P.I.E-Peter Lang S.A., Éditions Scientifiques Internationales

  • Cet ouvrage a reçu le Prix d'Aumale de l'institut de France en 2010. Lorsque la France reçoit des délégations venues du monde entier pour redessiner l'Europe à la Conférence de la Paix de 1919, son principal souci est déjà de gagner la prochaine guerre face à l'Allemagne. La Tchécoslovaquie et la Pologne sont alors désignées comme les deux piliers de l'architecture de sécurité en Europe centre-orientale à condition que celles-ci acceptent d'accorder leurs lignes diplomatiques et militaires. Quelles initiatives françaises tentent de forcer l'entente entre Prague et Varsovie ? Quelles forces font obstacle à la nécessaire cohérence stratégique de ces trois acteurs qui peinent à devenir partenaires ? Pour saisir toute l'ampleur de cet enjeu central de la politique française à l'Est de l'Allemagne, les aspects militaires, diplomatiques et économiques sont ici croisés, permettant de clarifier les différentes influences qui orientent les relations internationales : marge de manoeuvre des gouvernements, processus de décision dans les ministères et les états-majors, poids du ressentiment dans la recherche d'une légitimité internationale. En abordant l'histoire d'un rendez-vous manqué, cet ouvrage éclaire l'une des raisons majeures de l'échec du système de sécurité français de l'entre-deux-guerres, mais aussi l'un des nombreux quiproquo que révèle l'histoire contemporaine des relations entre la France et les nations d'Europe centre-orientale.

  • Depuis plusieurs décennies, les usages du numérique en histoire se multiplient. Mais l'histoire contemporaine est parfois restée à la marge de ce mouvement. Ce livre, qui recouvre divers usages du numérique, ses outils, ses méthodes, sera à la fois une bonne introduction pour les historiens désirant se renseigner sur les usages informatiques en histoire contemporaine, et un outil utile aux chercheurs et aux enseignants plus rompus à cette utilisation. Cet ouvrage leur permettra de comparer leurs pratiques et de les approfondir dans le cadre des humanités numériques. Digital practices in the field of history have become more and more widespread in recent decades, but contemporary historians have often tended to remain on the sidelines of this trend. This book, which covers a wide range of digital practices, tools and methods, will serve both as a solid grounding for historians keen to learn how information technology can be applied to contemporary history, and as a useful tool for researchers and lecturers who already have a degree of experience in this area. It will enable scholars to compare and further their practices in the area of digital humanities, providing a comprehensive vision of the emerging field of digital history.

  • Au XXe siècle, l'Europe centrale et orientale a été l'épicentre de tensions internationales. Soumise aux ambitions de puissances totalitaires, elle a connu leur emprise idéologique. La diplomatie culturelle déployée par la France dans cet espace, de 1936 à 1940 puis dans les années succédant à la Seconde Guerre mondiale, a eu une double dimension : stratégique et idéologique. À partir d'archives et d'entretiens, ce livre en étudie les enjeux, les modalités, les adaptations renouvelées, les limites. Il observe les continuités et les évolutions entre les deux temps, et, sous l'angle culturel, appréhende la complexité d'une entrée en guerre froide. Dans la fin des années 1930, l'affirmation culturelle est ambitieuse, multiforme, face aux avancées de l'Allemagne nazie et de l'Italie fasciste ; elle connaît des inflexions après « Munich », en particulier une symbiose entre « culture » et « information ». Ultérieurement, alors que les Alliés, vainqueurs, sont très présents, il s'agit d'une reconstruction pour retrouver une position d'influence. La France de 1945, affaiblie, mobilise ses ressources ; elle affiche sa proximité avec les mutations en cours à l'Est. Rapidement, le contexte international, l'évolution des États sous tutelle soviétique, les choix de la France - intérieurs et en politique étrangère - s'interposent dans la poursuite de l'action. Aux espoirs de concordances succède un réalisme face à une « Normalisation ». Une diplomatie culturelle « en résistance » est confrontée à une élimination programmée par le Kominform et ses relais. L'éviction du Bloc de l'Est s'inscrit dans un processus qui atteint l'ensemble des puissances occidentales.

  • « Écrire le voyage, c'est transformer l'expérience en conscience » notait André Malraux. Plus que pour la chronique des déambulations qu'il contient, le récit de voyage est un outil particulièrement précieux pour bâtir une histoire des représentations et des relations culturelles internationales. Les voyageurs artistes, intellectuels et militants politiques présentent un intérêt spécifique car ils prolongent souvent leur expérience par un acte de création artistique, littéraire ou testimonial. Éducatif, érudit ou humaniste, leur voyage doit contribuer à produire un savoir sur le monde et sur soi ; il est d'abord la quête d'un « signalement de l'univers », pour reprendre la formule de Théophile Gautier qui fut lui-même un grand voyageur. Dans cet ouvrage, l'expérience du voyage importe donc surtout comme pratique et comme moment de confrontation avec une culture et une société étrangères. Il s'agit d'observer de quelle façon le déplacement dans un pays étranger, sa découverte ou redécouverte, orientent la perception de l'autre pays. Trois aires culturelles, outre la France, ont été privilégiées, chacune - Italie, Espagne, monde lusophone - ayant construit une identité forte autour du voyage et de la mobilité.

  • Albert Schweitzer fut un homme de premier plan dans bien des domaines. Comme théologien, philosophe, musicien et surtout comme médecin, il est universellement connu et entouré d'un véritable mythe. Contrairement à ce qui est communément admis, c'est à Schweitzer lui-même que la construction de ce mythe est pour la plus grande partie redevable. L'essentiel de ce que l'on sait sur la vie et la carrière de l'illustre médecin de la forêt équatoriale a comme source ses écrits autobiographiques. L'originalité de la présente étude est de confronter pour la première fois à la réalité historique les informations livrées par Schweitzer relativement à sa carrière, ses recherches et sa philosophie. De cette confrontation il ressort que, dans bien des cas, Schweitzer se dépeint sous un jour qui est peu conforme à la réalité.

  • Cet ouvrage part du postulat que le degré d'effervescence mémorielle est proportionnel au degré de violence subie dans le passé ou de silence imposé et perçu comme une injustice non réparée. Les mobilisations mémorielles autour d'un devoir de mémoire prennent souvent la forme violente de « guerres de mémoire ». Leur violence symbolique (ou autre) est en corrélation avec la violence des conflits passés : violence résultant de la conquête de territoires, violence politique des régimes dictatoriaux, violence des vainqueurs envers les vaincus, violence des empires à l'égard de leurs sujets, violence de guerres civiles et de luttes de libération nationale... Querelleuses, les mémoires de conflits alimentent des tensions politiques, susceptibles de déclencher de nouveaux conflits.
    Comment ces revendications à caractère purement mémoriel deviennent-elles un enjeu de lutte sociale et politique ? Quelle est l'attitude de l'État face aux visions alternatives, non officielles du passé ? Ces dernières parviennent-elles toujours à modifier le paradigme du grand récit national ? À quelles conditions peut-on arriver à un apaisement mémoriel durable ? Quelles sont les stratégies pour le rapprochement entre deux nations, autrefois belligérantes, ou pour la recherche d'une cohésion au sein d'une société divisée ? Un devoir de mémoire ne devrait-il pas s'accompagner d'un devoir de vérité pour toutes les parties impliquées dans le conflit ? C'est à ces questions, d'ordre d'abord éthique, que tentent de répondre les auteurs de cet ouvrage.

  • Cet ouvrage se concentre d'abord sur les évènements qui, en Belgique et en Afrique centrale, marquent la période de mai 1955 à novembre 1965, en ménageant une place aux témoins. Il invite ensuite à visiter ou à revisiter des sources qui n'ont pas encore livré toutes leurs richesses (cinéma, télévision, archives dont certaines demeurent totalement inexploitées). En?n, tandis que le Congo, à l'instar de la plupart des anciennes colonies de l'Afrique sub-saharienne, devient indépendant, « le Tiers Monde ignoré, exploité, méprisé comme le Tiers État » (Alfred Sauvy) fait l'objet de la sollicitude d'instances internationales et européennes. Ce qu'en style Nations unies on appelle les pays sous-développés constitue un enjeu considérable dont les facettes politiques, économiques, sociales et culturelles sont multiples. Les politiques d'aide au développement qui voient le jour, notamment dans le cadre de l'Europe des Six, interfèrent avec les politiques nationales que d'aucuns quali?ent de néo-colonialistes. Phénomène transnational comme l'avait été la colonisation, la décolonisation ouvre la voie à des pratiques voyant coexister la survivance plus ou moins dense de liens bilatéraux entre anciennes colonies et anciennes métropoles avec une européisation de celles-ci.

  • Le 4 août 1914, l'armée allemande envahit la Belgique, État neutre aux traditions peu martiales, qui se trouve propulsé au coeur même de l'immense conflit qui va marquer tout le XXe siècle - y compris le sien, et notoirement... La société belge en guerre forme le sujet de cet ouvrage qui constitue le premier essai de synthèse de l'histoire belge entre 1914 et 1918 depuis l'étude d'Henri Pirenne (La Belgique et la Guerre mondiale, 1928). Le « Moment 1914 », c'est le refus de l'ultimatum de Berlin, l'invasion, l'exaltation de la Belgique héroïque, puis, à l'occasion des massacres des civils, de la Belgique martyre. Ensuite, la guerre s'installe dans la durée : cinquante mois d'occupation, de silence, d'amertume et de misères multiples. Temps de solidarité mais aussi de méfiance, de résistances mais aussi de défaillances, de célébration de la patrie mais également, pour certains, de refus de l'« idée-Belgique ». Tout comme le front militaire, le front de l'intérieur va pourtant tenir. Les années maigres de l'après-guerre révéleront toutefois, très vite, la mémoire de guerre comme source de divisions. La Grande Guerre fut cependant une expérience commune. Elle ne peut se penser que dans le contexte global de la société belge. Un livre qui bouscule bien des clichés ou des positions partisanes. Un livre qui permet d'entrer réellement dans les strates les plus profondes de la société belge au XXe siècle.

  • Avec ses quelque trois millions de morts civils et militaires, et ses innombrables destructions matérielles, la guerre dite du Vietnam reste à ce jour une des plus grandes tragédies humaines depuis 1945. Une réflexion sur les conditions politiques, diplomatiques et militaires dans lesquelles s'est effectuée la sortie de la guerre, entre 1968, année de l'ouverture des négociations américano-vietnamiennes à Paris, et 1976, date de la réunification administrative du Vietnam, semble d'autant plus opportune que grandit actuellement l'inquiétude sur les perspectives de l'après-guerre en Afghanistan. Inspirés d'un colloque international réuni à Paris, en 2008, les textes rassemblés ici par Pierre Journoud et Cécile Menétrey-Monchau abordent cette étape de la sortie de guerre principalement sous l'angle diplomatique, mais débordant largement le spectre diplomatique traditionnel. Quelques-uns des meilleurs spécialistes croisent ici leur analyse de cette phase finale de la guerre, revenant sur les négociations qui ont mis fin à la dimension américano-vietnamienne du conflit, avec l'Accord de Paris du 27 janvier 1973, avant que les armes ne tranchent l'autre guerre, celle entre Vietnamiens, le 30 avril 1975. Ce livre est accompagné d'un DVD avec des témoignages inédits sur les coulisses des négociations de Paris qui ont mis fin à la guerre du Vietnam (1968-1973). With its three million civilian and military casualties and the enormous material destruction it brought about, the Vietnam War remains one of the worst human tragedies since 1945. Growing uncertainty about the potential post-war situation in Afghanistan has renewed interest in the political, diplomatic and military conditions that brought about the end of the Vietnam War - the period covered by the opening of Vietnamese-American negotiations in Paris in 1968 up to the administrative reunification of Vietnam in 1976. The texts collected in this volume by Pierre Journoud and Cécile Menétrey-Monchau, first inspired from an international colloquium held in Paris in 2008, analyse the full range of exit strategies exploited during this period. Although written primarily from a diplomatic perspective, the focus of this publication extends well beyond the traditional realm of diplomacy. Some of the most eminent specialists present their analysis of the final phase of the war, and re-examine the negotiations which brought the Vietnamese-American phase of the conflict to an end with the Paris Agreement of January 27, 1973, before the other war, between the Vietnamese themselves, was decided by the force of arms on April 30, 1975. Provided with this book is a DVD with new testimonies on the Paris Peace negotiations that ended the Vietnam War (1968-1973).

  • Au-delà des deux dates charnières de 1973 et 1979, il importe de considérer les évolutions qui ont touché l'Europe de l'ouest comme des mutations nécessaires dans un monde de moins en moins bipolaire. À travers ses épreuves et ses hésitations, la Communauté européenne construit malgré tout un parcours original dans le domaine énergétique. Consciente de ses faiblesses, elle n'a pas toutes les armes pour dépasser ses contradictions. Mais la période 1960/1980 lui permet au moins de poser les bases de solutions adaptées aux réalités du Vieux Continent.

  • Le 9 novembre 1989 au soir s'ouvrait le Mur de Berlin. Vingt-huit ans durant, il avait divisé la ville, l'Allemagne, l'Europe et même le monde en deux blocs rivaux. Il devint l'un des emblèmes majeurs de la guerre froide. Erigé pour mettre fin à la fuite vers l'Ouest des Allemands de l'Est, il fut à l'origine de la mort de plus de 130 personnes, soulevant émotions et indignation internationales. L'ouverture puis la démolition du Mur ont été vécues par les contemporains comme un véritable changement d'époque, mettant fin à l'ordre bipolaire. En une quinzaine de chapitres, cet ouvrage retrace l'histoire du Mur dans différentes perspectives - berlinoises, allemandes et internationales - de sa construction en août 1961 à sa chute en novembre 1989. Les auteurs, historiens, germanistes, philosophes, historiens d'art et de la musique ou professionnels des métiers d'art et de la conservation, partent en quête des traces matérielles et symboliques du Mur, au temps du Mur comme après sa disparition. Les mémoires du Mur, plurielles mais inégalement audibles, et ses représentations à travers la littérature et les différentes formes artistiques sont au coeur du livre. Il n'est guère de lieux qui aient connu un tel renversement des valeurs : Dénoncé comme « Mur de la honte » ou légitimé comme « rempart de la paix », associé pendant plus d'un quart de siècle à la violence et à la propagande, le Mur est devenu après 1989 l'un des principaux emblèmes de la liberté et de la jubilation collective. Ce retournement symbolique explique l'extraordinaire présence, à Berlin et au-delà, d'un Mur aujourd'hui pourtant très largement effacé dans sa matérialité.

  • Peut-on penser le pouvoir sans l'associer à des réseaux ? Comment analyser autrement le développement de l'économie de marché, de l'entreprise à la mondialisation, et expliquer différemment le rôle de la finance dans l'émergence du capitalisme moderne? Comment interpréter la nature du pouvoir dans l'éducation et la culture sans parler des réseaux qui les irriguent au même titre que ceux qui façonnent la politique, de l'échelon local à celui de la société internationale ? C'est à ces questions qu'une équipe d'historiens, d'économistes et de politistes tente d'apporter une réponse dans une approche disciplinaire traversant les époques, du XVIIIe siècle à aujourd'hui, et associant les réalités françaises aux problématiques européennes, impériales et transnationales. Partant d'une définition commune de la notion de réseaux à la fois comme articulation entre des structures et comme lien entre des personnes, la vingtaine d'études ici rassemblées explore le rôle de ces mécanismes au coeur de multiples zones de pouvoir : la banque, l'entreprise, le commerce international, la culture, l'Etat ou la domination coloniale. Chaque contributeur l'a fait de manière distincte, soit au travers d'études de cas soit par le biais de synthèses plus larges. Mais, derrière cette diversité d'analyse, il existe une exigence méthodologique collective qui donne toute sa pertinence et toute sa cohérence à cet ouvrage : partir des faits concrets pour aboutir à une réflexion thématique globale. Au bout du compte, il en ressort la confirmation du postulat initial de ce livre : l'interpénétration du pouvoir et des réseaux. Une intégration dont les formes ont évolué dans la durée et qui a réussi à se pérenniser, portée qu'elle est par les modes de représentation spécifiques aux sociétés occidentales.

  • Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe libérée est traversée par une même soif de justice à l'égard des anciens ennemis et de leurs collaborateurs. Ce livre interroge ce « moment 1945 » comme une expérience, sinon totalement commune, du moins largement partagée par delà la coupure Est-Ouest du continent qui s'installe rapidement. Dans une perspective d'histoire comparée, son objectif premier est de faire dialoguer des historiographies nationales des « épurations » déjà riches mais qui s'ignorent le plus souvent. Au-delà, le pari de cet ouvrage collectif réside dans sa capacité à proposer de manière originale les bases d'une histoire connectée et transnationale des épurations européennes. Pour ce faire, les auteurs portent une attention particulière aux phénomènes de circulation et de transferts en matière de normes, de pratiques, voire d'acteurs des épurations, puis des « dés-épurations ». De même, ils accordent une place privilégiée aux populations « déplacées » dans ce contexte, en considérant les expulsés, exilés et réfugiés comme un autre phénomène marquant de l'histoire chaotique de l'Europe post-1945 qu'il convient de relier à l'histoire des épurations.

  • Les modérés sont-ils les oubliés de l'histoire ? Vertu morale, la modération n'est guère magnifiée comme principe politique et l'historiographie fait plus volontiers la part belle aux révoltés qu'aux pacificateurs, trop souvent suspects de faiblesse ou de compromission. Depuis les guerres de religion jusqu'aux nouveaux enjeux républicains, les occasions n'ont pourtant pas manqué aux théoriciens comme aux acteurs politiques d'inventer et de mettre en oeuvre cette modération bien utile à la résolution des crises politiques et religieuses.
    Mais la modération relève-t-elle d'un choix délibéré et théorisé de tempérance ou de mesure, ou au contraire d'un art de se frayer un chemin pragmatique entre les extrêmes, dans un contexte marqué par de fortes oppositions ? La modération peut-elle être le choix des forts et pas seulement celui des sages ou des résignés ?
    À travers une vingtaine de contributions, cet ouvrage entend cerner cette notion, en traquant ce que des démarches, personnelles ou collectives, globales ou géographiquement localisées, durables ou éphémères, volontaires ou contraintes, peuvent présenter de commun. Cette mouvance, dont l'unité de pensée et d'action reste à prouver, met en débat les catégories traditionnellement utilisées de « tiers parti » ou de « troisième voie ». Peut-être les modérés sortiront-ils alors de cette zone grise dans laquelle les historiens les ont longtemps relégués.

  • On 9th May 1950 Robert Schuman (1886-1963) made the historic declaration that would form the foundation of the European Community. What is seldom appreciated is the remarkable degree to which Schuman's actions were the conscious implementation of the Neo-Thomistic project of Pope Leo XIII (1878-1903). Leo sought to employ the intellectual resources of St Thomas Aquinas to achieve «the restoration, both in rulers and peoples, of the principles of the Christian life in civil and domestic society». The resolution of the Church's difficulties with the French Republic and republicanism generally was a central goal of Leo's programme. In the half-century that followed a series of philosophers sought to envisage the concrete conditions under which Leo's vision could be realised. Foremost among them was Jacques Maritain (1882-1973). Robert Schuman was a close student of Aquinas and committed to the reconciliation of the Church and the Republic. As French Foreign Minister he sought to act upon Maritain's belief that a European federation conceived under the banner of liberty would ultimately lead to the establishment of a new Christendom.

  • Ce livre s'inspire des expériences personnelles d'un diplomate espagnol qui a travaillé entre 1986 et 2013 à Bruxelles, auprès des institutions européennes et de l'OTAN. Dans un premier temps, l'auteur évoque son passage à la Commission Européenne, sous l'égide de Jacques Delors, au moment où la construction du marché unique battait son plein, l'Allemagne se réunifiait, la nouvelle Union s'élargissait vers l'Est, se projetant aussi vers la Méditerranée et l'Amérique Latine, et la paix au Proche Orient paraissait possible.
    Se trouvant auprès de l'OTAN le11 septembre 2001, l'auteur fut également un témoin privilégié du moment où le vent tourna et où l'Alliance, après avoir cru qu'elle pouvait se passer de sa politique de défense traditionnelle face à un agresseur unique et bien identifié, et initier une nouvelle étape centrée sur le maintien de la sécurité dans les Balkans, dut faire face à un tout autre ennemi : le terrorisme islamiste. Le dernier chapitre décrit les deux années pendant lesquelles, alors que Juan Prat était délégué de la Catalogne auprès des Institutions européennes, se propagea un mouvement promu par des groupes politiques séparatistes qui, s'appuyant sur les sentiments identitaires et une propagande bien montée, revendiquèrent l'indépendance de la région.
    Ce témoignage se conclut par des commentaires personnels sur la situation de l'Union Européenne, de l'OTAN et plus généralement du monde après la première pandémie du XXIème siècle, pour laquelle - encore une fois - personne n'était préparé. Tout cela dans un scénario nouveau avec, en toile de fond, la Chine prête à redevenir l'Empire du Centre, dans un monde en pleine effervescence.

  • Si les institutions communautaires de l'Europe permettent aujourd'hui d'identifier un espace politique et économique, qu'en est-il du sentiment d'appartenance des Européens à une civilisation partagée ? En dépit de nombreux traits d'union, leurs identités et leurs cultures matérielles demeurent multiples. Ce premier livre de la collection « L'Europe alimentaire » s'inscrit dans une dynamique croissante de l'intérêt porté par des publics divers et nombreux aux pratiques de l'alimentation. Il réunit les positions de spécialistes des cultures alimentaires sur la notion, très complexe à définir, des identités alimentaires. Cet ouvrage croise l'analyse de l'anthropologie et de l'histoire pour présenter la formation des patrimoines gastronomiques, les processus d'échanges culinaires et l'émergence, à différentes époques et dans plusieurs pays de recettes, de produits ou de manières de manger. Il s'en dégage que les Européens ont su à la fois développer des traditions locales très marquées et faire confluer leurs goûts par la circulation des marchandises, des hommes et des idées. La stratégie contemporaine, et capitale pour l'Europe, de valorisation par la qualité de ses produits considérés comme typiques, trouve dans ce récit les sources originelles d'un patrimoine commun aux Européens.

  • Actas del seminario doctoral de verano, «Memorias y Lugares de Memoria de Europa», organizado por la Fundación Academia Europea de Yuste con la colaboración de la Red SEGEI en el Real Monasterio de Yuste y Palacio de Carlos V, en Extremadura, España (del 6 al 9 de julio de 2009). Actes du séminaire doctoral d'été « Mémoires et lieux de mémoire en Europe » organisé par la Fondation Académie européenne de Yuste avec la collaboration du réseau SEGEI, au Monastère royal de Yuste et palais de Charles Quint en Estrémadure, Espagne (du 6 au 9 juillet 2009). Proceedings of the doctoral summer seminar, «Memories and Places of Memory of Europe», organised by the European Academy of Yuste Foundation in cooperation with the SEGEI network, in the Royal Monastery of Yuste and Palace of Charles V, in Extremadura, Spain (from 6th to 9th July 2009).

  • L'engagement européen de Raymond Aron est méconnu. Au mieux, on entrevoit qu'il rejette dos à dos Monnet et De Gaulle, preuve de son euroscepticisme supposé. Au pire, on le considère comme le chantre d'un atlantisme forcené où l'Europe est assujettie aux Etats-Unis. La question ne se règle pas aussi facilement. Il s'agit d'étudier l'itinéraire européen d'Aron tout au long de ses actions de militant et de ses écrits, dès ses premiers articles au début des années trente jusqu'à ses derniers éditoriaux en octobre 1983. Comment a-t-il pensé l'Europe à travers ses livres, articles, cours et conférences ? Quel Européen se bat pour quelle forme d'Europe ? Croit-il en une identité européenne spécifique ? En abordant des thèmes récurrents dans les travaux d'Aron, comme le devoir de responsabilité de l'intellectuel, la question du déterminisme historique, la dénonciation de l'idéologie et de ses dangers, la lutte contre le totalitarisme, l'analyse des relations internationales et la problématique de l'hypothétique crise ou décadence de la civilisation occidentale, ce livre a pour ambition d'éclairer par un prisme original - l'Europe - la figure d'un des plus grands intellectuels français du XXe siècle.

  • À la différence de son prédécesseur, Charles de Gaulle, Georges Pompidou a appréhendé le projet européen non seulement dans sa relation avec le fait national, mais également en lui-même. L'originalité de sa pensée est présentée dans cet ouvrage qui réunit ses interventions publiques mais aussi une large sélection de documents issus des archives de la Présidence de la République, annotés par Georges Pompidou et souvent inédits. Dès l'époque de la crise de la chaise vide, en 1965, Georges Pompidou constate que l'insertion de la France dans la Communauté est un processus irréversible sur lequel il faut s'appuyer. C'est ce qu'il cherche à faire en associant l'intérêt national dont il avait la charge au potentiel offert par la Communauté. Il le fait dans le domaine économique et monétaire, en politique étrangère, hautement symboliques des rapports de force avec l'Amérique, en impulsant de nouvelles politiques communes. Il rejoint cependant le Général en cherchant à promouvoir une « Europe européenne », ce qui le conduit à émettre des réserves quant aux évolutions institutionnelles souhaitées par les partenaires de la France. Cet ouvrage montre également que la démarche de Georges Pompidou relève d'une vision fort ancienne de l'identité européenne, fondée sur la conscience de l'existence d'une civilisation commune. De cette vision, découle une ligne d'action spécifique et une démarche européenne originale appuyée sur la volonté d'échapper à tout déterminisme, et à ne s'engager que dans un projet totalement assumé. Georges Pompidou était bien porteur d'un projet pour l'Europe.

  • L'Europe des régions, présentée à la fois comme une revendication des peuples et un objectif politique de l'Union européenne, est bien floue. Pour les Européens qui vivent dans des régions si diverses des réalités territoriales toutes particulières, le sentiment d'appartenir à un ensemble organisé au niveau supranational n'est pas évident. Dans quelle mesure les relations européennes initiées à l'échelle territoriale ont-elles joué un rôle dans l'appropriation par les Européens d'une conscience européenne ? Comment des contacts résultant d'initiatives de terrain ont-ils permis aux Européens de mieux se connaître, de se rencontrer, de vivre l'Europe au quotidien et de faire avancer la construction européenne ? Ce livre pose la question de l'incidence des pratiques locales sur la dynamique de la construction européenne et inversement. Les contributions d'historiens, de géographes et de politistes regroupées ici visent à faire le point sur les liens tissés entre les collectivités territoriales européennes et entre les sociétés qui y vivent depuis 1945. Des jumelages de communes aux grandes opérations régionales européennes en passant par toutes sortes d'initiatives associatives ou politiques et de relations variées dans les domaines scolaire, sportif, culturel, etc., une typologie et une chronologie de ces relations semblent se dégager.

  • Cet ouvrage a reçu le prix Paul Biro 2013 Prévention des risques. L'accident de Fukushima, 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl, est venu rappeler au monde l'ampleur des conséquences possibles d'un accident nucléaire. Comment s'est construite la gestion du risque nucléaire en France au cours des 70 années d'histoire de cette source d'énergie, tant lors de la conception, la construction ou l'exploitation des centrales ? Comment les spécialistes de la sûreté ont-ils répondu à la question de l'accident maximal à prendre en compte ? Quels ont été les critères de sélection des sites où implanter les installations nucléaires ? À quelle distance minimale des zones fortement peuplées ? C'est ce que découvrira le lecteur dans cet ouvrage qui s'appuie sur des sources d'archives inédites et des entretiens avec ses principaux acteurs. Sur un plan sociologique, l'ouvrage met en lumière l'évolution du rôle des protagonistes du monde nucléaire français, entre promoteurs industriels, experts de sûreté et ingénieurs de l'administration chargés de son contrôle, dans un contexte mouvant où la sensibilité environnementale de l'opinion vient modifier le dialogue traditionnel entre ingénieurs des grands corps. Cet ouvrage livre ainsi une grande fresque où les acteurs sont aussi bien les neutrons, les grandes agences gouvernementales, les colloques internationaux, que les ingénieurs du Corps des Mines ou les manifestations d'opposants.

  • Dans un contexte de polarisation croissante des opinions publiques au plan international, comment la question religieuse est-elle soulevée en France, aux États-unis, en Belgique, au Canada ? Commissions parlementaires, rapports gouvernementaux et lois font écho à une diversification religieuse souvent perçue comme menaçante et aux problèmes inédits que poseraient l'islam et les sectes. Quelles politiques religieuses en résulte-t-il ? En mobilisant quel type de savoir ? Tel est l'objet de ce livre, lequel permet une première analyse croisée des identités, des valeurs, des images et des mythes véhiculés par les décideurs publics et par divers groupes de la société civile engagés à nouveaux frais - sur fond de globalisation, de symboles nationaux et de droits universels - au tracé des frontières entre le public et le religieux. In a context of increasing polarization of public opinion about religious questions, how do issues involving religion appear in France, the United States, Belgium, and Canada? Parliamentary commissions, governmental reports, and laws pertaining to Islam and to so-called sects often lead to the promulgation of regulations that reflect the public's anxiety that religious diversity per se is threatening. The purpose of this book is to examine some of the identities, values, images, and myths that are perceived by decision makers and by participants in civil societies when boundaries are drawn between the public and the religious at the place where globalization and universal human rights meet.

  • La construction européenne est souvent présentée ou perçue comme un processus technocratique imposé aux peuples par les élites à la suite du désastre de la Seconde Guerre mondiale et du traumatisme de la Guerre froide. La crise actuelle que connaît l'Union européenne semble ainsi démontrer l'absence de solidarité entre les États et les peuples du continent, par manque d'identité partagée et de projet politique démocratiquement accepté. La création d'une citoyenneté européenne par le traité de Maastricht, en 1992, n'a pas enrayé le désintérêt des citoyens des États membres, pourtant de plus en plus affectés par les politiques européennes, à l'égard de l'Union et de ses institutions. Dans une perspective résolument interdisciplinaire, à la croisée de l'histoire, du droit, des sciences politiques, de la sociologie et de la philosophie, cet ouvrage entend dépasser ce constat d'échec un peu simpliste, pour étudier les modalités et les visages de la citoyenneté européenne, son émergence progressive depuis les premiers projets de l'entre-deux-guerres, ses limites et ses insuffisances, mais aussi ses perspectives, à long terme comme dans un avenir proche.

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