• Fondateur du « marxisme analytique », Gerald-Allan Cohen était l'un des principaux philosophes politiques contemporains. Entre réflexion philosophique et autobiographie intellectuelle, Si tu es pour l'égalité, pourquoi es-tu si riche ? évoque son parcours, de son enfance dans une famille juive communiste de Montréal, à ses années d'enseignement à Oxford. Mais cet essai brillant constitue surtout un dialogue avec les grandes pensées politiques de l'égalité, qui concilie, comme le note Philippe Van Parijs dans sa postface, « rigueur intellectuelle sans complaisance et engagement ferme au service d'une conception résolument égalitaire de la justice sociale ». Contre Karl Marx, Cohen affirme qu'aucun sens de l'histoire n'assure l'évolution de nos sociétés vers l'égalité, et qu'il faut donc en penser les conditions et la justification. Contre John Rawls, il affirme qu'il ne suffit pas, pour qu'une société soit juste, que les institutions politiques soient réglées par des principes de justice : il faut aussi qu'un ethos égalitaire guide les actes de chacun. Si nous sommes pour l'égalité, alors nous devons agir en conséquence.

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  • La cupidité et la peur restent les principaux ressorts du marché. Même quand nos préoccupations dépassent notre petite personne, le marché nous rend avides et peureux en nous présentant nos concurrents comme d'éventuelles sources de profit ou comme des menaces à notre réussite. On a beau être blasés par des siècles d'accoutumance à la civilisation capitaliste, quelle triste façon d'envisager autrui ! Ce n'est évidemment pas au capitalisme que l'on doit l'invention de la cupidité et de la peur : ces sentiments sont profondément ancrés dans notre nature humaine. Mais, à la différence de la civilisation féodale qui l'a précédé et qui avait la délicatesse (chrétienne ou autre) de condamner la cupidité, le capitalisme en fait l'apologie.
    G.A. C.

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