• Lucien Clergue, disparu au mois de novembre 2014, incarne une forme de passion absolue pour la photographie. Il a dédié sa vie entière à cet art, qu'il a contribué à imposer et à faire rayonner internationalement dans des proportions inégalées. Élu membre de l'Académie des beaux-arts en 2006, il est le premier photographe à connaître les honneurs de la coupole de l'Institut de France. Auteur de soixante-quinze livres et d'une vingtaine de films courts et moyens métrages, créateur des Rencontres internationales de la photographie d'Arles, Lucien Clergue n'a jamais cessé de photographier malgré son rôle assumé d'ambassadeur de la photographie.

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  • Lucien Clergue est un conteur qui utilise la photographie comme un écrivain le fait de sa plume. Il fait de larges pleins et de longs déliés autour de l'objet de sa convoitise.
    Les oeuvres de Lucien Clergue sont de véritables métaphores parfois empreintes de contradictions car comment savoir, désormais, dans ses nus zébrés s'il photographie l'ombre, la lumière ou la fragile magnificence de ses rêves de poète.
    JF Dreuilhe Calligraphie, poème, peinture... La magie du clair obscur des photographies de Clergue, nous entraînent par-delà les ombres laissant présager d'infinis voyages L. Melis Ouvrage réalisé pour l' exposition Ecritures de lumière de Lucien Clergue au musée Jean Cocteau collection Séverin Wunderman de Menton - France, du 3 février au 9 septembre 2013

    À paraître
  • Nimeno ii

    Lucien Clergue

    • Marval
    • 21 Janvier 1998
  • Les gitans

    Lucien Clergue

    • Marval
    • 21 Janvier 1998
  • Arena

    Lucien Clergue

  • Né à Arles en 1934 et fondateur du festival international de photographie des rencontres d'Arles aujourd'hui mondialement célèbre, Lucien Clergue est l'un des photographes français les plus réputés de notre temps. Les sujets de son travail photographique - voyages d'artistes, gitans, ruines de guerre et tombes, végétation de la Camargue, étendues de sable et scènes de tauromachie - révèlent une inscription profonde dans sa terre natale. Il doit sa première célébrité à ses photo de nus, dont les jeux sensuels de lumière et de volumes avec l'environnement marin ont séduit Picasso et Cocteau au point de faire de ces derniers jusqu'à leur mort les ambassadeurs indéfectibles du photographe. Cet ouvrage est le premier à reproduire le travail de Clergue consacré aux créations architecturales du Brésil, en 1962-1963, en particulier de sa nouvelle capitale Brasilia, conçue en grande partie part l'architecte Oscar Niemeyer qui vient de disparaître au mois de décembre 2012. L'oeil de Lucien Clergue a su admirablement capter l'élan et la beauté intangible de la nouvelle métropole aux courbes harmonieuses et encore habitées par l'utopisme confiant de l'architecture moderniste.

  • Nus vénitiens

    ,

    • Seghers
    • 18 Octobre 2012

    Apollinaire désignait Venise comme le " sexe femelle de l'Europe ". Bien plus qu'un décor, bien plus qu'un fantasme, elle a semé le trouble dans l'imaginaire et l'érotique des écrivains comme jamais aucune autre ville. Avec son carnaval et ses jeux de masques, avec ses palais et ses maisons closes, avec l'incarnat de ses églises et le Styx de son Grand Canal, avec les vénus profanes du Titien et les frasques concupiscentes de Casanova, elle se situe aux frontières du réel et du fictif, de l'Éros et de Thanatos. Le topos même de l'érotisme.
    De cette mythologie propre à la Cité des Doges, Lucien Clergue a tiré un scénario en images que Marc Lambron a traduit en mots. Ensemble, l'oeil et la voix, ils restituent la vision fugitive de deux femmes, l'une brune, l'autre blonde qui, lors d'une journée de 1979 où le soleil pénétrait brutalement par les fenêtres ouvertes, furent saisies par l'objectif dans toute leur beauté nue, presque tellurique.
    Dans ce palazzo de la Renaissance baigné de clair-obscur, elles font fresque. " Qui sont-elles, sur fond noir, à l'instant du cliché ? Promeneuses solitaires dans Venise, ou bien l'ombre d'une vérité, le mystère d'avoir été là ? " Le narrateur les questionnent, elles se présentent : Amelia et Laura. Leurs corps offerts comme en un rite inconnu le renvoient à ses souvenirs de femmes rencontrées, désirées, aimées souvent, interdites parfois. Leur présence énigmatique, leurs bouches convoitées, leurs étreintes invoquées, s'adressent à son sang et à son désir. Apparues puis disparues comme un songe, elles deviennent son secret. L'écrivain signe alors la fable du monde, la ferveur d'un été, avant de s'effacer à son tour.

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  • Ce film abolit le temps puisque le sphinx, minerve et oedipe y côtoient les vivants de notre époque, au coeur desquels règne le poète, qui doit mourir plusieurs fois pour renaître comme le phénix.
    Conte moderne en images que seul un grand poète pouvait mener à bien. c'est pablo picasso qui m'a présenté à jean cocteau en 1956. très vite je lui ai envoyé des photographies de gitans qui l'aidèrent à réaliser ses fresques de la chapelle saint-pierre à villefranche, puis il vint aux corridas d'arles. il me parla de son projet de film, il souhaitait que je l'aide pour la partie gitane. il finit par me proposer de photographier le tournage d'abord aux baux-de-provence puis sur la côte d'azur, ceci en toute liberté.
    Une chose est de lire la poésie, autre chose est de la vivre : déjeuner avec oedipe, plaisanter avec minerve, faire des blagues avec le sphinx était notre lot quotidien, tout cela entre des stars très complaisantes : picasso, dominguin, lucia bosé, jean marais, yul brynner, charles aznavour et tant d'autres. et, plus jeune que nous tous, véritable chef d'orchestre, jean cocteau, premier levé, dernier couché, considérant le plus humble machiniste comme une star, s'enflammant pour les chants des guitares gitanes, foisonnant d'idées qui laissaient éberlués les techniciens de l'équipe.
    Ce film impressionna très fortement les jeunes cinéastes de la nouvelle vague jean-luc godard, doniol-valcroze, et surtout françois truffaut qui, bouleversé d'apprendre que cocteau n'arrivait pas à boucler le budget, lui apporta spontanément les premières recettes de son film les quatre cents coups, tourné avec le jeune jean-pierre léaud. c'est doniol-valcroze qui salua le film par son fameux "ce film ne peut être jugé : il juge".
    Nous voici donc près d'un demi-siècle plus tard face à ces images qui nous livrent effectivement le testament d'un des plus grands poètes du xxe siècle, qui sut se servir des moyens de son époque, en les sublimant, sans doute pour répondre une fois de plus à la demande pressante de serge de diaghilev : "etonne-moi." (lucien clergue 19 juillet 2003, arles)

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