Arts et spectacles

  • La plupart du temps, quand un peintre choisit de traiter un sujet philosophique, il peint un texte. Un texte ou une phrase de ce texte, un moment de ce texte, voire un mot. Comme il est difficile de peindre une idée, il lui faut peindre un clin d'oeil qui dira cette idée à laquelle se résume la totalité de la pensée du philosophe : ce clin d'oeil est un détail, or le diable est dans les détails. Ce qu'il faut voir dans une peinture que je dirai philosophique, c'est le détail qui résume cette philosophie.
    Pour Anaxagore, c'est une lampe à huile, des légumes pour Pythagore, une cruche pour Socrate et Xanthippe, des larmes pour Héraclite, un rire pour Démocrite, une coupe pour Socrate, une lanterne pour Diogène, une caverne pour Platon, un crocodile pour Aristote, une lancette pour Sénèque, un pain pour Marc-Aurèle, une coquille pour Augustin, ceci pour rester dans les limites de la philosophie antique.
    De Pythagore à Derrida, via Descartes et Kant, Montaigne et Rousseau, Voltaire et Nietzsche parmi d'autres, en trente-quatre toiles, donc en trente-quatre philosophes, Michel Onfray propose une histoire de la philosophie par la peinture !

  • Fils de son siècle, Gérard Garouste admire Duchamp, mais n'oublie pas que le grand ancien a cent ans. Il investit la peinture comme moyen de questionner l'énigme du monde et offre des pièces uniques (nimbées de l'aura chère à Walter Benjamin) qui résistent à la tyrannie des images reproductibles.
    Fils d'un père ayant fait fortune dans la spoliation des biens juifs, Gérard Garouste est un genre de marrane inversé : il ne s'est pas converti au judaïsme, mais manifeste au grand jour les signes d'une appartenance à cette culture généalogique. Il donne lui-même les clés biographiques de la lecture de son oeuvre qui, sinon, semble onirique.
    Fils de l'herméneutique du XXe siècle, il étudie l'hébreu et demande à sa peinture qu'elle fournisse le journal de bord de son ascèse spirituelle et mentale. Soucieux de questionner l'identité, l'origine, la traduction comme trahison, il s'insurge contre la spoliation chrétienne du texte juif : il peint cette insurrection.
    Fils d'un siècle nihiliste et décadent, il récuse les récupérations des tenants réactionnaires en esthétique, qui voudraient faire de lui le parangon du retour à la figuration, tout autant que la captation des amoureux du sacré qui voudraient annexer sa peinture à leurs fadaises. Il peint des énigmes déchiffrables qui déchristianisent le judéo-christianisme dans sa perspective qui est sans Dieu.

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  • Les raisons de l'art - une initiation a l'art, de lascaux a koons Nouv.

  • Ladislas Kijno (1921-2012) est considéré comme l'un des maîtres de l'abstraction, spécialiste de la technique du froissage et de la vaporisation sur toile. Sa rencontre avec Louis Aragon et Francis Ponge en 1943 l'a également amené à beaucoup oeuvrer en collaboration avec des poètes.
    Invité de la Biennale de Venise en 1980, l'artiste a notamment signé plusieurs oeuvres monumentales pour des édifices religieux dont la rosace de la cathédrale Notre-Dame de la Treille de Lille. Kijno a réalisé aussi une représentation de la Cène pour l'église du plateau d'Assy, sur la commune de Passy (Haute-Savoie), décorée par les plus grands artistes de l'après-guerre.
    Robert Combas a apporté à l'aube des années quatre-vingt une nouvelle peinture figurative. Présent sur la scène artistique dès 1979, il est le créateur d'un mouvement que Ben appela la Figuration Libre, mouvement regroupant Rémi Blanchard, François Boisrond et Hervé Di Rosa. Peinture faite de libertés elle parle de la société, de la violence, de la sexualité, de la souffrance des gens, de leurs petits bonheurs, de leur petitesse, de leur grandeur... Elle s'inspire du rock dont l'artiste est un fin amateur, des images populaires, des livres d'enfance, des manuels scolaires de tout ce qui fait une culture populaire accessible à tous.

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  • Le chiffre du peintre, c'est le langage de son inconscient.
    Cet ouvrage propose une analyse de la philosophie de l'artiste Valerio Adami, à travers les portraits qu'il a réalisés (Esope, Freud, Derrida, Nietzche,..).

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  • Tout artiste digne de ce nom tourne la plupart du temps autour d'une seule idée.
    Sa vie entière, il effectue des variations sur cet unique thème. gilles aillaud peint depuis un demi-siècle des animaux dans l'architecture carcérale des zoos, mais aussi dans leur milieu naturel africain, ou encore des paysages sans animaux dans lesquels des orages, des pluies, des marées constituent autant d'épiphanies de son sujet. sur le principe philosophique de la phénoménologie, il le traque partout : il s'agit de la séparation.

  • Vladimir Velickovic est né en Serbie en 1935. Diplômé de la faculté d'architecture de Belgrade, il s'installe en France en 1966 et enseigne à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris de 1983 à 2000. Il a été élu à l'Académie Française en 2006.
    Reconnaissable entre toutes, la peinture de Vladimir Velickovic est celle d'un artiste profondément marqué dans son histoire par la guerre et la violence, qui exprime la condition humaine dans sa dimension la plus dramatique : souffrances, blessures, tortures sans fin, omniprésence de la guerre, traduites dans une matière dense et une palette aux tons sourds, dominée par le noir, le blanc, le rouge sang.
    Les corps déchiquetés, les crochets, les corbeaux et les rats, les gibets et les soleils noirs nous entraînent dans la violence silencieuse de ses toiles. Dessiner, c'est entre autres disséquer, dit-il.
    Ce livre présente une série de cartons peints (" Karton ", carton en serbe) qu'il a réalisés ces dernières années et qui ont inspiré le texte de Michel Onfray , fidèle admirateur du travail de l'artiste.

  • willy ronis est devenu photographe par accident, à la mort de son père dont c'était la profession.
    loin de l'échoppe paternelle où les clichés servent d'abord aux familles, willy ronis photographie son siècle à la manière d'un michelet de la chambre noire : du front populaire au paris bétonné des années soixante-dix, en passant par la lumière de la provence, la poésie de paris, les gens de peu des campagnes, les travailleurs des usines, les loisirs sur les bords de la marne, les fêtes populaires, sur le fond, le photographe rapporte la geste populaire.
    sur la forme, son travail rappelle très souvent la grande peinture classique et nombre de ses clichés sont construits comme des toiles de maîtres. quand on le lui fait remarquer, il acquiesce et confirme : " je suis un enfant des musées. " la construction de son regard procède en effet de visites au louvre en compagnie de sa mère. quand willy ronis déclenche son obturateur, son imaginaire imprégné des vertiges de peintres fait ainsi doublement oeuvre d'art.


  • bettina rheims photographie des animaux empaillés comme s'ils étaient vivants, des filles en garçons troubles, et vice versa, un jésus féminin crucifié, des objets devenus corps, et inversement, des stars planétaires saisies en ménagères, des chairs humaines vernissées telles des poupées de celluloïd, des vivants à la façon des morts, et non l'inverse, des rois mages sortis de banlieue parisienne, des tapisseries de chambre d'hôtel glauques métamorphosées en papiers collés de matisse brûlés au soleil, le président de la république en exercice ainsi qu'un président de la république en exercice, etc, etc.
    elle expose partout sur la planète ; et elle trouve très dandy de montrer ses images à argentant. dont acte. mo.

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  • Un ouvrage de référence sur l'oeuvre de Vladimir Velickovic, édité à l'occasion de la plus grande rétrospective jamais consacrée à l'artiste en France.
    L'exposition sera présentée au Fonds Hélène & Édouard Leclerc à l'hiver 2019-2020. Préparée avec l'artiste, en union étroite avec son commissaire, Jean-Luc Chalumeau, elle propose une conception résolument nouvelle du travail de Velickovic, peintre, dessinateur, graveur et sculpteur d'origine serbe et de réputation internationale, avec une centaine d'oeuvres placées sous le titre : « Le grand style et le tragique ». Peintre de la torture, de la mort ou de l'instant d'avant la mort, Velickovic est à l'évidence un artiste tragique, mais il n'a pu acquérir cette dimension que par le moyen de ce que l'on appelle le grand style, au sens où l'entendait Nietzsche : « Le grand style consiste à mépriser la beauté petite et brève ».

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  • « J'ai éparpillé mes considérations sur la musique dans la série de mes journaux hédonistes. Ici, sur l'essence de la musique, là, sur un certain nombre d'opéras qui fonctionnent à mes yeux comme des prétextes à penser, ailleurs, sur des amis compositeurs de musique contemporaine, mais je n'avais jamais consacré un livre à ce seul sujet.

    Voici donc ce livre auquel j'ai souvent pensé, un échange à deux voix qu'il faut lire comme on écouterait un genre de pièce de musique de chambre, non loin du feu crépitant d'une cheminée, en compagnie de deux ou trois amis choisis, avec une belle bouteille d'un grand et vieux bon vin, dans la pénombre d'une pièce juste éclairée par l'âtre. Un genre de petite musique... » M. O.

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  • Le travail de Richard Volante se situe aux antipodes des correspondances aristocratiques telles que Madame de Sevigné ou Choderlos de Laclos pouvaient l'entendre.
    Le point de départ du photographe fut la rencontre des habitants de ce territoire. À chaque personne rencontrée, l'artiste a expliqué son protocole : « Je fais votre portrait et vous me donnez un lieu, un endroit qui vous tient à coeur.
    Puis vous me présenterez quelqu'un disposé à jouer ce jeu ».
    Pour cette résidence, l'artiste a choisi de prendre son temps.
    Pendant 9 mois, il a arpenté les chemins de la Baie, de l'intérieur des terres au littoral.
    Il en résulte une série de portraits qui trouvent leurs corollaires dans les lieux désignés par les modèles. Ensuite, Richard Volante a transmis ces images doubles au philosophe Michel Onfray, pour qu'il pose à son tour ses mots sur ce qu'il a perçu de leur poésie. Avec son texte sont associées les paroles nues des habitants recueillies par le photographe. Alors, la magie opère ; les correspondances plastiques révèlent le lien qui unit les femmes et les hommes à un lieu, à un pays. Ces images touchent. Elles renvoient à nos propres histoires.

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  • L'ouvrage retrace le parcours de Gilles Berquet, amoureux des femmes, depuis ses toutes premières photos en 1982, jusqu'à son travail récent qui défend la liberté de disposer de son corps en dehors des codes de la beauté, au-delà des préceptes sociaux.
    La première partie du livre est un hymne au noir et blanc et au procédé argentique. Elle présente un choix de photographies dont beaucoup sont inédites, enrichi de nombreuses planches-contacts, qui nous renseignent sur le processus de création.
    Fidèle à l'alchimie de la photographie argentique, Gilles Berquet résistera longtemps au numérique qui lui permettra, finalement, d'aborder la couleur avec une toute autre liberté.
    La seconde partie montre ainsi la période contemporaine. Celle-ci est complètement inédite puisqu'elle n'a fait l'objet d'aucune parution.

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  • Philippe Ramette inflige, sans jamais donner de leçons, des fragments d'être dans un monde tout entier vendu à l'avoir ; [ ..] il oppose l'humour de son esthétisme aristocratique à la veulerie de l'époque qui, même en art, surtout en art, ignore le rire pour lui préférer les passions tristes jusqu'à la nausée ; il célèbre l'inutile avec une douce ironie et une jubilation non feinte dans une époque n'ayant d'yeux que pour l'utile...
    Dans le vocabulaire de Nietzsche, Ramette est un inactuel, un intempestif - donc un contemporain capital.

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  • Présentation des peintures inspirées du ressenti de l'artiste sur le lieu de l'exposition. La lumière et les matières ont donné naissance à des créatures mythologiques imposantes en noir et blanc donnant l'illusion de sculptures nichées dans les murs.

  • L'exposition d'Argentan, présentée et éclairée par Michel Onfray, est un concentré sans ambages de l'oeuvre Femmes du Monde de Titouan Lamazou, Artiste de l'Unesco pour la Paix, montrant les multiples formes de la misogynie dont il a pu croiser les visages au cours de ses voyages et de ses rencontres intuitives.
    Femmes battues, femmes violées, femmes objets, discriminées, prostituées, " pornographiées ", la liste est longue des sévices que fait subir l'humanité à sa "moitié". Dans l'oeuvre de Titouan, ces phénomènes décriés et généraux portent un prénom et possèdent un visage.

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