Presses Universitaires de France

  • L'histoire universelle serait obsolète, eurocentrique et dépassée ; l'avenir serait à l'histoire globale. Hervé Inglebert s'attaque à cette thèse pour la juger trop réductrice : l'histoire globale ne concerne qu'une période limitée et une thématique particulière de l'histoire de l'humanité, qui sous-estime notamment les apports germaniques et les productions chinoises. Elle représente certes un apport original en termes de perspectives, de méthodes et de connaissances, mais elle n'est pas forcément un stade nouveau de la pensée de l'histoire du monde. À chaque génération, le poids du présent est particulièrement sensible, et il en est de même aujourd'hui dans le champ de l'histoire globale. Ces travaux, fussent-ils « à la pointe de la recherche », sont par essence datés. Il faut donc historiciser les historiens d'aujourd'hui.

  • À l'occasion du XXe anniversaire de la chute du mur de Berlin et de l'effondrement de l'Union soviétique, qui ont marqué la fin du XXe siècle, la Fondation pour l'innovation politique publie l'ouvrage Sortir du communisme, changer d'époque.
    Ce livre a pour objectif de rendre hommage à un moment historique d'une importance considérable, très peu salué comme tel en France, et de mieux connaître les conditions qui ont accompagné la fin du communisme.
    Sous la direction de Stéphane Courtois, une équipe d'une vingtaine d'auteurs d'horizons et de nationalités multiples dressent par leurs expertises un bilan provisoire de la décommunisation dans les ex-pays soviétiques. Ils reviennent sur la nature du communisme, phénomène qui s'est imposé dans le monde entier à partir de 1917 et qui a marqué toute une époque, ainsi que sur les raisons de son brusque effondrement et son impact sur la société civile. Ce livre décrypte la difficile mutation du totalitarisme à la démocratie, la persistance du communisme dans l'Europe réunifiée et son évolution.
    L'échec du modèle soviétique a eu notamment pour conséquences le déclin du parti communiste en France et la montée du nationalisme en Russie. L'échec du communisme laisse à ce jour l'humanité incapable de proposer un modèle alternatif de production et de redistribution des richesses.

  • A partir d'une analyse de la perception courante du corps gravement handicapé, de l'étude des exhibitions des monstres au XIXe siècle et de l'histoire de la tératologie scientifique, l'auteur s'efforce de comprendre ce qui se produit en nous face au corps difforme d'un individu et nous pousse à penser que c'est un "monstre". En nous confrontant aux limites de notre tolérance, la grande difformité physique nous révèle nos craintes liées au corps mutilé, dégradé, non viable. Elle suscite des peurs irrationnelles de contamination et des fantasmes de métamorphose, mais aussi des angoisses rationnelles en touchant à la fragilité de l'organisme et au vécu intérieur du corps.

  • La peste a été l'une des plus effrayantes maladies infectieuses de l'histoire. Ses principaux acteurs en sont le bacille de la peste, le rat et la puce du rat. L'évolution de la maladie au fil du temps tient à la variabilité de ces acteurs : diffusion du rat noir, puis son remplacement par le surmulot, mutations du bacille de Yersin. L'homme n'en a été que l'hôte accidentel...
    Et pourtant, les conséquences démographiques et économiques des pandémies de peste (depuis la peste de Justinien jusqu'à la Peste noire du Moyen Âge et celle, mondiale, des années 1880-1920) ont été si importantes en Europe, en Asie et dans le monde musulman, qu'elles ont entraîné une modification profonde des mentalités religieuses, des craintes eschatologiques et apocalyptiques. La peste noire est à l'origine de la quarantaine, de l'apparition des flagellants, de l'épidémie de sorcellerie des Temps modernes et, au moins en partie, de la Réforme. La peste aura ainsi marqué profondément le langage, la littérature classique et moderne, et l'art religieux puis profane.

  • L'histoire des intellectuels s'inscrit toujours à la croisée des histoires politique et socioculturelle. Le bilan dressé dans cet ouvrage prend en considération des études et analyses françaises mais aussi étrangères en tenant compte des apports de disciplines voisines qui donnent forme et sens à la vie intellectuelle.

  • Le premier volume de l'Histoire grecque de Gustave Glotz couvre la période depuis les origines jusqu'aux guerres médiques.

  • Le quatrième et dernier volume de l'Histoire grecque initiée par Gustave Glotz. Il vient clore cette somme en traitant de l'empire d'Alexandre le Grand.

  • Cet ouvrage prolonge le travail entrepris dans le Tome I (2e éd.) sur les représentations collectives au Moyen Age, entre le XIe et le XVe siècle. L'auteur a retenu cinq thèmes essentiels dont l'approche a été récemment renouvelée : les lieux et espaces, théâtre des relations complexes entre les groupes humains - le corps, objet d'une attention discrète mais réelle - le travail avec la valorisation de l'oeuvre - les représentations socio-politiques donnant à la royauté une place prédominante - les prophéties et visions apocalyptiques au service d'intérêts spirituels ou temporels.

  • On assiste de toutes parts au « retour » de l'événement. Aux notions de structure, d'invariant, de longue durée, d'histoire immobile se sont substituées les notions de chaos organisateur, de fractale, de théorie des catastrophes, d'émergence, de mutation, de rupture... Ce basculement n'affecte pas la seule discipline de l'histoire. Il est général à l'ensemble des sciences humaines et atteste une préoccupation nouvelle d'attention à ce qui advient de nouveau dans une interrogation renouvelée sur l'événement. François Dosse, dont les travaux en historiographie sont connus, met dans cet ouvrage la notion d'événement à l'épreuve du regard de diverses disciplines pour en mesurer la fécondité potentielle. Comme l'a dit Michel de Certeau, « l'événement est ce qu'il devient », ce qui induit un déplacement majeur de l'approche de l'événement de ses causes à ses traces. Telle est la grande nouveauté que perçoit l'auteur et qui change radicalement notre rapport à l'événement en le défatalisant. On ne peut donc parler d'un simple « retour » de l'événement au sens ancien du terme.

  • Héritière de la Lieutenance générale, la police judiciaire parisienne s'installe au 36, quai des Orfèvres dans la seconde moitié du XIXe siècle, après l'incendie du palais de justice qui a ravagé durant la Commune les anciens locaux de la police criminelle rue de Jérusalem. Dirigée par des hommes charismatiques tels que Vidocq, Canler ou Goron, l'adresse devient celle d'une véritable institution en 1913 avec la naissance d'une direction autonome sous l'impulsion de Célestin Hennion, le successeur de Louis Lépine.
    Liée à nombre d'événements tragiques des IIIe, IVe et Ve Républiques (affaires Stavisky, Petiot, Ben Barka, attentat du Petit-Clamart, Action directe, etc.), la « maison de la mort » traverse un XXe siècle politiquement instable où les réussites largement médiatisées de la Brigade criminelle et de l'antigang créée en 1964, mais aussi les nombreux romans de Simenon et les films de Clouzot et de Marchal, rendent le lieu tour à tour mystérieux, effrayant ou mythique.

  • Pierre Renouvin et Jean-Baptiste Duroselle ont, dans un livre publié en 1964, transformé l'histoire diplomatique traditionnelle en une nouvelle discipline : l'histoire des relations internationales, qui prend en compte les rapports non seulement entre les États, mais aussi entre les « peuples ». Il n'est pas possible, à leurs yeux, de bien comprendre la vie internationale sans analyser ces « forces profondes » qui surgissent des sociétés et reconstituer l'écheveau complexe des « processus de décision » en politique étrangère.
    Depuis cette oeuvre pionnière, l'histoire des relations internationales a connu bien des métamorphoses. À la lumière des apports des autres sciences sociales, les historiens internationalistes requestionnent les notions, analysant à la fois les « systèmes internationaux » et les « dynamiques trans-nationales », et le rôle des acteurs étatiques et non étatiques. Ce livre se veut aussi un manifeste en faveur d'une discipline qui, en cette époque de nouvelle globalisation et de violences accrues, aide à penser la complexité du monde actuel et à éviter les solutions simplistes en matière de guerre et de paix.

  • Et pourquoi ne pas raconter l'histoire par ses plats ?
    Petite et grande histoires se sont faites autour de plus ou moins bonnes tables, en plus ou moins bonne compagnie. Guerre ou armistice, loi ou traité, diplomatie ou espionnage : les décisions se prennent en mangeant et parfois dépendent de ce que l'on mange. Organiser un bon banquet sera un appel à la paix, tandis que mourir à table apparaîtra du plus mauvais goût. Prendre l'histoire par sa gastronomie, c'est aussi étudier les aspects économiques et sociologiques du quotidien, rendre tangibles les migrations de populations et comprendre les identités culturelles.
    Quel fruit est à l'origine des guerres puniques ? Comment l'oeuf est-il devenu le symbole de la résistance huguenote ? Du champagne de Churchill à la pomme de terre des Prussiens, c'est à tous les niveaux que l'« on est ce que l'on mange ». Jean Vitaux s'attache à nous le démontrer.

  • La liaison entre l'affirmation d'un Etat et celle d'une langue et d'une culture n'est pas seulement une coïncidence chronologique. Un Etat moderne ne se développe et ne se renforce que par l'adhésion que lui apporte la société politique dont il est à la fois l'expression et l'instrument. Il y a entre le développement et renforcement du pouvoir et les mots qui permettent de concevoir, de défendre ou d'attaquer ce développement, un rapport étroit et consubstantiel, à la fois de l'ordre du penser et de celui du faire. D'où le choix de l'auteur d'analyser cette émergence de l'Etat moderne à partir de l'exemple classique de l'Angleterre entre 1300 et 1600, non par l'étude des institutions ou celle des armées, mais par celle de la culture et de la société politique, à travers les écrits qui expriment les idées de ceux ayant laissé des traces de leurs pensées et de leurs actions. Ce travail ici publié s'accompagne de la publication sur un site internet (lamop.univ-paris1.fr) d'un Dictionnaire répertoriant les auteurs et les textes importants dans les domaines de l'histoire et du politique en Angleterre entre 1300 et 1600. L'auteur envisage de compléter cet énorme travail de réflexion par un volume consacré à l'analyse des productions linguistiques et de leur contenu sémantique, des stratégies discursives et des choix lexicaux.

  • Depuis vingt-cinq siècles ce sont des Orients et des Occidents qui se font la guerre. A travers un récit historique vivant et très documenté, l'auteur retrace, en cinq grands types en suivant le déroulement chronologique, ces rapports d'hostilité, que ce soit des oppositions identitaires touchant au statut de l'individu, un choc entre nomades et sédentaires, le fait religieux, une conception divergente du politique ou un clivage riches/pauvres. Ces épisodes guerriers montrent combien la dimension culturelle des conflits a toujours été déterminante et qu'il n'est pas inutile de tirer les enseignements d'une Histoire porteuse des pires cauchemars de l'humanité. Un livre passionnant.

  • De la Renaissance aux temps de la Révolution, l'Europe apparaît comme le champ de guerres incessantes qui la conduit, au XVIIIe siècle, à inventer la diplomatie en perfectionnant l'art de la négociation, en adoptant des règles qui s'imposent peu à peu à tous les Etats. Cet ouvrage montre que la recherche de la paix marque la vie politique européenne et donne naissance à un monde original d'ambassadeurs et d'agents variés. Cette synthèse remarquable est aussi une réflexion sur l'art de la paix élaboré par les diplomates sur plus de trois siècles, considéré comme un caractère essentiel de la dynamique européenne et de son identité. Cet ouvrage a reçu le Prix Thiers de l'Académie française et le Prix Albert Thibaudet 2008.

  • L'école, en France, s'enracine dans une véritable confiance en la raison. C'est François Guizot et Victor Cousin qu'il faut aller lire pour comprendre comment l'histoire de l'école et l'histoire de la pensée sont liées depuis le XIXe siècle.

  • Cet ouvrage est une réédition numérique d'un livre paru au XXe siècle, désormais indisponible dans son format d'origine.


  • Avant-propos : Un modèle politique opératoire et complexe, 7
    PREMIÈRE PARTIE
    L'élaboration du modèle, de la cité grecque à l'aube du XXe siècle, 11
    La cité grecque, modèle de la République des Républicains, Henri Van Effenterre, 13 Citoyenneté française et citoyenneté romaine. Essai de mise en perspective, Claude Nicolet, 19 Les Jacobins et l'opinion publique, Lucien Jaume, 57 L'organisation du suffrage universel sous la Seconde République, Raymond Huard, 71 De Jules Ferry à Raymond Poincaré, ou l'échec du constitutionnalisme républicain, Odile Rudelle, 91 Socialisme et République avant 1914, Alain Bergounioux, 117DEUXIÈME PARTIE
    L'âge d'or du modèle républicain, 1900-1939, 129
    Le mythe fondateur : l'affaire Dreyfus, Michel Winock, 131 Les institutions républicaines au début du XXe siècle, Serge Berstein, 147 La culture républicaine dans la première moitié du XXe siècle, Serge Berstein, 159 La politique sociale des opportunistes, 1879-1885, François Ewald, 173 La politique sociale des Républicains, Serge Berstein, 189 Le modèle républicain français dans la culture politique de l'antifascisme italien, Pierre Milza, 209TROISIÈME PARTIE
    La promotion républicaine, 227
    Condorcet : des progrès de la raison aux progrès de la société, Lucien Jaume, 229 Des boursiers conquérants ? École et "promotion républicaine" sous la IIIe République, Jean-François Sirinelli, 243 L'atelier et la boutique : deux filières de mobilité sociale, Nonna Mayer, 263 Une voie de la promotion sociale : la fonction publique ? Jean-Luc Bodiguel, 283 "Promotion républicaine" et "promotion sociale" de la IIIe à la Ve République, Odile Rudelle, 305 Témoignage de M. Michel Debré, ancien Premier ministre, 312QUATRIÈME PARTIE
    Crise et reconstruction du modèle républicain, des années 1930 à nos jours, 317
    La contestation du modèle républicain dans les années 30 : la réforme de l'État, Nicolas Roussellier, 319 Vichy face au modèle républicain, Jean-Pierre Azéma, 337 La IVe République : république nouvelle ou restauration du modèle de la IIIe République, Serge Berstein, 357 De Gaulle et la République, Odile Rudelle, 383 La Ve République : un nouveau modèle républicain ? Serge Berstein, 407
    Conclusion, 430

  • Cette étude se propose de saisir un moment particulier de l'histoire européenne : la coopération, puis la confrontation culturelle entre les vainqueurs de la Seconde guerre mondiale, sur le terrain de Berlin, ville qui deviendra à l'issue de la période l'un des enjeux, et le symbole de la guerre froide. L'originalité de ce travail est double : elle tient en premier lieu à la démarche comparative, puisque l'auteur, s'appuyant sur des archives et des sources nécessairement variées et asymétriques, s'est efforcé d'interroger de manière égale les pratiques culturelles respectives des Américains, des Britanniques, des Français et des Soviétiques chargés à Berlin d'administrer l'art de la rééducation. La seconde originalité de cet ouvrage vient de l'attention prêtée aux contenus des manifestations culturelles, ainsi qu'à leurs effets sur la population berlinoise, une attention qui tient en partie à l'expérience professionnelle de l'auteur, qui fut lui-même chargé d'une mission culturelle à Berlin au lendemain de l'unification allemande. Cette enquête résolument narrative se situe à niveau d'homme, de lecteur, de spectateur. C'est ainsi que l'on a cherché à faire revivre une brève période de dialogue international, sur fond de renaissance de la culture allemande : bonnes volontés initiales, incertitudes, improvisations, mais aussi arrogance et susceptibilités de vainqueurs inégaux entre eux, humiliation et sentiment de culpabilité des vaincus, méfiances, soupçons, calculs, manipulations, ce sont aussi les émotions de l'immédiat après-guerre qui constituent le corps de ce récit.

  • Depuis une quinzaine d'années, l'enseignement du fait religieux réapparaît en France comme nécessaire. Mais cet enseignement ne va pas sans difficultés, quels sont les écueils à éviter ? Cet ouvrage montre très concrètementcomment est mené cet enseignement religieux dans les collèges et lycées de la République. Il permet de mesurer l'importance d'une approche pédagogique distanciée et surtout dépassionnée pour transmettre aux citoyens de demain les connaissances nécessaires à la compréhension de l'histoire de l'humanité.

  • Cet ouvrage poursuit l'étude de la pensée raciale dans la France des années 1930, initiée par l'auteur dans un ouvrage précédent. Il montre la persistance d'approches différencialistes et inégalitaires de l'altérité dans la communauté savante comme dans le monde colonial. En analysant un certain nombre de mythes, ce livre apporte une importante contribution à l'étude de la culture républicaine.

  • Entre la puissance du mouvement étudiant et d'un mouvement social d'ampleur inédite, les intellectuels sont au centre d'une contestation radicale de leur légitimité qui nécessite une dedéfinition de leur fonction.
    Cet ouvrage fourmille de documents de l'époque sur lesquels l'auteur a appuyé sa recherche et son analyse, et qu'il met à la disposition de ses lecteurs.

  • Comment définir le concept d'empire ? L'espace constitue la marque distinctive de l'empire par rapport au royaume. Cet espace est organisé, l'empire est centralisé et unifié, les peuples sont soumis. L'armature politique et fiscale est essentielle, le droit prime la langue et la religion. L'empire est fondé sur une civilisation universelle et unique. Mais l'empire est inéluctablement voué à la mort, lente, par une décadence de l'autorité et des moeurs, brutale, due à l'ennemi extérieur, rival ou barbare. En Occident, il n'est pas d'empire sans référence à l'Empire romain. Il n'y a en définitive qu'un Empire, celui de Rome.

  • Il n'est plus possible de donner foi au mythe du savant qui, au moment de se mettre au travail, abandonnerait tout de ses attaches, de ses passions, de ses antipathies. Chacun reconnaît aujourd'hui qu'en sciences humaines, précisément parce qu'elles sont humaines, la personnalité et le destin du chercheur sont tout sauf indifférents. C'est sans doute plus vrai encore quand il s'agit d'histoire. Une douzaine d'historiens de France et d'ailleurs s'interrogent ici sur le rapport entre leurs histoires personnelles et la « grande » histoire qu'ils écrivent. On ne saurait imaginer une communauté plus diverse par les origines, les âges, la formation, les objets d'études... Mais tous se sont prêtés au jeu en revenant sur les chemins de l'intelligence et du coeur qu'ils ont parcourus pour devenir les chercheurs qu'ils sont.

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