Part Commune

  • Le discours de la servitude volontaire Nouv.

  • En avril 1842, Ralph Waldo Emerson avait demandé à son jeune ami Henry David Thoreau de rendre compte des Rapports d'observations scientifiques qu'il avait consultés à Boston. Ce dernier rédigea alors « The Natural History of Massachusetts », premier de ces textes en prose de cette veine qui caractérise l'auteur de Walden. Mais en partant de ces ouvrages sur la flore et la faune du Massachusetts dont il était censé faire la recension, Thoreau va aller plus loin pour se livrer à une réflexion intuitive, poétique et panthéiste sur la science. Ainsi, comparant le naturaliste suédois Linné à Napoléon, Thoreau voyait le scientifique accompli comme celui qui aa su retrouver ses instincts : « L'homme le plus scientifique sera le plus sain et le plus chaleureux, et détiendra une sagesse indienne parfaite ». Dans ce véritable plaidoyer pro domo, qui sonne comme une profession de foi appréhendant « la beauté sauvage de l'ensemble du paysage », Thoreau exposait rien moins que la méthode avec laquelle il entend approcher et explorer la Nature, démarche instinctive qui devait lui permettre d'accéder aux « Lois supérieures » qui la régissent. Ainsi, l'histoire naturelle est avant tout, pour lui, un instrument de réforme morale et spirituelle, en proposant à son lecteur, qu'il soit son contemporain ou le nôtre, de trouver dans cette porosité aux éléments naturels un remède à l'influence corruptrice de la société. Il faut lire ce texte méconnu qui contient en germe toute son oeuvre à venir, comme un petit traité de contemplation et d'émancipation.

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  • Généralement considéré comme un auteur des grands espaces et de la vie sauvage - que les Américains appellent le Wild - Jack London est aussi un écrivain engagé personnellement dans les combats sociaux et politiques de son temps. Ce texte est celui d'une conférence donnée par l'auteur de L'appel de la forêt à Harvard, directement inspirée par la première révolution russe, ce qui fera dire à Leon Trotsky, trente ans plus tard, dans une lettre à la fille aînée de London que ce dernier « a su traduire en vrai créateur l'impulsion donnée par la première révolution russe [et] aussi repenser dans son entier le destin de la société capitaliste à la lumière de cette révolution ». Cette prise de conscience remonte chez London à sa propre expérience ouvrière, qui lui a permis de côtoyer de près les exclus de la croissance et trouvera à s'exprimer magistralement dans sa magistrale dystopie, Le Talon de fer, dans laquelle il décrit une révolution socialiste aux États-Unis, réprimée pendant trois siècles par une dictature capitaliste ayant atteint son paroxysme. Véritable brûlot, Révolution va bien au-delà des appels à l'indignation, que Dario Fo définit avec truculence comme « l'arme suprême du couillon », pour annoncer une insurrection, un soulèvement populaire inéluctable. La violence de certains de ses propos répond elle-même à la violence de la misère qui frappe ceux dont le travail est surexploité pour générer des profits qui ne bénéficient qu'à une oligarchie dont il fustige le cynisme. La résonance de ce texte avec la crise que nous connaissons ne laisse pas de frapper. On peut le lire comme un cri de ralliement ou une implacable et sinistre répétition de l'histoire et de ses errements.

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  • La question juive a un intérêt transcendant pour les quelques fous qui rêvent de savoir le dessous des cartes du Jeu divin ; pour les autres, le livre de M. Bloy aura, du moins, une valeur d'actualité, et les lecteurs de cette catégorie seront bien surpris que l'on traite un tel sujet en citant les évangiles et non pas les « Archives israélites », en invitant le peuple, non pas à « prendre », mais à « comprendre », et en insinuant qu'au-delà des petites querelles de pauvre à riche, il y a la grande querelle du Fini et de l'Infini, autrement insoluble encore, autrement « actuelle » que tout ce que les hommes peuvent inventer dans leur absurde rage d'être malheureux.
    Remy de Gourmont
    Léon Bloy (1846-1917) fut lun des derniers imprécateurs de la langue française. Les éditions La Part Commune ont déjà publié plusieurs de ses ouvrages : Le désespéré, La Femme pauvre, Le sang du pauvre, Poèmes en prose, Sueur de sang et Méditations dun solitaire en 1916.


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  • En 1987, Thérèse Abdelaziz publiait Je, femme d'immigré, un livre-témoignage où elle raconte l'amour choisi et vécu avec Abderrahmane, leur mariage, les incompréhensions de toute une partie de l'entourage, les préjugés racistes qu'il a fallu assumer.
    Quinze ans plus tard, alors que sa vie a changé, alors que son couple n'est plus ce qu'il était, elle décide de rééditercet ouvrage, ajoutant quelques pages " d'actualisation ". Parce qu'elle ressent toujours le même besoin de témoigner. Parce qu'elle croit toujours, malgré les vicissitudes de l'existence, à la force de l'amour. Parce qu'elle veut continuer à entretenir la flamme de la fraternité humaine au milieu des tempêtes racistes et ou intégristes.
    Thérèse Abdelaziz, avec son mari et leurs enfants a fait partie, d'une certaine manière, d'une génération de " pionniers ". Son expérience d'abord (échecs compris), sa foi dans l'avenir ensuite sont à accueillir comme des lumières sur notre route.

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  • La peur du féminin ne veut pas dire la peur de la femme, mais plutôt de cette partie inconsciente du psychisme qui, à notre insu, oriente nos vies. Cette peur se manifeste aussi bien chez les filles qui ne veulent pas ressembler à leur mère que chez les hommes qui craignent pour leur virilité.
    La fille qui n'a pas trouvé sa position de femme annule la différence entre les sexes en s'identifiant à l'homme. L'homme, quant à lui, se coupera de sa composante féminine qui pourra, comme dans le cas d'Alberto Giacometti, être projeté sur la mère qui devient une divinité qu'il passera le reste de sa vie à affronter pour pouvoir exister.


  • avant d'entamer l'éloge du célibat, octave uzanne en a mené sagement la vie, plus prudent que les poètes qui vantèrent l'ambroisie sans y avoir goûté.
    cette précaution suffirait à me mettre en confiance si je n'avais mille autres raisons pour écouter complaisamment ses discours. un homme parle de ses expériences. c'est une philosophie colorée par le rêve, car oú mettrait-on du rêve, si on n'en mettait dans l'amour ? les femmes aimeront-elles ce livre ? il serait surprenant que leur curiosité au moins n'en fût pas émue. qu'elles lui cèdent, si elles se sentent au coeur la volonté d'être des amantes véritables, car l'auteur prévient loyalement.
    il n'a écrit que pour les amants sincères et libres, ce qu'il vous expliquera bien mieux que moi dans une délicate et sage introduction. mais qu'il m'ait jugé digne d'écrire cette préface incertaine, c'était me comprendre dans la troupe sacrée des happy few. c'est pourquoi j'ai modulé ces quelques notes sur la flûte de pan qui ouvre le choeur.

  • «L'atlas, cet élément indispensable dans la boîte à outils du parfait rêveur».
    Parcourir l'atlas (suivi de Petite géographie intime) est une géographie contemplative, celle d'un rêveur, qui se promène sur les cartes, les atlas, les guides, et y repère reliefs, plaines, ou vallée, et nous amène ainsi à voyager dans une sorte de songe poétique, à «grande échelle».
    Un ouvrage qui fait sentir cette lenteur des promenades de côtes et les regards, les odeurs qui peuvent s'y porter, en resituant ces images mobiles et immobiles, ces temps longs, ces géographies minuscules et si immenses à la fois, les estuaires comme les rias, tous ces équilibres si fragiles à tenir, qui passent et dépassent la vie. Une écriture remplie de poésie, un ryhtme simple et immédiat.


  • avec tout le sel qui fait le style entre tous reconnaissable de l'auteur de gulliver et du conte du tonneau, jonathan swift distille dans les deux textes que nous avons réunis, de précieux conseils qui mêlent sagesse et ironie.
    bien sûr, il convient de ne pas prendre au pied de la lettre tous ces conseils à un jeune le poète, mais l'auteur entend faire appel à l'intelligence du destinataire - et du lecteur - pour qu'il sache faire le tri. quant à l'essai sur la conversation, on y retrouve la verse caustique de swift qui s'inscrit dans la lignée d'un aristophane ou d'un voltaire. ce qui fait la force et la vivacité de l'un et l'autre de ces précieux préceptes, c'est sans doute qu'il suffirait d'y changer quelques noms pour qu'ils paraissent avoir été écrits aujourd'hui.


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  • Ces dix-huit lettres adressées par Gaston Bachelard à Louis Guillaume entre le 21 octobre 1951 et le 30 juin 1962 illustrent avec chaleur les relations que le philosop he a
    entretenues avec les poètes de son temps. Elles montrent d'une part comment Gaston Bachelard avec une puissance d'accueil exceptionnelle trouvait dans une poésie en train de s'élaborer matière à poursuivre ses recherches sur l'imagination. Elles mettent en évidence d'autre part l'importance pour un poète de trouver un interlocuteur de haut bord qui puisse le lire avec perspicacité et le conduire encore plus loin dans sa démarche créatrice. Cette correspondance fonctionne aussi comme le révélateur du visage secret de l'âme d'un philosophe ainsi que d'un poète qui puisait les mots au plus profond de lui-même.

  • Quel est le fil conducteur qui a assuré à la vie et à l'oeuvre de Jung son unité ? Et de quelle sorte d'unité s'agit-il lorsque ce qui sous-tend la démarche ce sont des conflits d'opposés dont la violence se manifeste sous des formes multiples, avec la souffrance et les déchirures qui les accompagnent.
    L'unité du projet n'est donc pas une unité réalisée mais à réaliser. C'est un processus enclenché très tôt, dès l'enfance, et qui a amené Jung, au terme de sa vie, à le nommer comme un mysterium, non pas au sens d'une énigme à trouver, mais d'un opus vers lequel on ne peut que tendre avec crainte et humilité. C'est une quête dont le résultat n'est pas donné d'avance, un voyage exploratoire dont on découvre qu'il n'est pas un itinéraire aux étapes jalonnées au préalable.
    Ce voyage est une pérégrination, un va-et-vient sans idée préconçue.

  • Des religions, il y a cette énormité : prétendre pouvoir être au-dessus de Dieu, comme si, de la toute puissance et connaissance, nos monothéistes savaient, mieux que lui, ses secrets et volontés.
    Mais ce Dieu de création et de bonté, c'est-à-dire subtil, que nous dirait-il s'il sortait de son indéfini silence ? De quoi et de qui ferait-il l'éloge ou la critique ? Si Dieu tombait sur ces Textes de sectes, ne serait-il pas pour ces cryptes une lumière purificatrice et destructrice ? Nous inviterait-il, pour efficacement contredire cette dérive manichéenne de l'amour à la violence, à parler, écrire, une Contre Bible, comme l'appelait de ses v?ux Nietzsche...
    ? Contre ce manichéisme moyen-oriental, doux aussi, mais violent dans son essence, contradictoire, dont le symbole est Oussama Ben Laden, il s'agit de mettre en oeuvre, sans attendre, ce fameux dialogue des civilisations, par delà leur Bien et leur Mal. Car s'il peut cesser d'être hypnotisé par la seule, et du coup, pauvre culture islamique, pour découvrir le monde, les femmes, notre Histoire qui est la sienne aussi, nous pouvons espérer, sinon...

  • Pourquoi la mythologie ?

    Le principal intérêt que la mythologie présente d'un point de vue clinique, c'est que l'être humain ne peut pas vivre sans mythe, c'est-à-dire sans croire à une histoire qui décrit l'univers, lui raconte son origine, l'origine de chaque chose, l'inclut et lui assigne sa place.
    II n'existe pas de groupement humain, aussi petit soit-il, qui n'ait élaboré des récits qui organisent et trouvent un sens à ce qui, sinon, serait le chaos. Un mythe très archaïque, le Corbeau divin des Koriaks, puis un lieu, le Mont Cithéron, investi par la mythologie grecque, introduisent le lecteur au sein de ces imaginaires et nourrissent l'interrogation de l'auteur sur la fonction du mythe. Des exemples issus de sa pratique analytique illustrent la dernière partie de ce livre.

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