Gallimard (réédition numérique FeniXX)

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

  • Métier à tisser de Vaucanson, fardier de Cugnot, pendule de Foucault, caméra de Louis Lumière, pâtes de verre de Gallé... Quel mystérieux protocole réunit dans l'ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs les objets mythiques de notre civilisation ? En 179

  • Il n'y a guère, quelque auteur américain prophétisait la fin de l'Histoire. Mais celle-ci porte beau, comme l'a prouvé l'an 1997. Rien n'a manqué, de ce qui fait l'Histoire : ni le tragique de répétition, ni les brutaux changements de cours, ni la fragilité avérée des prévisions et des pronostics. Le tragique de répétition, c'est le déchaînement de la bestialité criminelle en Algérie, où les massacres réitérés, surgis d'on ne sait désormais quel côté, fondent sur une population que ne protège plus un pouvoir ratiocinant sur la violence qu'il dit résiduelle. Mais ce peut être aussi l'obstination butée d'un premier ministre israélien à ne pas vouloir respecter les engagements de son État dans le processus de paix ou bien encore au Zaïre, à l'issue d'une « guerre de libération » largement conduite par des mercenaires venus de pays voisins, un dictateur qui en remplace un autre. Le brutal changement de cours, c'est, toutes proportions gardées, la fin du long règne conservateur en Grande-Bretagne, le retour surprise de la gauche au pouvoir en France, suite à une manoeuvre du président de la République soucieux de conforter la droite ; plus lourd de conséquences certainement, c'est la crise qui, de plein fouet, frappe les petits « tigres » asiatiques, dont l'expansion économique conquérante est brutalement encalminée. Quant à la fragilité avérée des prévisions, elle a été rappelée à diverses reprises : ainsi, Hong-kong a été restitué à la Chine sans que Deng Xiaoping et ses successeurs n'améliorent le moins du monde les droits de l'homme ; l'avenir radieux de l'humanité comme l'apocalypse génétique ont été simultanément promis lors de la première création d'une brebis par clonage. Si des prophéties on doit se garder, on ne peut toutefois s'empêcher de faire des prévisions : l'engagement historique de discussions entre toutes les parties adverses en Irlande du Nord est-il annonciateur de la fin, à long terme, d'un des derniers conflits d'origine coloniale et religieuse en Europe ? Cette chronologie inédite, enrichie d'un index détaillé, a été établie par le service Documentation du Monde. Au fil des ans, « L'année dans Le Monde » s'est imposé comme un outil indispensable pour tous ceux qui, par curiosité ou nécessité étudiante, souhaitent se remémorer les faits essentiels de l'Histoire en train de se faire.

  • Paul Valéry, « chercheur » impénitent, doit désormais prendre place parmi ceux qui, depuis Wagner, contribuèrent à la rénovation du théâtre. L'analyse des structures dramatiques examinées dans leur « fonctionnement » fut l'une de ses préoccupations constantes et s'insère dans celle de la « Comédie de l'Intellect » en même temps qu'elle l'éclaire. Les notes et les projets des Cahiers témoignent, mieux encore que l'oeuvre publiée, d'un sens aigu du théâtre : le refus de tout ce dont l'avait surchargé une tradition « bourgeoise » - réalisme, « psychologie », cabotinage - s'assortit du désir d'en retrouver la vérité première. Formaliste dans sa méthode - puisqu'elle se fonde sur le « système » inventé par le poète épris de rigueur scientifique, et qu'elle passe par les modèles sans cesse analysés de la musique et de la liturgie, de « l'épure » racinienne et de « l'auto-analyse » wagnérienne -, cette recherche aborde tous les aspects de la dramaturgie, met à nu des relations et des constantes autour desquelles s'organise le « jeu » de la représentation ; elle retrouve à travers elles les données que mettaient à jour, à la même époque, les grands théoriciens de la scène. Elle débouche aussi, nécessairement, sur l'analyse du processus de « fabrication » de l'oeuvre dramatique. Le créateur double ici le théoricien dans la recherche d'un théâtre-cérémonie à caractère expérimental, où la parole serait réduite à sa juste place dans l'équilibre de tous les moyens d'expression. De La Jeune Parque au « IIIe Faust », tout au long d'une carrière que jalonnent de précieuses ébauches, se révèlent les audaces et les timidités de ce « Robinson » de la scène qu'une tendance naturelle portait depuis l'enfance à traduire en formes théâtrales sa vision tragique du Moi. et qui, dans cette activité « latérale », se prend plus volontiers que jamais au pur plaisir de créer, et de se voir créer. Le lecteur trouvera dans cet ouvrage le répertoire de toutes les citations de Paul Valéry théoricien et créateur.

  • Voici présentés, jour après jour, les événements de 1988, tels que Le Monde les a recensés. Le soulèvement des Palestiniens dans les territoires occupés par Israël, le cessez-le-feu entre l'Irak et l'Iran, les espoirs de paix en Afghanistan, en Angola, au Cambodge, la révolte contre le régime en Birmanie, les émeutes en Algérie, le « non » des Chiliens au général Pinochet, l'élection de George Bush, le séisme en Arménie, la vague d'OPA, la réélection de François Mitterrand, le retour des otages français du Liban, l'accord sur la Nouvelle-Calédonie, la disqualification de Ben Johnson aux Jeux de Séoul, la mort de deux poètes, René Char et Francis Ponge, mais aussi celles d'Edgar Faure et d'Enzo Ferrari... Cet ouvrage, comme ceux consacrés à 1986 et 1987, rassemble les chronologies mensuelles qui paraissent dans Le Monde au cours de l'année, enrichies d'un index détaillé. Un ouvrage de référence. Un instrument de travail commode. Le rappel indispensable d'un passé encore présent.

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  • Comment la Gaule, qui depuis cinq siècles vivait bon an mal an sous la domination romaine, est-elle devenue la France ? L'auteur nous fait traverser cette période de grand brassage de races, de langues, d'arts et de cultures, ces trois siècles qui aboutirent à la France d'aujourd'hui.

  • Vue d'une année sur l'autre, l'histoire ressemble à un échiquier sur lequel avanceraient ou reculeraient des pions. La guerre n'a, pour ainsi dire, jamais véritablement cessé en Tchétchénie mais, dans l'ex-Yougoslavie, elle semble laisser place à un compromis qui fait la part belle à l'agresseur serbe. De véritable paix, il est enfin question au Proche-Orient, où Israël a commencé à évacuer des territoires occupés, où l'entité palestinienne prend quelque forme et consistance. Mais cette paix aura été payée au prix fort : l'assassinat par l'extrême droite du premier ministre Rabin. La normalisation des rapports entre États de la région, particulièrement entre Israël et la Syrie, est à l'ordre du jour. Ici, comme ailleurs, dans l'ex-Yougoslavie, Washington met la paix en musique, raflant la mise à une Europe dont le nanisme en politique extérieure est une constante. [... ] les désillusions du libéralisme accéléré ont tôt fait de redonner une virginité politique aux anciens partis communistes recyclés en démocrates de gauche. Ainsi va l'Europe, prise au piège, dans le cas de l'Union, du renversement qui a fait des moyens techniques de son unification des fins politiques absolues : monnaie unique et critères de convergence sont ainsi devenus des programmes de gouvernement, suscitant du coup un rejet dont ont témoigné en France nombre de revendications au cours de trois semaines de grèves d'une ampleur sans précédent en période de crise économique. Tel est peut-être un des fils rouges de l'année passée, sur tous les continents : une crise en profondeur du politique, de la représentativité de ses instances comme de la crédibilité de ses agents. Depuis 1986, les chronologies du Monde sont rassemblées chaque année en un volume. Enrichies d'un index détaillé, elles sont devenues un outil indispensable pour tous ceux qui, par curiosité ou nécessité professionnelle, souhaitent se remémorer les détails de l'histoire en train de se faire.

  • Voici, présentés jour après jour, les événements de 1987 tels que Le Monde les a recensés. Le sommet Reagan-Gorbatchev à Washington, les tensions dans le Golfe, la crise boursière, le procès de Klaus Barbie, les affaires en France, le record du monde du 100 mètres battu par Ben Johnson, la mort de Rita Hayworth et celle de Marguerite Yourcenar... Cet ouvrage, comme celui consacré à 1986, rassemble les chronologies mensuelles qui paraissent dans Le Monde au cours de l'année, enrichies d'un index détaillé. Un ouvrage de référence. Un instrument de travail commode. Le rappel indispensable d'un passé encore présent.

  • De la guerre du Golfe à la dislocation de l'Union soviétique, l'année 1991 a été riche en événements majeurs. La conférence de Madrid a fait naître un espoir de paix au Proche-Orient. À Maastricht, les Douze ont fait un nouveau pas dans la voie de l'intégration européenne. 1991 a aussi été marqué par la guerre civile en Yougoslavie, le retour du prince Sihanouk au Cambodge, l'exploit de Gérard d'Aboville, la mort d'Yves Montand... Depuis 1986, les chronologies du Monde sont rassemblées chaque année en un volume. Enrichies d'un index détaillé, elles sont devenues un outil indispensable pour tous ceux qui, par curiosité ou nécessité professionnelle, souhaitent se remémorer les détails de l'histoire en train de se faire.

  • Depuis que la connaissance scientifique, de causaliste qu'elle était encore au début du siècle, est devenue structuraliste, la réflexion sur les fondements psychologiques, de la certitude - donc sur les fondements mêmes de la notion de « vérité » - cherche à reprendre sa place dans une métaphysique iconoclaste. Est-il possible d'esquisser une psychanalyse de la notion d'intelligibilité ? Quels sont les mécanismes inconscients et impératifs du « convaincant » dans tout savoir prédéfini comme objectif ? Pourquoi jugeons-nous intelligible le constant ? Voici une réflexion sur le vocabulaire mythique porteur de « l'intelligibilité » dans la physique classique, la génétique, l'ethnologie de C. Lévi-Strauss, l'économie politique d'Althusser, la linguistique. Il s'agissait d'éveiller l'attention sur la structure tautologique du savoir et sur l'arène de son piétinement rentable. La philosophie devenait une « maïeutique du vide ». une redécouverte du non-sens absolu de la course de la matière dans le vide. Cependant, l'étude du langage de Lacan conduit à mettre en évidence la structure cyclique de la conscience de soi, toujours prise au piège de sa propre image dans ces miroirs que sont nos « corps mentaux ». Les mathématiques elles-mêmes en forgent. L'étude de la conscience imageante propre à la politique, aux sciences, à la métaphysique, à la mystique permet d'esquisser une problématique générale du savoir sur les chemins du temps. La philosophie, en son audace propre, demeure l'ascèse de la descente dans le non savoir (nescience). Seuls le poète ou le dieu remontent vers la lumière... Il ne s'agissait donc ici, par une spéléologie de la compréhensibilité, que de démasquer l'idole fondamentale qu'est « l'arbre de la connaissance » en sa copie baptismale et magique de la constance. Peut-être le moment est-il venu de placer, par de modestes moyens, l'humanisme comme la théologie en face d'une critique radicale de leur re-présentation, afin que, par-delà l'univers pléthorique de la prévisibilité, resurgissent la vocation, la tension et le tragique de la transcendance.

  • L'oeuvre de Villon comprend six ballades qui ont constamment mystifié la critique et, malgré la découverte des archives du célèbre procès des Coquillards, tenu à Dijon en 1455, défié un siècle d'exégèse. C'est à ce problème que s'attaque Pierre Guiraud, professeur à la Faculté de Nice, à la lumière d'une documentation lexicographique nouvelle et surtout en partant des postulats et des méthodes de la linguistique structurale. La patiente reconstruction du savoureux jargon de la Coquille permet de déchiffrer les ballades et il apparaît bien qu'elles sont consacrées à l'activité des différentes catégories de malfaiteurs en butte à la police et à la justice, faux-monnayeurs, entauleurs et autres casseurs de coffres. Mais sous ce texte en surgit un deuxième, puis un troisième. Chaque mot, chaque phrase, chaque poème se lit trois fois et les trois leçons forment un tout : les dangers du métier, du jeu, de l'amour ; métier de voleur comme on l'a dit, jeux de cartes où tout le monde triche, amour en l'occurrence pédérastique. Cette structure, si insolite à nos yeux, est conforme à la rhétorique médiévale et il faut y voir une forme de la poésie hermétique des troubadours. Le code ainsi décrypté, le problème rebondit : s'appliquant à coup sûr aux Lais et au Testament, c'est l'interprétation de l'oeuvre entière de Villon qui doit être reprise. Et en même temps qu'une introduction aux coulisses de la lexicologie moderne, cette savante étude est la plus vivante évocation de la vie de la pègre au XVe siècle.

  • Ce recueil de textes théoriques, polémiques et politiques se divise en trois parties. La première est consacrée à l'examen du projet structuraliste. L'essai qui donne son titre au livre se rapporte à la signification des problèmes de la parenté. Six textes consacrés à l'approche structurale de la magie et de la religion composent la seconde partie, dont un commentaire de la geste du Renard pâle de Marcel Griaule et de Germaine Dieterlen et une exploration systématique de la pensée bantoue. En conclusion, l'auteur témoigne son amitié au peuple de Lumumba, les Tetela du Kasaï chez qui il a vécu en 1953 et 1954.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.

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  • Aucun travail d'ensemble, ressuscitant la personnalité complexe d'Agrippa d'Aubigné, n'a été tenté depuis la parution de la thèse d'Armand Garnier, il y a quelque trente ans. En ce moment où, sous prétexte d'oecuménisme, on essaie par des concessions, que d'Aubigné eût sévèrement jugées, de concilier des positions adverses, il est intéressant de rappeler les luttes du XVIe siècle pour la liberté de conscience. Il convient surtout, dans notre époque où les hautes valeurs humaines furent si peu respectées, de méditer sur la vie de lutte, de courage et la rare noblesse qui fut celle de d'Aubigné, qui sut dédaigner de tirer profit de son long compagnonnage avec Henri IV et préféra l'exil aux restrictions apportées à sa liberté. Dans cette étude Jeanne Galzy a tenté de replacer l'oeuvre énorme et multiple d'Agrippa d'Aubigné (elle s'étend du pamphlet et de la farce à la plus haute poésie) dans le contexte d'une vie mouvementée qu'elle nous présente comme un passionnant roman d'aventures. Inégal, violent et illuminé, d'Aubigné a pu être à la fois l'auteur jovial de La Confession de Sancy et des Aventures du Baron de Faeneste, le poète amoureux et ronsardisant - mais parfois douloureusement sincère - du printemps, l'historien déjà européen de l'Histoire universelle. Mais ce qui le rend grand parmi les plus grands et unique dans notre littérature, ce sont Les Tragiques, cette épopée où il passe du réalisme aux visions dantesques, et nous donne, bien avant Hugo, Baudelaire et Valéry, les images les plus saisissantes, le style le plus brûlé de passion et les vers les plus neufs, les plus inspirés et les plus beaux. Jeanne Galzy, qui a déjà écrit dans cette collection une Catherine de Médicis et une romanesque Margot, reine sans royaume, a choisi d'Aubigné pour compléter cette sorte de fresque d'un siècle foisonnant d'idées et de passions. On y trouve, à travers d'Aubigné, les problèmes qui, à peine transposés, sont les nôtres ; et une oeuvre qui, par ses hardiesses d'expression et d'images, peut nous être toujours matière d'admiration et d'enseignement.

  • Chez les peuples archaïques, la chasse n'est pas une activité purement technique, ainsi qu'elle l'est devenue chez l'homme moderne. Elle n'est pas une activité de luxe mais bien un problème vital impliquant, de la part du chasseur primitif, une attention, une concentration, une gravité : ce n'est pas un simple duel entre l'homme et la bête. Dans son ouvrage, Eveline Lot-Falck étudie les rites des chasseurs en Sibérie ; elle nous présente les rituels de chasse, ce qu'ils ont en commun avec des rituels étrangers, et ce qui leur confère une originalité propre. Comme il est difficile de séparer ces deux activités, elle aborde également les rites de pêche.

  • Guillaume Dupuytren, fils de métayers, est né le 5 octobre 1777 à côté de Limoges. Envoyé en 1789 à Paris pour y suivre des études, ses années de collège prirent fin dès 1794. Son père décida alors que le jeune rebelle aux véléités patriotiques de devenir soldat, serait plutôt chirurgien et l'inscrivit derechef à l'École médico-chirurgicale de l'hôpital Saint-Alexis de Limoges : c'est ainsi qu'"une grande carrière allait commencer sans l'appel d'aucune vocation".

  • Ce roman sur l'Administration satisfait-il lui-même à tous les textes : règlements, décrets, arrêtés, ordonnances, circulaires et décisions qu'elle édicte inlassablement ? Les auteurs qui, pourtant, la connaissent bien, n'ont pas la vanité de le penser. L'un d'eux est un haut fonctionnaire et un écrivain : l'autre, après avoir appartenu à l'administration des préfectures, collabore régulièrement à la Radiodiffusion française, qui n'échappe pas, elle aussi, aux servitudes des administrations... Un jeune sauvage, c'est-à-dire un habitant de ces îles lointaines qui ne sont pas encore touchées par la grâce administrative, est venu chez nous pour la découvrir. Un vieux fonctionnaire, qui connaît les tours et les détours des ministères, est chargé de le guider dans le dédale des couloirs et des textes. Raovandja, le jeune sauvage, sera-t-il convaincu ? Le vieux fonctionnaire, au contraire, n'aura-t-il pas le sentiment qu'il tente quelquefois une difficile justification ? Il acquerra du remords. Le séjour de Raovandja n'aura pourtant pas été inutile. A défaut de la révélation administrative, il découvrira au moins une des créations les plus réussies de la France : une jeune femme et son amour. Mais le personnage principal du livre est l'Administration. Même invisible, elle est toujours présente, et, bien que se dévorant elle-même, elle renaît sans cesse. Dans ses lectures, ses promenades, ses entrevues et ses conversations avec son mentor, Raovandja voit peu à peu paraître un tableau de la France à l'âge administif, dominée par le dieu Rébus. Ouvrage hostile aux fonctionnaires, ouvrage de polémique destiné à amoindrir la fonction publique pour des fins politiques ? Absolument pas. Les auteurs, qui connaissent bien les grands commis et les agents, ne dissimulent pas leur conscience et leur désintéressement. Ils les montrent faisant face à l'inondation législative, et pris, la plupart du temps, comme boucs-émissaires. Il ne s'agit pas d'une attaque des hommes, mais dans la forme d'un roman ironique dont le sentiment n'est pas exclu, de la défense d'un esprit de clarté et de liberté.

  • Le baron d'Holbach (1723-1789) reste le prince des Athées, le modèle du philosophe matérialiste, le plus radical des Encyclopédistes. Pourtant ce sommet de la « philosophie des Lumières », ami de Diderot, inspirateur de Sade et rival de Voltaire reste aujourd'hui presque inconnu : aucun des quarante ouvrages de d'Holbach, notamment le fameux Système de la nature, n'a été réimprimé depuis plus d'un siècle. Après avoir exposé de façon vivante et approfondie la vie du baron, les sources auxquelles il a puisé - notamment les matérialistes et déistes anglais, les libertins français du XVIIe siècle, les chimistes et minéralogistes allemands - Pierre Naville analyse son oeuvre centrale : le Système de la nature, et les réactions qu'elle a entraînées dans l'opinion. Une partie importante du livre est consacrée aux conceptions morales et politiques de d'Holbach, libéral et adversaire des Physiocrates. Les idées du baron d'Holbach sont éclairées par les développements ultérieurs de la science, de la philosophie et de la sociologie. L'auteur montre ainsi que parallèlement au renouvellement des théories engendrées par Hegel ou Marx, le courant illustré par Hobbes, Diderot ou d'Holbach a connu à notre époque un regain de vitalité dû au développement des sciences de la nature et de l'homme. L'ouvrage comprend en outre une bibliographie complète du baron d'Holbach et des travaux qui lui ont été consacrés, ainsi qu'une série de documents d'archives, dont certains inédits. Dans une préface écrite pour cette édition remaniée (ce livre avait déjà paru en 1943 dans la collection « Leurs Figures »), l'auteur répond aux critiques adressées par la philosophie marxiste et par l'existentialisme contemporain à la philosophie des Lumières qui ouvre l'époque moderne.

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  • James, réfugié en 1941 dans une grande ville de la zone libre, pour y reprendre ses études interrompues par la guerre, grille du désir de se lancer dans l'aventure, le destin l'y aide en lui donnant comme voisin de palier un mouchard de la Gestapo. Tout partira de ce détail. Ce sera dans la résistance qu'il fera ses premiers pas d'aventurier. Livré à lui-même, il deviendra un espion, puisque la radio de Londres l'y encourage : "Introduisez-vous chez l'ennemi..." Encore adolescent, il se trouve donc sans transition mêlé aux "hommes", du moins ceux qui s'intitulent ainsi. C'est avec étonnement qu'il les découvre. Il vit durant des mois parmi des bandits que les circonstances ont transformés en policiers. Il est trop jeune, trop malléable encore, pour ne pas être "contaminé", et bientôt les mauvais instincts qui sommeillaient en lui se révèlent. Il lutte contre eux - car il ne veut pas perdre de vue son objectif. Tout en constituant contre ses compagnons un dossier accablant, il les regarde vivre, essaie de les comprendre, les étudie patiemment. Qu'ils sont loin, ces truands, de tous ceux que les livres et le cinéma lui ont fait connaître ! Qu'ils sont loin de ces durs ne rêvant que plaies et bosses, de ces tueurs glacés et lucides... En les étudiant, il les trouve étrangement proches de lui : Monsieur Charles, loyal et bon, dont le hasard a fait un assassin ; Albert en qui tout est pourri, sans remède ; Toto, pittoresque voyou dont le bavardage est trop souvent amusant ; Lulu qui organise sa vie de souteneur avec une placidité de petit commerçant ; La Fouine, au triple visage : bourgeois, agent secret et bandit. James, espion de pacotille, s'il reste leur adversaire, n'est déjà plus leur ennemi. Il persévérera cependant dans la voie qu'il s'est tracée. Il les conduira à leur perte comme il l'avait projeté, mais non sans lutte, non sans remords. Après il lui faudra terminer ses études, prendre dans la société la place qui lui était réservée et oublier surtout, oublier tout ce que lui a coûté cette aventure : ses illusions, ses rêves de jeunesse, oublier aussi ses camarades trahis et la mort, si édifiante, de Monsieur Charles. Il s'agit ici d'une histoire authentique. Dominique Roynard a suivi de très près l'aventure de James dans la police allemande. Tout ce qui a trait au double procès de Charles a été recueilli dans la presse de l'époque (1945-46).

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  • Journaliste, romancier, auteur dramatique, Edmond About a été un homme ardent et passionné qui s'est jeté avec ivresse dans toutes les luttes que son époque lui offrait. Il fut un des écrivains les plus en vue de Paris. Dans cet ouvrage paru en 1937, Marcel Thiébaut nous le présente.

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