Histoire autre

  • L'affaire Dreyfus a fini depuis longtemps de diviser le pays, les salons et jusqu'aux familles. L'innocence du capitaine Dreyfus ne souffre pas discussion. En revanche, l'Affaire elle-même, par son ampleur et ses conséquences, est devenue un objet d'histoire plus que jamais vivant.
    De l'accusation d'espionnage à la réhabilitation de Dreyfus, c'est cette histoire que Pierre Miquel raconte, décrivant, à travers elle, l'antisémitisme de la France de la fin du XIXe siècle, le pouvoir de la presse, la naissance de la figure de l'intellectuel et le triomphe (tardif) de l'opinion sur les forces traditionnelles que sont le Parlement, le gouvernement, la justice et l'armée. À lire également en Que sais-je ?...
    L'antisémitisme, Pierre-André Taguieff
    Les erreurs judiciaires, Jacques Vergès

  • Le silence n'est pas la simple absence de bruit. Il réside en nous, dans cette citadelle intérieure que de grands écrivains, penseurs, savants, femmes et hommes de foi, ont cultivée durant des siècles. À l'heure où le bruit envahit tous les espaces, Alain Corbin revient sur l'histoire de cet âge où la parole était rare et précieuse.
    Condition du recueillement, de la rêverie, de l'oraison, le silence est le lieu intime d'où la parole émerge. Les moines ont imaginé mille techniques pour l'exalter, jusqu'aux chartreux qui vivent sans parler. Philosophes et romanciers ont dit combien la nature et le monde ne sont pas distraction vaine. Une rupture s'est produite, pourtant, aux confins des années 1950, et le silence a perdu sa valeur éducative. L'hypermédiatisation du XXIe siècle nous contraint à être partie du tout plutôt que de se tenir à l'écoute de soi, modifiant la structure même de l'individu.
    Redécouvrir l'école du silence, tel est l'enjeu de ce livre dont chaque citation est une invitation à la méditation, au retour sur soi. Avec ce goût pour l'insaisissable qui a donné naissance à ses plus grands livres, (Le miasme et la jonquille, Les cloches de la terre...), Alain Corbin nous invite à entendre une autre Histoire.

  • À travers ce livre, l'auteur invite le lecteur à parcourir l'histoire de ce géant de l'Afrique Centrale bordé par neuf pays voisins. Les nombreuses questions, regroupées en quatre parties (Histoire, Géographie, Politique et Culture & Sports) ajoutent une connaissance supplémentaire sur la République Démocratique du Congo et intéressera toute personne (scientifique, étudiant, parent, enfant...) désireuse d'en apprendre davantage sur ce pays.

  • Faut-il baptiser les enfants des juifs contre la volonté de leurs parents ? Cette question surgit à la fin du xiiie siècle dans une controverse scolastique qui forme le point de départ de l'enquête. Un fil rouge s'en dégage : plus que le baptême, c'est le rapt des enfants juifs qui est au coeur du débat dont le pouvoir du prince et les droits des parents forment les principaux termes. Enchâssé dans les représentations du péril juif pour l'enfance, le motif de longue durée des « arrachements sauveurs » trouve ici ses prémices. L'abstraction scolastique prend chair dans une histoire de violence, dont les enfants sont l'enjeu et les juifs la cible. Elle s'étaye de sources juridiques et judiciaires, de chroniques et d'exemples, de récits, de fictions et d'articles contemporains.
    Éléments théoriques, situations concrètes et discussion historiographique se tissent dans une étude qui embrasse le problème du baptême forcé des enfants juifs dans tous ses aspects. Ce livre aborde, à partir de leurs formes médiévales, les questions toujours actuelles sur la part de la filiation, de l'éducation, de la volonté et de la mémoire dans la construction des identités, sur les heurts entre droits et pouvoirs, sur l'imbrication et l'efficacité sociale des constructions intellectuelles, des croyances et des stéréotypes.

  • Le terroir se révèle le lieu anthropologique majeur qui a informé depuis des siècles l'histoire de la Sénégambie et, au-delà, son insertion dans l'histoire globale de l'Afrique de l'Ouest. Ce livre a fait le pari d'établir une continuité de l'espace des terroirs et des communautés humaines depuis l'Adrar mauritanien jusqu'au coeur de la nébuleuse mandingue. L'auteur montre comment la fabrique de l'espace local et régional participe d'un universalisme indigène qui a traversé tous les âges historiques du Xème au XXème siècles.

  • Français et Croates ont entretenu au cours des siècles de multiples relations y compris dans le domaine de la culture, des études et des sciences. Dès le Moyen-âge, les étudiants de la Croatie continentale s'orientent vers les universités occidentales, parmi elles des universités françaises. Les intellectuels croates, issus de l'université de Paris virent dans la mise en place d'une communauté occidentale unie un espoir de liberté mais aussi l'occasion de bâtir une Europe des peuples égaux, à l'aube des temps nouveaux.

  • Cet ouvrage explique le cycle interséculaire du libéralisme et du communisme, qui couvre la période moderne depuis le XVIIIe siècle. Il apporte sur le plan scientifique la théorie nouvelle des quatre rebonds : fin de l'hégémonie européenne, par les deux guerres mondiales, avec la création de l'URSS et de la République populaire de Chine ; domination des États-Unis et réduction de l'Europe à un protectorat ; élimination de l'URSS en 1991 ; rebond de la Chine communiste sur la place Tian'anmen en 1989. Le conflit actuel entre l'Occident libéral et l'Eurasie à dominante chinoise se développe à partir de la théorie du crabe.

  • Du XVIè au XVIIIè siècle, l'administration russe a désigné les Cosaques ukrainiens par le nom de « Tcherkasses », une variante de l'appellation courante des Tcherkesses du Caucase septentrional. On découvre ainsi qu'il existe de nombreux indices d'une présence des vrais Tcherkesses en Ukraine et dans les steppes russes, dès l'époque de la domination mongole. Cette étude retrace le processus qui a conduit à transférer leur nom aux Cosaques et pose l'hypothèse de leur participation directe à la formation de la première Cosaquerie ukrainienne. Elle replace la question dans le contexte plus large des migrations nord-caucasiennes en Europe orientale, dont on constate la répétition au fil de l'Histoire.

  • Jamais personne n'avait écrit la suite d'Hérodote, sauf Charon de Lampsaque, mais son livre est perdu. L'Enquête d'Hérodote s'arrête en 478 avant notre ère. Alors que les datations des invasions perses et de la guerre du Péloponnèse sont bien établies, la reconstitution de la chronologie de ces quarante-huit années entre ces deux guerres continue de poser des problèmes. C'est le cas surtout pour les deux premières décennies de cette période pour lesquelles les dates proposées divergent souvent de plusieurs années. D'où vient alors le problème ? Ce livre, sous forme d'enquêtes, raconte la suite des événements des guerres médiques avec la naissance de l'empire athénien jusqu'à la veille des réformes d'Éphialtès à Athènes, c'est-à-dire 463 avant J.-C. Écartant d'emblée la chronologie des rois de Perse pour se fixer uniquement sur des données grecques, l'ouvrage prend le contre-pied de toutes les thèses existantes sur cette période. Les recherches d'Hubert Bouteille cherchent à démêler le vrai du faux et débouchent sur une découverte stupéfiante : les Perses ont falsifié la chronologie de leurs rois, Xerxès et Artaxerxès, pour une raison inconnue, semant la confusion dans la chronologie des événements racontés par les auteurs grecs. Mais le croisement des sources, et en particulier des deux historiens grecs les plus fiables de l'Antiquité grecque, permet de retracer l'histoire de ces cinquante ans entre les deux plus grands conflits que la Grèce ait connus au Ve siècle avant notre ère, les guerres médiques et la guerre du Péloponnèse. Un livre d'histoire fascinant et indispensable à placer dans votre bibliothèque entre Hérodote et Thucydide.

  • Les châteaux royaux en Val de Loire ont été des lieux de pouvoir avant de s'inscrire dans l'espace commun en tant que lieux publics. Symboles de la majesté des souverains durant deux siècles, ils sont ensuite délaissés pour Paris puis Versailles, menacés de destructions ou de dispersion, restructurés et réemployés. Que présenter au visiteur soucieux d'apprendre, de comprendre ces demeures qui sont une condensation d'histoire de l'art et d'histoire politicoculturelle ?

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