Gallimard

  • La littérature est ma vengeance Nouv.

    Comment un roman peut-il changer le monde ? Quels sont aujourd'hui les rapports entre création et société, entre politique et fiction ? Deux maîtres de la littérature mondiale tentent de répondre à ces questions et à quelques autres, révélant en même temps les secrets de leur « cuisine littéraire ».
    Selon Vargas Llosa, un livre atteint son objectif quand il est capable de nous extraire de notre quotidien et de nous entraîner dans un monde où la fiction apparaît encore plus tangible que la réalité elle-même. De son côté, Claudio Magris, écrivain du voyage et des frontières, nous montre à quel point la littérature est un espace ouvert où la capacité créatrice de l'écrivain à inventer des fictions rejoint paradoxalement le mouvement de l'écriture vers la vérité.
    Conduites avec grâce et intelligence par le directeur de l'Institut italien de Lima, Renato Poma, ces quatre conversations entre Claudio Magris et Mario Vargas Llosa mettent en lumière les liens étroits qui existent entre le Nobel péruvien et l'un des plus prestigieux écrivains italiens contemporains.

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  • Dans son essai, Jens Christian Grøndahl déclare : « À l'origine, l'Europe n'est pas un lieu, elle doit être un lieu de rencontre. Une rencontre qui se produit partout où les contradictions s'éclairent mutuellement, sans l'illusion de fusionner un jour. » Cette diversité peut aussi bien tendre vers l'humanisme que la barbarie, et personne ne peut douter aujourd'hui que l'Europe prend des directions parfois inquiétantes. Dans ce livre, Grøndahl part d'expériences concrètes, entre la province danoise et l'Europe, en particulier l'Italie où il réside un temps, pour aller au général. En mêlant à sa réflexion Ole Wivel et Karen Blixen, Schiller et Kant, Sartre et Camus, Jens Christian Grøndahl en profite pour interroger avec finesse ce que peut recouvrir l'idée de « l'écrivain responsable », car ce qui sous-tend une partie de l'ouvrage, c'est bien l'affirmation que « le sentiment de culpabilité n'a pas de date de péremption. »

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  • Les lecteurs de Kundera dans la collection Folio auront peut-être remarqué, à la suite de chacun de ses romans, les postfaces signées de mon nom qui les accompagnaient. Voici pourquoi. Fervent lecteur de ses oeuvres depuis le début des années 1970, j'ai fait la connaissance de Milan Kundera à l'automne 1978, lors d'une rencontre internationale à laquelle mes amis et moi-même l'avions invité. Peu après son départ de Montréal, je préparai un dossier de la revue Liberté consacré à son oeuvre, le premier jamais publié dans un périodique littéraire de langue française (janvier 1979). Outre un grand entretien et une nouvelle alors inédite intitulée « Les anges », qui devait constituer plus tard la troisième partie du Livre du rire et de l'oubli, ce dossier contenait un texte de ma main, « Le point de vue de Satan », qui était une lecture de l'ensemble de l'oeuvre de Kundera publiée jusqu'alors en français. Kundera a également beaucoup aimé mon texte pour La vie est ailleurs. Au point de vouloir le faire figurer comme préface (il deviendra postface quelques années plus tard) dans l'édition Folio de 1982. Même chose pour Jacques et son maître, L'Insoutenable Légèreté de l'être et L'Immortalité : je publiais d'abord un article dans un périodique, et il le faisait insérer comme postface dès que le titre passait en poche. Ainsi, de livre en livre, je mettais mes pas dans les siens. Finalement, c'est dans une lettre écrite de la Martinique le 7 décembre 1991 qu'il m'a demandé de rédiger systématiquement des postfaces pour toutes ses éditions ou rééditions en Folio. Puisqu'elles ont maintenant rempli leur fonction et ne seront plus réimprimées dans les tirages futurs de Folio, l'éditeur a accepté de réunir aujourd'hui toutes ces postfaces, en leur adjoignant un article plus récent sur les quatre essais de Kundera. Je les ai disposées non pas en suivant l'ordre de publication des oeuvres, mais l'ordre dans lequel je les avais moi-même rédigées, espérant qu'elles pourraient ainsi se lire comme les différentes étapes d'un voyage conduisant à l'intérieur de l'univers artistique de Milan Kundera. » F. R.

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  • Divagations

    Emil Cioran

    Recueil inédit, plus riche que ne le suggère son titre, Divagations a été écrit en roumain vers 1945 et constitue un document littéraire essentiel datant de la « seconde naissance » de Cioran à Paris. C'est le tournant de l'après-guerre marqué par une volte-face de la pensée et bientôt par le passage au français. Un lecteur attentif y décèlera de nombreux thèmes et quelques formules, que Cioran traduisit lui-même en français, dans Précis de décomposition (1949). Cet extraordinaire dernier livre, par quoi Cioran voulut en finir avec tout, représente le premier instant de l'âge des contradictions dans lequel l'écrivain est entré.
    Recueil de fragments inscrit dans la lignée du Crépuscule des pensées (1940) et du Bréviaire des vaincus (1944), Divagations rassemble environ 230 maximes et aphorismes. Une première vingtaine de pages de fragments offre au lecteur des réflexions sur la mort, la décadence, la vanité, la souffrance, l'existence subjective, sur un ton qui rappelle Chamfort. La philosophie se pose comme « perception de la vanité » des choses et un combat s'initie contre toutes les illusions (y compris la littérature). Progressivement, les paragraphes tendent à s'allonger : le je, mais aussi le tu, s'ajoutent au nous impersonnel des premières pages, et les deux enjeux principaux du livre sont explicitement approchés : la « décomposition » (physique, morale et historique) et l'impossible idéal sceptique. Cioran critique tous les « fanatismes », toutes les croyances, toutes les fois, religieuses ou politiques.
    Quelques pages semblent permettre d'entrevoir des échappatoires (la femme : « notre chemin le plus long vers la mort »...), mais il reste que le progrès n'est qu'une suite de fictions, Dieu une maladie, et l'espoir « jouer à colin-maillard au-dessus du gouffre ». Sa plume, de plus en plus corsée, tend maintenant à rappeler Baudelaire. Cioran met enfin en valeur le motif du suicide, qui divise l'humanité en assassins et en suicidés, et constitue une précieuse source de libération de soi au sein du calvaire de l'existence. Le livre s'achève sur un exceptionnel autoportrait de l'auteur en « homme en dehors des choses », qui s'est délesté de toute conviction pour mieux se livrer au Néant.

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  • Fenêtre sur le rien

    Emil Cioran

    Avec Divagations, ce recueil exceptionnel constitue la dernière oeuvre de Cioran écrite en roumain. Vaste ensemble de fragments probablement composés entre 1941 et 1945, ce recueil inachevé et inédit commence par une sentence programmatique : « L'imbécile fonde son existence seulement sur ce qui est. Il n'a pas découvert le possible, cette fenêtre sur le Rien... » Voilà sept ans que Cioran « [moisit] glorieusement dans le Quartier latin », la guerre a emporté avec elle ses opinions politiques et sa propre destinée a toutes les apparences d'un échec : le jeune intellectuel prodigieux de Bucarest a beaucoup vieilli en peu de temps, passé sa trentième année ; il erre dans l'anonymat des boulevards de Paris et noircit des centaines de pages dans de petites chambres d'hôtel éphémères.
    Fenêtre sur le Rien constitue un formidable foyer de textes à l'état brut, le long exutoire d'un écrivain de l'instant prodigieusement fécond. Dès les premières pages, un thème s'impose :
    La femme, l'amour et la sexualité - terme rare sous la plume de Cioran -, qui surprend d'autant plus qu'il est l'occasion de confessions exceptionnelles : « Je n'ai aimé avec de persistants regrets que le néant et les femmes », écrit-il. On lit aussi, tour à tour, des passages sur la solitude, la maladie, l'insomnie, la musique, le temps, la poésie, la tristesse. Chaque fragment se referme sur lui-même, et l'on note un souci croissant du bien-dire, du style. Peu de figures culturelles, réelles ou non, apparaissent ici, mais dessinent un univers contrasté et puissant : Niobé et Hécube, Adam et Ève, Bach (pour Cioran le seul être qui rende crédible l'existence de l'âme), Beethoven, Don Quichotte, Ruysbroeck, Mozart, Achille, Judas, Chopin, et les romantiques anglais.
    Errance métaphysique d'une âme hantée par le vide mais visitée par d'étonnantes tentations voulant la ramener du néant à l'existence, ce cheminement solitaire et amer trouve encore un compagnon de déroute en la figure du Diable, régulièrement invoqué, quand l'auteur n'adresse pas ses blasphèmes directement à Dieu...

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  • Noyau d'olive

    Erri De Luca

    Longtemps. Sa connaissance des Écritures ne doit pourtant rien à la foi ou à un quelconque sentiment religieux : De Luca se dit non croyant, incapable de prier ou de pardonner. Il est néanmoins habité par le texte biblique au point de commencer presque chaque journée par la lecture et la traduction d'un passage. Les courts textes rassemblés ici témoignent de ce corps-à-corps quotidien avec la Bible et de ces exercices matinaux qui lui donnent matière à réfléchir, comme un noyau d'olive qu'il retournerait dans la bouche tout au long de la journée.
    Un ton très personnel caractérise les commentaires de De Luca : leur approche est aisée même pour qui ne connaîtrait pas bien la Bible. Le romancier italien ne cherche pas à s'avancer sur le terrain de la théologie, mais seulement à rendre compte de ses lectures quotidiennes qui résonnent en lui, structurant à la fois sa vie et son écriture. Sa volonté de comprendre le grand texte le conduit la plupart du temps à une attention particulière aux mots hébraïques, à leur sens, oublié ou enfoui par la traduction et la tradition. En reliant à sa vie et à la nôtre des épisodes bibliques souvent connus, il parvient à formuler des observations que le lecteur à son tour n'aura de cesse de retourner dans sa bouche comme un autre noyau d'olive.

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  • Vies écrites

    Javier Marías

    Faulkner à cheval, Conrad à terre, Isak Dinesen et la vieillesse, Joyce et ses gestes, Stevenson parmi les bandits, Conan Doyle devant des femmes, Wilde en prison, Tourgueniev, Mann, Lampedusa, Rilke, Nabokov, Madame du Deffand, Rimbaud, Henry James, le grand Laurence Sterne... Jusqu'à vingt génies de la littérature sont ressuscités dans ces biographies brèves et inhabituelles, qui se lisent comme de petites nouvelles grâce à la précision, la vivacité et l'élégance de la prose de Javier Marías. Tous ces classiques sont traités ici comme des personnages de fiction, avec un humour et avec une ironie non dénués d'ambiguïté ni de profondeur.
    Le volume est complété par six portraits de femmes fugitives ou femmes en fuite, dépeintes avec autant d'intensité que de minutie.
    Au fil des pages, ces vingt-six portraits brefs et irrévérencieux de grands écrivains deviennent l'invitation la plus amusante, mélancolique et fascinante à les lire ou les relire.

  • Au mois d'octobre 1965, Jorge Luis Borges donne quatre conférences sur l'histoire du tango devant un groupe d'admirateurs et d'amis réunis à Buenos Aires. Ces conférences seront secrètement enregistrées par l'un des invités, le journaliste et écrivain galicien Manuel Román Rivas. C'est bien lui qui, plus de quarante ans plus tard, remet les enregistrements à un autre journaliste espagnol, le basque José Manuel Goikoetxea. Mais celui-ci ne connaît pas Borges et ne réussit pas à identifier le conférencier. Intrigué, il transmet les bandes, à son tour, à l'écrivain Bernardo Atxaga, qui, lui, reconnaît aussitôt la voix de l'auteur de Fictions et se rend compte de la valeur de ces documents. Atxaga contacte sans tarder María Kodama, la veuve et ayant-droit de l'écrivain argentin. Elle certifie l'authenticité des enregistrements et autorise la transcription et la publication du contenu en novembre 2013.

    Voilà la longue et quelque peu rocambolesque histoire de ce petit livre. Il est pourtant assez simple et accessible : les quatre conférences de Borges parcourent chronologiquement (et d'une manière claire et ordonnée) la genèse, le développement et le rayonnement international du tango, depuis son apparition dans les faubourgs de Buenos Aires vers 1880 jusqu'à son arrivée à Paris dans les premières décennies du XX e siècle. C'est cette période d'un demi-siècle qui intéresse particulièrement l'écrivain car elle lui permet de décrire non seulement le passage d'une Argentine rurale à une Argentine urbaine, mais aussi d'une société traditionnelle à une société moderne et dont la culture s'exporte dans le monde entier.

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  • Dans le dernier volet du polyptyque qu'il consacre à l'exploration littéraire de notre quotidien (après Essai sur le Lieu Tranquille, Essai sur la journée réussie, Essai sur le juke-box et Essai sur la fatigue), le grand écrivain autrichien narre la vie d'un ami «fou de champignons» et transforme le coeur des forêts en lieu d'enchantement.
    Peter Handke atteint un degré de sensibilité et de précision, une attention au détail qui n'ont que peu d'équivalents dans le paysage littéraire contemporain. Assis à sa table, muni d'un crayon, il mue ses pérégrinations à la périphérie de nos existences urbaines en campagnes d'observation et poursuit rigoureusement le mot juste.
    À la recherche du miracle dans le profane, de ces moments d'exaltation intense où les choses simples se révèlent étincelantes, Peter Handke fait émerger l'utopie du plus ténu.

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  • Essais choisis

    Herta Müller

    « Ma patrie, c'est le langage » : c'est sous le patronage de cette formule de Jorge Semprún, citée et analysée par Herta Mu¨ller dans le premier des textes de ce volume, que l'on peut placer les onze textes ici réunis.
    Extraits de trois recueils publiés entre 1995 et 2011, et choisis pour la résonance qu'ils créent entre eux, ces essais relèvent à la fois de l'étude linguistique - notamment entre le roumain et l'allemand -, de la réflexion poétique - au moyen de mots qui condensent les signifiants et peuvent les déployer quand on s'y attend le moins - et du témoignage historique d'une exilée politique.
    Les lecteurs de Herta Mu¨ller y découvriront un ton parfois très personnel, où le récit de la Roumanie des années Ceausescu s'appuie sur certains événements privés bouleversants ; mais ce recueil peut également se lire comme une formidable entrée dans l'oeuvre du Prix Nobel de Littérature, tant il présente en un seul livre le terrible tableau d'une société explorée par la romancière notamment dans Animal du coeur, le rapport au langage singulier de la poétesse découpant des mots dans le journal, et la pensée analytique fulgurante de la théoricienne.

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  • " c'est arrivé et tout cela peut arriver de nouveau : c'est le noyau de ce que nous avons à dire.
    " primo levi (1919 - 1987) n'examine pas son expérience des camps nazis comme un accident de l'histoire, mais comme un événement exemplaire qui permet de comprendre jusqu'où peut aller l'homme dans le rôle du bourreau ou dans celui de la victime.
    Quelles sont les structures d'un système autoritaire et quelles sont les techniques pour anéantir la personnalité d'un individu ? quel rapport sera créé entre les oppresseurs et les opprimés ? comment se crée et se construit un monstre ? est-il possible de comprendre de l'intérieur la logique de la machine de l'extermination ? est-il possible de se révolter contre elle ?
    Primo levi ne se borne pas à décrire les aspects des camps qui restaient obscurs jusqu'à aujourd'hui, mais dresse un bilan pour lutter contre l'accoutumance à la dégradation de l'humain.

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  • Invité à l'université de Princeton en 2015, Mario Vargas Llosa accepta d'y travailler avec Rubén Gallo à un ouvrage qui puisse offrir à ses lecteurs un parcours original de sa vie et de son oeuvre. L'atelier du roman est le résultat de cet exercice. Mais il ne s'agit pas d'un livre universitaire ou académique. Au cours d'une série de conversations intelligentes, accessibles et ouvertes, le Prix Nobel péruvien revient sur des épisodes de sa biographie littéraire et politique, et nous parle également des secrets de sa cuisine littéraire, de ses lectures et de son travail d'écriture.

    Les pages où il décrit ses multiples recherches autour de la figure du dictateur Trujillo, ou celles où il évoque le Pérou du tyran Odrfa, sont ici autant d'invitations à relire ses chefs-d'oeuvre La fête au Bouc et Conversation à La Catedral. Mais le livre nous offre en réalité deux perspectives parallèles : celle de l'auteur - qui raconte la fabrication de ses histoires - et celle du critique ou du lecteur qui analyse leur réception. Ces deux voix s'entrecroisent avec celles des étudiants qui ont eu accès à l'extraordinaire collection de manuscrits et documents personnels que Vargas Llosa a confiée naguère aux archives de Princeton.

    L'atelier du roman culmine sur l'intervention émouvante de Philippe Lançon, rescapé de l'attentat contre Charlie Hebdo, qui préfigure son bouleversant récit intitulé Le lambeau (Gallimard, 2018). L'échange entre le Prix Nobel et le journaliste de Libération sur le terrorisme constitue sans conteste l'un des temps forts de ces conversations et un brillant point final à un livre sur les rapports toujours conflictuels entre littérature et politique.

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  • «Il est temps de mettre les choses au clair : les lieux tranquilles, tels et tels, ne m'ont pas seulement servi de refuge, d'asile, de cachette, de protection, de retrait, de solitude. Certes ils étaient aussi cela, dès le début. Mais ils étaient, dès le début aussi, quelque chose de fondamentalement différent ; davantage ; bien davantage. Et c'est avant tout ce fondamentalement différent, ce bien davantage qui m'ont poussé à tenter ici, les mettant par écrit, d'y apporter un peu de clarté, parcellaire comme il se doit.» Après Essai sur la fatigue, Essai sur le juke-box et Essai sur la journée réussie, des textes inclassables qui ont contribué à le rendre célèbre, le grand écrivain autrichien poursuit ici son exploration littéraire de notre quotidien, et ce quatrième opus de la série surprend le lecteur autant qu'il le séduit.

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  • Acqua alta

    Joseph Brodsky

    La lente avancée du bateau à travers la nuit était comme le passage d'une pensée cohérente à travers le subconscient.
    Des deux côtés, baignant dans l'eau d'encre, se dressaient les énormes coffres sculptés de sombres palazzi remplis d'insodables trésors - de l'or assurément, à en juger par la faible lueur électrique jaune qui sourdait parfois par les fentes des volets. l'atmosphère de tout cela était mythologique, cyclopéenne pour être précis : j'étais entré dans cet infini que j'avais contemplé sur les marchés de la stazione et voilà que je passais au milieu de ses habitants, devant une troupe de cyclopes endormis reposant dans l'eau noire et qui, de temps à autre, se dressaient et soulevaient une paupière.

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  • L'homme aux bras croisés de cézanne occupe tout entier le regard de l'auteur, c'est à peine s'il remarque les différentes montagne sainte-victoire dans la rotonde de l'exposition cézanne, au grand palais.
    Or, la montagne sainte-victoire, à peine regardée, ne le lâche plus, au point qu'il va à aix-en-provence, en suit toute la crête à la recherche de ce " point invisible " à l'oeil nu et qui pourtant ne cesse de revenir dans les tableaux de cézanne.
    La peinture de cézanne devient une expérience personnelle, une aventure, un voyage, une réalisation de l'espace. elle est vécue comme un lieu du corps ; calme et exaltante à la fois, elle fait insensiblement s'éclairer et devenir anonyme le " soi ".

    Regarder un tableau de cézanne, c'est découvrir les assises du monde.

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  • Après avoir consacré de nombreux essais littéraires à l'oeuvre de Céline et de Giono, Henri Godard propose un essai surprenant sur l'oeuvre de Erri de Luca. En effet, on croyait l'auteur plus attiré par les écrivains à l'écriture lyrique ou exalté, mais voici qu'il s'intéresse au style sec et dépouillé de l'auteur italien. Cette approche passionnante a le mérite d'éclairer le lecteur sur la vie du discret Erri de Luca et de mieux situer la ligne de partage dans ses récits d'inspiration autobiographique, entre la vérité et la fiction. L'analyse du rapport qu'entretient Erri de Luca avec Naples est à ce titre particulièrement intéressante. Ensuite Henri Godard souligne avec force le rapport profond (et presque mystique) qui relie De Luca avec la langue. Il est inutile de rappeler que l'auteur italien n'est pas croyant, mais qu'il lit tous les jours la Bible, livre fondamental qui nourrit son inspiration et suscite des analyses d'une grande pertinence, comme dans Noyau d'olive que nous publions dans la maison. « Unité de ton, de la trame narrative et du sentiment fondamental qui la sous-tend interdisent de se contenter de penser l'oeuvre de De Luca comme une addition de volumes séparés. Ces éléments communs en font une oeuvre unique en son genre, puissamment unifiée ».

    L'oeuvre de Erri de Luca est aujourd'hui reconnue comme une oeuvre de premier plan. De nombreux livres la composent, dont Henri Godard arrive à nous montrer la cohérence et la nécessité. En outre son essai atteint souvent des analyses sur la littérature d'une force et d'une portée remarquables.
    Cet essai emportera l'adhésion.

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  • De la poésie

    Ossip Mandelstam

    Initialement paru en 1928, ce présent recueil d'Ossip Mandelstam réunit une série d'essais parus en revue, écrits entre 1910 et 1923. Ils sont, comme l'indique Mandelstam, liés par une même pensée... ajoutons : de la poésie. À leur parution, ces textes avaient subi l'influence de la censure, le premier jet a été ici rétabli.

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  • C'est comme si un seul objet pouvait résumer le monde et la façon dont il vient à vous.
    Dérisoire et suranné, le juke box devient pourtant mémoire. Tout se met en place autour de cet objet, les lieux, la ville, les évènements de la vie eux-mêmes. Il n'est pas sûr que ne soient grandes que les grandes choses : des objets tels que le juke-box n'ont jamais joui de la moindre considération peuvent soudain contenir tout le poids du monde. C'est autour d'eux que les faits et gestes, que la vie toute entière se disposent par étapes.
    Dès lors, dans la petite ville d'Espagne où il tente d'écrire son " Essai " l'auteur se voit se déployer ce qui l'entoure. Tout le visible, les choses, et les gens ramènent au juke-box qui est comme le centre de la mémoire puisque c'est autour de lui dans l'adolescence que le monde prit forme.

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  • « La question peut donc se poser de la méthode pertinente pour se confronter à une oeuvre qui est un univers à elle seule, en croissance perpétuelle ; une personne qui, comme l'océan de Victor Hugo surgissant dans la préface à l'édition japonaise de Tombeau pour cinq cent mille soldats, intègre tout à son champ de songe. Pierre Guyotat, dans les nombreux entretiens qu'il a donnés depuis près de cinquante années, a précisé ses positions. Plus récemment, en 2000, à l'occasion de la sortie de Progénitures, il a livré, dans un livre réalisé avec Marianne Alphant, Explications, des clefs pour son monde. Il convient désormais, quinze ans plus tard, de compléter cette entreprise en donnant à voir le regard de Pierre Guyotat, en donnant à lire sa voix nue. En [...] montrant ce à quoi pense l'auteur quand il crée. »C'est ainsi que Donatien Grau, dans sa préface au présent ouvrage, précise les contours de la démarche commune de l'auteur et de l'universitaire. Le livre d'entretiens qui en résulte permet au lecteur de pénétrer la pensée de Pierre Guyotat sur des sujets aussi variés que le rapport de la poésie au monde, la guerre d'Algérie, l'ascèse, le communisme, le don. Guidé par les questions pertinentes de son interlocuteur, parfait connaisseur de l'oeuvre, Pierre Guyotat nous parle de son enfance, de sa découverte de la sexualité, de ses luttes politiques et de sa vie d'aujourd'hui. Ses commentaires sur l'Histoire de France, sur la société contemporaine comme sur la civilisation occidentale sont tout aussi éclairants que les révélations sur sa manière d'écrire et de travailler.Un livre indispensable pour tout lecteur de Pierre Guyotat.

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  • Le cas du Hasard est né de l'envie des deux auteurs de prolonger un échange débuté lors d'un dîner amical, avec vue sur l'océan Pacifique. Leur volonté d'approfondir la discussion animée d'un soir a donc donné lieu à une correspondance des plus singulières. Si l'ouvrage s'ouvre sur une tentative de définir l'ADN - que le biologiste compare à une partition de musique tandis que l'écrivain y voit plutôt une prophétie -, les sujets abordés sont innombrables. Ce qui frappe, au-delà de l'étendue des connaissances scientifiques de l'un et de la pertinence du regard de l'autre, est la poésie de l'ensemble, car Erri De Luca et Paolo Sassone-Corsi évoquent tour à tour Brodsky, la baie de Naples, Beethoven ou le couple Curie pour nous faire partager leur vision de l'univers. Leur enthousiasme à réinventer ainsi le monde se reflète dans l'écriture, allègre et joyeuse, pour le plus grand bonheur du lecteur.

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  • Entre 1917 et 1918, Kafka séjourne huit mois chez sa soeur Ottla à Zürau, dans la campagne de Bohême.
    La tuberculose s'est déclarée, et crée chez l'écrivain dans sa retraite une intimité nouvelle avec l'idée de la mort. C'est durant cette période que sont nés ces " aphorismes " étranges et déroutants : alors que Kafka avait coutume de remplir des cahiers d'écolier d'une écriture serrée, ici au contraire il dispose une phrase, un paragraphe tout au plus, sur de petites feuilles volantes. Tout le reste de la page, étonnamment vide...
    À l'initiative de Roberto Calasso, ces aphorismes de Zürau sont livrés pour la première fois à une lecture telle que Kafka aurait pu la souhaiter. Quoiqu'il ait presque toujours répugné à la publication de ses textes, il est certain que cette disposition singulière était destinée à faire briller l'éclat foudroyant de sentences venues des abîmes. Car ses pensées y sont vertigineuses, parfois oraculaires, échappant toujours à l'explicitation univoque mais suscitant sans cesse la nécessité d'une méditation essentielle : le bien et le mal, le corps et l'esprit, le courage et la fuite, le chemin et le cercle, la création et la mort.
    Autant de motifs qui parcourent son oeuvre, mais ciselés ici à l'extrême, douloureux et resplendissants comme des pointes de diamant, regard d'un " oeil qui simplifie jusqu'à la désolation totale ". Mais cette désolation est pour Roberto Calasso une " splendeur voilée ".

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  • Publiée en Italie en 1987, puis en France pour la première fois en 1991, la transcription de plusieurs entretiens entre le poète et romancier Ferdinando Camon et Primo Levi n'a rien perdu de sa pertinence. Ces Conversations permettent en effet au lecteur d'accéder à une synthèse claire de toute la réflexion de Primo Levi sur la Shoah.
    Avec Ferdinando Camon, il débat notamment de la question de la culpabilité du peuple allemand en réfléchissant au poids du collectif face à une figure telle que Hitler. Puis il établit une distinction entre les prisonniers politiques et les déportés juifs, et évoque les conditions de survie des déportés ainsi que l'influence de l'expérience du camp sur sa propre vie et sur son oeuvre. L'importance de la langue, la judéité, l'existence de Dieu et l'État d'Israël constituent les autres sujets de ce livre aussi bref que percutant.
    Il est à noter que les épreuves de ces Conversations ont été relues et corrigées par Primo Levi seulement quelques semaines avant sa mort

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