Peinture / Arts graphiques

  • Il était resté glissé dans la poche intérieure du vieil étui en cuir acheté sur Internet. Un tout petit répertoire, comme ceux vendus avec les recharges annuelles des agendas, daté de 1951.
    A : Aragon. B : Breton, Brassaï, Braque, Balthus... J'ai feuilleté avec sidération ces pages un peu jaunies. C : Cocteau, Chagall... E : Éluard... G : Giacometti... À chaque fois, leur numéro de téléphone, souvent une adresse. L : Lacan...
    P : Ponge, Poulenc... Vingt pages où s'alignent les plus grands artistes de l'après-guerre. Qui pouvait bien connaître et frayer parmi ces génies du xxe siècle ?
    Il m'a fallu trois mois pour savoir que j'avais en main le carnet de Dora Maar.
    Il m'a fallu deux ans pour faire parler ce répertoire, comprendre la place de chacun dans sa vie et son carnet d'adresses, et approcher le mystère et les secrets de la « femme qui pleure ». Dora Maar, la grande photographe qui se donne à Picasso, puis, détruite par la passion, la peintre recluse qui s'abandonne à Dieu. Et dans son sillage, renaît un Paris où les amis s'appellent Balthus, Éluard, Leiris ou Noailles.
      B.B.

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  • Dessins

    Jean Cocteau

    • Stock
    • 9 Octobre 2013

    En 1923 paraît chez Stock le premier livre de dessins de Jean Cocteau. Le poète a alors 34 ans. On y retrouve plus d'une centaine d'illustrations au trait : des portraits de Raymond Radiguet, Pablo Picasso, la comtesse de Noailles, des scènes de la vie quotidienne, des souvenirs des Ballets russes, des allégories... Jean Cocteau s'y révèle un talentueux caricaturiste, croqueur de visages et d'attitudes. Comme l'écrira l'historien d'art Paul Fierens en 1959 : « Ce qui émane de Dessins, quand on feuillette cet album rempli de surprises et dont la variété s'avère inépuisable, dans la facture autant que dans les thèmes, c'est l'esprit, le ton d'une époque dont les Ballets russes ont polarisé les aspirations, sublimé les goûts. Toujours le trait tremblé saisit, sans les figer, les attitudes, et l'on admire la manière dont, répudiant les artifices de la perspective, du modèle, du jeu des valeurs, de l'impressionnisme graphique, Cocteau rend l'espace sensible et approfondit le blanc du papier. » Cet ouvrage - ainsi dédicacé à Pablo Picasso : « Les poètes ne dessinent pas. Ils dénouent l'écriture et la renouent ensuite autrement » - présente un aspect méconnu du travail de Jean Cocteau.

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  • Courbet, l'outrance

    Henri Raczymow

    • Stock
    • 14 Avril 2004

    Ce noeest pas le Courbet communard qui moea retenu ici. Coeest Courbet peintre. La manière de Courbet. Ses manières, ses mauvaises manières. Sa grossièreté de paysan (de Franche-Comté) mal dégrossi, de plébéien. Quoeil soit devenu communard, doeailleurs, noeest pas pour étonner. On se moquait de lui : il ignorait les livres, il était sans orthographe. L?école et lui s?étaient très tôt brouillés. Mais Courbet est ailleurs : coeest un peintre-né. Ses manières sont, à tous égards, fort peu académiques. LoeAcadémie ne soey trompait pas : le Salon le rejeta avec constance. Pourtant, les meilleurs, dont Baudelaire son ami, surent voir derrière le scandale (voulu, délibéré) quoeoccasionnaient ses tableaux, une oeuvre inédite, radicale, décisive pour loeart moderne (Monnet, Cézanne) qui surgissait « avec loeallure doeune insurrection ». Courbet, c?était un homme « énorme » ? « hénaurme » eût dit son contemporain, loeautre Gustave du siècle, loeauteur de Madame Bovary, avec lequel il partageait tant doeaspects communs. Cette « hénaurmité » ? cette outrance ?, nous la voyons de façon indissociable dans son personnage tonitruant et dans son oeuvre scandaleuse, lieu doeune vraie jouissance esthétique et sensuelle, ce que nous avons appelé, comme pour rappeler combien loeanimalité noeest jamais loin dès lors quoeon évoque ce peintre, un puissant « effet-boeuf ».
    Henri Raczymow

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  • L'oeil de Proust

    Philippe Sollers

    • Stock
    • 10 Novembre 1999

    "la main de proust écrit sans cesse. elle court sur le papier, les scènes et les portraits s'organisent, et, de temps en temps, une figure passe à travers les lignes, résiste, habite la feuille, se détache, vient faire tache comme un insecte qui refuserait de se laisser épingler et tuer. c'est un fantôme qui n'a pas encore été réduit, une apparition comme dans une séance de spiritisme, une grimace, une silhouette, un clin d'oeil. qui visite les enfers doit s'attendre à la levée des spectres. quand proust, étonné de sa propre audace, lève la tête de ses "paperoles", de son rouleau biblique en cours de rotation continue, il dessine parfois la marge ou en plein dans la rédaction. dessin ? non, griffonnage, gribouillage, esquisse de mots contradictoires à trouver, plutôt. pendant qu'il s'interrompt ainsi un moment pour laisse glisser sur le mur de sa page, comme une projection de lanterne magique, un "personnage", il pense à autre chose, à la formule verbale qui va absorber cette émanation, la replonger dans le flux de son énorme roman. il s'agit d'un appel, d'un graffiti, d'une caricature, comme s'il voulait à ce moment-là ancrer sa vision. vision perçante et cruelle." philippe sollers sur ses lettres, ses manuscrits ou ses carnets, proust a beaucoup dessiné. dans la marge, sur des pages blanches ou au milieu d'un texte, on découvre ses croquis, parfois esquissés d'un trait rapide, parfois plus travaillés. réunis ici pour la première fois dans leur quasi-totalité, ces dessins offrent un éclairage subtil et inattendu sur l'ensemble de l'oeuvre.

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