Filtrer
Rayons
- Jeunesse
- Bandes dessinées / Comics / Mangas
- Policier & Thriller
- Romance
- Fantasy & Science-fiction
- Vie pratique & Loisirs
- Tourisme & Voyages
- Arts et spectacles
- Religion & Esotérisme
- Entreprise, économie & droit
- Sciences humaines & sociales
- Sciences & Techniques
- Scolaire
- Parascolaire
- Dictionnaires / Encyclopédies / Documentation
Support
Éditeurs
Prix
L'Oeil Du Prince
-
4f.-4h. ; décor : un champ de bataille près de Troie ; durée : 1 h 20.
Penthésilée, reine des Amazones, court au combat contre les Grecs et les Troyens. Elle y rencontre Achille et tous deux, rendus fous de désir l'un pour l'autre, se poursuivront, s'uniront, se déchireront.
Héritière directe des tragédies antiques, cette pièce d'Heinrich von Kleist est centrale dans l'histoire du romantisme allemand.
La présente adaptation, préfacée par le biographe de Kleist, Joël Schmidt, en restitue toute la fougue et la violence.
-
Ceci est mon corps interroge l'histoire du corps d'une femme de 30 ans en 2021, et scrute la construction de l'injonction à l'hétérosexualité :
« En fait, la question que je me pose, enfin je veux dire ce que j'ai besoin de raconter avec ce projet, c'est comment ça se fait tu vois, comment ça se fait que des corps comme ton corps et le mien, des corps qu'on dit de femmes, à première vue des corps qui ont été protégés, qui ont été l'objet de mises en garde, l'objet d'attentions particulières, de conseils dédiés, comment ça se fait que nos corps dits de femmes, oui comment ça se fait que ces corps-là, ces corps dits de femmes de presque trente ans, ils aient subi toutes ces violences et qu'ils soient - à l'intérieur comme à l'extérieur - aussi marqués par des violences qui ont étouffé la vérité des désirs ? Parce que tu sais, le désir, c'est comme la liberté, c'est comme le feu. Ça s'étouffe. Le désir, c'est comme un cri que personne ne veut entendre. Si personne n'y prendre garde, ça se laisse étouffer. » Agathe Charnet retrace, avec beaucoup de finesse et de recul, la vie de son corps, sa vie, de sa naissance à aujourd'hui, et fait de son vécu une expérience universelle. Avec une apparente simplicité elle pose des mots sur les moments charnières de cette histoire. Il s'en dégage une force, aussi cathartique que rassurante, qui permet de comprendre. -
" Il est question de deux personnes qui s'aiment d'abord et qui le savent, mais qui se sont engagées à n'en rien témoigner et qui passent leur temps à lutter contre la difficulté de garder leur parole en la violant ".
-
Là où naissent les frontières et les châteaux de sable
Matéi Visniec
- L'Oeil du Prince
- Théâtre
- 27 Novembre 2025
- 9782351052358
Il existe des frontières naturelles et des frontières artificielles, des frontières géographiques et des frontières intérieures, des frontières culturelles et linguistiques, biologiques et métaphysiques.
Chacun et chacune naît dans un monde déjà quadrillé de frontières. Lorsqu'elles ont été tracées par les anciennes puissances coloniales, elles apparaissent comme profondément injustes, oppressives, inhumaines. Certaines, pourtant, ont été faites pour protéger la liberté et la démocratie contre la tyrannie et les modèles despotiques de société. Parfois les frontières « produisent » le contraire de ce qu'elles sont censées bloquer. Le rideau de fer, frontière idéologique qui a coupé en deux l'Europe après la Deuxième Guerre mondiale, n'a fait qu'accroître à l'Est la fascination pour « le monde libre »...
Là où naissent les frontières et les châteaux de sable se veut une invitation à la réflexion à partir d'histoires (qui sont autant de fables philosophiques) se déroulant aux abords des frontières. Nous, les êtres humains, passons notre vie à traverser des frontières de toutes sortes, et parfois nous nous y heurtons ou nous en devenons prisonniers.
Un jour mur infranchissable, le lendemain porte ouverte aux échanges, les frontières de ce recueil sont autant de récits à explorer. -
Désobéir ; la tendresse
Julie Berès, Lisa Guez, Kevin Keiss, Alice Zeniter
- L'Oeil du Prince
- Theatre
- 30 Mars 2023
- 9782351052082
Désobéir.
Nous avons choisi d'interroger de jeunes femmes issues de la première, seconde et troisième générations de l'immigration pour questionner chacune sur son lien à la famille, la religion, l'avenir.
Il y a eu la rencontre déterminante avec 4 jeunes filles de moins de 25 ans, Lou-Adriana Bouziouane, Charmine Fariborzi, Hatice Özer, Séphora Pondi. Chacune a nourri l'écriture du spectacle en apportant sa propre histoire, et à travers elle celle de ces parents.
À travers leurs témoignages, s'entrecroisent des bribes d'aveux, de souvenirs, d'évidentes soumissions, de nostalgies ambivalentes, de révoltes.
Nous aimerions faire entendre la façon dont elles empoignent leurs vies, dans un monde souvent violent où il faut lutter pour tracer sa route.
Chacune à sa manière témoigne d'un NON posé comme acte fondateur. Non aux volontés du père, non face aux injonctions de la société, de la tradition.
Nous souhaitons raconter l'histoire de victoires, de victorieuses, d'obstinées, de désobéissantes.
La Tendresse.
Ce titre La Tendresse, comme Désobéir, contient une ligne souterraine qui agit comme un programme.
Les filles de Désobéir devaient mentir aux autres pour s'affranchir des injonctions de la famille, de la société ou de la tradition.
Les garçons de La Tendresse, eux, ont souvent dû se mentir à eux-mêmes pour appartenir au « groupe des hommes », pour correspondre à la « fabrique du masculin ».
Pourtant, chacun à leur manière, ils ébranlent les assignations d'une identité d'homme fondée sur la performance, la force, la domination de soi et des autres.
En se demandant « comment être un mec bien aujourd'hui ? », ils font bouger les lignes d'une éducation reçue.
Nous postulons avec eux que c'est sans doute dans l'acceptation de sa vulnérabilité, dans l'accès à ses sentiments, dans la revendication d'une égalité de faits entre les hommes et les femmes (plutôt qu'une complémentarité de principes qui reste l'arme du patriarcat) - que réside l'une des clefs de la réinvention de soi. -
Nous étions la forêt ; Le dieu des causes perdues
Agathe Charnet
- L'Oeil du Prince
- Théâtre
- 6 Juin 2024
- 9782351052242
(Nous étions la forêt)
Le bois de la Fermette et ses proches résidents mènent une vie paisible. Leur équilibre est bouleversé lorsqu'un projet de parc photovoltaïque - qui nécessite de déboiser une portion de la Fermette - est annoncé. Certes, l'intention est de produire une énergie renouvelable, mais les conséquences sur l'écosystème en valent-elles vraiment la peine??
C'est bien la question qui va tout à coup animer les habitants de la région, mettant à nu les désaccords, les divergences politiques ou, au contraire, les causes communes inattendues.
(Le Dieu des causes perdues)
Après une fausse couche, Anna part à la recherche de son frère, Maxime dont elle n'a plus de nouvelles depuis ses douze ans. !
En quête de signes, Anna se lance dans une épopée initiatique mue par une seule question : quand l'absence et le silence envahissent tout, en qui croire, à quoi s'accrocher ? ! -
Dans le cabinet secret de Barbe-Bleue, il y a toutes les femmes qu'il a aimées puis assassinées. Elles nous racontent leurs histoires ; comment elles se sont fait séduire, comment elles ont été piégées. L'excitation, au début... Comment elles n'ont pas su s'enfuir. En rejouant leurs histoires, elles tentent de trouver des « fins alternatives », de s'entraider en vue d'une libération posthume.
-
Avant, il y avait Papillon, 14 ans bientôt 15, et maintenant, il y a Méduse. Entre les deux, il y a eu le renversement du monde. Il y a eu la déchirure d'être devenue, une nuit, la victime d'un mot en « v », que Méduse n'ose pas prononcer.
Depuis, tous les mardis à 18h30, Méduse va à l'hôpital de la ville, elle s'installe dans la salle à la moquette mauve et gris, et elle écoute Niels, Hélène et Alice, parler de ce qu'ils ressentent depuis qu'ils ont connu leur renversement du monde, la déchirure, le mot en « v ». Sauf que parler, Méduse n'y arrive pas. Alors, elle écoute. Pour tenter de le comprendre, ce monde qui s'est soudainement renversé.
-
Le manuel de la jeune mariée 1957
Virginie Lemoine
- L'Oeil du Prince
- Théâtre
- 2 Octobre 2025
- 9782351052341
1957... c'est à peu près l'année où nos mères, nos grands-mères, se sont mariées et se sont vues offrir, pour l'occasion, des guides de bonnes convenances censés les muer en épouses et en ménagères exemplaires.
Ce texte raconte cette époque, au travers de ces conseils ahurissants (et rigoureusement historiques), de récits de vie et de chansons.
Une forme d'hommage à celles et ceux qui nous ont précédés et qui ont tant fait pour nous.
-
16 scènes de couples qui oscillent nerveusement entre rire et drame?: parents, amants, étrangers, maris et femmes, divorcés, veufs, tous se débattent avec leurs susceptibilités, leurs instincts, leurs idéaux. D'une étincelle se propage un feu, d'un malentendu éclate une guerre, malgré les efforts surhumains de chacun pour coexister avec l'autre.
-
Dubaï, aujourd'hui.
Assise dans un café du plus grand centre commercial jamais construit, Elle observe le monde frénétique qui l'entoure. Elle rêve alors à un nouvel Exode conduit par Mo, une femme venue du désert, qui croisera la route d'Abhishek et de Ketut, travailleurs immigrés au sein de cette cité démesurée.
Ensemble, ils partageront leurs espoirs, leurs rêves et leurs révoltes, sous un soleil ardent qui ne dépasse, officiellement, jamais les 49 degrés. -
Aujourd'hui, dans le monde globalisé, nous sommes tous des migrants... Mais avons-nous la sagesse de comprendre notre nouvelle identité ? Avons-nous l'intelligence d'imaginer un nouveau modèle de société pour que la vie devienne vivable pour tous ? Et surtout, trouverons-nous les moyens d'imposer la paix globale et un état de droit universel pour que les migrations ne poussent pas à des nouvelles violences et à un repli inhumain sur soi ?
Matéi Visniec use de son humour et de son expérience - lui qui a fui le régime de Ceausescu, lui qui a vu, par son travail de journaliste, l'histoire se répéter - pour montrer, raconter, ce que sont les « migrants ». Ces hommes, ces femmes, ces enfants, ils ne viennent pas que d'un pays, d'un continent. Ils n'ont pas qu'une seule couleur de peau, qu'une religion. Qu'ils fuient la guerre, la famine, les dérèglements climatiques, ils ne sont pas que des instruments politiques...
Toujours avec subtilité, toujours avec intelligence et avec l'humour qui est son arme privilégiée pour aborder les sujets graves, l'auteur nous parle avec le coeur de notre humanité qu'il ne faut pas perdre.
Malheureusement, ce texte est encore et toujours d'actualité. Mais ces oeuvres sont d'autant plus nécessaires dans ce contexte qu'elles ont la force de sensibiliser les gens, et de parler pour ceux qu'on n'entend pas. -
C'est Jean Moulin qui a gagné
Jean-Paul Alègre
- L'Oeil du Prince
- Théâtre
- 2 Janvier 2026
- 9782351052372
Un ballon roule avant de s'immobiliser sous le pied d'un adolescent. Face à lui, apparaît Jean Moulin, figure familière mais silencieuse, dont la mémoire se réveille peu à peu. ?De cette rencontre improbable, naît un dialogue entre présent et passé, une traversée théâtrale où voix, lieux et visages ressuscitent un destin hors du commun.
Par touches intimes, symboliques ou historiques, la pièce révèle l'homme derrière le héros?: ses doutes, son élégance, son courage. Jusqu'à ce moment décisif où, au nom de la France, il décide d'unifier la Résistance - tandis que l'ombre de Caluire se profile déjà au loin...
-
Un building. Une entreprise. 13 étages. 32 employés. Une journée. Une scène par heure et par niveau. Hôtesses, comptables, agents d'entretien, cadres, directeurs des ressources humaines, chargés de communication s'agitent, déjeunent, coachent, prospectent ou brainstorment au rythme intempestif des crashs d'oiseaux contre leurs baies vitrées. Une ascension vers la chute...
L'écriture de la pièce, féroce, caustique et ponctuée de chansons, met en relief la noirceur des thèmes abordés : la perte de notre identité dans l'entreprise et, avec elle, celle de nos idéaux.
Comédienne et auteure, il m'a fallu, au cours des périodes creuses, rester perchée de longues heures sur des escarpins d'hôtesse dans le hall climatisé du palais des congrès de la porte Maillot.
Building est né d'un mal de pieds.
Léonore Confino Building est donc le fruit de l'experience. Léonore Confino sait trouver les mots pour peindre un monde de l'entreprise sans concession mais sans cliché. Elle porte un oeil à la fois grinçant et dénonciateur des abus du monde de l'entreprise, tout en conservant un regard bienveillant sur ses personnages. À mesure que l'on gravit les étages, l'aliénation de chacun se fait plus pesante, au rythme des pigeons qui s'écrasent dans les baies vitrées comme autant de chocs qui ramènent à la vie les personnages les uns après les autres. Mais l'on ne peut empêcher le chaos final qui prend place au dernier étage, si haut que toute réalité terrestre n'a plus prise en ces lieux. -
Spirit : Comédie occulte du siècle 21
Nathalie Fillion
- L'Oeil du Prince
- Théâtre
- 27 Novembre 2025
- 9782351052365
Paris, printemps 2014. Par l'intermédiaire d'un mystérieux agent immobilier, trois soeurs, intellectuelles précaires, emménagent dans l'appartement où a vécu Lénine en 1909. Elles y sont confrontées à des phénomènes étranges. L'appartement est-il hanté?? Ou habité par une autre histoire??...
Dans un trois-pièces-cuisine ordinaire, deux temporalités, deux histoires parallèles vont se croiser, se choquer, interférer. Spectres du passé contre vision de l'avenir, chaque époque est le fantôme de l'autre, son miroir déformant. Les personnages historiques questionnent nos convictions, nos engagements présents, tandis que les contemporains ébranlent les fantômes du passé dans leurs certitudes. Piégés dans un non-temps qui leur échappe, ces êtres qu'un siècle d'histoire sépare devront partager l'espace, le temps d'une nuit sans fin.
-
Elles sont six psychologues dans un centre psychiatrique. Chaque mercredi elles se retrouvent pour le « psychodrame », une thérapie qui consiste à mettre en jeu, en scène, comme des petites scènes de théâtre, ce que leurs patientes ont du mal à dire en séance classique. Le jeu, comme une enquête, permet de déceler les souvenirs enfouis, les traumatismes, les désirs inavoués et de les mettre à distance. Elles croient fermement en cette thérapie demandant trop de moyens humains pour les gestionnaires et menacée d'extinction... Elles tiennent ensemble face aux tempêtes de l'érosion des services hospitaliers, aux tempêtes de leurs vies de femmes, avec les secousses que provoquent en elle le jeu avec les patientes.
-
Au départ, il y a une question inspirée d'un vers de Rimbaud posée par Patrice Douchet, directeur du théâtre de la Tête Noire (Saran) à Agathe Charnet : « Est-on (pris au) sérieux, quand on a dix-sept ans ? » Une impulsion poétique comme un prétexte à la rencontre d'une vingtaine de jeunes âgé·e·s de quatorze à vingt-deux ans, de Saran et d'ailleurs.
Dix-sept ans, des corps qui se transforment, des voix qui s'affirment, des destins qui se dessinent.
Dix-sept ans, l'âge des premiers assauts de la vie et des lancées folles à la poursuite du monde.
Dix-sept ans aujourd'hui.
Éclater de jeunesse et de lucidité dans un monde abîmé. Et ne pas en perdre sa fougue.
Car de nouveau, au milieu du tumulte nécessaire, convoquer Rimbaud :
« Nuit de juin ! Dix-sept ans ! - On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête...
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser Qui palpite là, comme une petite bête... ».
Un texte à partager dans les lycées comme les conservatoires ou pratiques théâtrales à destination de la jeunesse. -
Une famille dysfonctionnelle, le père, la mère, les deux frères Max et Jérôme ainsi que son épouse Alice, se réunissent exceptionnellement pour un événement qui va changer leur vie.
-
Ce jour-là, sur la chaîne de découpe de l'abattoir, il n'y a pas que des vaches. Ce jour-là, il y a une femme suspendue la tête en bas au milieu des bovins, une employée de l'abattoir qui n'a rien à faire là. Ses collègues protestent : c'est à cause de la rapidité des cadences qu'elle s'est retrouvée dans cet état. Une grève se profile, mais personne n'en a jamais fait et surtout, personne n'est prêt à endosser le rôle de porte-parole. Sous l'oeil las des vaches attendant la reprise des cadences, les ouvriers et ouvrières improvisent un soulèvement aux méthodes inaccoutumées.
-
Masculin d'aujourd'hui : père largué par sa femme.
Masculin d'aujourd'hui : fils sans repères.
Masculin d'aujourd'hui : intrus en lutte contre le monopole des glandes mammaires.
Masculins de demain, prendrez-vous une carabine pour tirer dans la cohorte féminine ?
Sur le seuil de sa perpétuité, trente ans après le drame pour lequel il a été emprisonné, un condamné livre son ultime Pater Noster.
Un poèmologue qui convoque les figures d'un adolescent et de son père quinquagénaire, fanatisés par un jeune masculiniste prêchant la contre-révolution féministe. -
Quand des papillons carnivores envahissent la ville, mais ne dévorent que les personnes faisant des mouvements brusques, on est bien obligé, tout d'un coup, de prendre son temps. Le ver dans la pomme se pose bien des questions sur le monde à l'extérieur de son fruit. Un interrogatoire intense avec pour enjeu de la ficelle.
Autant de scènes curieuses qui nous font réfléchir avec bienveillance.
Toujours avec cette écriture qui touche à l'absurde qui le caractérise si bien, Matéi Visniec pose un miroir déformant devant le monde et joue avec malice de nos repères. On pourrait y voir des saynètes à l'humour grinçant, poétiques, parfois graves, parfois loufoques, mais c'est avec beaucoup de subtilité que l'auteur, en sous-texte, nous parle de nous, de nos émotions, de notre société, de nos excès.
-
-
Avec sa précédente création, Les Femmes de Barbe-Bleue (également aux éd. L'OEil du Prince) - réinterprétation du conte de Perrault -, Lisa Guez mettait en scène cinq comédiennes qui parlaient d'un absent, leur grand amour et leur bourreau.
Le texte, parce que d'une brûlante actualité, a connu un succès important, couronné du prix du festival Impatience et dernièrement joué au théâtre Paris-Villette.
Du point de vue des femmes assassinées, on y regardait comment se déclenche le désir, comment on se prend dans la toile de l'emprise de l'autre, jusqu'à une mise en péril de sa propre identité.
Celui qui s'en alla, c'est l'envers des Femmes de Barbe-Bleue. Cette fois, l'autrice et metteuse en scène travaille sur l'autre part de l'emprise. La figure du manipulateur. Qu'est-ce qui motive un être humain à collectionner et à échafauder les désirs des autres ? Comment est-il lui-même esclave de toutes les projections qu'il suscite ?
À nouveau, le travail d'écriture s'appuie sur les improvisations des comédiens et sur la réinterprétation de deux textes classiques : Les Démons, de Dostoïevski et le conte des frères Grimm, Celui qui s'en alla connaître la peur.
Les personnages du texte de Dostoïevski, leurs enjeux relationnels, permettent une réécriture qui vient appuyer sur l'emprise que chacun a sur les autres. On prend conscience de la complexité de ces relations, que l'on peut être sous emprise tout en manipulant quelqu'un d'autre et que ce cercle vicieux, à force de petites choses qui ne paraissent rien, des mots, des gestes, peu conduire loin, trop loin. -