• Le complotisme produit des effets délétères majeurs sur l'ordre mondial et l'opinion publique ;
    Pensant seul contre tous, il se persuade qu'un plan maléfique serait organisé en vue d'usurper le pouvoir ou de poursuivre des intérêts cachés. À lui, donc, de le divulguer : son domaine est celui de l'ombre, des coulisses.
    Ce Don Quichotte de l'ère moderne, dont la fake news est l'instrument, s'inscrit dans une longue tradition : les thèses extravagantes autour de l'assassinat de John F. Kennedy, ou les récentes rumeurs d'une forêt amazonienne en feu, constituent les nouvelles manifestations d'un phénomène maintes fois observé, comme dans la Rome antique, où Néron accusa les chrétiens d'être incendiaires.
    Avec érudition et un sens aigu de la responsabilité des intellectuels, Sylvie Taussig décrit les chemins tortueux du complotiste, qui pense détenir la Vérité salvatrice. Elle démontre qu'à toutes les époques, le complotisme ne fait jamais que jouer sur la peur, et plus : la passion de la peur.

  • "La mort n'a qu'un instant et la vie en a mille." Armand-Jean du Plessis de Richelieu (1585-1642), dit le cardinal de Richelieu, cardinal duc de Richelieu et duc de Fronsac, eut une destinée à tel point hors du commun que Mazarin, son successeur, put dire qu'"en aucun siècle il n'y a eu un homme semblable". Entré dans les ordres pour conserver à sa famille le bénéfice de l'évêché de Luçon, il fut, de 1624 jusqu'à sa mort, le principal ministre d'État de Louis XIII. Habile, intransigeant, père de l'Académie française et amoureux des arts, certain que les "intérêts publics doivent être l'unique fin du Prince et de ses conseillers", il peut être considéré comme l'un des fondateurs de la France moderne. Le 5 décembre 1793, plus de cent cinquante ans après sa mort, les révolutionnaires l'exhument et le décapitent.

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  • Diane, la quarantaine, est un peu mythomane. Depuis quinze ans, elle lit des biographies pour le compte d'une maison d'édition. Sa tête est pleine des histoires des autres, qu'elle raconte à ses amis comme si c'étaient les siennes. Un soir, alors qu'elle traverse le pont Royal, un violent orage éclate. Diane est foudroyée, mais sans blessure apparente.Au matin, Diane est devenue muette. Entre roman de moeurs et conte cruel, Sylvie Taussig entraîne son héroïne, en quête de sa voix perdue, dans un étrange périple à travers la France et l'Europe de l'Est, qui la conduira au bord d'elle-même, et au bout de la civilisation.

  • Contributions sur l'apport de Charles Taylor et de «L'âge séculier» à l'analyse par les sciences humaines et sociales de l'évolution des rapports à la religion dans les sociétés modernes sécularisées.

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  • La vertu des païens

    Sylvie Taussig

    • Kime
    • 11 Janvier 2019

    Le projet se fonde sur une hypothèse que j'ai émise il y a quelques années et sur laquelle je suis revenue ensuite plus systématiquement, à savoir l'évhémérisme informulé de Gassendi et son attachement à la notion de redivivus qui me semble caractériser les relectures de l'Antiquité par la Renaissance tardive. À cette époque, la question de la religion des Anciens et l'examen de l'origine de la religion qui parcourt toute la tradition chrétienne sont réactivés par les différents courants du machiavélisme politique et la théorie de l'imposture, ainsi que par les philosophes hermétistes que Gassendi réfute à travers Fludd. C'est alors que je commençai à réfléchir vraiment sur un thème qui ne cesse de prendre de l'ampleur dans mes travaux, celui de la « vertu des païens », que Gassendi a traité en premier lieu en revendiquant que l'on sauvât Épicure autant qu'Aristote et Platon. Dans la mesure où il reconnaît dans l'homme une prénotion de Dieu, qu'il pose comme une pierre d'attente, Épicure est, parmi les philosophes grecs, le plus éligible à la vertu des païens, puisqu'il exclut toute superstition d'une part et, d'autre part, proscrit également la divinisation de l'homme, à la différence du stoïcisme qui rêve un homme impassible, n'appréhendant pas la mort, etc.

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  • Sous le nopal

    Sylvie Taussig

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  • Une enquete piano

    Sylvie Taussig

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  • Le complotisme ou le conspirationnisme - mode de pensée ou grille de lecture de l'histoire - a pris de l'ampleur avec le développement des nouvelles technologies. En un récit simplifié, il consiste à expliquer l'ensemble des événements par l'intention et l'action de complots liés les uns aux autres en un "métacomplot" . Un groupe puissant aurait organisé en secret un plan maléfique qu'il mettrait en oeuvre en vue de transformer les institutions, usurper le pouvoir, poursuivre ses propres intérêts, cachés, aux dépens de l'intérêt général.
    Le présent texte part du constat d'un emballement de la recherche et de son objet, démultiplié par internet où certaines théories du complot atteignent un taux de viralité stupéfiant. Le média n'est pas seul en cause : les attentats du 11 septembre 2001, ont été suivis par le déclenchement de la guerre en Irak. Reposant sur un mensonge d'Etat de vastes proportions, cette guerre donna l'occasion de penser que quelque chose se cachait derrière chaque information officielle et chaque protestation de transparence.
    Les cartes du conspirationnisme ont ainsi été redistribuées en permettant la jonction d'une idéologie de gauche et d'une idéologie de droite. Il y a aussi un élément lié à la globalisation : que ce soit par le travail de l'imagination et de la représentation ou bien par la diffusion des préoccupations américaines, le complot présumé global a anticipé la globalisation réelle et il en constitue le miroir.

    À paraître
  • Ma tête de l'autre

    Sylvie Taussig

    • Nous
    • 23 Janvier 2013

    Je voudrais, prétention vaine, dépouiller mon récit des mots, qu'il ne reste que des morceaux de verre auxquels on se blesse les pieds, de façon à briser l'idolâtrie des mots et à chérir chaque fracture qui resterait ici fracture. Creuser pour entendre de profundis, oui, tout au fond, tous les cris qui s'en exhalent depuis la fondation du monde, avec leur réversibilité en chant de grâces.

    Il y avait le bruit régulier de la machine respirante, et j'attendais la visite de mon nourricier, bercée du bonheur de l'attente qui se prolonge quand on est sûr qu'elle ne sera pas déçue. Parfois on me lavait. Et parfois il est venu me voir. Lui qui m'avait opérée, quasi tuée, quasi sauvée. Mon corps n'était plus entre ses mains. Pourtant, inerte, il s'animait quand il venait dans mes parages. Quelque chose de moi était resté entre ses mains.

    Prose intense, phrase limpide, recherche d'un absolu toujours différé, Ma tête de l'autre est une confession. C'est le récit d'une conversion. Une véritable expérience intérieure.

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  • Dans une rue de Paris, non loin de l'appartement de Claude-Hélène et de Térence, un couple d'apparence ordinaire, des travaux de rénovation mettent au jour un mur aveugle et noir. Claude- Hélène le connaît par coeur : c'est elle qui l'a conçu, il y a quinze ans, quand elle a inventé le concept de micro-intervention urbaine. Elle avait voulu se faire artiste pour regagner l'amour de Mikhaïl, son Russe, qui voulait la quitter. Mais Mikhaïl était parti quand même, le projet avait été refusé, puis le mur était tombé dans l'oubli. Depuis, elle a changé de vie, et d'amour. Alors pourquoi refait-il surface maintenant, son mur des lamentations ?
    Ailleurs dans la ville, une série de délits artistiques semble avoir fleuri, comme une étrange épidémie. Des carrés de mosaïques se multiplient : un pou dans le mur d'un café, une cerise tout en haut du Sacré-Coeur. Bientôt, la police mène l'enquête : est-ce de l'art ou du vandalisme ? un geste politique, à l'heure où la mairie de Paris bascule dans l'opposition ?

  • Prison

    Sylvie Taussig

    Rien n'existe autour : tout est à l'intérieur, et à l'intérieur, c'est oubli. Les souvenirs, pour qu'ils soient des souvenirs, il faut les réactiver, et elle n'a pas envie, cela lui coûterait des efforts, et même de la douleur son passé chargé d'images, d'événements, de visages, s'est clos par la condamnation à perpétuité.
    Il lui reste tout à découvrir de son présent la perpétuité y suffira-t-elle ?

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  • Patron titan

    Sylvie Taussig

    • Galaade
    • 1 Février 2006

    Hugues Chavier est ce qu'on appelle un grand patron, un homme qui s'est battu toute sa vie contre le monde entier pour faire triompher ses intérêts et imposer ses vues. Du moins c'est ce qu'il explique au début de ce journal de bord, tenu à la première personne, qui commence le jour où il devient l'héritier de sa concierge polonaise.
    Nous le suivons pendant dix-huit jours, depuis son bel appartement parisien jusqu'à Osaka, en passant par la Roumanie et ses jeunes prostituées. Peu à peu se dévoile la personnalité de cet homme mystérieux, qui ne craint pas d'afficher ouvertement son mépris pour une bonne partie de l'humanité, notamment ses employés, mais encore sa femme et ses enfants. Qui est-il vraiment ? D'où vient-il ? Que veut-il oe
    Loup solitaire pourtant toujours entouré, méfiant des hommes, fier de sa réussite, entièrement tourné vers l'action et le moment présent, boulimique d'entreprises à racheter, Hugues Chavier, patron Titan, ne serait-il pas, tout simplement, fou ? Ou alors génial ? Pourquoi la mort rôde-t-elle autour de lui depuis toujours ? Pourquoi ses enfants ne sont-ils pas vraiment ses enfants ? Enfin, qui est ce M. Wilson qui vient le hanter jour et nuit comme un fantôme surgi du passé oe

  • Depuis la disparition de Jacqueline de Romilly, Pierre Vidal-Naquet et Jean-Pierre Vernant, Florence Dupont est, avec Paul Veyne, la seule « antiquisante » d'envergure dont la notoriété (tant en France qu'à l'étranger) soit incontestée. Auteur d'une oeuvre très vaste (une quinzaine d'ouvrages en trente ans), toujours très remarquée, elle fait voler en éclats les idoles trop vite admises et ne cesse de porter un « regard éloigné », comme dit Lévi-Strauss, sur les auteurs anciens, non pour y trouver des réponses à nos questions d'aujourd'hui, mais plutôt des questions : comment les Anciens pensaient l'identité nationale, le théâtre, les rapports entre les sexes, la fête, le banquet, etc. ?
    Dans ce livre stimulant, Florence Dupont ne cesse d'arracher l'Antiquité aux mythes qui la fossilisent en en faisant le centre et l'origine de la civilisation occidentale. Convaincue que les « Humanités classiques » ne sont pas une discipline inutile, que l'on peut faire du grec et du latin un enseignement émancipateur, elle cherche un usage nouveau de l'Antiquité signifié par le terme d' « écarts ». L'anthropologie permet une déconstruction des illusions généalogiques comme des ressemblances illusoires entre l'Antiquité et la Modernité, y compris la post-modernité. À partir de quoi, d'une part nous pouvons réintroduire une historicité des catégories modernes, prétendument enracinées dans la culture grecque, comme la philosophie, ou dans la culture romaine, comme le droit naturel, et d'autre part dialoguer, dans cet écart, avec une Antiquité installée mais différente, offrant d'autres traditions, jusqu'ici occultées, utiles pour penser le présent. Cet usage de l'Antiquité pourrait s'intituler aussi « ce que fait l'Antiquité au monde contemporain ».

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  • Ce volume repose sur un pari : que le travail comparatiste, le regard éloigné et les différences méthodologiques d'une tradition savante à l'autre, mexicaine ou française, permettent de distinguer des traits qui peuvent échapper à une vision rapprochée, et de poser des éléments pour envisager ce que serait l'islam mondialisé, soit un phénomène religieux au croisement des migrations, des réélaborations théologiques et des nouveaux enjeux de nos sociétés hyperconnectées. Le Mexique et la France sont deux pays laïques, où la pratique de la religion musulmane est une réalité relativement récente, et appartiennent à ce qui a été construit comme « l'Occident » et qui, dans une vision idéologique nourrie à la fois par ceux qui rejettent les musulmans et par les islamistes, est opposé à l'islam. La combinaison du regard plus anthropologique des chercheurs mexicains et de la tradition française plus politique permet d'opposer à cette polarisation conflictuelle une réflexion plus sereine.

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  • Nous vivons une époque de révolutions de très grande ampleur touchant les dimensions fondamentales de nos existences individuelles et collectives, présentes et futures. Elles concernent, en particulier, mais pas seulement, notre rapport à la Terre, au développement de la technologie et des biotechnologies, aux nouveaux moyens d'information et de communication, à la reconfiguration due à la mondialisation, aux nouvelles migrations et aux nouvelles formes de guerre. Ces révolutions sont certainement les plus importantes de toute l'histoire de l'humanité. Semblant rendre celle-ci plus puissante, elles la rendent en vérité beaucoup plus dépendante, soumise à des processus qu'elle ne maîtrise plus.

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