• Longtemps, au mot de "communarde" on a préféré celui de "pétroleuse", qui pourtant est une fiction. Une flétrissure misogyne qui raconte d'abord la façon dont on a dévalué, disqualifié et réprimé les femmes engagées dans la Commune de Paris au printemps 1871. En pionnière, Édith Thomas s'est attachée en 1963 à faire sortir de l'ombre ces femmes mobilisées pour la révolution sociale. Chartiste, elle a fouillé des archives fragiles et lacunaires, et excavé des traces qui n'avaient jamais été regardées comme des objets légitimes. En débusquant ce stigmate qui charrie une foule de représentations sur la violence féminine, et euphémise l'épaisseur politique de leur lutte pour déplacer les frontières de l'émancipation, l'autrice n'a pas seulement élargi l'histoire de la Commune de Paris. Elle a aussi enrichi l'histoire des féminismes.
    Figure centrale de la Résistance intellectuelle sous Vichy, qui fit elle-même les frais d'une puissante invisibilisation, Édith Thomas restaure les femmes de 1871 dans une souveraineté proprement politique, aux antipodes de cette image d'hystériques du baril à quoi les ont longtemps reléguées les récits habituels ou virilistes de la Commune de Paris.

  • Bientôt à la mi-temps de sa vie, une femme se penche sur son passé, pour dresser le « bilan de son existence », où elle ne voit d'abord qu'une suite d'échecs. Déçue par des aventures sans lendemain, Aude avait pourtant cru trouver en Stevan le compagnon idéal qui mettrait fin à cette errance des sentiments. Mais, peu à peu, la narratrice découvre que Stevan, à travers elle, ne recherche que le souvenir d'une autre maîtresse, morte pendant la guerre et par sa faute peut-être, dans de tragiques circonstances. Claude, jeune femme fantasque, aurait pu être aussi l'amour pur dont Aude rêvait. Après un printemps idyllique vécu à deux, Claude finira par s'éloigner à son tour, attirée vers un homme, mieux fait pour la rendre heureuse. Après ce second « échec », Aude sera bien près du suicide, mais il suffira du hasard, d'une rencontre imprévue, pour lui rendre son équilibre. En femme libre, elle décide alors d'avoir un enfant, un enfant sans père, fruit d'une union sans illusions. Ainsi son existence n'aura-t-elle pas été vaine. Aude transmettra le flambeau : ce sera la petite Anne, plus tard, qui devra « découvrir à la nuit un sens », à ses jours une raison, au bonheur un visage. Livre grave, livre pudique en dépit de certaines audaces de la pensée, livre dur et franc dans son réalisme dépourvu de concessions à la sentimentalité, le Jeu d'échecs n'en est pas moins, à sa façon, poignante et discrète, le chant d'espoir en sourdine d'un coeur blessé. Il témoigne d'une expérience, qui est une leçon de vie dans le courage de la lucidité.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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