Bouquins

  • Que dire à des jeunes de vingt ans pour leur conduite dans ce monde qui part à la dérive ? La civilisation s'effondre, les valeurs s'inversent, la culture se rétrécit comme une peau de chagrin, les livres comptent moins que les écrans, l'école n'apprend plus à penser mais à obéir au politiquement correct, la famille explosée, décomposée, recomposée se retrouve souvent composée d'ayants droit égotistes et narcissiques.
    De nouveaux repères surgissent, qui contredisent les anciens : le racisme revient sous forme de racialisme, la phallocratie sous prétexte de néo-féminisme, l'antisémitisme sous couvert d'antisionisme, le fascisme sous des allures de progressisme, le nihilisme sous les atours de la modernité, l'antispécisme et le transhumanisme passent pour des humanismes alors que l'un et l'autre travaillent à la mort de l'homme, l'écologisme se pare des plumes anticapitalistes bien qu'il soit le navire amiral du capital - il y a de quoi perdre pied.
    J'ai rédigé une série de lettres à cette jeune génération pour lui raconter les racines culturelles de notre époque : elles ont pour sujet la moraline, le néo-féminisme, le décolonialisme, l'islamo-gauchisme, l'antifascisme, la déresponsabilisation, la créolisation, l'antisémitisme, l'écologisme, l'art contemporain, le transhumanisme, l'antispécisme.
    L'une d'elles explique en quoi consiste l'art d'être français : d'abord ne pas être dupe, ensuite porter haut l'héritage du libre examen de Montaigne, du rationalisme de Descartes, de l'hédonisme de Rabelais, de l'ironie de Voltaire, de l'esprit de finesse de Marivaux, de la politique de Hugo.

  • Sous la forme d'une éphéméride, et ce sur presque tous les jours de cette année 2020, je consigne chaque délire dont notre temps est capable.
    Dans ce journal se croisent une petite fille de huit ans qui veut changer de sexe depuis l'âge de quatre ans ; des égorgeurs présentés comme de pauvres victimes d'elles-mêmes ; une jeune fille qui ne va plus à l'école et prophétise la catastrophe climatologique dont le clergé de son pays nous dit qu'elle est le Christ ; des femmes qui vendent des enfants pendant que d'autres les achètent ; l'Église catholique qui court après les modes du politiquement correct ; le journal Libération qui se dit progressiste en célébrant la coprophagie et la zoophilie ; des végans qui militent contre les chiens d'aveugles ; une anthropologue qui trouve qu'il y a trop de dinosaures mâles et pas assez de femelles dans les musées ; des pédophiles qui achètent des viols d'enfants en direct sur le Net ; un Tour de France qui commence au Danemark et un Paris-Dakar ayant lieu en Amérique du Sud ; un parfum élaboré par une femme à partir des odeurs de son sexe ; un chef de l'État qui, entre autres sorties, se félicite que ses ministres soient des amateurs ; Le Monde qui estime courageuse une mise en scène théâtrale qui présente Lucien de Rubempré en femme ; le pape et Tariq Ramadan pour qui le coronavirus est une punition divine - et autres joyeusetés du même genre... Entre rire voltairien et rire jaune, cette Nef des fous est un genre de journal du Bas-Empire de notre civilisation qui s'effondre.
    M. O.

  • L'art du portrait relève de l'autoportrait : on ne choisit pas par hasard d'isoler une figure parmi une multitude pour lui consacrer un livre sans exprimer quelque chose de soi... Pourquoi elle ou lui ? Et pas tel ou telle ? Peindre un tiers, c'est donner une image de soi.
    Ces Vies philosophiques retracent les parcours de personnes pour lesquelles la philosophie n'était pas un jeu rhétorique ou sophistique, mais l'affaire d'une existence.
    Montaigne, Charlotte Corday, Mme Roland, Théroigne de Méricourt, Olympe de Gouges, Germaine de Staël, Brummell, Nietzsche, Thoreau, Georges Palante, Camus, Bourdieu ont servi la philosophie et la pensée plus qu'ils ne s'en sont servis - au contraire de Freud, lui aussi portraituré ici mais comme le contre-modèle d'une vie philosophique !
    J'estime en effet que la preuve du philosophe, c'est la vie philosophique qu'il mène - ou non... Il n'est pas tenu de réussir, mais, du moins, s'il veut être crédible, il est obligé d'essayer.
    Ces Vies sont autant d'occasions d'édification existentielle.
    M. O.

  • Le titre de ce volume est emprunté au philosophe et poète épicurien Lucrèce (Ier siècle), l'un des représentants du matérialisme antique dont l'influence a été déterminante sur la pensée matérialiste et hédoniste de Michel Onfray. Les simulacres désignent dans la pensée épicurienne ces microparticules qui se détachent des corps et ont la même structure qu'eux : c'est grâce aux simulacres que les différentes espèces de perception sont rendues possibles.
    Ce titre rassemble donc les dix-sept livres d'Onfray consacrés à la question de l'esthétique sous le patronage de cette pensée matérialiste. Car, pour Onfray, l'art n'est pas chose mentale, il est chose matérielle, il est perception et expérience d'un corps, tant celui du spectateur (ou de l'auditeur dans le cas de la musique) que celui de l'artiste lui-même. Comprendre un artiste, qu'il soit peintre, photographe, sculpteur ou musicien, c'est montrer comment son travail et son oeuvre viennent s'inscrire dans une biographie, un corps et un tempérament. Cette dimension éminemment matérialiste apparaît aussi dans ce volume en ce qu'il entend montrer que l'esthétique d'Onfray (rappelons que le mot esthétique vient du mot grec voulant dire « sensation ») est une esthétique « du corps élargi » en ce qu'elle entend ne pas se situer uniquement sur le terrain de la vue et de l'ouïe mais aussi de l'odorat, du goût et du toucher. Raison pour laquelle on trouvera ici deux livres d'Onfray sur la gastronomie, un livre sur l'oenologie et un livre sur l'érotisme, qui relèvent chacun à leur manière du domaine de l'art.

  • La conversion Nouv.

    La conversion

    Michel Onfray

    • Bouquins
    • 18 Novembre 2021
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