Robert Laffont

  • Nobelle

    Sophie Fontanel

    « En octobre dernier, quand, par un coup de téléphone, votre Académie a agité ses clochettes, c'est le nom de Magnus qui m'est venu en premier à l'esprit. Les choses naissent bien quelque part, et comment ne pas nous revoir, lui, le jeune garçon penché sur mes poèmes, et moi, au toupet illimité, qui le regardait lire... » À l'occasion de son discours de réception du prix Nobel de littérature, Annette Comte se souvient de ses dix ans et de celui qui lui a donné l'envie d'écrire. Elle raconte, émerveillée, ce que le flamboyant Magnus fut pour elle - et il fut tout - l'été 1972, dans le sud de la France. Mais ce n'est qu'en osant, à Stockholm, revenir ainsi sur cette première et immense peine de coeur qu'Annette prendra la mesure de ce qu'un écrivain demande à l'amour.

  • Les temps changent et forcément, entre YouPorn et Tinder d'un côté, Mee too et les réseaux sociaux de l'autre, il y a beaucoup de choses à dire sur l'évolution des moeurs amoureuses. Ou leur non-évolution !
    Le sexisme, l'ouverture d'esprit, la pudibonderie, l'orientation sexuelle, les partenaires multiples, le culte de la performance, la quête du plaisir, le goût de l'excès, les mensurations, l'âge, le plaisir, la simulation, le narcissisme, la lassitude, la liberté, l'humour au lit... Sur toutes ces questions, Les fables de la Fontanel apportent leur réponse :
    Désopilante, et particulièrement pertinente.
    En mettant en fables, et donc en vers, rimes et mots d'esprit quelques travers ou impasses de nos vies sexuelles, Sophie Fontanel englobe tout le monde dans un même rire. Et nous rappelle avec bonheur que la verve des fables, c'est la France, c'est nous, c'est tellement nous ! Le souvenir de La Fontaine, et Molière, mais aussi Audiard, Brassens (« 95 fois sur 100, la femme s'emmerde en baisant »).
    Ainsi... C'est la fayote qui rêvait de devenir la reine de pipes ("Le feu et l'allumette"). C'est le garçon dont le pénis n'est jamais raccord avec la situation ("La quille et la fille"). Celui qui craint d'en avoir un trop petit ("La croute et la mie"). Celui qui voudrait soudain calmer le jeu ("La porte et la pause"). C'est le garçon qui n'arrête pas de dire que l'homme est chasseur mais qui a peur d'une abeille ("Adam et la Dame"). C'est la fille qui ne trouve plus sa catégorie sur YouPorn ("Carla et sa catégorie"). Ou celle qu'on trouvait trop jolie pour n'aimer que les filles ("Le nénuphar et la mare").

  • Grandir

    Sophie Fontanel

    Quand l'auteur parle de grandir, elle parle d'elle-même. Sa mère est très âgée et dépendante d'elle, entièrement. Il arrive que cette mère soit absente et parfois, au contraire, ses paroles et sa présence sont justes, drôles et imprévisibles. Et durant toute cette période ultime, l'amour qu'elle a donné à sa fille lui est rendu comme on voudrait qu'il le soit toujours.
    Chaque morceau de la vie d'une vieille dame si vulnérable est raconté : un jeune médecin, l'appétit, les vacances, un aide-soignant, les petits-enfants, des mains très douces, des souvenirs, l'Arménie, une amie d'enfance. À la page qui suit, on voit sa fille : une cavale, une vie à gagner, un défilé de mode, des articles à écrire, des dîners décommandés, la ville à traverser quand sa mère est tombée, tout de suite les infirmières de jour et celles de nuit, les douceurs.
    Avec des phrases très simples comme : " Elle a fait de mon enfance une vraie enfance, je peux bien lui rendre à présent ", et qui vous serrent le coeur. Ou bien des dialogues : " Ouh là, ne prie pas pour moi, hein ? " J'ai demandé pourquoi. Elle a dit : " Ne va pas me faire repérer. " Le miracle du livre : parce que sa mère est devenue son enfant, l'auteur grandit. Elle a eu cette grâce et elle pense : " D'où me vient tout cet amour ? "

  • « Et enfin, à cinquante-trois ans, j'ai entrepris d'apparaître. » Et si tout ce qu'on racontait sur les cheveux blancs était faux ? Et si ces monceaux de teinture, sur des millions de chevelures, aux quatre coins de la planète, cachaient en fait une beauté supplémentaire que les femmes pourraient prendre avec le temps, beauté immense qui les sauverait de bien des angoisses, de bien de servitudes ?
    C'est en partant de cette intuition que Sophie Fontanel, un soir d'été, décide d'arrêter les colorations et de regarder pousser ses cheveux blancs. Comme elle est écrivain, elle en fait un livre, sorte de journal romancé de ce qu'elle n'hésite pas à appeler une « naissance ».
    Les semaines, les mois passent : un panache lui vient sur la tête, à mille lieues des idées préconçues sur les ravages du temps. Elle réalise que l'âge embellit aussi les femmes et que les hommes n'ont pas pour les cheveux blancs l'aversion qu'on supposait. Elle découvre que notre société n'attendait qu'un signal, au fond, pour s'ouvrir à une splendeur inédite, d'une puissance extraordinaire.
    Ce roman est une fête. Celle de la liberté.

  • La vocation

    Sophie Fontanel

    « "Les revues, je les laisse", elle annonce à l'employé de l'émigration. On dirait que c'est une décision qu'elle prend, et non qu'elle en est réduite à cette dernière extrémité. Elle ouvre un des Vogue, en arrache une page, et la glisse, pliée, sous sa manche.
    Soudain, elle va vers un garçon splendide dont, dira-t-elle, elle a remarqué les babouches ouvragées, différentes. Une fois près de lui, elle voit qu'il a des cils d'ânesse. Elle ne s'est pas trompée. Elle dépose les cinq Vogue devant les babouches couleur mandarine : "Tiens, c'est pour toi." Ma grand-mère, son coeur battant lui sort du buste. Sur ce quai de l'exode, du malheur et de l'expropriation, ce n'est pas rien de donner quelque chose à un ennemi qui vous a déjà pris l'essentiel. » Traversant tout le XXe siècle, La Vocation raconte le destin d'une famille d'émigrants arméniens fascinée par l'élégance française. En 1923, Méliné a vingt-deux ans et fuit les persécutions subies par son peuple, une page de Vogue coincée dans sa manche. Elle rêve de mode. Quatre-vingts ans plus tard, sa petite-fille, Sophie, journaliste, est nommée au poste de directrice de la mode à Elle, accomplissant ainsi le destin familial.
    Qui fut la plus heureuse des deux ? Méliné, qui cousait elle-même ses robes et admirait les belles dames depuis un banc, boulevard du Montparnasse, à Paris, dans les années 1930, ou Sophie, placée au premier rang des défilés de mode, avec un titre rutilant et du pouvoir ? Et où est l'élégance tant rêvée, au bout du compte ?

  • Pendant une longue période, une jeune femme vit sans connaître une intimité physique avec un homme. Ce n'est pas tant une décision qu'elle a prise, c'est un état de fait, c'est une absence d'envie de sa part. De cet état habituellement inavouable, elle parle. Dans ce rien, elle trouve des ressources insoupçonnées, des rêves, un certain bien-être. Elle découvre aussi des relations différentes avec les hommes et les femmes qui l'entourent. Soit parce qu'ils se rapprochent d'elle afin de lui faire part de leur propre situation, soit parce qu'ils essaient de la comprendre, ou de l'encourager, ou de la convaincre qu'elle fait fausse route. Cette femme incertaine traverse avec légèreté et gravité l'existence ; ses perceptions, sa sensibilité, son empathie sont décuplées. Il semble qu'il ne lui appartienne pas d'évoluer. Pour elle, la vie privée ce n'est pas ce qu'on fait, c'est ce qu'on ne fait pas.
    Un jour, pourtant, les choses vont changer.

  • Sublime Amour est un roman d'amour comme son nom l'indique, et raconte l'histoire d'une passion exceptionnelle.
    Arminé est une jeune femme d'origine arménienne qui aime Claudio, un Italien dans les cinquante ans. Quand elle l'a rencontré pour la première fois, elle s'est figée : elle a pensé qu'il scintillait, qu'il venait de l'éternité, qu'il avait des ailes, qu'il était multicolore. Elle l'a aimé sur-le-champ. Elle l'a embrassé et il a dit : " Je suis marié. " Elle a dit : " Vous êtes beau. "

    Un roman à contre-courant, à contre-emploi. Pendant sept années, Arminé et Claudio ne font pas l'amour ensemble.
    Au milieu de cette longue période, ils se quittent. Quand ils se retrouvent, c'est dans un village grec sur une île au sud de Santorin, où Arminé avait trouvé refuge quand Claudio avait cessé de la voir. De nombreux personnages les ont croisés. L'éditeur d'Arminé, Boris Souratine : il a abandonné sa mère en Russie, il désire Arminé et il est la cause de son abandon provisoire par Claudio. Le policier portugais, José Pereira : il est de garde devant l'Élysée, une nuit il voit Arminé faire la roue en robe du soir, sur une pelouse, pour signifier à Claudio qu'elle l'aime. Ferdinand Sashi : homosexuel très intelligent qui démolit l'image de Claudio devant Arminé. Aristi : Grec, il est le roi du pétrole et il est propriétaire d'un morceau d'île d'où il ne peut pas voir les couchers de soleil. Etc.

    Sur commande
  • En avant-première, découvrez les premiers chapitres des titres de la rentrée littéraire de janvier 2016 des éditions Robert Laffont: - Sophie Fontanel, La Vocation - Phrères, Claire Barré - Sanguinaires, Denis Parent - Les Affreux, Jacques Sarthor - Les Guérir, Olivier Charneux - Terre déchue, Patrick Flanery

empty