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PUF
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Voici venu le moment de la post-réalité. Après les attaques contre la vérité ensevelie sous les fausses informations et la polarisation des opinions, nous vivons l'aube d'une nouvelle étape qui va mettre en péril le socle de notre vie commune ; elle tire son eau de la dérégulation généralisée du désir et entend redéfinir notre rapport à la réalité. Exprimant un invariant de l'espèce humaine sous une forme inédite et soudaine, cette dérégulation est exaltée par de nouveaux courants idéologiques et le développement de technologies telles que l'IA ou la réalité virtuelle. Jusqu'où cela pourra-t-il nous conduire ? Pour y répondre, ce livre nous entraîne à la rencontre de mondes sociaux étonnants et de communautés extraordinaires, qui ont en commun de vouloir contourner, corrompre, hybrider ou encore ductiliser le réel. Les individus qui en font partie ne sont d'ailleurs pas aussi peu nombreux que leur excentricité pourrait le faire croire... Avec la rigueur et la clarté qui lui sont propres, Bronner interroge alors l'avenir : sommes-nous encore capables de préserver un socle commun de réalité ou condamnés à une ère où chacun forgera son propre monde ? Au croisement de la sociologie, de l'économie et des sciences cognitives, cet essai puissant sur les enjeux du monde de la post-vérité vient clore le triptyque commencé avec La démocratie des crédules (Puf, 2013) et poursuivi avec Apocalypse cognitive (Puf, 2021).
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La situation est inédite. Jamais, dans l'histoire de l'humanité, nous n'avons disposé d'autant d'informations et jamais nous n'avons eu autant de temps libre pour y puiser loisir et connaissance du monde. Nos prédécesseurs en avaient rêvé : la science et la technologie libéreraient l'humanité. Mais ce rêve risque désormais de tourner au cauchemar. Le déferlement d'informations a entraîné une concurrence généralisée de toutes les idées, une dérégulation du « marché cognitif » qui a une fâcheuse conséquence : capter, souvent pour le pire, le précieux trésor de notre attention. Nos esprits subissent l'envoûtement des écrans et s'abandonnent aux mille visages de la déraison.
Victime d'un pillage en règle, notre esprit est au coeur d'un enjeu dont dépend notre avenir. Ce contexte inquiétant dévoile certaines des aspirations profondes de l'humanité. L'heure de la confrontation avec notre propre nature aurait-elle sonné ? De la façon dont nous réagirons dépendront les possibilités d'échapper à ce qu'il faut bien appeler une menace civilisationnelle.
C'est le récit de cet enjeu historique que propose le nouveau livre événement de Gérald Bronner. -
Continuer de vivre ou décider d'en finir, c'est une question d'opportunité plutôt que de principe : telle est la leçon d'Épicure, des stoïciens et de Montaigne. Encore faut-il être vivant pour en décider. L'opportunité de vivre est donc première (puisque toutes les autres la supposent), aux deux sens du mot « opportunité » : comme ce qui convient au moment ou aux circonstances, et comme occasion favorable (le kairos des Anciens). L'opportunité de mourir est par nature exceptionnelle (elle ne peut se concrétiser qu'une fois). C'est donc l'opportunité de vivre qui est la règle, par nature quotidienne, et qui requiert tous nos soins. Et c'est l'objet même de la philosophie, celle qui ne nous apprend à mourir, comme disait Montaigne, que parce qu'elle nous apprend d'abord à vivre. Il n'est pas vrai, malgré Camus, que le suicide soit le seul « problème philosophique vraiment sérieux ». Mais que vaudrait une philosophie qui n'aiderait pas à juger - non une fois pour toutes mais en fonction des circonstances - que la vie, comme disait encore Camus, « vaut ou ne vaut pas la peine d'être vécue » ?
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« Les douze articles ici rassemblés entrent dans la série de ce que j'appelle, pensant à Schubert, mes impromptus : des textes brefs, résolument subjectifs, écrits sur le champ et sans préparation (comme dit le Dictionnaire de Littré), qui s'adressent au grand public et sont le plus souvent, malgré l'éventuelle légèreté de l'écriture, d'une tonalité quelque peu grave ou mélancolique. C'est encore le cas dans ce recueil, et d'autant plus, s'agissant de ce dernier point, que la plupart de ces minuscules essais (pour reprendre cette fois le mot de Montaigne) portent sur des sujets en effet sombres ou douloureux : le pessimisme, le tragique, la mort des enfants, le handicap, l'agonie, le bagne, le suicide, l'euthanasie... J'ose croire qu'ils ne seront pas pour autant cause de tristesse, mais aideront plutôt à accepter, si possible joyeusement, la part, en toute vie, de deuil, de chagrin ou de détresse. C'est la joie qui est bonne, mais d'autant plus méritoire et belle qu'elle est souvent difficile.
À l'exception du dernier, qui est de très loin le plus long, tous ces textes ont été (ou seront, pour deux d'entre eux) publiés ailleurs, dans des ouvrages collectifs ou à titre de préface ou postface. On trouvera en fin de volume la date et le lieu de leur publication passée ou à venir. Ils sont tous ici revus, corrigés, parfois sensiblement augmentés. Merci aux auteurs ou éditeurs qui les ont suscités ou accueillis.
Quant au dernier texte, qui est inédit, il ne doit d'exister qu'aux lecteurs (et plus souvent aux lectrices) qui m'ont expressément demandé de l'écrire. Qu'ils en soient eux aussi remerciés. » -
Des vertus, on ne parle plus guère.
Cela ne signifie pas que nous n'en ayons plus besoin, ni ne nous autorise à y renoncer. mieux vaut enseigner les vertus, disait spinoza, que condamner les vices : mieux vaut la joie que la tristesse, mieux vaut l'admiration que le mépris, mieux vaut l'exemple que la honte.
Il ne s'agit pas de donner des leçons de morale, mais d'aider chacun à devenir son propre maître, comme il convient, et son unique juge.
Dans quel but ? pour être plus humain, plus fort, plus doux. vertu c'est puissance, c'est excellence, c'est exigence. les vertus sont nos valeurs morales, mais incarnées, autant que nous le pouvons, mais vécues, mais en acte : toujours singulières, comme chacun d'entre nous, toujours plurielles, comme les faiblesses qu'elles combattent ou redressent. il n'y a pas de bien en soi : le bien n'existe pas, il est à faire et c'est ce qu'on appelle les vertus.
Ce sont elles que je me suis données ici pour objet : de la politesse à l'amour, dix-huit chapitres sur ces vertus qui nous manquent (mais point totalement : comment pourrions-nous autrement les penser ?), et qui nous éclairent. -
À l'heure de la transition écologique, ne pourra-t-on plus jamais voyager comme avant ? Faut-il limiter ses déplacements, voire renoncer aux voyages ? Ces questions n'ont rien inédit. Les philosophes de l'Antiquité, sans avoir ni l'avion, ni Internet, les avaient pour l'essentiel déjà posées. Car les voyages ont toujours eu un caractère ambigu et polémique.
A contre-courant des idées reçues, Juliette Morice propose de penser le voyage, depuis ses tout débuts jusqu'à l'ère du tourisme de masse. Ce que l'on découvre alors, ce ne sont pas tant les contradictions de cette pratique, que les nôtres propres, désir d'évasion et refus de l'inconnu, entre mensonges exotiques et besoin d'ailleurs.
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À partir d'un fait divers Johann Chapoutot développe une histoire politique et culturelle de la République de Weimar et de sa fin, ainsi que du Parti nazi, depuis les origines jusqu'à la Nuit des longs couteaux
Quand la République de Weimar est-elle morte ? On retient généralement un événement central : l'appel à la chancellerie, à Berlin, d'Adolf Hitler. On ne prête guère d'attention à un autre fait, provincial, obscur : l'assassinat violent, dans un bourg reculé de Silésie, d'un ouvrier communiste par cinq SA ivres et brutaux. Débordé par une base impatiente, Hitler fait une entorse à son légalisme proclamé et prend fait et cause pour les assassins. Le gouvernement commue la peine des meurtriers. L'État de droit prend fin : les nazis revendiquent une nouvelle légalité, qui fait des meurtriers des soldats et d'un crime, un acte de guerre ou de justice
Ce fait divers invite à une histoire politique et culturelle de la République de Weimar, mais aussi du parti nazi : le contentieux entre la base SA et la hiérarchie du parti devait être réglé plus tard, lors de la Nuit des longs couteaux -
Critique de la raison pure marque un tournant dans l'histoire de la philosophie, une mutation dans l'interrogation philosophique : déplacer l'investigation d'une recherche en termes de vérité vers une recherche en termes de sens, comme réflexion sur les conditions de pensabilité d'un fait. Parce qu'elle entreprend de fonder une philosophie entendue selon un concept « cosmique », c'est-à-dire un système de connaissances ordonnées à ce qui intéresse tout le monde, la Critique nous fait pénétrer dans un XVIIIe siècle pour lequel rien de ce qui est humain n'est étranger au philosophe. Dans les sujets qu'elle aborde, comme dans les exemples qu'elle prend, la Critique est conduite à parler de tout. Grand inventeur de concepts, Kant se refuse à l'obscurité. Sa langue est technique, mais elle l'est dans un but de clarification. Ses innovations sont sémantiques, mais non lexicales. Son écriture a le souci d'allier constamment réflexivité et conséquence. Son lecteur s'en trouve formé autant qu'informé. C'est peut-être l'ultime vertu de la Critique : disposer son lecteur à pouvoir, par après, penser contre elle, mais grâce à elle.
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Pendant ces années au service de l'état florentin, Machiavel n'a « ni dormi ni joué ». C'est dans Le Prince qu'il met à profit son expérience pour conseiller les souverains sur la manière de devenir prince et de le rester. Un traité politique dont la postériété est immense. En reconstituant la logique propre de la syntaxe, en respectant la cohérence du lexique, les traducteurs ont retrouvé le rythme si particulier de la prose machiavélienne qui a tant fait pour le succès de ce « petit » ouvrage. On trouvera, dans cette édition : une introduction qui rappelle les enjeux politiques et théoriques du contexte d'écriture ; une lecture suivie du Prince qui donne pour chaque chapitre les principales lignes interprétatives ; un bref dictionnaire des personnages et événements historiques cités ; et une bibliographie.
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D'écrivain comblé et adulé, il était devenu un exilé se plaignant auprès de Romain Rolland de ne plus recevoir de courrier. Admirant profondément Montaigne mais aussi Nietzsche, Dostoïevski et Freud, Stefan Zweig souffrait d'être si peu semblable à ses modèles. Il lit et commente passionnément Montaigne pour y trouver la voie de sa liberté intérieure, la force d'assumer son ultime décision.
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Le triomphe des égoîsmes : En finit avec le chacun pour soi
Camille Peugny
- PUF
- 13 Janvier 2026
- 9782130887911
De l'État social au chacun pour soi ,: ,les nouvelles règles des sociétés ultralibérales
L'égoïsme comme contrainte sociale généralisée progresse à mesure que recule l'État social, miné par plusieurs décennies de néolibéralisation, notamment parmi les classes moyennes supérieures, entendues comme l'alliance du coeur des classes moyennes stabilisées et des classes supérieures, qui contribuent à l'essaimer au sein de tout le corps social. De leur côté, nul déni des inégalités mais une adhésion accrue aux principes de responsabilité individuelle. Du côté des classes populaires contraintes de devenir auto-entrepreneuses de leur propre précarité, les transformations de l'emploi fracturent les collectifs et contraignent à l'assurance individuelle.
L'égoïsme théorisé dans cet ouvrage ne remet en cause ni l'intensité des liens sociaux, ni le nombre des engagements solidaires. Surtout, il se voit expurgé de toute charge morale. Il est le produit d'un fonctionnement social adapté au contexte d'une compétition accrue pour les places et les ressources. Il convient d'en comprendre les ressorts et d'en expliciter les conséquences afin de construire une alternative politique durable -
La savante et le politique : Ce que le féminisme apporte aux sciences sociales
Eric Fassin, Caroline Ibos
- PUF
- 1 Octobre 2025
- 9782130881667
Un peu partout dans le monde, les sciences sociales font aujourd'hui l'objet d'attaques politiques virulentes. Paradoxalement, cet anti-intellectualisme trouve des relais dans le monde universitaire : ces derniers invoquent la supposée neutralité de la science pour combattre les savoirs critiques, perçus comme idéologiques, voire militants. Pourtant, les sciences sociales, de Max Weber à Pierre Bourdieu en passant par l'École de Chicago, ont toujours déjà été politiques. Les épistémologies féministes revendiquent aujourd'hui, contre l'illusion de la neutralité, l'exigence d'une objectivité forte, à même de nous prémunir des biais et des savoirs situés. La critique des épistémologies conservatrices nous invite ainsi à dévoiler l'impensé de nos disciplines. Et s'il importe de prendre au sérieux, en même temps que les savoirs critiques, les libertés académiques qui en sont la condition de possibilité, c'est pour des raisons qui ne concernent pas seulement le monde universitaire : il en va de la démocratie.
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Une biographie succincte et scientifiquement actualisée de François Mitterrand
Seul Président à avoir occupé l'Élysée durant deux septennats au terme de cinquante ans de vie politique, François Mitterrand marque singulièrement l'histoire et la mémoire politiques françaises. Son parcours, jalonné de défaites, de victoires et de polémiques, incarne de manière paroxystique l'idée de sinuosité politique. Personnage multiple et controversé, il est tout à la fois le « Mitrand » rejeté par ses détracteurs, le « Tonton » de ses électeurs nostalgiques, celui dont les « affaires » publiques et privées ne cessent de faire couler de l'encre.
Cet ouvrage de Judith Bonnin et Pierre-Emmanuel Guigo propose un résumé factuel et un état des lieux des interprétations contemporaines et historiennes. S'appuyant sur l'ouverture de nouveaux fonds d'archives et des recherches récentes, ils décodent la volonté de Mitterrand de contrôler son propre récit, contextualisent son action et les réactions contemporaines pour aller au-delà de la narration officielle comme des biais mémoriels.
Ce livre propose des clés de lecture à la fois aux étudiants qui n'ont rien vécu de l'ère Mitterrand et à ceux qui ont été ses contemporains -
De la chute du nazisme à l'invention du monde d'après
Les dernières heures du IIIe Reich commencent avec la mort d'Hitler, le 30 avril 1945, dans son bunker à Berlin. Le gouvernement nazi ne disparaît pas pour autant mais se réorganise à Flensbourg autour de l'amiral Dönitz.
Dans un pays en ruine, Himmler et les SS tentent de se fondre dans la foule des vaincus, tandis qu'affluent les rescapés de camps de concentration, déplacés de force.
Emmanuel Droit reconstitue, à l'appui de sources nombreuses, ce monde nazi sans Hitler, qui croit encore pouvoir différer son effondrement. Jusqu'à ce que surviennent la capitulation et la disparition provisoire de l'Allemagne
Un livre au plus près du tragique de l'histoire, montrant comment la dictature peut prendre fin et comment doit s'imaginer l'avenir -
Du FN au RN, les raisons d'un succès
Patrick Lehingue, Bernard Pudal
- PUF
- 13 Janvier 2026
- 9782130871897
Anatomie d'un parti sulfureux
Le succès du Rassemblement national n'est plus à démontrer, tant ses récents résultats électoraux en témoignent. Pour comprendre cette percée frontiste, il faut remonter aux causes structurelles et aux phénomènes de longue durée démantèlement de l'État social, mutations du système scolaire, disqualification des intellectuels traditionnels (scientifiques, instituteurs, syndicalistes...) au profit des «imposteurs» de toutes sortes, enfin, réémergence et progression des idées nativistes
Mais un paradoxe demeure si la présence frontiste est de plus en plus centrale, elle est presque indépendante de toute véritable implantation sociale. Comment une organisation partisane aussi fragile a-t-elle pu capitaliser de tels succès électoraux ? Pourquoi, en Europe occidentale, la France est-elle le seul pays dans lequel une formation d'extrême droite parvient à rassembler, sans interruption depuis 1984, au moins un électeur sur dix - souvent beaucoup plus
Cet ouvrage offre une synthèse historique inédite de ce parti, en même temps qu'il tente de résoudre l'énigme de sa réussite -
L'interprétation du rêve introduit à la fois une nouvelle méthode et une nouvelle théorie. La méthode est celle de l'analyse et des associations ; elle décompose le contenu de rêve manifeste en autant d'éléments ou constituants du rêve pour retrouver, en suivant les cheminements de pensée du rêveur, les pensées de rêve latentes. " L'interprétation des rêves est la voie royale qui mène à la connaissance de l'inconscient de la vie psychique. " (S. Freud) Direction scientifique : Jean Laplanche. Direction de la publication : Pierre Cotet. Notices, notes et variantes par Alain Rauzy. Traduit par Janine Altounian, Pierre Cotet, René Lainé, Alain Rauzy, François Robert. Préface de François Robert.
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Contre-révolution européenne vs vague révolutionnaire mondiale
Année fatidique, 1815 consacre la restauration de l'ordre monarchique européen. De Waterloo au Congrès de Vienne s'effondre une certaine idée de la Révolution et de ses ambitions universelles. Mais 1815 ne marque-t-il qu'un retour à l'ordre ancien ,?
Si la contre-révolution triomphe en Europe, l'onde de choc des révolutions continue de se propager : en Amérique latine où se dessine la fin des empires ibériques, en Afrique de l'Ouest où émergent des mouvements djihadistes réformateurs, ou encore en Asie, où la Chine impériale connaît des bouleversements internes. Alors que les aristocraties rétablissent leur pouvoir en Europe, la montée en puissance du capitalisme industriel et financier façonne un nouveau rapport de force global.
S'appuyant sur une approche comparée et connectée, cet ouvrage interroge les grands récits historiques qui ont fait de 1815 le point de départ d'une suprématie européenne sur le monde. En croisant les regards, il offre une lecture décentrée de l'âge des révolutions, à un moment où la domination de l'Europe sur le « ,reste ,» du globe n'a encore rien d'une évidence. Un temps où la victoire de l'État-nation n'est qu'une hypothèse parmi d'autres, dans un monde structuré par les empires anciens et nouveaux, et peuplé de souverainetés autochtones encore libres -
« Pourquoi il est si difficile aux hommes de devenir heureux ? » : c'est à cette question simple et redoutable que tente de répondre Le malaise dans la culture . L'essai freudien a fait date au moment de sa publication en 1930, et les réflexions qu'il développe ont eu un caractère tragiquement visionnaire. Près de cent ans plus tard, il reste d'une actualité remarquable.
C'est la culture qui, par ses exigences excessives et ses injonctions impraticables, plonge les humains dans le malheur, l'insatisfaction, la violence, voire la maladie nerveuse. Freud fait ici la synthèse de sa réflexion psychanalytique et anthropologique, et met explicitement en garde contre la « misère psychologique de la masse ». La menace totalitaire que Freud sent monter est inséparable d'une misère qui est autant celle de l'économie psychique que de l'économie tout court.
Rédigé à quelques années de l'accession d'Hitler au pouvoir par la voie d'élections libres, dans un climat de violences perceptible à chaque page, le Malaise a une charge politique évidente. L'analyse n'en est que plus valable aujourd'hui. -
Petit manuel philosophique à l'intention des grands émotifs
Ilaria Gaspari
- PUF
- 4 Mai 2022
- 9782130835479
Les émotions ont mauvaise presse et souffrent depuis toujours d'un préjugé tenace. Les émotions, ce sont les « humeurs », ou encore les « passions » ? passivité de l'âme. Aujourd'hui encore, les hommes, bien souvent, ne doivent pas montrer leurs larmes, tandis que les femmes passent pour hystériques quand elles le font. Pourtant, ce sont nos émotions, ce que nous ressentons, qui nous rendent humains.
À rebours du développement personnel, c'est un guide philosophique des émotions que propose Ilaria Gaspari. Nostalgie, angoisse, gratitude, etc. : les mots que nous mettons sur nos maux ont une histoire, celle de toutes les personnes qui les ont vécues, dites, chantées, étudiées. En s'appuyant sur les plus grands philosophes et la littérature, des récits initiatiques d'Homère à Schopenhauer en passant par Spinoza, Ilaria Gaspari montre que ce qui est le plus intime est aussi universel : les émotions nous inscrivent dans la lignée des hommes.
À travers ce voyage émotionnel dans le temps et la philosophie, à partir de son expérience personnelle, Ilaria Gaspari enjoint à se reconnaître comme émotif afin de ne pas se laisser dominer par elles, ne pas les subir, ni les réprimer, mais les vivre et nous fier à ce qu'elles nous disent. Car c'est l'émotion que nous ressentons qui nous rappelle nos besoins profonds, qui nous rappelle que nous sommes humains. -
« À force d'affirmer que la beauté n'est qu'une question de point de vue, ou qu'il s'agit d'un débat superficiel dans une actualité toujours plus sérieuse ou tragique, nous laissons se reproduire un « privilège beau » lié aux préjugés esthétiques. Car à bien y regarder, de publicités en tracts politiques, nos rues et nos écrans sont peuplés de personnes au physique avenant. Que signifie cette omniprésence des beaux ? Et l'invisibilisation des personnes au physique jugé ingrat ?
Ancrées dans une société obnubilée par les images, les injonctions aux normes dominantes travaillent profondément nos corps, notre estime de nous-mêmes mais aussi notre imaginaire social et politique. Pour dénoncer l'ampleur du privilège beau aujourd'hui, cet essai déconstruit les préjugés historiques liés au corps, expose la relégation sociale et les discriminations liées à l'apparence physique, puis dégage des propositions concrètes pour ouvrir notre regard et lutter contre ce scandale sous nos yeux. » -
Comment devenir un philosophe grec : exercices pratiques
Marc-Antoine Gavray, Gaëlle Jeanmart
- PUF
- 11 Octobre 2023
- 9782130855965
Être philosophe, est-ce parler ou agir ? Tenir de beaux discours ou apprendre à vivre ? Pour les Grecs, l'un ne va pas sans l'autre.
Stoïciens, épicuriens et sceptiques nous offrent des pistes pour comprendre et affronter nos problèmes quotidiens : colères, angoisses, pertes de repères, doutes... Philosopher, c'est penser et confronter sa pensée à la vie. Car qui veut être heureux doit à la fois définir le bonheur et développer des techniques pour le cultiver.
Ce livre est bien plus qu'une introduction à la philosophie : c'est un manuel pour devenir philosophe, concrètement et efficacement. -
Dans cet ouvrage majeur paru en 1893, Émile Durkheim analyse les transformations sociales liées aux nouvelles organisations du travail mises en place au XIXe siècle. La division du travail entraîne le passage d'une solidarité mécanique, typique des sociétés traditionnelles, à une solidarité organique. La division de travail, en spécialisant les individus, augmente l'interdépendance des membres de la société et est par conséquent productrice de lien social. Cette réflexion sur la division du travail comme fait social est l'occasion pour Durkheim de développer des concepts clés de la sociologie moderne : anomie, solidarité. -
Publiée en 1788, la Critique de la raison pratique s'inscrit dans le prolongement de la Critique de la raison pure (1781) et des Fondements de la métaphysique des moeurs (1785). Elle est aussi l'expression des conditions subjectives de la moralité et l'explication de la loi morale.
Ferdinand Alquié, dans son texte d'introduction, rappelle les sources kantiennes (Leibniz, Wolf, Rousseau), le processus de construction du sujet moral, l'intérêt du sujet connaissant la possibilité d'un usage synthétique de la raison pure pratique sur le chemin de l'impératif catégorique, le rôle de la liberté à l'articulation de la volonté bonne et de la loi. Telles sont les voies d'accès au souverain bien « synthèse de la raison théorique et de la raison pratique, de la raison déterminant la nature et de la raison parant la loi ». -
La Poétique de l'espace explore, à travers les images littéraires, la dimension imaginaire de notre relation à l'espace, en se focalisant sur les espaces du bonheur intime. Le « philosophe-poète » que fût Gaston Bachelard entend ainsi aider ses lecteurs à mieux habiter le monde, grâce aux puissances de l'imagination et, plus précisément, de la rêverie. Aussi l'ouvrage propose-t-il tout d'abord une suite de variations poético-philosophiques sur le thème fondamental de la Maison, de celle de l'être humain aux « maisons animales » comme la coquille ou le nid, en passant par ces « maisons des choses » que sont les tiroirs, les armoires et les coffres.
Il ouvre de la sorte une ample réflexion sur l'art d'habiter le monde, impliquant une dialectique de la miniature et de l'immensité, puis du dedans et du dehors, qui s'achève par une méditation des images de la plénitude heureuse, condensant les enjeux anthropologiques, métaphysiques et éthiques de cette oeuvre sans précédent.