Jean Pierre Huguet

  • Au-delà ici même D'abord, il y a longtemps, les dieux sont partis. Plus tard, Dieu est mort. « Nous », athées, le saurions. Notre athéisme s'abreuverait tout entier à ce savoir. Forts de cet adieu aux dieux et à Dieu, le désir qui anime ce numéro n'est pourtant pas de retourner sur les lieux de la vacance ou du crime pour y retrouver la trace de ce que nous aurions perdu. L'idée était plutôt de mener une enquête. À savoir : pour « nous », qui sommes par « principe » athées, que reste-t-il aujourd'hui de la foi ? Avec la participation de Jean-Christophe Bailly, Jan Barcentewicz, Michel Deguy, Miroslav Farkas, Maïder Fortuné, Isabelle Lassignardie, Boyan Manchev, Jean-Luc Nancy et George Oppen.

  • Rémi F.

    Bernard Collet

    Un texte manifeste, écrit entre le 27 octobre et le 3 novembre 2014 au lendemain de la mort de Rémi Fraisse, lors de la manifestation contre le barrage du Testet.
    Au delà de la tristesse pour la mort de ce jeune homme de 21 ans, engagé pacifiquement dans le combat écologiste, au delà de l'indignation et la colère face à la violence publique déployée, ce texte cherche à dire les raisons pour lesquelles Rémi Fraisse est devenu, dans la fraternité que nous éprouvons pour lui, le symbole du combat silencieux que nous menons tous, dans l'espérance de la non-violence, face à ce qui nous opprime.
    Pour montrer aussi, comme Marguerite Duras dans l'Eté 80 à propos des événements de Gdansk, que la littérature peut naître de cet égarement dans le réel, qu'elle peut accompagner une actualité brûlante et en témoigner.

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  • Corps, postures, procédures : à travers ces trois termes, on pourra répertorier des technologies de l'ordre caractérisant notre époque mais surtout définir des écarts, des échappées ou des décentrements. C'est ainsi que le philosophe Giorgio Agamben décrit la situation actuelle en démontrant l'impasse de la relation entre État et terrorisme, que Marie-José Mondzain bouleverse notre représentation des corps dans l'espace commun tandis que les philosophes Daniel et Alexandre Costanzo, dans un hommage à la cinéaste Chantal Akerman, décrivent la façon dont ses personnages déplacent, bousculent, réinventent le monde. Et si par ailleurs, l'historien Philippe Artières nous plonge dans l'univers de la prison ou que Frank Smith, à travers un poème objectiviste, restitue des séances d'interrogatoires à Guantánamo, il revient à l'écrivain Manuel Joseph de nous proposer le portrait d'un homme, dans son appartement, livré à sa pathologie de l'ordre, du nettoyage - une pathologie dans laquelle on reconnaît peu à peu notre société. Ce sont là quelques-uns parmi les paysages que propose ce numéro de la revue De(s)générations : des tableaux, des situations, des scènes de la pensée qui déplacent notre rapport aux choses et au monde.

  • Benjamin Subercasseaux a qualifié son pays de " folle géographie ".
    Cette immense bande de terre, coincée entre le Pacifique et la cordillère des Andes, s'étire sur plus de quatre mille kilomètres du nord au sud, en présentant un relief et un climat aussi variés que séduisants. Nous suivons Régine Bienvenue et Pierre Devaux dans les cols à plus de 5700 mètres d'altitude où souvent les chemins n'ont jamais été tracés, sur les pistes ensablées du désert d'Atacama, le plus aride du monde, aux prises avec une nature encore intacte.
    C'est un véritable exploit sportif que R. Bienvenue et P. Devaux ont réalisé en parcourant plus de dix mille kilomètres en 412 jours. Mais le plus inattendu, c'est le regard qu'ils posent sur un pays et sa population au travers d'une relation chaleureuse avec le peuple chilien.

  • Le numéro 25 de la revue De(s)générations part d'un geste simple, évident, nécessaire : congédier, jeter par-dessus bord les discours ou les principes politiques, symboliques et idéologiques qui définissent et soutiennent un monde pathologique. Ce faisant, il s'agit avant tout de proposer une autre description de la situation en regardant du côté de certaines luttes, en s'attachant à l'expérimentation de formes de vie, en revenant sur la chasse qui est faite aux pauvres ou en écoutant simplement la parole de quelques Rroms.
    On pourra aussi s'attacher à l'histoire d'un berger tunisien ou à la façon dont Rosa Luxemburg regardait les arbres, les oiseaux ou des pierres tandis qu'elle était en prison. Avec des contributions, entre autres, de Véronique Bergen, Manuel Joseph, Grégoire Chamayou, François Cusset, Philippe Roux, Eric Hazan ou Alexandre Costanzo, on découvrira des paysages qui, certes, se contrarient, mais qui esquissent pourtant, dans une forme de solidarité ou de compagnonnage, les contours d'un horizon commun.


    Editorial.

    Ce que signifie «?la droite?», comme principe de gestion d'un pays, nous apparaît à tous comme étant relativement clair, comme est clair l'horizon politique, symbolique et idéologique qu'elle soutient. Mais qu'est-ce que «?la gauche?»?? Et quels sont au juste son rôle, sa fonction dans ce paysage?? En s'attachant notamment à ces quatre dernières décennies ou plus particulièrement au cours de ces dernières années, n'importe lequel d'entre nous peut tirer quelques conclusions simples, objectives, et du coup proposer une définition. La gauche, c'est la droite. Mais c'est la droite qui porte un autre nom : elle fait semblant. Si elle porte un autre nom, c'est parce que sa fonction historique a toujours consisté et consiste, aujourd'hui encore, à trahir en provoquant au passage toutes sortes de découragements. Inutile donc d'aller courir toujours plus à gauche ou bien alors un peu moins, ce qu'on appelle la gauche est tout simplement cet autre nom de la droite qui se propose de faire avaler aux pauvres le même monde avec, en supplément, le goût de la trahison. Une fois ce constat trivial établi, il ne nous reste donc plus qu'à la jeter par-dessus bord, et avec elle le monde pathologique qu'elle défend. Car il y a bien un moment où l'on ne peut plus croire ce qu'on nous raconte et où l'on ne veut plus être parlé par ces gens. Et c'est, en réalité, un moment heureux puisque nous devons alors compter sur nos propres capacités pour définir le monde.

    Ce numéro 25 de De(s)générations, comme ce sera le cas pour celui qui va suivre, propose donc de congédier cet horizon pour assumer une autre description de la situation : en écoutant les paroles de quelques Rroms?; en revenant sur la chasse qui est faite aux pauvres?; en regardant du côté de certaines luttes, soulèvements ou l'expérimentation de nouvelles formes de vie?; en s'attachant à l'histoire d'un berger tunisien ou à la façon dont Rosa Luxemburg, il y a près d'un siècle, regardait les arbres, les oiseaux, des pierres ou le ciel tandis qu'elle était en prison. Ce faisant, nous pourrons partager d'autres évidences en commençant simplement par dire ce à quoi nous tenons. _Philippe Roux

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