Presses de l´Université Saint-Louis

  • Les ambiguïtés de la mystique ont été soulignées plus d'une fois. Expérience réservée à un petit nombre, ou voie accessible à tous ? Voie d'union à Dieu ou dissolution de l'humain dans le divin ? Identité ou différence entre la connaissance et l'amour ? Excès pathologiques des corps et des esprits, ou subversion des normes et des contraintes sociales ? Naïveté religieuse dans le siècle, ou nette lucidité sur ce qui se joue parmi les hommes et dans les sociétés ? Rappelons donc ces mots de Michel de Certeau : « Comme le sphinx de jadis, la mystique reste le rendez-vous d'une énigme. On la situe sans la classer ». Les études rassemblées dans le présent recueil envisagent ainsi quelques situations de la mystique, et tentent de dégager un rapport pertinent à entretenir avec elle aujourd'hui. Un coup d'oeil sur la table des matières suffit pour percevoir la diversité des approches retenues, montrant qu'on ne procède pas par définitions a priori, ni par synthèse supposée assimilable par la théologie. Incontestablement, les mystiques, femmes et hommes, sont là. Dans l'histoire, jusqu'aujourd'hui, leur désir insiste, suscitant des langages et des pratiques indissociables d'une culture et d'une société, mais sans qu'on puisse jamais les réduire à un besoin religieux préalablement défini. Les figures mystiques évoquées dans ce recueil, de Dag Hammarskjld à Michel de Certeau, de Marguerite Porete à Lalla Maghnia ou Thérèse de Lisieux, laissent chacune transparaître quelque chose qui, dans leur existence singulière, tient à la fois de l'excès et du manque, de la liberté et de la passion. La question que nous renvoient ces mystiques n'est autre que celle de l'amour, lieu imprenable, ni ici ni là, où paradoxalement l'excès et le manque, la liberté et la passion ont rendez-vous. On remarquera que ce sont les sciences dites humaines qui ne négligent pas la mystique, par-delà les conflits qui ont pu les opposer à la théologie dans son étude. En outre, on observera que l'expérience et les recherches féministes entretiennent avec la mystique féminine, de tradition écrite ou orale, un rapport privilégié. Il est significatif que, tant en christianisme qu'en islam, la tradition mystique des femmes, interprêtant elles-mêmes leur expérience, offre des possibilités nouvelles pour sortir des clivages classiques entre mystique et institution, ou entre rationalité et sensibilité. Qu'un intérêt pour la mystique convienne aujourd'hui à quiconque se préoccupe des rapports entre l'humain et Dieu, expérience et interprétation, individu et société, ce recueil espère le montrer. La mystique, en tant que trace et signe d'un excès se dérobant à toute forme d'appropriation de « Dieu », conteste tout profit espéré d'une conversion de l'altérité en valeur. Et ceci, on le comprend, n'est pas sans portée à l'heure où l'autre, humain ou divin, fait si aisément l'objet d'une mise en valeur de soi.

  • Comment les jeunes Bruxellois en cursus d'assistant social se projettent-ils dans le métier ? Qui sont ces intervenants sociaux - et surtout intervenantes sociales - de demain (dans un secteur fortement féminisé) ? La ville de Bruxelles est le théâtre de violentes disparités socio-économiques et d'un enseignement que l'on peut qualifier d'ethnoségrégé. Les liens entre jeunes s'y construisent dès lors avec force sur des bases identitaires - en référence tant au local (commune, quartier) qu'à l'histoire migratoire ou, encore, à la religion. À partir d'entretiens, Maryam Kolly relaie ici une « parole minoritaire » portée par de futurs travailleurs sociaux qui se disent catholiques ou musulmans, descendants de migrants venant du Maghreb ou d'Afrique subsaharienne. Érigée contre les logiques de disqualification (modernité/islam, Europe/Afrique, jeunesses d'en haut/d'en bas, non croyants/croyants), cette parole nous invite à un décentrement par rapport à l'expérience euro-occidentale.

  • Les modifications profondes de notre système socio-culturel font émerger des questions éthiques nouvelles, à l'intérieur de toutes les disciplines qui ont l'homme pour objet, telles l'esthétique, la philosophie, la politique, le droit, la médecine. Pour comprendre ces questions, par-delà leur « actualité ponctuelle », dans le flux vivant de leur constitution, leur approche doit être patiente, complexe, parfois aussi éprouvante qu'une initiation au parcours du labyrinthe. C'est cette tâche difficile que les auteurs de ce livre ont tenté d'amorcer. Leurs contributions sont issues du cycle de leçons publiques qui ont été organisées durant l'année académique 1984-1985, par l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles.

  • Un immense besoin de spiritualité traverse le monde contemporain, asphyxié par la science, la technique, le matérialisme, la critique des métaphysiques et des religions, l'absence de raisons de vivre et de mourir, la crise des idéaux et des valeurs absolues. D'où, la vogue des spiritualités et des sagesses orientales, le développement des sectes, et bien d'autres signes d'une recherche souvent équivoque. D'où, aussi, le développement dans les Églises du renouveau charismatique et d'une pratique renouvelée de la prière. Souvent, cependant, cette aspiration semble se déployer sans contact véritable avec la réflexion théologique et la tradition spirituelle chrétienne, ni avec les apports récents des sciences humaines. Ce livre veut contribuer à établir cette communication, dans un esprit à la fois critique et constructif, en faisant appel à un observateur de la situation spirituelle de notre temps, à un spécialiste de la science du langage, à un philosophe, à un psychologue de la religion et à un théologien.

  • On dénonce volontiers aujourd'hui des formes de pouvoir qui mettent nos sociétés et l'humanité à l'épreuve de leur avenir éthique. Régulièrement, ces dénonciations font usage du lexique religieux de la critique des idoles : faux-dieux (argent, marché, profit, capital), « culte » de la maîtrise technique (manipulations du vivant, emprise des images, mondes virtuels), « sacrifices » humains et animaux sur l'autel de la rentabilité (crises alimentaires, pillage du Sud par le Nord), « rituels » de compétition (médias, sports, luttes d'influences politiques). Pour révélateur qu'il soit, ce langage ne suffit cependant pas à élucider le rapport au pouvoir impliqué dans l'idolâtrie. L'idolâtrie a certainement à voir avec l'artifice, le simulacre, la reproduction du même, la maîtrise et les formes narcissiques du désir. Mais au fond, que cache l'idole, par sa visibilité même ? Est-elle une figure extérieure, dont la seule critique entraînerait la destitution ? Ou bien est-elle le reflet d'une servitude immanente aux pouvoirs que l'humanité s'accorde à elle-même, tout en se persuadant de sa liberté ? Ces questions recoupent la réflexion théologique sur l'idolâtrie. Il est trop court de traiter celle-ci comme une « erreur » sur Dieu, ou dans le cadre d'un dualisme opposant faux et vrai Dieu. Mais s'il y a un sens à parler d'idolâtrie, il convient de se demander pourquoi et comment parler aujourd'hui de Dieu. De sorte que, s'il nomme Dieu, l'humain puisse ne pas s'asservir à un mensonge à lui-même.

  • Le constat n'étonnera personne : les faits, les manifestations ou les phénomènes religieux attirent aujourd'hui l'attention, à des degrés divers. Face à la question de savoir ce que les religions viennent faire dans la société et la culture, on dispose d'un large éventail d'analyses et de réponses. Toutefois, en centrant ainsi l'intérêt sur ce que les religions font, une autre question est souvent laissée dans l'ombre : celle de savoir ce qui fait la religion, ou encore Qu'est-ce que la religion ? Les contributions rassemblées dans ce recueil n'entendent pas traiter la question de manière abstraite, ni trancher l'épineux problème d'une définition théorique de la religion. Il s'agit plutôt de prêter attention à ce que la religion donne à entendre, quand on l'interroge sur ce qui la fonde et la constitue, dans le champ de la conscience et de la pensée humaines, dans celui des rapports sociaux, et face aux pôles de sens et de vérité qui aimantent les traditions religieuses et leurs divers itinéraires. La théologie chrétienne se doit aujourd'hui de reprendre ce questionnement, pour envisager comment le christianisme se comprend lui-même comme religion, en ayant dépassé l'opposition duelle entre foi et religion. L'interlocution avec d'autres religions se tient certainement au coeur de cette tâche. Mais en même temps, ce questionnement appelle aujourd'hui le christianisme à revoir ses propres bases anthropologiques, où ce qui fait la religion prend naissance.

  • Les rapports entre religion et politique sont, à nouveau et de manière insistante, à l'avant-plan des interrogations et des débats : crise du l'État national classique et de la forme-Nation ; interrogation, dans l'espace européen, sur la plausibilité d'une identité postnationale et la construction d'une nouvelle culture politique reconnaissant, à certaines conditions, la légitimité publique des traditions religieuses dans leur teneur éthique : revendications culturelles et identitaires des minorités... Autant de phénomènes qui désignent l'émergence d'un nouveau champ politique : celui de la socialisation des individus en régime de modernité avancée. C'est à ce champ nouveau que sont confrontés mouvements religieux et grandes traditions religieuses. Le propos de la session théologique 1992 de l'École des sciences philosophiques et religieuses des F.U.S.L., dont les contributions sont reprises dans le présent volume, est d'alimenter le dossier du nouveau rapport théologico-politique qui se cherche en ordonnant des points de vue divers - et parfois divergents - autour de la triade : individu-citoyen-croyant, sans oublier, d'un point de vue catholique, le pôle collectif et communautaire qu'est l'Église, avec ses héritages et ses interrogations.

  • Études et débats se multiplient pour tenter d'interpréter les mutations qui, en nos régions, affectent le religieux. L'objectif de la session théologique, organisée en 1987 par l'École des sciences philosophiques et religieuses des F.U.S.L., était d'offrir quelques orientations à la réflexion, en l'invitant à prendre en compte quelques enjeux majeurs du phénomène : l'élucidation des rapports complexes que le religieux entretient avec le lieu social ; la question du statut du sujet que la crise de ce lieu rend bien énigmatique ; l'exploration de quelques voies susceptibles de remettre en relation féconde, par la vigueur d'une décision, l'appui d'une mémoire et le risque d'une espérance. Cet objectif a commandé le style des interventions. Chaque exposé a l'allure d'un petit essai qui ramasse en une seule trajectoire une écoute de la situation, un moment d'élucidation et d'interprétation, et un engagement personnel, tantôt dans le registre philosophique, tantôt dans le registre spirituel et théologique. Enregistrant la fin de l'évidence sociale et culturelle du christianisme, les auteurs proposent une réaffirmation, mesurée et courageuse, d'une identité et d'une responsabilité propres.

  • Le discrédit jeté sur les institutions devient aujourd'hui une nouvelle idéologie qui oublie de se soumettre elle-même à la critique. C'est le cas aussi pour l'institution ecclésiale, qui est durement contestée par beaucoup de ses membres. Ne convient-il pas, sans rien oublier, bien au contraire, des acquis récents de l'ecclésiologie et de la pratique ecclésiale, de repenser le fondement théologique de l'Église comme institution? Un historien, un évêque, un sociologue, un exégète, un ecclésiologue, un théologien tentent d'éclairer, chacun de leur point de vue, ce problème difficile mais essentiel pour l'Église d'aujourd'hui. Ce volume résulte d'une session théologique, tenue en 1978 à l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis.

  • Les publications sur le baptême se multiplient en ce moment, reflets de et réponses à un problème pastoral et ecclésial préoccupant, parce que vital, pour l'Église et pour les chrétiens. Le livre que voici vient s'ajouter à ce dossier complexe et difficile en présentant un point de vue plus synthétique : il s'efforce de situer la difficile question pastorale (en gros, celle du baptême généralisé des petits enfants) dans une perspective plus ample, celle d'une réflexion sociologique, exégétique, historique et théologique, qui permet de dégager l'extrême charge de sens que porte le rite baptismal pour l'existence chrétienne et par là même de mesurer les ambiguïtés de la pratique baptismale actuelle et de tracer quelques perspectives d'orientation pastorale. L'ouvrage réunit les contributions présentées à une session théologique tenue en 1982 à l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis.

  • L'annonce du retour du Seigneur est un thème central de la prédication apostolique. Dès les origines, elle fait cependant question à cause du retard frustrant de cette venue. Depuis lors, l'attente chrétienne traverse les siècles en inspirant de multiples spéculations et des mouvements religieux très divers, tandis que la tradition juive développe une espérance messianique selon des modalités propres. Dans le monde actuel, la pensée de la fin de l'humanité est étonnamment présente dans l'angoisse et l'insécurité, mais parfois aussi dans la redécouverte d'une attente collective du Christ. Quel message l'affirmation originaire de la foi chrétienne apporte-t-elle à notre temps ? Grâce à une approche à la fois exégétique, sociologique, philosophique et théologique, les leçons de la session théologique tenue en 1983 à l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis tentent de baliser les chemins d'une réponse.

  • L'importance du monde arabe dans la politique internationale, la présence d'immigrés musulmans dans nos pays et le réveil de l'Islam provoquent notre réflexion. Au-delà des stéréotypes et des craintes, il faut aller au coeur même de la foi de l'Islam : le Coran, la loi, la Tradition, la mystique. On peut ainsi redécouvrir des sources communes, que souligne la comparaison entre la Bible, la Torah et le Coran, et des convergences profondes, tout en reconnaissant les différences entre chrétiens et musulmans. Cet essai de compréhension de la religion musulmane dans sa cohérence interne permet de mieux situer le regard que le musulman et le chrétien portent l'un sur l'autre. La confrontation de l'Islam actuel avec sa tradition pose enfin des questions aux croyants des différentes religions révélées. C'est à une réflexion en profondeur qu'invitent ces leçons de la session théologique organisée en 1984, par l'abbé D. Coppieters de Gibson, peu avant son décès, dans le cadre de l'École des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint- Louis à Bruxelles.

  • La doctrine de la Création après avoir connu une longue éclipse, revient à I'avant-plan de la réflexion théologique et catéchétique. Elle y est conviée par une conjoncture où en tous domaines, s'opère une redécouverte du cosmos. L'objectif de la session théologique, organisée par l'École des sciences philosophiques et religieuses des F.U.S.L., a dès lors été, d'abord, de bien entendre la sollicitation multiple ainsi adressée à la pensée chrétienne. En particulier, il s'est agi de faire le point sur les avancées de la recherche dans les champs de l'astrophysique et de la cosmologie, ainsi que sur les interrogations proprement philosophiques qui en naissent ; d'offrir des voies de réappropriation du donné biblique en matière de visée des origines et de l'origine ; de méditer sur la confession biblique du monde comme création en tant que mode spécifique d'expérience du tout ; de déployer les axes majeurs d'une théologie articulant, à frais nouveaux, Création et Salut, essentiellement au moyen de la catégorie apocalyptique d'accomplissement. Il apparaîtra, au terme du parcours, que penser et reconnaître le monde comme, « réalité tierce » entre l'homme et Dieu, restituer au cosmos une dimension « salutaire » propre, constitue un acte audacieux et réflexif, décisif pour la vitalité du christianisme aujourd'hui

  • Le « retour de Satan », observable aujourd'hui en des manifestations fort diverses, pourrait bien renvoyer à la redécouverte, bruyante ou quotidienne, à la suite d'évènements terrifiants ou d'une déréliction sans remède au plan de l'histoire d'un « abîme noir » en l'humain. Redécouverte qui se laisse appréhender comme un double brouillage d'identité : l'image de Dieu oscille entre un versant positif et un versant négatif et l'humain s'en trouve comme traversé d'une fêlure, voire dédoublé. Si la foi toute chrétienne tient, tout entière, à la reconnaissance d'un salut gratuitement donné dans l'Événement christique insondable comme tel, comment fait-elle droit à la dimension d'épreuve, de combat, mais aussi à l'impératif de solidarité sans lesquelles la réalité et l'annonce du salut seraient privées de signification et de résonance ? Tels sont la question et l'enjeu de la session théologique, tenue aux F.U.SL. en 1991. Le parcours proposé comporte deux étapes : des mises en situation historiques - restitution de synthèses doctrinales et de glissements historiographiques - et anthropologiques font écho et interrogent des apports exégétiques, éthiques et théologiques visant à préciser ce qui nous est suggéré, à travers les figures du démoniaque, de ce qu'il peut advenir de la liberté humaine lorsqu'elle se retourne vers « Celui qui a, par la Croix, vaincu le Prince de Monde ».

  • Par cet ouvrage, né de l'initiative des Facultés universitaires Saint-Louis, de nombreux collaborateurs et amis rendent hommage au travail et à la personnalité de l'abbé Daniel Coppieters de Gibson. Leurs textes rassemblés autour de la question : Qu'est-ce que Dieu ? font écho à sa préoccupation majeure en théologie et en philosophie, comme en littérature et en sciences humaines. Au-delà du mémorial, ils attestent, chacun à sa manière, du bien-fondé de cette question impérieuse, quoique impertinente, et de l'attente d'une réponse qui ne peut qu'emprunter des voies obliques.

  • Au premier regard, il semblerait que nos sociétés occidentales soient désormais dépourvues de messianisme et d'utopie, que ce « constat » soit interprété comme l'installation dans une société enfin libérée de toute altérité historique ou comme l'entrée dans une « crise sans précédent, et pour la première fois dans l'histoire, non pas transitoire, mais permanente, définitive » (P. Ricoeur). Ces positions appellent cependant réserves et perplexi­tés. Ne s'établissent-elles pas sur un oubli massif des représentations propres aux parties du monde et aux groupes humains marginalisés ? Au prix de quelles prétentions des ressources d'imaginaire et d'action acquièrent-elles leur légitimité ? Avec le statut de la modernité comme rupture, c'est l'identité chrétienne, selon la matrice apocalyptique, qui est, au plus vif et comme à nu, questionnée. Les textes ici rassemblés reprennent les interventions de la session théologique 1993 qui s'était donné pour objectif de « penser l'espérance chrétienne », comme mémoire d'une promesse ouvrant l'avenir, au gré de relectures bibliques et de relèves philosophiques, face aux incertitudes actuelles sur le temps et l'histoire.

  • Une des tâches les plus urgentes pour les chrétiens soucieux d'offrir à leur foi l'hommage d'une pensée qui en respecte le mystère et la spécificité consiste à en assumer, de manière renouvelée, la détermination centrale qui la qualifie comme monothéisme trinitaire. De la foi chrétienne, le mystère de la Trinité exprime l'audace conjointe quant à la vérité de Dieu et quant à la vérité de l'homme. Il en commande aussi les équilibres les plus délicats. L'urgence naît d'un double défi : celui qui vient du dialogue avec les grandes religions et de l'attrait grandissant des sagesses hénologiques et des (ré)enchantements polythéistes ; celui qui vient des évaluations critiques du rôle joué par le christianisme dans le champ de l'imaginaire et des institutions politiques en Occident. Le présent volume reprend les contributions de la session théologique organisée en 1990 aux Facultés universitaires Saint-Louis, dans le cadre de l'École des sciences philo­sophiques et religieuses. L'ensemble, composé d'approches multiples et de perspectives nova­trices, se veut une contribution à ce travail. On pourra y mesurer l'avancée et l'approfondissement de la perspective pneumatologique déjà opérante dans plusieurs sessions précédentes publiées dans la même collection.

  • « Mort pour nos péchés ». Cette antique formule exprime le sens que prend pour la foi l'événement historique de la mort de Jésus. Elle est liée à un ensemble de catégories archaïques (sacrifice, expiation, substitution, rachat, rédemption, etc.) dont l'homme contemporain ne semble plus pouvoir faire usage. Comment faut-il donc la comprendre aujourd'hui ? C'est à cette question que tente de répondre ce volume, résultant d'une session théologique pour enseignants et universitaires, tenue en 1975 à l'Ecole des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles. La démarche est pluridisciplinaire et comporte quatre moments : enquête exégétique, analyse anthropologique, ethnosociologie des religions et réflexion théologique.

  • De l'autorité : personne aujourd'hui n'en ignore les crises et les bouleversements. Mais vouloir reproduire certains modèles du passé, dans l'espoir de « restaurer » l'autorité, a tôt fait de montrer ses limites. Les inclinations autoritaires penchent, on le sait, vers une pente dangereuse. Tout comme on sait ardus la tâche et les efforts d'innover en matière d'autorité. Entre le respect des limites et la nécessité des transgressions, la voie sur laquelle devenir humainement « auteur et répondant » de sa parole et de ses actes, envers soi-même comme envers autrui, n'est jamais tracée d'avance. Cette voie n'est pas étrangère à la foi, à son intelligence et à ses pratiques. Les croyant-e-s, leurs communautés et leurs institutions sont d'autant plus concerné-e-s qu'en la matière, l'autorité touche aux convictions profondes, aux manières de se référer à des textes fondateurs et des traditions, ainsi qu'aux rapports avec la société. Les études réunies dans ce volume se proposent d'en rendre compte, et d'en dégager quelques enjeux actuels, sous l'éclairage de l'histoire, de la philosophie et de la théologie. La perspective est donc pluridisciplinaire. Elle est aussi oecuménique, à la mesure de l'importance actuellement reconnue aux rapports entre autorité et dialogue, comme entre autonomie et obéissance. Traiter ces questions n'est pas faire « une » théologie de l'autorité, mais examiner les possibilités données à l'intelligence de la foi, pour qu'elle devienne auteure et répondante de ce qu'elle peut dire et faire dans le temps présent.

  • Selon certaines opinions, l'intelligence de la foi chrétienne traverserait aujourd'hui une sorte d'exil, de nature à la rendre étrange, voire étrangère, au regard des évolutions de la société et de la culture. C'est ce qui permettrait de comprendre tantôt la tentation de « repli » sur la spiritualité, tantôt le confinement de la pensée chrétienne dans les sphères spécialisées des institutions vouées à la recherche et aux publications scientifiques, ne touchant qu'un public des plus restreints. D'autres estiment au contraire qu'aujourd'hui plus que jamais, l'intelligence de la foi - en philosophie comme en théologie - se doit de relever les défis qui se présentent à elle dans le champ des pratiques sociales. L'articulation entre la foi et la raison resterait bancale sans « raison pratique » efficace, laquelle rend compte du logos de la foi, entendue intelligemment dans la vie sociale, et non à l'écart des réalités et des changements, des passions et des souffrances qui s'y manifestent. Dans une société souvent perçue aujourd'hui comme fragmentée, conflictuelle, voire menaçante, quelles sont les ressources que les « métiers » de théologien (ne) et de philosophe offrent à l'alliance dans la foi chrétienne de son intelligence et de sa pratique ?

  • Cet ouvrage constitue une introduction a une sociologie compréhensive du changement social, qui place l'acteur social au coeur de son questionnement. À partir d'une élucidation prospective de l'oeuvre de Maurice Chaumont l'ouvrage propose un ensemble de textes qui portent sur les principales facettes du travail sociologique, tel que le concevait Maurice Chaumont : la réflexion épistémologique, l'essai, la problématisation et la construction de modèles d'analyse ainsi que l'analyse concrète. À travers l'unité du projet et la complémentarité des différents apports, une manière neuve d'aborder le changement social est proposée ici, dont l'intérêt est à la fois théorique, pratique et pédagogique. Des chercheurs de l'École des hautes études en sciences sociales à Paris (Alain Touraine), de l'Université de Sao Paulo (José-A Guilhon Albuquerque), de l'Université de Montréal (Annick Germain), des Universités du Zaïre (Benoit Verhaegen) et du Centre d'étude et de documentation africaines (Gauthier de Villers et Benoit Verhaegen), de l'Université catholique de Louvain (Guy Bajoit. Jean Ladrière, Michel Molitor et Jean Remy) et du Centre d'études sociologiques des facultés universitaires Saint-Louis (Anne Devillé, Michel Hubert, Jean Remy et Luc Van Campenhoudt participent à cet ouvrage d'hommage.

  • L'oeuvre historique de Mgr Alois Simon (1897-1964) a abordé de nombreux aspects des rapports de L'Eglise et l'Etat à l'époque contemporaine depuis le mennaisianisme jusqu'au rôle politique des évêques, en passant par l'unionisme belge, la diplomatie vaticane, le Risorgimento italien, la position de l'Eglise vis-à-vis des Droits de l'Homme, la question scolaire, etc... C'est à des thèmes identiques ou similaires que se sont attachés des historiens d'Allemagne, de Belgique, de France el d'Italie, qui ont voulu rendre hommage à l'oeuvre de leur collègue disparu.

  • Ce livre s'interroge sur ce qui fonde toute affirmation de foi et toute théologie : la révélation. Sans elle, foi et théologie ne sont qu'idéologies. En elle réside la résistance ultime à toute assimilation, à toute réduction de la foi à un sens simplement humain. Elle exprime la transcendance radicale de la foi par rapport à tout savoir, tout désir, tout effort qui ne seraient que de l'homme Mais comment faut-il comprendre aujourd'hui cette transcendance, cette altérité irréductible, si l'on veut entendre aussi jusqu'au bout les justes exigences de la raison, de l'entreprise herméneutique, de la démythisation ? Telle est la question que tente d'éclairer ici une réflexion à la fois pluridisciplinaire et pluriconfessionnelle qui comporte cinq faces sans compter l'échange final : philosophie, pensée juive, exégèse du Nouveau Testament, tradition de l'Inde, théologie. L'ensemble résulte d'une session théologique organisée en 1976 par l'Ecole des sciences philosophiques et religieuses des Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles.

  • Aujourd'hui, comme dans le passé, Jésus de Nazareth suscite l'admiration et l'attachement de beaucoup d'hommes, et inspire leur vie et leur action. Cependant, dans le même temps, beaucoup de chrétiens s'interrogent sur le sens de leur foi en lui, telle qu'elle s'exprime dans le Nouveau Testament et dans les grands conciles christologiques. Autour de la confession de foi « Jésus Christ, Fils de Dieu », cinq croyants (parmi lesquels un exégète, un psychologue de la religion, un philosophe, un théologien) proposent leur réflexion en vue de contribuer à cette réappropriation, pour notre temps, de la christologie, que la foi et le monde attendent et que la théologie, au premier chef, avec les sciences humaines, a pour mission d'assurer comme un apport provisoire au travail séculaire et toujours inachevé de l'intelligence de la foi.

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