LARHRA

  • Bruno Hübsch (1933-2003) avait soutenu en 1966 à la faculté de théologie de Lyon une thèse particulièrement novatrice consacrée à la controverse entre catholiques et réformés français sur le ministère. Ce travail, inspiré par un souci oecuménique profond, se fondait sur l'étude approfondie de nombreux traités de controverse, dont certains provenant d'auteurs prestigieux du premier XVIIe siècle, comme Du Perron ou Bérulle du côté catholique, Duplessis-Mornay, Chamier ou Dumoulin pour les protestants. Il montrait comment la notion de ministère s'approfondissait peu à peu en réponse aux critiques adverses. Du côté réformé, l'accent est mis sur la nécessaire vocation intérieure puis, peu à peu, on insiste sur le rôle de l'Église qui délègue une part de son autorité aux pasteurs ; chez les catholiques, la succession apostolique, d'abord mise en avant, s'enrichit d'une signification surnaturelle qui fait parler de mission plus que de vocation. Ainsi, d'un côté on rappelle le rapport fonctionnel du pasteur et du peuple chrétien tandis que de l'autre, on insiste sur la grandeur du ministère et l'état sublime que procure l'ordination. La controverse sur le ministère touche ainsi à la conception qu'on se fait de l'Église, considérée comme universelle ou envisagée d'abord sous son aspect local. La thèse de Bruno Hübsch permet ainsi de mieux comprendre l'enjeu de controverses souvent mieux connues. Malgré son intérêt, cette thèse n'avait jamais été publiée et avait donc été largement ignorée par les études qui, depuis, se sont multipliées sur les controverses. Elle conserve pourtant toujours toute sa valeur, d'où l'intérêt de cette édition. Une introduction d'Yves Krumenacker permet de la situer par rapport aux travaux plus récents sur le sujet. La bibliographie a été mise à jour. L'ensemble devrait ainsi rendre de grands services à tous ceux qu'intéressent aussi bien la théologie des ministères que les relations intellectuelles entre catholiques et protestants.

  • Dans le prolongement des démarches scientifiques suscitées par le cinquantenaire du Concile Vatican II, un colloque international réuni à Lyon en mai 2016 s'est intéressé à un dossier inédit, celui des réactions à la lettre adressée le 24 juillet 1966 par le cardinal Ottaviani, pro-préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi, aux présidents des conférences épiscopales sur les « abus grandissants dans l'interprétation de la doctrine du Concile » et les « opinions étranges et audacieuses apparaissant ici ou là ». L'abondance des commentaires, la tonalité des réponses nationales et les suites romaines confèrent à ce document une dimension de révélateur face à la crise naissante, que les acteurs ont du mal à nommer et à identifier. Les thèmes abordés sont nombreux (instances de la société, évaluation du Concile, déplacements des modalités du croire, exercice de la collégialité, réforme de la Curie, responsabilités des évêques et des théologiens) et constituent autant de perspectives pour l'historicisation du moment conciliaire dans le temps court qui sépare la clôture de l'assemblée et la bourrasque de Mai-68 et, plus généralement, dans le mouvement des décennies 1950-1970. Avec les contributions de Christian Sorrel, Alessandro Santagata, Étienne Fouilloux, Philippe Chenaux, Gianni La Bella, Philippe Roy-Lysencourt, Marialuisa Lucia Sergio, Leo Declerck, Mathijs Lamberigts, Franz Xaver Bischof, Lorenzo Planzi, Feliciano Montero, András Fejérdy, Gilles Routhier, Miranda Lida et Denis Pelletier.

  • La compétition qui se met en place au xvie siècle en Occident entre protestants et catholiques pousse chaque camp à accorder une attention particulière à la formation des coeurs et des esprits, jugée stratégique par tous, ainsi qu'en atteste par exemple la réorientation rapide de l'activité des premiers jésuites. Avec d'autres facteurs (le renouvellement des paradigmes intellectuels au moment de l'humanisme, les nouvelles attentes de la monarchie et les nouveaux critères de sélection des élites sociales), cette compétition confessionnelle apparaît alors comme un puissant moteur de développement de l'offre éducative. Le lien privilégié entre protestantisme et éducation est devenu un lieu commun, ainsi que l'idée d'une meilleure alphabétisation protestante. Mais, curieusement, peu d'études récentes ont cherché à en démontrer la véracité. Les pratiques éducatives réformées réelles sous l'Ancien Régime sont en fait mal connues, d'autant qu'elles diffèrent beaucoup, depuis les débuts difficiles du xvie siècle, au temps plus calme de l'édit de Nantes puis à la clandestinité du xviiie. Ce volume cherche à les éclairer, depuis la première éducation à l'enseignement dispensé dans les académies, toujours en se demandant s'il est possible d'établir un lien entre une confession et une forme particulière d'éducation. Afin d'y parvenir, des spécialistes de l'histoire de l'éducation et de l'histoire du protestantisme se sont réunis lors d'un colloque tenu à Lyon les 11 et 12 octobre 2013. Ce sont les actes de cette rencontre qui sont reproduits ici.

  • La Réforme étant née en partie d'une critique des clercs aurait dû être prémunie du cléricalisme, d'autant qu'une de ses affirmations majeures est le principe du sacerdoce universel. Or on constate qu'il n'en est rien. Presque dès les origines, on note une critique contre le cléricalisme du corps pastoral, voire son sacerdotalisme - sa tendance à perpétuer les fonctions sacrées des prêtres. Par la suite, différents courants perpétuent cette critique, peut-être d'autant plus fortement que les Églises s'établissent et se cléricalisent réellement. La critique est encore plus vive si les pasteurs peuvent sembler trahir, par exemple quand ils quittent la France au moment de la Révocation. Elle est également forte quand de nouveaux mouvements prônent une intériorisation personnelle de la piété (on songe bien sûr au piétisme), ou dans les mouvements radicaux en butte à l'hostilité des Églises établies et de leurs clercs. Ces critiques ont-elles une unité ? Sont-elles dans le prolongement de la critique du cléricalisme de l'Église romaine, ou y a-t-il une spécificité protestante ? Une identification de type sociologique des pasteurs aux prêtres en serait-elle la source et colorerait-elle l'anticléricalisme protestant ? Le mythe de la Réforme comme " libre examen ", qui se développe au XVIIIe siècle, l'appel à la liberté de conscience jouent-ils un rôle dans ce processus ? C'est à répondre à ces questions que ce recueil tente de répondre, à travers les cas de la France, de l'Allemagne et des Provinces-Unies. Cet ouvrage inaugure la collection " Chrétiens et Sociétés. Documents et Mémoires "

  • 1856... Les fils de saint Dominique s'installent à Lyon, une quinzaine d'années après la restauration de l'ordre en France avec pour objectif de vivre selon la « stricte observance ». 1863, le cardinal de Bonald consacre la chapelle conventuelle, qui fait l'objet d'un programme iconographique original dans les décennies suivantes. La journée d'études organisée par le couvent et la paroisse du Saint-Nom de Jésus et l'équipe Religions, Sociétés Et Acculturation du Laboratoire de Recherche. Historique Rhône-Alpes pour le 150e anniversaire de la consécration de l'édifice a permis de mieux comprendre, dans le contexte lyonnais (Christian Sorrel), un lieu et une histoire en étudiant le groupe des fondateurs du couvent (Tangi Cavalin et Nathalie Viet-Depaule, Isabelle Parizet) et le contrecoup des événements de 1870 (Bruno Carra de Vaux), en analysant l'architecture et les vitraux (Philippe Dufieux, Catherine Guillot) et tentant de ressaisir les lignes de force du projet (Jean-Marie Gueullette).

  • La troisième journée d'études consacrée par l'équipe RESEA du LARHRA à l'antiromanisme catholique des temps post-tridentins s'est intéressée à l'expression de sentiments antiromains dans l'historiographie catholique. À l'époque moderne, le développement d'une historiographie ecclésiastique antiromaine au sein du catholicisme a d'emblée été tributaire de deux grands modèles élaborés dans la deuxième moitié du xvie siècle et qui s'inséraient dans le débat entre catholiques et protestants. De 1559 à 1574 paraissent à Bâle les treize centuries de l'Ecclesiastica historia, dites Centuries de Magdebourg. Très imposante, l'oeuvre propose une version luthérienne de l'histoire du christianisme. Après la conclusion du concile de Trente, la papauté s'est rapidement préoccupée de faire répondre aux centuriateurs de Magdebourg. En publiant ses Disputationes de controuersiis christianæ fidei (1586-1593), Robert Bellarmin s'est chargé de réfuter les arguments théologiques que les Centuries de Magdebourg avaient développés, tandis que son collègue Cesare Baronio, plus connu sous le nom latinisé de Baronius, faisait paraître à Rome, entre 1588 et 1607, les douze volumes de ses Annales ecclesiastici, qui se faisaient fort d'anéantir par leur érudition la validité des analyses historiques des protestants. À la fin du xvie siècle, l'historiographie ecclésiastique européenne est clairement le lieu d'affrontements confessionnels dont on va retrouver la trace proprement historiographique jusqu'au xixe siècle. L'écriture de l'histoire devient pour les catholiques un domaine de choix où manifester leur opposition à Rome et aux prétentions ecclésiales et temporelles du Saint-Siège. Les différentes contributions ici réunies permettent de mettre en lumière les racines gallicanes et plus largement régalistes du libéralisme contemporain, sourde transformation par laquelle l'historiographie de l'Église a longtemps été travaillée en France, en Italie et en Allemagne et dont la journée d'études organisée le 24 septembre 2010 a tenté de marquer les grandes étapes et d'illustrer le mouvement pluriséculaire.

  • Le Roi-Providence

    Olivier Christin

    • Larhra
    • 23 Juin 2020

    Trois oeuvres d'art françaises de la fin du xvie siècle et du début du xviie siècle, différentes dans leur technique et dans leur destination, mais présentant une même curiosité iconographique déroutante : un portrait très précis du roi au milieu d'une scène religieuse en apparence banale. Peut-on y retrouver des références précises aux enjeux politiques et confessionnels de la sortie des guerres de religion et de la construction de l'absolutisme, sans renouer avec les vieilles lunes interprétatives de la « propagande royale » ou de la « rationalisation religieuse » du pouvoir ? Peut-on, au prix de la restitution minutieuse de leurs conditions de production, de réception et de fonctionnement, retrouver le rôle efficace qui fût le leur ? C'est à ces questions qu'entend répondre ce livre, proposant trois enquêtes qui prennent pour fil directeur des oeuvres peu ou mal connues : les Puys amiénois, le retable d'émail du Musée des Beaux-Arts de Lyon, les chartes de mariage lyonnaises. La présence des premiers Bourbon n'y doit en effet rien à une quelconque exigence du roi ou de ses agents, à une commande officielle : elle s'explique par les stratégies que certains acteurs mettent en oeuvre pour négocier leur rôle dans le redressement du royaume et concilier au mieux conviction catholique et fidélité monarchique.

  • Cent ans après, la question laïque est de retour, dans un contexte singulièrement transformé, et le Colloque organisé à Rome en mai 2002 dans le cadre du Centre culturel Saint-Louis de France dépendant de l'Ambassade de France près le Saint-Siège, apparaît avec un peu de recul comme plongé dans la chaleur de l'actualité. En un peu plus d'un an le concept de laïcité et la place des religions dans la société et par rapport à l'État, se sont imposés comme l'un des axes majeurs du débat public en France et en Europe. En effet, la question laïque n'est plus une question franco-française : elle concerne l'ensemble des États européens qui, sous le double effet de la progression de l'Union européenne vers une plus forte intégration politique et les bouleversements introduits dans les équilibres religieux par une immigration musulmane plus nombreuse et plus identitaire, sont appelés à s'interroger à nouveaux frais sur leurs relations avec les religions. La laïcité a une dimension historique et philosophique, juridique et politique, culturelle surtout. C'est pourquoi ce colloque de Rome a voulu se caractériser d'abord par la diversité des disciplines des intervenants (politiques, hauts fonctionnaires, historiens, philosophes, juristes, sociologues), par la diversité de leurs origines nationales et religieuses. De ce point de vue, cette rencontre a été aussi une rencontre interreligieuse. Là est l'ambition de ce livre : offrir une méthode d'approche d'un grand problème de notre temps aux profondes racines historiques, à travers une approche comparatiste, interdisciplinaire et interreligieuse.

  • Ce volume rassemble une vingtaine d'articles de Bernard Dompnier, professeur émérite à l'Université Blaise Pascal (Clermont-Ferrand), choisis parmi les plus représentatifs de son activité de recherche. Depuis une quarantaine d'années, Bernard Dompnier a édifié une oeuvre historique originale, héritière des méthodes de l'histoire sociale à la française appliquées au champ religieux. Situant son approche au niveau des pratiques, il reste l'un des pionniers de l'anthropologie historique du catholicisme moderne abordé sous l'angle des dévotions et du culte des saints, de la prédication et des missions, de la vocation et du recrutement des réguliers, de la liturgie et de la musique religieuse. Grâce à lui, des sujets souvent délaissés par les historiens, ont été réintroduits dans le champ de leurs investigations. Ses enquêtes reposent sur une description attentive et nuancée de leur objet, le souci d'évaluer le poids des phénomènes étudiés en recourant à la quantification et à la statistique, la prise en compte des acteurs selon des critères objectivables, la mise en perspective des pratiques par rapport aux discours. Les articles présentés ici, auxquels est jointe la liste de ses publications à ce jour, donnent un riche aperçu d'une oeuvre prolifique et innovante, et à travers chacun d'entre eux le lecteur trouvera non seulement un regard stimulant sur la vie religieuse à l'époque moderne, mais aussi une magistrale leçon de méthode.

  • L'Histoire religieuse est devenue, pour les périodes moderne et contemporaine, un secteur de recherche historique particulièrement active dans l'Université française. Colloques, thèses, éditions scientifiques de documents, se sont multipliés au cours des dernières décennies, permettant la reconnaissance des facteurs religieux dans l'histoire. Etienne Fouilloux a pu évoquer « une percée de l'histoire religieuse en France ». Il est important, d'un point de vue méthodologique, de ne pas réduire les recherches aux observations franco-françaises, particulièrement face aux phénomènes religieux qui ont une dimension universelle. Or les historiographies ont trop souvent tendance à s'ignorer et à n'évoluer que dans un cadre national. Dans les limites géographiques et thématiques qui sont les siennes (de nombreux espaces sont absents, et le propos se limite pour l'essentiel au christianisme), ce volume propose d'établir des ponts entre des universitaires confrontés à des questions semblables, mais qui restent séparés par les logiques nationales, voire par les langues. L'équipe Religions, Sociétés et Acculturation (RESEA) du Laboratoire de Recherche historique Rhône-Alpes (LARHRA, UMR 5190) a donc organisé deux Journées d'Études en 2008 et 2009, afin de confronter les points de vue, à partir de cadres nationaux divers : pays où l'histoire religieuse occupe une place notable et quasiment traditionnelle dans le paysage universitaire (Belgique, Italie, Allemagne, Suisse, Pays-Bas), la France où elle s'insère dans la dimension laïque, des pays où elle a été confrontée au contrôle et à l'instrumentalisation de la dictature (Pologne, Espagne), l'Afrique où le poids de l'histoire missionnaire et de la colonisation reste grand, l'Amérique du Nord où elle s'est développée dans un contexte de grande diversité religieuse. Les approches, les thématiques, les évolutions sont différentes, les méthodes restent proches. Contributions de : Jan De Maeyer et Jo Deferme, Jean-Dominique Durand, Joris van Eijnatten, Piotr Kosicki, Thomas Kselman et Mark Noll, Catherine Maurer, Pablo Pérez López, Hugh Macloed, Claude Prudhomme, Francis Python, Magloire Somé, Stefano Trinchese.

  • La romanité est une notion que l'on trouve communément employée dans les analyses historiographiques consacrées au catholicisme d'après le concile de Trente. Force est pourtant de constater encore l'insuffisance, voire l'absence, de caractérisation qui puisse autoriser un usage légitime et véritablement fructueux du concept de romanitas. Le premier, Yves Congar s'était ému d'une lacune dans la réflexion des historiens et avait posé de précieux jalons dans un article paru en 1987 dans la Revue des Sciences Philosophiques et Théologiques. Sa démarche constitue toujours très certainement l'effort le plus sérieux qui ait été fait pour clarifier un débat singulièrement actuel. Au cours de la deuxième moitié du xxe siècle, les travaux d'Alphonse Dupront et de Bruno Neveu ont par ailleurs souligné, sur un plan historiographique, la nécessité d'explorer une notion toujours insuffisamment définie. L'objectif de la journée d'étude organisée à Lyon le 30 novembre 2007 par l'équipe RESEA du LARHRA, UMR-CNRS 5190, consistait à évaluer la fécondité d'une démarche historienne qui tente de préciser le concept de romanité dans ses rapports avec l'antiromanisme doctrinal développé par certaines tendances centrifuges du catholicisme, le gallicanisme au premier rang, mais aussi le jansénisme, le juridictionalisme vénitien, ou encore les sensibilités schismatiques ou critiques catholiques du xxe siècle. Une longue périodisation a été retenue afin de favoriser les échanges entre modernistes et contemporanéistes, mais aussi afin de respecter la cohérence d'une période de l'histoire de l'Église catholique qui court du concile de Trente jusqu'à Vatican II.

  • Dans ce volume sont rassemblés trente-sept articles qui rendent compte d'une oeuvre et d'une personnalité. Le lecteur qui connaît J.-P. Gutton retrouvera ici l'élégance du personnage à travers l'élégance de l'oeuvre. Ses préoccupations intellectuelles l'ont conduit à travailler sur cette humanité souffrante de l'ancien régime et ses thèmes de recherche conservent une grande unité, rarement aussi évidente dans un recueil d'articles. L'histoire de la société et de la culture irrigue le volume et les quatre parties ne recouvrent pas des curiosités successives, mais des chantiers constants et parallèles. Certes J.-P. Gutton a d'abord été l'historien des pauvres et des hôpitaux. C'était prendre pour objet d'étude une part considérable de la société de jadis ! Entendre la voix des pauvres n'est pas chose aisée et on admire la capacité à faire parler les « petits » à partir des archives hospitalières, judiciaires ou ecclésiastiques. J.-P. Gutton n'est pas un historien du religieux, pourtant l'Eglise et les dévots dont il parle si bien sont forcément rencontrés à toutes les pages. Il est plutôt un historien des régulations sociales. Mais ce ne sont pas tant la face répressive, « le dressage corporel » , le « disciplinamento » qui l'intéressent, que la manière dont les structures politiques et judiciaires ou l'action des notables dévots ont permis à la société des xvie-xviiie siècles de durer malgré ses hésitations entre ordre et désordre. La majorité de ces articles prennent Lyon et sa région pour illustration. Mais en aucun cas il ne s'agit d'histoire régionaliste : c'est un ancrage régional pour une problématique toujours nationale ou européenne. J.-P. Gutton est un laboureur d'archives et ces articles rendront service aux collègues toujours friands de textes pour leur enseignement. Il est aussi un adepte de la polyvalence, au bon sens du terme qui impose de ne jamais s'enfermer dans une spécialité trop étroite : étudier les pauvres, c'est étudier la législation, la fiscalité, les aléas de l'économie, l'évolution de l'Église, des mentalités, le rôle des « officiers moyens », etc... Ces études révèlent tout ce qui a peu à peu construit la modernité dans l'ancienne société.

  • La coexistence confessionnelle qui naît en Europe de la diffusion de la réforme luthérienne a été un thème extrêmement fécond pour les réflexions théologiques mais aussi pour la démarche historiographique, et cela dès l'origine. Elle continue à nourrir une recherche très active pour la période moderne mais est moins souvent sollicitée pour d'autres périodes. Rares sont les études diachroniques qui s'efforcent de mettre le phénomène en perspective en privilégiant le temps long et en abordant des relations qui ne sont pas uniquement inter-chrétiennes. Organisée par la Société d'Histoire Religieuse de la France et l'Université de Strasbourg, la rencontre qui a donné lieu à ce volume a souhaité au contraire s'inscrire dans cette dimension, en mettant l'accent sur la différenciation des cultures générées par l'appartenance confessionnelle, mais aussi sur le degré de leur interpénétration, et en insistant sur les conflits, mais aussi sur le « vivre ensemble malgré et dans la séparation », pour reprendre la formule célèbre du chancelier Willy Brandt. Chercheurs allemands, suisses et français se sont interrogés sur les débats théologiques, l'approche juridique et institutionnelle, la confrontation entre l'attitude des autorités politiques et religieuses et celle des populations. Ils se sont aussi intéressés à l'évolution des attitudes dans le temps, à la cristallisation sociale et culturelle des différences ou encore au rôle de la durée dans la constitution d'identités confessionnelles concurrentes. Ils ont enfin examiné les différents degrés de la confrontation, la question de l'exclusion et de la tolérance ainsi que les réalités de la frontière confessionnelle. Partie de l'oeil du cyclone, le Saint-Empire, l'analyse s'est étendue à la France et aux marges orientales de l'Europe. Son horizon est resté constamment celui d'établir des ponts entre France, Suisse et outre-Rhin, entre historiographies, entre générations d'historiens, entre confessions aussi.

  • De nouveaux chantiers s'ouvrent aujourd'hui pour une histoire revisitée des rapports entre femmes et catholicisme avec la perspective du genre. Dans le cadre d'une journée d'études, il n'était pas possible de baliser tous les chemins à emprunter. Quatre seulement ont été retenus : le politique, la spiritualité, le genre et le féminisme. Un cinquième a été joint dans cette publication avec un point de vue décentré sur la « mission au féminin », celui d'une historienne américaine et d'une historienne chilienne. Cet ouvrage a donc pour but de croiser les approches historiographiques, en faisant appel à des spécialistes d'horizons différents, venus de l'histoire religieuse, de l'histoire sociale, de l'histoire des femmes et du genre mais également d'autres disciplines comme la sociologie. Il est aussi le fruit d'une collaboration étroite entre deux équipes de recherches au sein du LARHRA : « Genre et Sociétés » (Pascale Barthélémy) et « Pouvoirs, Villes et Sociétés » (Bruno Dumons). L'histoire du catholicisme est devenue à ce jour un objet d'études à part entière, délesté de l'histoire de l'Église de tradition apologétique, qui peut désormais s'approprier les nouvelles recherches menées sur les femmes et le genre. En retenant quelques-unes d'entre elles à partir de l'exemple français, cette publication constitue aussi un appel à confronter la réflexion avec d'autres historiographies nationales mais aussi bien au-delà de celles qui caractérisent l'espace européen.

  • Le congrès, étudié par les spécialistes du politique comme lieu de production d'un discours militant, est entré plus récemment dans d'autres champs historiographiques, en particulier celui du catholicisme où la pratique congressiste se révèle d'une grande plasticité : diversité des échelles, des congrès internationaux aux congrès paroissiaux ; diversité des thématiques, des congrès généralistes aux assemblées dédiées à un sujet particulier ; diversité des modalités, des rassemblements de masse aux réunions presque confidentielles. Sans prétendre à l'exhaustivité, les journées d'études réunies en septembre 2005 à Paris sous la responsabilité de Claude Langlois et Christian Sorrel ont eu pour but d'évaluer le phénomène à l'échelle européenne et de proposer des études de cas pour la France avant de prendre la mesure des congrès internationaux qui ne sont pas le simple résultat d'un processus cumulatif, mais qui sont présents dès les origines. Au fil des communications s'impose l'idée que le congrès, dans sa forme comme dans son contenu, est un observatoire pertinent des mutations du catholicisme contemporain.

  • Cet ouvrage rassemble un peu plus d'une quinzaine de contributions sur la place de l'enfant au coeur de la société européenne du xvie au xviiie siècle. Prononcées à l'occasion d'un colloque tenu à Lyon en juin 2005, elles sont un hommage à Jean-Pierre Gutton autant qu'un état des problématiques actuelles sur la question de la petite enfance. Des orphelins sans refuge aux monarques en herbe, des vertueuses enfances de saints aux pauvres adolescences des villes, des marâtres sans coeur aux pieuses fondatrices d'oeuvres, des prêtres soucieux de catéchèse aux médecins intéressés par la santé publique, tout un univers enfantin ou préoccupé de questions enfantines s'offre à l'analyse d'une identité sociale aux limites trop souvent insaisissables. L'enfance, conçue comme un temps de la vie, conçue également comme une manière d'être au monde sous le regard de l'adulte, se voit ici déclinée dans son rapport au catholicisme et à la maladie. Cette enfance est vue de salut par sa contemplation d'abord, grâce à sa personnification dans la Trinité ou dans la Sainte Famille. Elle l'est aussi par l'engagement dévot et sincère qu'elle présuppose, que ce soit dans l'assistance aux pauvres ou dans l'éducation. Pour tout cela, mais aussi en raison de sa fragilité irréductible face à un monde jugé souvent hostile, cette enfance est cause d'inquiétude et de combats. Que l'on considère ces jeunes chrétiens captifs en terre musulmane aussi bien que ces petites vies confrontées à des mises en nourrice systématiques ou aux assauts de la variole, l'adulte se montre au fil des siècles de plus en plus soucieux de protection, tant spirituelle que médicale. Cet ouvrage invite donc à suivre des itinéraires originaux et multiples mais qui, pour la plupart, mettent en scène des soucis similaires de protection et d'éducation, dans l'espoir de préparer l'enfance à l'entrée dans le monde des adultes.

  • À relire l'ensemble des articles ici rassemblés, il apparaît, qu'outre son importante contribution à l'histoire de la santé, Dominique Dessertine a privilégié l'histoire de la famille et, en son sein, celle de l'enfance et de l'adolescence au tournant des xixe et xxe siècles. Dans cet ensemble, elle a mis l'accent sur les initiatives qui visent à protéger les enfants et les jeunes en danger ou en danger de l'être. Déjà arrachés aux prisons ordinaires pour être détenus dans des colonies pénitentiaires, les enfants coupables peuvent être de plus en plus - et sont de plus en plus - confiés à l'Assistance publique et surtout à des institutions privées agréées, essentiellement laïques, chargées de les éduquer. Celles-ci reçoivent aussi les enfants victimes de mauvais traitements ou d'une éducation familiale jugée trop déficiente. Derrière cette convergence entre ces deux jeunesses, se lit la hantise de voir les enfants sombrer dans la délinquance et la marginalité. Cette obsession est si forte qu'elle va jusqu'à passer outre la sacrosainte autorité parentale. Par ailleurs, avec son époux Bernard Maradan (1946-2000), elle a mis à jour un moteur fondamental du dynamisme des patronages, la rivalité entre laïcs et catholiques. Au-delà de leurs différences, - les patronages catholiques sont plus sportifs, les laïques plus tournés vers les activités culturelles - les deux visent à civiliser les enfants et à les protéger des dangers de l'errance et du vagabondage. Parmi les activités de ces patronages, l'auteur donne une place particulière aux défilés et fêtes de la jeunesse. Enfin les études pionnières sur les écoles de plein air de l'entre-deux-guerres et les centres sociaux d'après-guerre (même s'ils ne sont pas spécialement destinés à l'enfance, ils sont amenés à lui accorder une grande place), complètent un tableau décidément riche et varié des initiatives en faveur de l'enfance et de la jeunesse.

  • La France de l'époque moderne connaît une situation de coexistence confessionnelle complexe. La Réforme a échoué à s'imposer et les catholiques n'ont pas réussi à éradiquer le protestantisme, ni au moment des guerres de religion, ni avec la révocation de l'édit de Nantes. Cela a obligé les membres de religions différentes à cohabiter, selon des modalités très différentes selon les lieux et les temps. C'est cette diversité qu'explore le présent volume, où alternent des analyses portant sur les modalités politiques de la coexistence, des études de cas sur les trois siècles de l'époque moderne, des bilans historiographiques sur le sujet. Les sources les plus variées sont convoquées afin de bien examiner les différents aspects de la question. Les solutions armées comme les relations pacifiques, les liens économiques comme la sociabilité au quotidien, les liens entre politiques ou membres de la République des Lettres comme ceux qui unissent les paysans ou les artisans sont tour à tour évoqués. Si le Sud de la France, particulièrement le Languedoc, est évidemment privilégié, d'autres régions sont également étudiées, que ce soit le Poitou, la petite ville alsacienne de Sainte-Marie-aux-Mines ou Paris. Ce livre rassemble les communications faites à la journée d'études qui s'est tenue à Lyon le 30 septembre 2006. Elle réunissait les meilleurs spécialistes actuels de l'histoire du protestantisme français, sous la direction de Didier Boisson, professeur à l'Université d'Angers et membre du CERHIO et d'Yves Krumenacker, professeur à l'Université Lyon 3, membre de l'Institut Universitaire de France et de l'UMR 55190 LARHRA.

  • Cet ouvrage a pour but de clarifier un certain nombre de notions ou de concepts couramment utilisés quand on aborde la théologie ou la spiritualité chrétiennes des xvie et xviie siècles : école ignatienne, augustinisme, thomisme, écoles dominicaine, carmélitaine, salésianisme, école française de spiritualité. À ce titre, il intéressera aussi bien les historiens que les littéraires, les philosophes que les théologiens. C'est le fruit d'une réflexion pluridisciplinaire, associant des chercheurs de spécialités différentes mais ayant déjà tous travaillé sur ces questions, qui s'est déroulée lors d'une journée d'études organisée par le GRAC (Groupe Renaissance Âge Classique), UMR 5037, et le LARHRA (Laboratoire de Recherches Historiques Rhône-Alpes), UMR 5190, le 14 janvier 2006 ; c'est également le résultat d'une collaboration exemplaire entre chercheurs des universités Lumière Lyon 2 et Jean Moulin Lyon 3. Sans prétendre apporter une définition précise de chacune des notions envisagées, l'ouvrage cherche à en dessiner les contours, de manière à faire mieux comprendre ce qu'elles recouvrent, à signaler les références privilégiées, les réflexes terminologiques de chaque famille religieuse. Les auteurs espèrent ainsi donner des éléments permettant d'inclure ou au contraire d'exclure tel auteur, telle oeuvre, de tel courant de pensée. À l'heure où la réflexion sur le « fait religieux » est reconnue commeindispensable à la culture contemporaine, les différents chapitres du livre permettront de mieux connaître des pans considérables de la pensée et de la spiritualité chrétiennes et de les classer rigoureusement. Au fil de l'ouvrage, et plus particulièrement dans sa dernière partie, une interrogation plus large se fait jour sur la notion même d'école dans le domaine de la pensée. Ce sont aussi bien les chercheurs confirmés que les débutants qui devraient pouvoir en tirer profit.

  • Alexandre Glasberg (1902-1981) est une figure étonnante. Né dans l'Empire des tsars, converti du judaïsme, ordonné prêtre catholique après son arrivée en France en 1932, il est l'une des figures du sauvetage des Juifs et de la Résistance entre 1940 et 1944 à Lyon, puis dans le Tarn-et-Garonne. Après la guerre, il poursuit son action dans le cadre du Centre d'orientation sociale des étrangers et soutient le jeune État d'Israël avant de critiquer l'évolution qui l'éloigne de l'utopie fondatrice. Novateur social, de sensibilité progressiste, il renouvelle son engagement dans les années 1960 au profit des réfugiés politiques et est l'un des fondateurs de France Terre d'Asile au début de la décennie suivante. Prêtre sans ministère, homme de l'ombre, acteur des politiques publiques, il s'est peu exprimé sur ses convictions et n'a guère laissé d'archives. La journée d'études organisée à l'Université de Lyon le 24 mai 2012 a néanmoins permis, grâce à des documents inédits, de relire son itinéraire et de dessiner son portrait avec plus de précision, même si demeure une part irréductible de mystère.

  • La publication en 2011 du dernier volume des « Matériaux pour l'histoire religieuse du peuple français », plus connus sous le nom de « Matériaux Boulard », et la journée d'étude organisée à cette occasion à l'Université de Lyon ont permis de mettre en lumière la figure trop ignorée du chanoine Fernand Boulard (1898-1977), pionnier de la sociologie religieuse pastorale. Il s'agissait dans le même temps de réfléchir à l'usage que les historiens ont fait des données qu'il avait collectées et pourront encore en faire à l'avenir, alors que les paradigmes historiographiques ont changé depuis la décennie 1970 qui vit le projet des « Matériaux Boulard » prendre forme.

  • « Intrus », « apostats », « schismatiques »... Les qualificatifs dépréciatifs n'ont guère manqué sous la plume des historiens catholiques du xixe siècle pour décrire l'action des évêques constitutionnels, institués par l'Assemblée nationale constituante en 1790 pour prendre la tête de l'Église de France « régénérée ». Catholiques révolutionnaires, fervents républicains pour certains, cet engagement politique leur a été sévèrement reproché après la signature du Concordat de 1801, donnant naissance à une véritable légende noire. Dans le même temps, l'historiographie républicaine a longtemps occulté leur rôle politique en raison de leur état ecclésiastique, jugé incompatible avec la défense des idéaux révolutionnaires. Seule la figure du célèbre évêque de Blois, Henri Grégoire, panthéonisé en 1989, réussit à émerger et retient régulièrement l'attention des chercheurs depuis ces trois dernières décennies. Ce volume, qui rassemble les contributions du colloque organisé à Lyon en juin 2012, propose de nouvelles pistes de recherche sur les évêques « patriotes », afin de replacer leur action dans la longue histoire de l'épiscopat français aux xviiie-xixe siècles : ont-ils « révolutionné » leur diocèse ou, au contraire, maintenu, voire réactivé, d'antiques traditions au nom du primitivisme cher aux Lumières chrétiennes ? Quels ont été leurs échecs et leurs réussites ? Que leur doit l'Église concordataire ? Leur pensée théologique, leurs engagements politiques et leur action pastorale sont ici étudiés à travers une série d'études synthétiques, régionales ou biographiques, au plus près de sources d'époque, loin de l'anathème ou de l'apologie.

  • L'objectif de cet ouvrage, en ce quarantième anniversaire de la mort de Jacques Maritain, n'est pas de revenir sur son oeuvre, mais à partir de Maritain, d'aller au-delà de Maritain, de scruter notre temps à partir d'une pensée qui n'a guère vieilli, alors que les problématiques auxquelles nous sommes confrontés ne sont évidemment plus celles de son temps. Lui, a été confronté au monde des totalitarismes, de la négation radicale de la personne humaine, de la Shoah. Il a vécu le temps des grandes mutations des années 1950-1960, y compris pour l'Église avec le concile de Vatican II. Confronté à tant d'événements souvent dramatiques, il les a abordés en plaçant toujours la personne humaine au coeur de sa réflexion. Dans la société d'aujourd'hui, face aux mutations et aux angoisses de nos contemporains, certains ont des réactions populistes ou prônent le repli sur soi, sur une identité exacerbée. La pensée de Maritain se trouve à l'opposé. Elle parle de l'ouverture aux autres, de l'accueil de l'Altérité, de la démocratie. C'est un corpus de pensée qui permet d'affronter sans peur le monde actuel. Face aux nouvelles barbaries qui ont en commun avec les anciennes de récuser la personne, réaffirmer la centralité de cette dernière est un objectif majeur pour un idéal de civilisation. Jacques Maritain a constamment appelé, face aux douleurs de l'histoire, au prophétisme pour récuser des évolutions ou des choix qui seraient antihumains. Dans L'Homme et l'État, il aborde l'une des questions les plus difficiles aujourd'hui : le vivre ensemble. « Vivre ensemble ne signifie pas occuper le même lieu dans l'espace. Cela ne signifie pas non plus être soumis aux mêmes conditions physiques ou extérieures, aux mêmes pressions, ou au même genre de vie [...]. Vivre ensemble signifie participer comme des hommes, non comme un bétail, c'est-à-dire en vertu d'une libre acceptation fondamentale, à certaines souffrances communes et à une certaine tâche commune. [...] Étant donné la condition humaine, le meilleur synonyme de vivre ensemble est souffrir ensemble. Quand les hommes forment une société politique, ils ne veulent pas participer à de communes souffrances par amour les uns des autres. Ils veulent accepter de communes souffrances par amour de la tâche commune et du bien commun. La volonté d'accomplir une tâche commune à l'échelle du monde doit donc être assez forte pour entraîner la volonté de participer à certaines souffrances communes rendues inévitables par cette tâche et par le bien commun d'une société à l'échelle du monde. Quelles souffrances en vérité ? Des souffrances dues à la solidarité ».

  • Il y a eu un moment « sciences humaines » dans la France des années 1960, marqué par la publication des oeuvres de Louis Althusser, Roland Barthes, Michel Foucault, Jacques Lacan ou Claude Lévi-Strauss. Fondées sur la mise en évidence de systèmes de signes qui s'imposent au sujet sans qu'il en ait conscience, ces oeuvres constituent un défi de taille pour les croyants en l'existence d'un Dieu personnel accessible à la raison et à la liberté humaines. Peu nombreux ont été les intellectuels chrétiens capables de relever un tel défi. Parmi eux, en avant-garde comme souvent dans le passé, plusieurs jésuites, malgré la crise que leur ordre connaît en France au lendemain du concile Vatican II. Alors que la réception de la vision cosmique de Pierre Teilhard de Chardin, mort en 1955, connaît son développement maximal, Paul Beauchamp, Louis Beirnaert, Michel de Certeau, Joseph Moingt, Georges Morel, Éric de Rosny ou François Roustang prennent au sérieux le défi, à leurs risques et périls, et tentent d'y répondre, moins par souci apologétique que par volonté de faire entendre une voix chrétienne dans un concert qui lui est largement étranger. Sur cette saison de l'intelligence croyante confrontée au paradigme structural, ce livre réunit quelques pierres d'attente pour une synthèse à venir. Il participe d'une histoire du catholicisme français contemporain, et plus particulièrement de la Compagnie de Jésus en son sein. Il devrait intéresser aussi les curieux d'une histoire intellectuelle de la France des années 1960.

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