, l'art ou la littérature.

    Le 50e congrès de la Société des historiens médiévistes de l'Enseignement supérieur public a ainsi voulu mieux comprendre la production, les usages, la définition et les contextes d'emploi de la voix, plongée dans des configurations engageant autant la parole, le discours, la déclamation que le chant ou, à l'inverse, le silence ou la voix intériorisée. Les contributions s'intéressent à la présence et aux marques d'oralité dans l'écrit, à la musique et à sa "fabrique", aux paysages sonores, aux cris et émotions, aux rythmes, à la scansion et à la cantillation..., bref à tous les contextes et prétextes qui produisent la voix, l'accompagnent ou la mettent en scène, et à ce qui est reproduit, proféré, clamé ou tu par elle.

    Vingt ans après la rencontre de Gottingen, le congrès de Francfort rappelle également l'importance des échanges universitaires et historiographiques franco-allemands dans une ville profondément européenne et au riche passé historique.

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  • Une traversée de l'histoire et de la culture sépharades du Moyen Âge à nos jours.
    De la cohabitation des trois monothéismes dans l'Espagne musulmane et chrétienne à l'émergence des fanatismes musulman puis chrétien, en passant par le phénomène marrane, l'Inquisition, sans oublier l'effervescence culturelle et économique que connaissent le judaïsme ibérique et le monde judéoconvers, ce livre restitue les grands moments d'une aventure, celle du séphardisme, dans ses lieux de naissance et de développement, à la croisée de cultures plurielles.
    Terre des grandes oeuvres de la philosophie, de la littérature, de la poésie et de la liturgie, écrites en hébreu, en arabe et en roman, la terre d'Espagne a aussi été celle de la cabale, avec son oeuvre maîtresse, rédigée en araméen, le Zohar. Mais les expulsions dispersent bientôt les Sépharades en Europe, un peu dans le Maghreb, et surtout dans l'Empire ottoman où se construit une séphardité nouvelle - quoique liée à la créativité judéo-ibérique du passé - et s'épanouit une culture spécifique, dont le Me'am Lo'ez, véritable encyclopédie religieuse populaire judéo-espagnole, est l'un des plus beaux fleurons.
    La Seconde Guerre mondiale décime cette nouvelle aire culturelle, avec en son centre Salonique, appelée " ville-mère " du judaïsme oriental. L'ouvrage ne s'arrête pourtant pas là, de même qu'il ne limite pas son horizon aux Balkans. Il tente en dix chapitres, qui sont comme dix escales, de couvrir tout l'univers sépharade dont la langue et la culture sont en voie de disparition, et d'en traquer les ultimes vestiges aujourd'hui, telles certaines identifications avec le marranisme dans l'Amérique latine contemporaine.
    Réunissant en ce volume les textes des dix conférences annuelles prononcées sous son égide, le Centre Alberto-Benveniste met ainsi à la disposition du public quelques-unes des plus belles réalisations des dix premières années de son existence.

  • Cet ouvrage collectif et tiré d'un colloque international entend retracer, à l'aune de sources nouvelles et de questionnements renouvelés l'émergence et l'institutionnalisation de l'histoire des relations internationales comme nouveau champ académique (en France, mais en intégrant la dimension européenne - voire internationale - du sujet), des années 1920 aux années 1950, et en réalité bien au-delà.
    Il s'agit notamment d'étudier, à travers les figures bien connues des deux pères fondateurs de la discipline, Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle, les processus d'institutionnalisation qui caractérisent cette discipline d'un après-guerre à l'autre. Il s'agit pour les contributeurs de démontrer les spécificités de ce champ académique qui s'assume d'emblée comme histoire du temps présent et comme outil d'aide à la décision politique.
    Renouvin et Duroselle sont ainsi solidement replacés au sein de la communauté savante de leur époque, de même que l'ouvrage prend soin de les réinscrire dans le riche contexte politico-social de leur temps (guerres mondiales, guerre froide, construction européenne, etc.). La diffusion de cette nouvelle discipline hors des frontières nationales et le dialogue avec les historiographies étrangères est également bien pris en compte, de même que les rapports complexes avec la science politique.

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  • Qu'est devenu aujourd'hui le "métier d'historien" dont parlait Marc Bloch ? En suivant le fil d'une expérience individuelle, ce livre s'interroge sur le travail de l'histoire, entendu dans un double sens. C'est d'abord le travail sur l'histoire, comme matériau de recherche, qui pose des questions intellectuelles mais aussi pratiques.

    Comment devient-on chercheur en histoire ? Que signifie lire, écrire, éditer des textes quand on est historien ? Quels sont les enjeux de l'enseignement de l'histoire ? Pourquoi participer à l'évaluation ou à l'administration au sein des institutions universitaires ? Qu'implique le fait d'intervenir dans la sphère publique ?

    Ces questions font le quotidien de l'historien autant, voire plus, que la fréquentation des archives et des bibliothèques.

    Mais, en filigrane, le travail de l'histoire désigne aussi, dans un sens qui mêle les dimensions personnelle et professionnelle, l'histoire au travail.

    Non seulement l'histoire comme flux temporel, qui transforme les êtres et les choses, mais aussi comme discipline, qui produit des effets sur celui qui la pratique et qui est, en retour, travaillé par cette histoire.

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  • « La musique a-t-elle un genre? »: la question soulève encore souvent indifférence polie, sinon hilarité, voire mépris. Et pourtant! Comme la littérature et la peinture, la musique n'échappe pas aux catégorisations genrées et encore moins aux inégalités de genre qui relèguent dans l'ombre les femmes artistes.

    Ce volume examine sur la longue durée ce phénomène d'invisibilisation des musiciennes à l'oeuvre tant dans l'historiographie que dans l'imaginaire social, tant dans les discours que dans les pratiques de création et les programmations.

    Repérant les différentes voies de disqualification des talents féminins, les seize études réunies ici scrutent les indices de l'enfouissement des musiciennes dans les traités philosophiques et esthétiques, dans les manuels d'éducation, dans les témoignages du public, dans les récits de vie, comme dans les écrits savants et la critique musicale, y compris la plus récente.

    Surgissent ainsi autant de jalons pour débusquer et mieux déconstruire les stéréotypes de genre dans les écrits sur la musique et les pratiques musicales d'hier et d'aujourd'hui.

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  • Communauté habile et ingénieuse, multitude licencieuse, naïve et bornée, foule dangereuse et subversive : aux yeux de ses commentateurs, le peuple de Paris semble soutenir toutes les contradictions. À la fois pluriel et singulier, il constitue une masse aux contours informes, une hydre aux milliers de têtes, aussi indomptable pour l'administrateur du XVIIIe siècle qu'insaisissable pour l'observateur du XXIe siècle qui, avec la prudente distance du recul historique, chercherait à en tracer le profil. "Paris et ses peuples" fait écho à l'ouvrage programmatique de Daniel Roche, qui annonçait en 1981 un important renouvellement de l'histoire socioculturelle sur la capitale. En recentrant l'analyse sur les gestes quotidiens et les maux ordinaires de ses classes laborieuses, l'auteur du "Peuple de Paris" inaugurait un chantier aux multiples avenues, invitant un foisonnement historiographique dont ce livre se fait en partie témoin. À travers dix-huit nouvelles perspectives, celui-ci propose de croiser les regards sur l'espace parisien pour appréhender la diversité de ses acteurs, l'enchevêtrement de ses réseaux de sociabilités, les discours antagonistes qui le représentent et l'encadrent. Continuellement modelée par les acteurs sociaux qui la sillonnent et se l'approprient, la cité fabrique réciproquement, façonnant les expériences citadines et les modes d'expression d'une culture populaire effervescente. Sur les terrains du travail, de la consommation, des régulations sociales, du voisinage, des circulations urbaines ou des mobilisations politiques, la relation entre Paris et ses peuples, toujours bouillante, fournit le cadre de ruptures et de continuités historiques qui traversent l'Ancien Régime et la Révolution.

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  • Comment écrire une histoire des temps coloniaux à partir de points de vue d'Algériens ? Quels rapports établir entre la colonisation et le réformisme musulman, problème majeur de l'histoire contemporaine de l'islam ? C'est à ces deux questions, aussi centrales qu'irrésolues, que s'attaque cette étude sur l'ibadisme aux XIXe et XXe siècles.

    Ce livre retrace la trajectoire de la minorité des musulmans berbères et ibadites du Mzab depuis l'occupation de cette région du nord du Sahara par la France, en 1882, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie, en 1962. Il montre la manière dont, face à la domination coloniale, des savants musulmans - les oulémas - s'emparent de l'idée de réforme en islam, pour en faire une arme de conquête du leadership et de reconfiguration de la religion et de la société locales. Par-delà le face-à-face entre la France et l'Algérie, circuler entre Le Caire, Tunis, Alger et le Mzab permet à ces lettrés de trouver de nouveaux modèles politiques, d'opérer de fortes ruptures culturelles et de s'adapter à d'importants changements socio-économiques. Trois générations successives d'oulémas repensent l'ibadisme comme foi et comme pratique et, surtout, redéfinissent les contours de leur communauté face à l'occupation étrangère, tout en lui ménageant une place dans la nation algérienne en construction. Très minoritaires (1% à peine de la population), les ibadites se révèlent un observatoire unique des bouleversements vécus par les Algériens à la période coloniale.

    Au terme d'un patient travail de terrain et en archives (de langues arabe et française), Augustin Jomier renouvelle la question du réformisme musulman, révélant l'existence de sa variante ibadite et, plus largement, la métamorphose coloniale de l'islam. Il montre surtout qu'écrire l'histoire de l'Algérie en observant l'évolution des institutions sociales et culturelles antérieures à la colonisation permet de restituer la capacité d'action des colonisés, leurs manières de donner sens aux cadres coloniaux et de se réinventer dans ce contexte.

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  • L'explosion iconographique contemporaine est désormais établie. Alors que l'histoire de l'art ne cherche plus à résister à l'essor des visual studies, et que les études iconographiques ont été investies par toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, quels usages fait-on des images ? Ce renchérissement de l'intérêt pour les images et leur histoire s'est-il accompagné d'une évolution significative dans les médiations essentielles que sont les pratiques éditoriales, tous supports confondus ? La polémique suscitée en 2018 par la parution du livre Sexe, race et colonies, fut éclairante quant à la portée heuristique, l'usage documentaire et la fonction éditoriale des images comme sources historiques. Au-delà d'un rapport « illustratif » à l'iconographie, les usages éditoriaux des images permettent-ils d'analyser intrinsèquement leurs conditions de production, de diffusion et de réception ? Leur format de reproduction lui-même et les légendes descriptives qui les accompagnent permettent-ils de les regarder et les comprendre dans leur polysémie ? Force est de constater qu'au-delà des louables intentions de décryptage la fonction décorative des images n'a guère changé et qu'elle a peut-être même tendance à empirer.

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