Robert Laffont

  • « Si la géographie des bourreaux a permis l'extermination de millions d'êtres humains, il ne reste d'elle que ruines et musées. À l'opposé, la géographie du texte de Si c'est un homme ne cesse de vivre et de vivre encore, à mesure que des mains de lecteurs se saisissent du livre, et le lisent, s'en saisiront dans le futur et le liront, géographie donc ô combien vivante, innervée, nourrie, palpitante, humaine.
    Humaine parce que jamais le texte ne parle d'autre chose, même en creux, que d'humanité. C'est l'humanité qui s'enfuit. C'est l'humanité que l'on malmène. C'est l'humanité que l'on broie comme un grain dans un mortier. C'est l'humanité que l'on nie. C'est l'humanité que l'on tente d'effacer, mais c'est l'humanité qui demeure. Elle demeure dans la voix de Primo Levi qui ne cède que rarement à la colère et qui fait le choix d'une description posée des faits, des actes, des lieux, des états et des sentiments.
    Exempt de hargne, vide de rage et d'esprit de vengeance, le récit accueille les ombres, les silhouettes, les visages, les souffrances de ceux dont «la vie est courte mais le nombre infini» ».
    Philippe Claudel

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  • De 1943 à 1945, durant les deux dernières années de la guerre, une poignée d'hommes et de femmes ont traversé l'Europe, depuis la Biélorussie jusqu'à Milan. Pour fuir ? Non, pour se battre. Ces Juifs russes et polonais allaient, au péril de leur vie, dans la solitude infinie des marécages et des glaces, conquérir une dignité nouvelle.
    Derrière eux, ils laissaient les ghettos, le souvenir des anciens pogroms, de familles exterminées par les nazis. Devant les attendait la Palestine. Certes, il leur faudrait lutter encore pour devenir des citoyens à part entière. Mais c'était « maintenant ou jamais ». Ils l'avaient décidé, ce serait maintenant. Fondé sur des faits authentiques, ce livre, que Primo Levi considérait comme son premier roman, nous entraîne dans les coulisses de l'histoire officielle, à la rencontre de héros anonymes dont la foi souleva des montagnes.

  • Quand Si c'est un homme paraît, en 1947, il passe inaperçu. Il faudra attendre plus de dix ans avant qu'une nouvelle édition révèle en Primo Levi non seulement un témoin majeur de l'univers concentrationnaire nazi, mais un grand écrivain. Primo Levi, qui disait devoir à Auschwitz sa vocation littéraire, revint sans cesse sur ce qu'il avait écrit dans son chef-d'oeuvre. Il se fit gardien de la mémoire, interlocuteur toujours prêt à éclairer notre vision des camps, du nazisme et de l'antisémitisme, et à alerter contre le retour de ce mal sous la même forme ou sous d'autres. Dans ce recueil d'entretiens diffusés à la radio ou parus dans la presse écrite, il creuse encore - avec son génie de la précision, son ironie et sa hauteur de vue - ces questions qui sont au coeur de son oeuvre. L'occasion de réentendre, cent ans après sa naissance, la voix d'un auteur pour qui la parole était le prolongement de l'écriture.

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  • Feuillets épars

    Primo Levi

    Après "L'Asymétrie et la vie" paru en 2004, un nouveau recueil de textes inédits qui forme le second volet de la passionnante autobiographie de l'auteur de "Si c'est un homme".

    Cet ouvrage rassemble une cinquantaine de textes, écrits pour la plupart entre 1973 et la mort de Primo Levi en 1987. Les plus nombreux ont été publiés dans La Stampa, où Primo Levi collaborait régulièrement, ainsi que dans différents quotidiens. Plusieurs préfaces, une postface à la réédition allemande de "Si c'est un homme" et diverses interventions prononcées à l'occasion de conférences ou de discours complètent ce volume.

    Cet ensemble de textes fait entendre la voix d'un écrivain aux multiples facettes et à l'esprit perpétuellement en éveil : citoyen engagé, observateur avisé de la société italienne contemporaine, critique littéraire et grand lecteur, scientifique de formation et écrivain de profession... Son réquisitoire contre l'action des Brigades rouges et sa ferme condamnation, son analyse des problèmes posés par la bioéthique, ses articles sur Victor Hugo, Kafka et la science-fiction et ses réflexions sur les liens insoupçonnés mais féconds entre chimie et écriture nous éclairent sur son génie.

    Feuillets épars met surtout en évidence la cohérence remarquable de l'itinéraire d'un homme libre et d'un survivant, marqué à jamais par l'expérience concentrationnaire. Avec pédagogie et sans ressentiment, Primo Levi s'efforce inlassablement de témoigner pour éviter que le pire se produise à nouveau.

  • Pourquoi l'enfer des camps ? pourquoi la destruction ? pourquoi l'incapacité de l'homme à assimiler les leçons de l'histoire ? en marge de ses récits sur auschwitz, primo levi n'a cessé de s'interroger sur ce noyau incompréhensible de l'action humaine révélé par la shoah, comme en témoigne ce recueil de textes rédigés entre 1955 et 1987.
    Avec l'obstination que, chimiste, il met à se mesurer à la matière pour en connaître la structure, primo levi écrivain montre dans une prose lumineuse que la racine du mal réside dans une asymétrie inséparable de la vie. de même que la science occidentale peut être utilisée à des fins destructives, la rationalité humaine contient le germe qui peut engendrer la violence meurtrière : auschwitz est le renversement absolu de la raison, et pourtant la rationalité l'emporte dans l'organisation des camps.
    De là primo levi tire les fils qui mènent au révisionnisme et au terrorisme, dénonce la répétition de l'histoire, s'interroge sur la meilleure façon de transmettre ce que d'aucuns ont abandonné à l'indicible, s'exposant sans trêve au rôle de témoin. des textes d'une passionnante actualité à travers lesquels se dessine une autobiographie à la fois scientifique, littéraire, politique et morale.

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