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  • Ce livre est une plongée dans la pensée politique du grand philosophe allemand, figure fulgurante et rebelle de la philosophie, qui aura marqué le vingtième siècle de la pensée européene par sa sensibilité et exigence extrêmes. C'est le résultat d'un travail d'immersion complète dans l'oeuvre du jeune Nietzsche, que Michèle Cohen-Halimi mène ici avec la rigueur et la clarté qui caractérisent son approche de la philosophie allemande moderne, dont elle est l'une des plus lumineuses spécialistes.
    L'Action à distance ambitionne de mettre en perspective le XXe siècle politique allemand à partir du XIXe siècle de Nietzsche - à partir du diagnostic relatif au totalitarisme nazi annoncé par le wagnérisme, profondément anticipé par le philosophe. Il montre la fécondité de la pensée du jeune Nietzsche, qui a poursuivi son déploiement par-delà la rupture avec Wagner, par-delà l'abandon du modèle micropolitique grec, sans jamais céder sur la relation agonistique indissoluble de la culture, de l'État et de la religion.
    Comment le jeune philologue Nietzsche est-il devenu philosophe ? Peut-être fallait-il s'attarder sur son imperceptible écart au monde sécularisé et sur son désaveu de ce qu'il advenait de l'unité politique allemande, pour mieux saisir en lui les crises et le malaise par lesquels la philosophie s'est imposée à lui dans la souveraineté d'un geste antagonique.
    L'opération nietzschéenne de l'antagonisme montre d'emblée la force de sa relation à ce que l'on ne voit pas encore :
    La libération du devenir ordonné à une autre pensée du temps et l'horizon politique qui s'exorbite de la seule instance de l'État. Le levier du livre est la puissance sous-estimée de la négation. C'est la puissance du devenir que Nietzsche en tire : puissance plastique où se prépare l'ouverture d'un autre rapport à l'histoire et à la politique.

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  • L'éthique est un texte dense, vif et facile d'accès, qui n'a rien perdu de son actualité. Ce petit livre polémique est par ailleurs un véritable manuel, au sens classique, où Alain Badiou expose son éthique des vérités, à savoir « les orientations majeures d'une éthique véritable, qui préserve, et même exige, les droits de la création, de l'invention dans la pensée, de la politique d'émancipation, de l'art d'avant-garde. » Alain Badiou dira plus tard de ce livre qu'il est « une introduction à la fois animée et consistante aux vastes entreprises par lesquelles je tente de déplacer les enjeux de la philosophie contemporaine. » Vingt cinq ans après sa première publication - et parmi la bibliographie si copieuse d'Alain Badiou - L'éthique reste l'introduction idéale à la philosophie d'Alain Badiou. Le plus traduit des livres de Badiou (désormais disponible dans une trentaine de langues), L'éthique est la meilleure vente des éditions NOUS.
    « Droits de l'homme », « bio-éthique », « respect de l'autre » : l'éthique est aujourd'hui à la mode. Mais ses valeurs (l'Homme, l'Autre, la Vie...) sont trop générales pour permettre une pensée des situations singulières. Contre cette vague « éthique des principes », surtout habile à dénoncer partout un Mal radical, une éthique des vérités concrètes - vérités de la politique, de la science, de l'art et de l'amour - nous permettrait d'identifier autrement le Mal, pour pouvoir alors y parer.

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  • Dans Le corps miroir, la pensée explore à reculons le temps du commencement de l'univers. Cette exploration interroge la possibilité narrative, quand celle-ci est radicalement privée du témoignage d'un sujet. Provoquant une explosion du récit, sorti des gonds du « sujet » narrateur et de l'« objet » narré, Jean-Pierre Faye explore l'hypothèse d'une pensée narrative qui ne calcule ni ne juge, mais se transforme. La pensée narrative pousse le langage en avant des concepts qui la fixent, elle provoque en elle-même une espèce d'ébranlement de l'intelligence, toujours moins figurative, toujours plus dynamique, dont la trace est gardée dans les mots comme le dépôt mobile d'un processus infini de transformation.

    « Supprimez le corps de femme et d'homme, il n'y a plus de corps d'univers : il n'y a plus de lever du soleil, ni crépuscule ni aube ne donnent de mesure du temps et l'univers entier cesse de savoir son âge, qui maintenant atteint le chiffre - fictif?? - de treize milliards sept cent mille années. »

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  • Que pense le poème?

    Alain Badiou

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    • 18 Octobre 2016

    Agencement de textes théoriques sur la poésie et de lectures spécifiques de poètes (Pasolini, Hopkins, Stevens, Pessoa, Mallarmé...), ce livre est le premier qu'Alain Badiou consacre à la poésie.
    La poésie occupe une place centrale dans le parcours et dans l'oeuvre d'Alain Badiou. Avec la politique, les sciences et l'amour, l'art est désigné comme « procédure de vérité ». Or, parmi les arts, c'est la poésie qu'Alain Badiou a le plus souvent convoqué dans sa pensée. Car il s'agit bien ici de penser le poème, et de penser ce que le poème pense.
    Depuis toujours, le poème déconcerte la philosophie. Celle-ci est - depuis Platon, jusqu'à Heidegger et au-delà - en interlocution et en rivalité constante avec la poésie. Alain Badiou, notamment à travers sa proposition-diagnostic, d'« âge des poètes » reprend cette querelle qui semble être l'essence même de leur rapport. Il explore aussi dans ce livre un autre rapport, celui entre poésie et politique. Le poème est une pensée qui est son acte même - voici ce que nous invite à penser cet éloge de la poésie par Alain Badiou.
    « À l'opposé de Wittgenstein, le poème dit : 'Cette chose qui est impossible à dire dans la langue du partage et du consensus, je fais silence pour la dire, pour séparer du monde qu'elle soit dite, et toujours redite pour la première fois. ' »

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  • Première traduction française d'essais de Fortini, La conscience aux extrêmes retrace les étapes essentielles de sa réflexion sur les rapports entre les intellectuels, les transformations sociales et la politique. S'échelonnant sur cinquante ans, de 1944 à 1994 (de la fin de la dictature fasciste à la mort de l'auteur), c'est aussi un portrait lucide de l'Italie du vingtième siècle que ce livre dessine, à travers la question des intellectuels, de leur rôle, de leur « engagement », tout en posant sur ces problèmes un éclairage nouveau et polémique.

    Livre d'une brûlante actualité - ses enjeux excèdent et son siècle et le contexte italien - La conscience aux extrêmes restitue la trajectoire et l'acuité de pensée d'un intellectuel intransigeant.

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  • « Toutes les bonnes doctrines sont inutiles. Vous devez changer votre vie. ».
    Ludwig Wittgenstein.

    Biographie intellectuelle de référence, le Ludwig Wittgenstein de Christiane Chauviré est l'introduction la plus claire et la plus incisive à la pensée de cette figure rebelle de la philosophie du vingtième siècle. C'est aussi le récit d'une vie tourmentée et marquée par une extraordinaire exigence éthique. Le livre retrace la vie de Wittgenstein et son développement intellectuel parallèlement, en alternant les épisodes vécus et une présentation des principaux aspects de sa philosophie : le dicible et l'indicible, l'éthique, l'esthétique, les jeux de langage.

    « Ses écrits théoriques, de par leur valeur littéraire et leur '?élévation?' morale, exigent une autre approche que celles des philosophes académiques?; la beauté abstraite de son écriture, simple et ramassée, l'énergie morale, le courage, l'exigence, la tension intellectuelle que l'on sent à chaque ligne demandent qu'on les aborde comme on aborderait ceux d'un poète, d'un mystique ou d'un moraliste. »

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  • Nous sommes embarqués

    Patrizia Atzei

    • Nous
    • 4 Octobre 2019

    Nous sommes embarqués est le premier livre de Patrizia Atzei. Ce livre court et incisif est le point d'aboutissement condensé d'un travail de longue haleine, orienté vers les enjeux actuels de la subjectivation politique. Il entend s'inscrire dans le présent des situations, tout en dialoguant avec certains philosophes (Foucault, Rancière...). Il allie la clarté de l'argumentation à une approche résolument non-académique, s'adressant ainsi à un public non-spécialiste.

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  • Demande au muet, disciple est une série de dialogues courts où un maître, d'une intelligence relative, répond à son disciple, guère plus malin. Néanmoins, de temps à autres, tout comme une montre arrêtée finit par donner l'heure exacte, un jaillissement du sens, une fulgurance de la pensée ne sont pas impossibles. Oscillant entre nonsense et sagesse, ils traitent du monde avec l'absolu sérieux et la distance ironique qui conviennent.
    La qualité de la réflexion est variable. Disons-le : certains confinent au génie. Et même les plus médiocres ont une qualité : ils sont courts. Ces « dialogues socratiques de qualité », écrits au fil des ans, ont régulièrement été lus aux Jeudis de l'Oulipo, avec Frédéric Forte dans le rôle difficile du disciple.

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  • Les fibres du temps

    Bernard Aspe

    • Nous
    • 12 Avril 2018

    Les fibres du temps s'attaque, à nouveaux frais, à la question du temps. Si ce livre traverse l'histoire de la philosophie, ce n'est qu'avec l'objectif de rapporter cette question au présent, à notre présent, car le temps - c'est la thèse centrale du livre - est avant tout affaire de partage, de vie, de communauté. Le problème qu'il pose, avant d'être théorique ou épistémologique, est donc éminemment politique.
    L'architecture de cette réflexion prend une forme inédite, dans laquelle l'argumentation philosophique se tresse avec l'analyse de quelques cas d'expérience sensible du cinéma. Le temps, c'est d'abord ce qui se partage : ce qui s'expérimente comme temps commun. Temps dont les fibres symbolisent le devenir de l'être ensemble, à la fois continu et discontinu, trame tissée qui tient malgré tout. Le temps commun est par nature hétérogène à la logique qui guide le monde du capital et de son "développement".
    C'est la raison pour laquelle ce monde voudrait l'éradiquer, ou du moins le réduire aux formes compatibles avec les injonctions qui l'animent. Pour ceux qui refusent ces injonctions, l'existence même du temps commun est non seulement l'enjeu central de la politique, mais aussi, plus largement, celui d'une approche renouvelée de ce qui peut être dit en vérité.

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  • La première partie du livre est une analyse frontale de ce que Badiou considère comme étant le « chef-d'oeuvre unique » de Wittgenstein : le Tractatus logico philosophicus. Il y est question des limites de la pensée et du langage, de l'assimilation de l'éthique et de l'esthétique, ainsi que de la question de l'« acte » anti-philosophique.
    La seconde partie est une étude des « langues » de Wittgenstein. C'est aussi et surtout une tentative de réfutation de ce qu'on nomme habituellement le « second » Wittgenstein, qui n'est, pour Badiou, qu'une glose affadie du Tractatus.
    « Dans les années quarante, Wittgenstein, requis comme souvent par un disciple potentiel de fixer une orientation doctrinale, déclare : ' Toutes les bonnes doctrines sont inutiles. Vous devez changer votre vie. ' On pourrait avancer que cette importance unilatérale du ' changer la vie ' est le côté Rimbaud de Wittgenstein, cependant que le soin du montage, la disposition sur la page, l'inessentielle massivité syntaxique, est son côté Mallarmé. Le Tractatus, c'est une peu Une saison en enfer écrit dans la forme de Un coup de dés jamais... » « Il n'est pas déraisonnable de soutenir que Wittgenstein a été un héros de notre temps. Mais à la condition d'examiner rigoureusement de quelle cause il a été le héros, comment il la soutint, et comment à ses propres yeux il se perdit dans l'impossibilité, mal masquée par une sorte d'insolence spéculative, de l'acte inouï dont il entretenait la promesse. »

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  • Peut-on dire qu'aujourd'hui la psychanalyse est dépassée ?
    Cela pourrait sembler le cas.
    Néanmoins, le service funèbre pourrait bien se révéler prématuré, étant célébré pour un patient qui a encore une longue vie devant lui. A l'opposé des vérités "d'évidence" avancées par les critiques de Freud, je me propose de démontrer que c'est aujourd'hui seulement que le temps de la psychanalyse est venu. A la lumière de Lacan, à travers ce qu'il appelait son "retour à Freud", les vues cruciales de Freud apparaissent finalement dans leur véritable dimension.
    Lacan était un lecteur et un interprète vorace ; pour lui, la psychanalyse elle-même est une méthode pour lire les textes, qu'ils soient oraux (le discours du patient) ou écrits Il n'y a donc pas de meilleure manière de lire Lacan, que de pratiquer son mode de lecture et de lire les textes des autres avec Lacan.

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  • Lettres françaises

    Walter Benjamin

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    • 21 Mars 2013

    Ce volume réunit l'intégralité des lettres écrites en français par W. Benjamin. Au total, 525 lettres composées entre 1919 et 1940, en majorité inédites, adressées à des personnalités telles que F. Picabia, M. Brion, P. Leyris, G. Freund, H. Arendt ou encore G. Scholem. L'ensemble est classé chronologiquement et se conclut par la lettre rédigée juste avant le suicide du philosophe et écrivain.

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  • Collection ; l'avarice

    Gérard Wajcman

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    • 18 Mars 2014

    Collection suivi de L'avarice : voici la réédition en poche d'un classique de Gérard Wajcman. Le psychanalyste y articule deux essais détonnants, une lecture incisive et brillante de la collection et de l'avarice. Dépliées dans une écriture enlevée, les analyses de Wajcman frappent par leur acuité et leur humour décapant.
    La psychanalyse éclaire ici la logique de la collection, définie au sens le plus simple par la réunion de différents objets et d'un désir (le désir de ce qui manque à la collection.). L'avarice révèle les ressorts du seul péché capital qui reste à proprement parler inavouable.
    « Ici je veux parler de collection. Pas de collectionneurs, pas des collections non plus, de la collection tout court, en général. On réfléchit rarement à ce que c'est, mettre des objets ensemble. On a tort. C'est très instructif, si on veut savoir ce que c'est qu'un Objet.
    « Toute collection est, dans son principe, un acte délibéré et libre, de pure liberté, de pur désir. C'est à dire accompli sous la contrainte, la férule tyrannique de l'objet. Rien de moins libre qu'un collectionneur, ça se voit à l'oeil nu.
    « L'Avarice n'est pas moderne. Au regard des autres péchés, apparemment plus insoucieux des saisons et des jours, elle apparaît assez old fashioned. L'Avarice est moche. Pas comme quand on dit c'est un vilain défaut : vraiment moche. La laideur même (et si la laideur était un péché ?). Les péchés attentent aux vertus ; l'Avarice blesse aussi le goût. »

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  • 1960

    Jacques Barbaut

    • Nous
    • 23 Octobre 2013

    1960 se veut la chronique d'une année exemplaire. Un étonnant almanach qui, par le biais de textes, d'images et de jeux typographiques, organise chronologiquement, du 1er janvier au 31 décembre, le montage de la matière littéraire, poétique, artistique, politique, sportive... d'une année. Ce qui apparaît, au-delà du vertige encyclopédique, c'est la réinvention d'une « origine » et la mise en lumière de ce qui constitue un temps.

    « Impossible, je suppose, pour mes parents en cette fin d'année 1959 d'envisager pour moi - foetus puis bébé dans le ventre -, si j'avais été une fille, à moins de m'exposer tout au long de ma vie scolaire puis professionnelle aux risques des quolibets, à-peu- près et mises en boîte, que l'on me prénommât Brigitte. »

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  • Haroldo de Campos est une sorte de Borgès hyper-moderne, c'est le grand introducteur de l'avant-garde sudaméricaine : qu'il s'agisse de poésie bien sûr mais aussi de musique contemporaine et d'arts plastiques. Ses textes théoriques, aussi incisifs que novateurs, témoignent de la virtuosité analytique de l'auteur brésilien. Ils étaient jusqu'ici inédits en français.
    Six textes, choisis parmi les plus emblématiques de l'oeuvre critique-théorique d'Haroldo de Campos, composent ce livre : 1) De la raison anthropophage 2) De la mort de l'art à la constellation, 3) De la traduction comme création et comme critique, 4) Le séquestre du baroque dans la formation de la littérature brésilienne, 5) L'art sur l'horizon du probable, 6) Translucifération. Deux portent sur la question de la traduction. Dans « Translucifération », le poète explicite la manière dont l'intraduisibilité de la poésie ouvre la voie à la re-création poétique. La « translucifération » est l'opération par laquelle, le traducteur n'étant plus contraint à reproduire « le contenu inessentiel » du message, en vient à oblitérer l'original et faire de la traduction « l'original de la traduction. » La raison anthropophage qui donne le titre au livre est « la pensée de la dévoration critique du legs culturel universel ». Cette dévoration volontaire est à la base du programme de construction d'une littérature nationale en relation avec l'universel. « Le séquestre du baroque » est une sorte de manifeste de l'esthétique néobaroque. Illustrant le propos de Jakobson, pour qui « le poète est celui qui configure la matérialité du langage », Campos insiste sur le principe selon lequel « la poésie concrète », d'Homère à Dante, de Goethe à Pessoa, représente la limite de la poésie, caractérisée par une combinaison totale de tous ses composants.

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  • Défini de manière négative, Wagner est devenu une figure obligée, car il est le symbole même de la culmination du grand art.
    Wagner se dresse comme un immense mausolée dans le cimetière de la grandeur impossible. C'est bien la raison pour laquelle il a été maintenu comme un " cas ". Je vais tenter de défendre l'idée que, même si les accusations variées dont Wagner a été l'objet sont cohérentes, significatives, solides, le temps est maintenant venu d'écrire un chapitre additionnel. La position que je défendrai est que nous sommes à la veille d'un renouveau du grand art et que c'est sur ce point qu'il faut invoquer Wagner.
    Mon hypothèse est que, une fois encore, le grand art peut faire partie de notre avenir. Inutile de dire qu'il ne s'agit pas de la même grandeur que précédemment. De quelle grandeur s'agit-il ?

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  • Articuler, le titre est transparent et possède plusieurs sens :
    1. Les relations de nos vies.
    Dire quelles sont, à travers nos états de langue, les relations de nos vies, les unes aux autres, et celles que nous appelons, pour un nouveau partage.
    2. Un travail de la bouche.
    Ces pages proposent rien moins que l'inédit d'une expérience : de la poésie improvisée. Les lettres sont jetées hors les mots, le vers se poursuit d'une prise en compte de ses accidents. De la lecture à voix haute, une parole naît.
    3. Une logique de la phrase.
    Quel est le pouvoir d'une phrase ? Inventer ses objets, ne pas les prendre dans une réalité qui lui serait extérieure et antérieure, et tenir à l'écart les discours des maîtres.
    Articuler entrelace ainsi trois motifs, dont la progression est commune.
    Articuler est le troisième livre de Luc Bénazet aux éditions Nous.
    Construire une réalité commune, est-ce / une tâche ? Surmonter le temps / de son épuisement, et / l'effacement de ses figures, penser / son humanité / et son inhumanité. Lorsque chacun de nous / est séparé d'une réalité qui nous serait donnée en même temps qu'elle serait dicible par nous, - / lorsque sa défaite est notre épuisement, puisje une langue, une s'entend ?
    Luc

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  • Deux, un, l'amour est un livre inattendu : au croisement de la pensée la plus traditionnelle et la plus actuelle. Ce livre est une puissante relecture de Lévinas, de Badiou et de Lacan, dans lequel Jérôme Benarroch confronte ces trois pensées contemporaines, hétérogènes, et « actualise » la pensée du judaïsme.
    Un livre d'une grande clarté qui propose de l'amour, sujet si saturé, une approche renouvelée.
    Ce livre se propose de penser l'amour, d'en produire une pensée contemporaine. À cet effet, il procède selon deux axes a priori divergents. D'un côté, il traverse les trois grandes pensées contemporaines sur l'amour :
    Celles d'Emmanuel Lévinas, de Jacques Lacan et d'Alain Badiou. Leur hétérogénéité et leur importance sont telles qu'elles disposent à elles trois les sources et les principes du langage contemporain sur le sujet de l'amour. D'un autre côté, Jérôme Benarroch propose une élaboration propre qui s'appuie sur les très anciens enseignements traditionnels du judaïsme biblique et talmudique. Il ne s'agit pas d'exposer une pensée historiquement reconnue du judaïsme sur le sujet, mais de proposer une théorie formulée dans le langage de la pensée contemporaine, à l'école de ses enjeux et questionnements. La méthode de cette élaboration consiste en un dialogue de la philosophie et de la psychanalyse avec ces divers et parfois paradoxaux enseignements traditionnels.
    Malgré leur hétérogénéité indiscutable, les pensées de Lévinas, de Badiou et de Lacan tournent autour d'un même axe - qui apparaît presque comme une constante de la contemporanéité - qui se formule par le rejet de la catégorie de l'Un. La thèse du livre, c'est que, en amour, l'Un n'est pas, mais qu'il doit advenir. Que l'unicité de chacun - de chaque sujet amoureux - advient par l'effort d'une construction éperdue de l'Un de l'amour.

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  • Et s'il y avait une série de noms qui ne sont que rarement, voire jamais, cités par Lacan, mais qui sont secrètement liés à sa pensée et qui sont déterminants pour la comprendre vraiment??

    Shakespeare, Henry James, Mozart, Kafka, Busoni : et si ces autres noms nous donnaient la clé pour accéder à ce que Jacques-Alain Miller appelle l'« autre Lacan », à la dimension de la pensée lacanienne qui fait voler en éclats l'image reçue de la « théorie lacanienne » et dont les conséquences - philosophiques et politiques - sont bien plus radicales que ce que l'on présuppose habituellement ?

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  • Voix

    Gérard Wajcman

    • Nous
    • 23 Avril 2012

    Que l'on écoute le rare enregistrement d'un castrat. L'imperfection technique, les signes audibles de sa vétusté ne viennent qu'ajouter à l'impression produite : un déchirement. Sa voix monte elle aussi comme une déchirure?; ébréchée, c'est l'entaille qui nous atteint tant elle nous donne le sentiment de manquer à chaque instant de se rompre, comme à se couper d'elle-même.

    Dès la première note, tout jugement est désarmé et nous demeurons là, sidérés. Impossible de la détailler telle une forme offerte à notre contemplation, elle reste insaisissable, non pas fugace ou évanescente mais trop présente au contraire, dans sa ténuité même. Le mot manque toujours et c'est nous qui restons sans voix.

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  • Ce manifeste philosophique appelle à la constitution d'une nouvelle pensée de l'existence, un nouvel existentialisme dont l'ambition est de revaloriser la place du dehors que la pensée contemporaine semble sousestimer. Ce dehors, l'auteur le nomme atopie : une dimension qui n'est pas située hors du monde, mais au coeur de la subjectivité. En s'appuyant sur une lecture incisive des enjeux contemporains - tels l'écologie, les nouvelles technologies ou la question animale -, Frédéric Néyrat défend l'existence de cette part atopique, en ouvrant un double front, à la fois théorique et politique, qui justifie ce manifeste. Le front théorique consiste à s'opposer à toutes les pensées du dedans, qui ne jurent que par l'interconnexion généralisée de tout avec tout, et fuient toute idée de séparation. Le front politique consiste à résister à un monde « exophobique » - effrayé par le dehors - qui cherche à contrôler, tracer, anticiper, situer les places et les identités des individus dans l'espace et dans le temps.

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  • Vouloir éclairer le " rapport de la pensée à l'action " oblige sans doute à suivre quelques détours. Mais il faut aussi, ultimement, revenir à ce reste : il y a ce qui est dit dans les mots, il y a ce qui se fait dans les actes, et " entre " les deux, autre chose parfois que l'évidence d'un gouffre incomblable. [ ] Ma visée n'est ni de système, ni d'innovation, mais simplement d'insistance : il me semble nécessaire de reconduire la philosophie, et la politique elle-même, au point qu'elles ont illégitimement évacué, qui est celui de la nécessité de l'acte, en tant que cette nécessité pose problème à et pour la pensée. A un commencement correspond une rupture subjective, une conversion, un choix d'existence. Mais, comme y insistait Kierkegaard, le choix doit être constamment renouvelé. C'est dire que de nouveaux actes doivent venir opérer ce renouvellement, des actes qui sont à chaque fois la vérification de la tenue d'un commencement en même temps que la seule forme d'épreuve possible de l'existence même du futur. Le temps presse : il y a bien une pression, une précipitation du temps. Le choix politique s'accompagne de la perception de cette précipitation. Choisir la politique, c'est oeuvrer à l'accomplissement, au déblocage du temps révolutionnaire, de notre temps.

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  • Entretiens t.1

    Alain Badiou

    • Nous
    • 15 Novembre 2011

    Cela peut arriver à n'importe qui.
    N'importe qui peut être saisi par un événement politique, n'importe qui peut être saisi par l'amour. Quand nous sommes engagés dans une procédure de vérité, nous sommes saisis par elle et nous observons la maxime de fidélité à cette procédure. Il n'y a pas d'autre impératif éthique que : "Persévérez ! Persévérez dans votre fidélité !" Je soutiens la formule de la fidélité comme "discipline à l'indiscipline de l'événement".
    Je crois avoir montré que la fidélité est une errance, un trajet sans concept, ou encore - Mallarmé - "le hasard vaincu mot par mot". Finalement, il s'agit de répondre à une question intimidante : que vaut notre temps ? Car il ne vaut, philosophiquement, que par les quelques vérités qu'il prodigue. Nietzsche a raison : ce qui vaut d'une époque est ce qui supporte l'idée d'un retour éternel. La philosophie anticipe ce retour, en saisissant à leur naissance les vérités, en les tournant vers leur intemporel destin.

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  • La seule façon pour le je de devenir singulier, c'est-à-dire de déployer la synthèse active des multiplicités qui le traversent, c'est la volonté de faire exister ce qui n'existe pas.

    Etre à la fois la terre et la mer et le navigateur, voilà le salut de l'âme qui s'étend, nous dit deleuze. c'est cela la ligne de fêlure ascendante.

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