• Universel, le racisme l'est, tel que Jean-Loup Amselle l'interprête et l'analyse dans ce livre. Moins ancien qu'on ne le pense et plus partagé qu'on ne le croit. Partout le même, c'est-à-dire ne souffrant pas les différences de nature dont on voudrait l'affubler (à ce titre, affirme-t-il, l'antisémitisme est un racisme parmi les autres). Parce que la matrice en est la même, que l'Europe colonisatrice a mis à l'essai en Afrique (où il sévit sans faillir) avant de le répandre dans toute l'Europe.

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  • Le postcolonialisme est un courant de pensée critique animé par des penseurs indiens, africains ou d'Amérique latine.
    Ils mettent en cause l'héritage de la domination coloniale dans les savoirs construits par les sciences sociales sur les sociétés dominées. Dans cet ouvrage, Jean-Loup Amselle a entrepris une présentation critique des auteurs de ce courant, ainsi que des foyers de cette contestation de l'Occident. Tout en exposant les arguments et les cheminements de cette mouvance, l'auteur montre comment certains d'entre eux versent dans des formes de primitivisme et d'essentialisme culturel, reprenant parfois à leur compte les stigmates coloniaux en tentant d'en inverser le sens.
    Le postcolonialisme ne serait-il pas ainsi, par une nouvelle ruse de la raison, le moyen le plus sûr d'asseoir la domination hégémonique de l'Occident, en semblant vouloir la renverser ?

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  • Comment décrire et penser le phénomène, aussi violent que symptomatique de notre époque, du passage d'un certain nombre d'intellectuels, agitateurs, journalistes de l'extrême gauche vers l'extrême droite ? C'est à quoi s'emploie Jean-Loup Amselle, qui, dans ce livre, actualise un tableau consternant dont Dieudonné et Soral ne sont que les noms les plus connus, et pense ce processus en ethnologue. Posant avec perspicacité cette question : qu'est-ce qu'un tel processus doit au regain de mode du primitivisme dû aux études post-coloniales ?

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  • Ce livre, qui procède d'un travail de terrain éclaté, nous promène à travers les capitales de trois pays africains: Bamako au Mali, Le Caire en Égypte et Conakry en Guinée. En cela, il rompt avec l'approche classique de l'anthropologie, qui privilégie le local par rapport au global, et répond au souci de cerner au plus près les contours d'une véritable multinationale culturelle: le N'ko.
    Fondé en 1949 pour exprimer l'identité d'un peuple opprimé, le peuple mandingue, ce mouvement doit beaucoup à l'Europe et à l'islam - l'alphabet dont il s'est doté évoque ainsi les alphabets latin et arabe, tout en possédant ses caractéristiques propres. À ce titre, le N'ko illustre les «branchements» possibles d'une culture sur une autre, phénomène de dérivations multiples qui montre bien que notre monde globalisé n'est pas une simple juxtaposition d'univers étanches.
    De la globalisation à l'afrocentrisme, de l'écriture à la philosophie africaine et au génocide, la thématique du branchement permet de décliner les différentes figures qui font de l'Afrique un concept à géométrie variable, un élément essentiel de l'imaginaire planétaire.


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  • L'idée générale de ce livre, est que la pensée de Marx appartient à tous ceux qui s'en réclament et qu'il n'est donc aucunement dans l'intention de l'auteur d'en fournir la seule version autorisée.
    Ce qui l'intéresse, c'est donc le marxisme en tant que source d'inspiration pour comprendre les impasses de la situation politique et intellectuelle actuelle, situation que l'on pourrait définir par le confusionnisme et le glissement d'un certain nombre d'intellectuels venus de la gauche et de l'extrême-gauche vers la droite et l'extrême-droite et surtout la fabrication médiatique de penseurs qui deviennent, en quelque sorte, les mannequins d'un défilé de mode des idées.
    Cette posture est aussi celle d'un anthropologue qui considère que sa discipline est englobante, sinon totalisante, et qu'elle a vocation à traiter de l'ensemble des formes de savoir, et donc également de la philosophie. L'intérêt d'une telle démarche est de confronter une expérience de terrain propre à l'Afrique à un savoir constitué comme le marxisme sans en projeter d'avance les catégories, comme cela a été souvent le cas, sur des réalités exotiques.

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  • Activité dans le périmètre de sa discipline, celui de la seule exploration des sociétés dites "primitives". A leur encontre, Jean-Loup Amselle fait ici valoir la pertinence du regard classique de l'anthropologue pour l'analyse des sociétés "modernes".
    Pas seulement parce qu'il y aurait une leçon à tirer d'un détour par les sociétés "primitives", mais parce que la prise en considération de la raison anthropologique se révèle efficace pour saisir les ressorts d'un monde "moderne" que l'on prétend régi par des causes exclusivement économiques. L'anthropologue est en mesure d'affirmer que s'il ne faut pas attendre des sociétés "primitives" un modèle de renouveau politique possible, il ne faut pas davantage croire les sociétés "modernes" exemptes de toute "pensée magique", comme le démontrent, pour une part, la crise financière actuelle et, pour une autre, les heurts culturels, religieux, ethniques ou nationalistes qui surgissent sur l'ensemble de la planète.

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  • Le processus d'ethnicisation de la société française est un phénomène complexe qui ne saurait être réduit à l'effet d'un dangereux racisme d'Etat.
    Il serait également trompeur de croire que l'antiracisme émane uniquement du peuple ou des peuples concernés. Le combat antiraciste est donc moins simple qu'il n'y paraît, et il convient de considérer avec circonspection les organisations qui prétendent prendre la défense de peuples donnés, "au nom" de ces peuples eux-mêmes. Ceux-ci ont rarement la possibilité de s'exprimer en leur nom propre parce que leur "propre nom" est lui-même l'objet d'un enjeu.
    Par une sorte d'effet boomerang, c'est toute la thématique du multiculturalisme qui fait bon ménage avec la stigmatisation et la xénophobie ambiantes. En effet, contrairement à l'objectif visé, la discrimination positive semble avoir pour effet de solidifier les identités nationales et européenne, que celles-ci soient conçues comme "blanche", chrétienne ou les deux à la fois.

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  • Avec l'inauguration au début 2016 de la succursale du Louvre à Abu Dhabi, le musée accède à un nouvel âge : celui de l'entreprise et du décentrement hors d'Occident.
    La construction du musée du Louvre - en compagnie d'autres musées, comme le Guggenheim Abu Dhabi - sur la plate-forme muséale de l'île de Saadiyat, représente en effet un effort inédit de constitution d'un ensemble intégré voué au tourisme et réalisé par les grands noms de l'architecture mondiale comme Jean Nouvel, Frank Gehry, Norman Foster, Tadao Ando, Zaha Hadid, entre autres. Le Louvre Abu Dhabi, tout comme d'autres musées construits récemment deviennent ainsi des lieux d'attraction touristique, non seulement par les oeuvres qui y sont exposées, mais également parce qu'ils deviennent eux-mêmes des oeuvres d'art offerts à la contemplation esthétique du public venu les visiter. Mais si les musées sont exposés, font désormais l'objet d'une exposition artistique en tant qu'oeuvres d'art architectural, ils s'exposent également à la contestation en raison de leur origine occidentale. Le Louvre Abu Dhabi tente ainsi de répondre aux multiples critiques exercées à l'encontre du musée, prétendument « universel » mais en réalité occidental, en se présentant comme le « premier musée universel du xxie siècle dans le monde arabe ». Parmi ces critiques, celle de l'artiste libanais Walid Raad s'avère particulièrement dévastatrice puisqu'elle fait véritablement exploser le musée du Louvre en montrant que ce musée, de même que tous les autres musées occidentaux, emprisonnent les oeuvres d'art arabo-musulmanes dans une cage muséale dont cet artiste entend les faire sortir.
    La condition carcérale des oeuvres d'art, en particulier de celles que l'Occident s'est appropriées et qu'il a emprisonnées tout au long de son histoire coloniale, est donc au coeur de ce livre. L'auteur, dans la lignée de Michel Foucault, entend en effet montrer que le musée constitue une véritable « hétérotopie », c'est-à-dire un lieu d'extra-territorialité, à l'instar de la prison ou de l'asile d'aliénés, qui prive de sens la totalité des cultures qui y sont exposées et qui sont placées de façon totalement arbitraire sous la juridiction de celle qui prétend les ordonner toutes sous le masque de l'universalité : la culture occidentale. De cette façon, on peut estimer que l'exportation du musée hors d'Occident posera de façon inéluctable la question de la pertinence de cette forme d'exposition en tant qu'instance légitime de représentation de l'altérité.

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  • On a longtemps vu l'Afrique comme le continent des ethnies - ethnies dotées de systèmes religieux, politiques et économiques fixes - et l'on considérait que ces ethnies, strictement délimitées, étaient elles-mêmes à l'origine des multiples conflits qui ensanglantaient le continent africain.
    Ce livre qui fut, lors de sa parution en 1990, l'un des premiers à utiliser la notion de métissage en anthropologie, montre au contraire que les appartenances ethniques, culturelles et identitaires étaient extrêmement souples avant la colonisation et que, par exemple, on n'était pas Peul, Bambara ou Malinké de toute éternité, mais qu'on le devenait.
    De nombreux changements d'identité ont ainsi été observés dans tous les domaines. Des Peuls pouvaient devenir Bambaras puis Malinkés et inversement ; des païens, devenir musulmans puis retourner au paganisme ; des sociétés villageoises, devenir des royaumes puis retomber dans l'anarchie ; des sociétés produisant pour leurs stricts besoins, s'ouvrir au marché puis se replier sur l'autarcie.
    Cet essai est devenu un classique de l'anthropologie, contredisant l'image d'une Afrique figée dans la tradition et qui ne s'ouvrirait que difficilement à la modernité coloniale et postcoloniale.

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  • Cet ouvrage montre que l'islam sufi , dans sa variante africaine, c'est-àdire « noire » n'est que le nouvel avatar du primitivisme à l'âge du terrorisme jihadiste.
    Le primitivisme imputé à l'Afrique apparaît en eff et comme une construction de l'altérité absolue de l'Occident liée à la période de la traite des esclaves. Alors que les voyageurs ou les commentateurs arabes du Moyen-Âge se contentaient d'approuver ou désapprouver ce qui leur paraissait conforme ou non au regard des pratiques de l'islam au Soudan, les traitants présents sur les côtes du Golfe de Guinée aux XVIIe et au XVIIIe siècles, ou les auteurs européens qui s'en sont inspiré notamment de Brosses et Kant, ont enfermé l'Afrique dans l'univers quasi exclusif du « fétichisme ». De sorte que la défi nition de l'Afrique subsaharienne comme continent du fétichisme n'apparaît que comme une invention européenne renvoyant à une sauvagerie principielle et donnant à ce primitivisme l'allure d'une fi gure déshistoricisée de l'Afrique, c'est-à-dire désislamisée.
    Or c'est une tout autre Afrique à laquelle se confrontent les conquérants coloniaux du XIXe siècle, puisque l'Afrique de l'ouest, marquée par les jihads d'Ousmane dan Fodio, El Hadj Omar et Samori, est déjà partiellement islamisée à l'heure où les Européens en prennent possession.

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  • De la critique postcoloniale, on retient surtout la remise en cause de l'universalité de la raison occidentale et celle de la prétention européenne à exporter les Lumières, la démocratie et les droits de l'Homme. Pour Jean-Loup Amselle, cette opposition entre l'Ouest et le reste est simplifi catrice : elle ignore les connections et les interférences réciproques, ne prend pas en compte des philosophies ou des pensées concurrentes de la pensée occidentale élaborées en Europe et, enfi n, méconnaît les réfl exions et les controverses venues Afrique, d'Asie et d'Amérique du Centre ou du Sud.
    Pour y voir clair, il a donc entrepris une vaste enquête à travers continents et théories, auteurs et institutions. Du renouveau d'une certaine pensée juive dans le sillage de Benny Lévy à l'indigénisation du mouvement zapatiste, en passant par la défense des savoirs endogènes africains ou l'affi rmation d'une temporalité indienne spécifique, il analyse les divers « décrochages » par rapport à l'Occident et les dangers que ceux-ci recèlent quand ils mettent en avant les principes essentialistes de cultures et de races. Chemin faisant, il revient aussi sur la figure tutélaire de Gramsci pour montrer combien l'hommage rituel dont celui-ci fait l'objet dans les études postcoloniales repose sur un usage infi dèle de sa pensée. Ce vaste parcours, solidement documenté et argumenté, nous ramène fi nalement dans la France d'aujourd'hui où le postcolonialisme arrive tardivement, au moment où la crise des deux modèles d'intelligibilité de la société, celui de la lutte des classes et celui de la République, favorise l'ethnicisation des rapports sociaux.

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  • L'idée que l'avenir de l'humanité se trouve dans le passé et que la solution aux problèmes du présent est à chercher du côté d'une sagesse venue du fond des âges n'est pas neuve. Chaque époque a connu la tentation du primitivisme. L'incertitude idéologique actuelle lui donne toutefois une vigueur nouvelle. Le regain d'un tourisme mystique cherchant au loin, dans l'absorption ritualisée de substances hallucinogènes, les clés d'un paradis perdu, n'est qu'un aspect de cet attrait des origines. Car le primitivisme, aujourd'hui, prend trois formes : politique, anthropologique, artistique. Jean-Loup Amselle soumet ici chacune d'elles au feu de la critique.
    De la conception du musée du quai Branly à la référence à la « négritude » dans le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar, en passant par la promotion, en Afrique de l'Ouest comme en Amérique du Sud, d'identités et de valeurs ethniques, il montre comment États et hommes d'État font de l'authenticité et de la tradition des arguments ou des instruments de pouvoir. Il dénonce également, chez certains de ses collègues anthropologues, une conception figée des cultures exotiques, voire un fétichisme des savoirs indigènes ; comme s'il fallait renvoyer les « sauvages » hors de l'histoire pour mieux pouvoir juger la pensée occidentale. Il analyse enfin le « processus de purification culturelle de l'autre » à travers une production artistique dont l'exotisme formaté est apte à séduire un public international.
    Cet ouvrage argumenté, engagé, parfois ironique, prend ainsi résolument parti contre les usages contemporains du mythe primitiviste.

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  • Comment comprendre la pulsion touristique actuelle vers le chamanisme ? Qu'est-ce qui pousse un nombre toujours plus grand d'Occidentaux à entreprendre un voyage initiatique, à chercher la « fièvre de l'ayahuasca » en Amazonie péruvienne, en absorbant cette plante psychotrope au péril de leur vie, ou du moins de leur santé mentale ?
    Dans cet essai tout à fait original, Jean-Loup Amselle s'intéresse moins aux récits de l'expérience de soi, au fait psychologique, qu'au chamanisme comme fait culturel, économique et social. Les enjeux de cette enquête dépassent le cadre de l'Amazonie péruvienne et de ses traditions pour interroger nos sociétés modernes occidentales et leurs pathologies. Comment le Sud soigne-t-il le Nord ? Quels sont les fantasmes moteurs du chamanisme ? Et que devient le chamanisme dans cet échange ?
    Jean-Loup Amselle s'attache ici à démonter ce qu'il appelle les « filières du chamanisme ». En vertu du développement massif du tourisme, le chamane devient un professionnel des affaires, un entrepreneur cristallisant les vouloirs ésotériques des héritiers du New Age et de la Beat Generation et le savoir animiste des « ancêtres ».
    La « fièvre de l'ayahuasca » serait bel et bien l'une des religions actuelles des Occidentaux, avec son lot de dérives sectaires, d'ambitions mercantiles et de ruptures de tradition pour le moins étonnantes.

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  • Logiques metisses

    Jean-Loup Amselle

    • Payot
    • 2 Septembre 1999

    Ce livre n'est pas un adieu à l'anthropologie, mais tout au contraire une proposition de renversement de perspective.
    Fruit d'une quinzaine d'années de travail de terrain et de réflexion théorique sur les chefferies peul, bambara et malinké du sud-ouest du mali et du nord-est de la guinée, cet ouvrage résulte de l'impossibilité dans laquelle l'auteur s'est trouvé de comprendre le terrain qu'il avait choisi à l'aide d'instruments théoriques communément utilisés par l'anthropologie.
    Cette longue enquête de terrain et cette analyse critique l'ont conduit à remettre en cause l'essentiel de ce qui constitue la " raison ethnologique ".
    Autrement dit, la démarche discontinuiste qui consiste à extraire, purifier et classer afin de dégager des types, que ce soit dans le domaine politique, économique, religieux, ethnique ou culturel.
    Cette perspective est l'un des fondements de la domination européenne sur le reste de la planète. or à cette " raison ethnologique " on peut opposer une logique métisse, c'est-à-dire une approche continuiste qui, à l'inverse, mettrait l'accent sur l'indistinction ou le syncrétisme originaire.

  • L'évolution du concept identitaire français à partir, entre autres, de la colonisation et du phénomène de l'immigration. L'auteur adopte plutôt le point de vue de l'anthropologue que celui de l'historien des idées.

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  • Le terme de «friche» est récemment venu au monde de l'art
    - lieu alternatif, espace intermédiaire, site abandonné où se
    produisent des formes artistiques nouvelles.
    C'est sur ce modèle quelque peu paradoxal (la friche tire sa
    vitalité des ruines) qu'il faut comprendre nos rapports avec
    l'art africain. De par son caractère auto-référentiel, l'art
    contemporain occidental serait dans une impasse. Face à ce
    délitement, le métissage, le recyclage, le mixage des cultures
    apporteraient la solution miracle et l'Afrique serait ainsi une
    source majeure de régénération de l'art occidental.
    Oui, mais de quelle Afrique parlons-nous ? Il s'agit moins ici de
    réfléchir aux qualités proprement esthétiques de l'art africain
    que de délimiter, à travers celui-ci, la place qu'occupe l'Afrique
    dans notre imaginaire. Art «premier» ? Art «tribal» ? Art
    «contemporain» ? L'art africain apparaît comme ce lieu stratégique
    d'interlocution - y compris dans ses malentendus - entre
    l'Occident et l'Afrique.


  • C'est dans la conjoncture de l'après Deuxième Guerre mondiale et de la conférence de Bandung (1955) qu'émerge le paradigme postcolonial, courant d'idées qui accompagne l'entrée sur la scène internationale des pays décolonisés dits du « Tiers Monde ». Dans leurs critiques de la domination occidentale, le ou les postcolonialisme(s) ont mis en avant la traite esclavagiste transatlantique et la colonisation. Progressivement, une théorie plus radicale s'est imposée : la « pensée décoloniale », qui fait remonter à la découverte des Amériques, en 1492, la mise en oeuvre d'une nouvelle formule de domina¬tion sociale et d'exploitation économique, désormais indexée sur la notion de race.À partir de leurs itinéraires respectifs, le philosophe Souleymane Bachir Diagne et l'anthropologue Jean-Loup Amselle dialoguent sur des questions cruciales qui engagent les rapports entre l'Afrique et l'Occident : l'universalisme, les spécificités culturelles et linguistiques africaines, le soufisme ouest-africain, le panafricanisme.Ces échanges reposent sur la conviction partagée que toutes les entreprises qui visent à établir une communication entre les différentes cultures humaines de notre planète sont salutaires, car elles permettront d'abattre les barrières réelles ou imaginaires qui fragmentent notre monde.

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  • Les anthropologues, bien souvent malgré eux, ont usé et abusé de la notion d'ethnie, sans toujours préciser ce qu'ils entendaient par ce terme. Parallèlement, les médias se sont hâtivement emparés de cette appellation si peu contrôlée pour tenter d'« expliquer » tel ou tel événement de la politique africaine. Encore aujourd'hui, ce terme est utilisé dans les analyses souvent réductrices de certains conflits (ex-Yougoslavie, Rwanda, etc.).
    L'ensemble des textes réunis dans ce livre - devenu un classique depuis sa première édition en 1985 - s'efforce, en conjuguant analyses de portée générale et études de cas, de s'interroger sur cette notion controversée à partir de la situation africaine. En effet, il est important de repenser les notions d'ethnie et de tribu, de plus en plus souvent associées à d'autres notions comme celles d'État et de nation. Et il est impératif de revenir sur certaines formes de classifications par trop schématiques et réductionnistes.

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