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La pièce Disgrâce met en scène un trio de personnages, une mère, son fils et une avocate, que nous découvrons alors qu'ils sont unis dans une épreuve légale. Le fils, animateur vedette et grand séducteur narcissique, est en effet poursuivi par plusieurs jeunes femmes pour des comportements sexuels inappropriés et violents. Dans un ballet troublant d'échanges entre les protagonistes, Nadia Girard Eddahia joue habilement avec les codes sociaux pour illustrer, de façon éloquente, les zones grises qui existent entre la morale et la justice, de même que les enjeux de pouvoir et d'influence qui peuvent s'exercer dans les relations humaines. Si la lecture du témoignage de l'une des victimes alléguées suscite l'empathie, la lecture des arguments de l'avocate de la défense montre bien que dans une cause comme celle-ci, rien n'est évident. Il est absolument impossible de sortir de cette lecture sans être profondément troublé; souhaitons qu'elle ouvre de nombreux dialogues et qu'elle alimente la discussion sur la notion de consentement, entre autres.
Il a pas arrêté de commander des shooters, de dire que j'étais belle, qu'il avait besoin de quelqu'un comme moi dans sa vie. J'étais un peu saoule pis le bar a fermé, j'étais loin de chez moi. Il habitait juste à côté, il m'a dit que je pouvais dormir chez lui. Rendue là, j'ai pas trop pensé, je l'avoue, mais je... Je veux dire, ça arrive qu'on dorme sur le sofa de quelqu'un après une veillée. J'étais un peu saoule, j'ai pas pensé pis j'ai accepté. -
En dessous de vos corps je trouverai ce qui est immense et qui ne s'arrête pas
Steve Gagnon
- Instant Meme
- 23 Septembre 2013
- 9782895023395
Le jour où la belle Junie emménage avec Britannicus, le royaume d'Agrippine est menacé. Néron n'a plus qu'une idée en tête, posséder Junie, quitte à mettre Octavie dehors. L'ordre établi s'écroule et tous se retrouvent dans une course à qui mettra le feu à la maison familiale.
Si les personnages sont empruntés à Racine, c'est dans un royaume de vinyle et de mélamine que se déploie cette histoire de trahisons, de sacrifices, de désirs, de flammes et de corps ensevelis sous la neige et les cendres, mais aussi d'amours infinis. -
Deux frères se retrouvent sur la ferme familiale pour la lecture du testament de leur père. L'aîné, Arnaud, a quitté la maison quatorze ans auparavant. Devenu correspondant de guerre, il n'a plus jamais donné de ses nouvelles. Armand, son frère, l'accueille carabine en main.
Brisé par l'horreur des conflits, Arnaud peine à comprendre la rage qui habite Armand. Mais, traqué par ses souvenirs, il ne peut plus se dérober. Il doit creuser et déterrer ce qu'il gardait enfoui, libérer les mots qui l'étranglent.
Avec la pièce Dehors, le dramaturge, comédien et traducteur Gilles Poulin-Denis signe sa troisième oeuvre. L'auteur, originaire de la Saskatchewan, marie avec adresse et sensibilité l'anglais au français dans une écriture précise et poétique. À travers le personnage d'Arnaud, il explore les passages empruntés par un homme en quête de repères. -
Bouleversé par le décès de sa mère, un jeune archéologue accepte d'aller travailler sur un chantier de fouilles à des milliers de kilomètres de chez-lui. Loin de Montréal, étourdi par une fuite en avant qui ne semble pas combler l'immense vide laissé par la disparition maternelle, il fait la rencontre d'Edna, qui l'accueille pendant son séjour. Avec l'aide de cette femme sensible et vraie il parvient à se réconcilier avec la vie pour mieux revenir à sa belle infirmière, Nathalie.
Avec une tendresse et une violence d'une rare complémentarité, Steve Gagnon donne la parole à un homme déchiré, un adulte / enfant incapable d'affronter l'existence. Touchant et sincère, le personnage qu'il crée dans Os. La montagne blanche exprime avec simplicité toute la douleur et la colère du deuil, sans compromis ni concessions. -
Pièce de théâtre. Un an après le suicide de son amoureux, une jeune femme retourne sur la montagne où ils aimaient tant se retrouver, là même où il s'est enlevé la vie. Par la présence en scène du jeune homme, Steve Gagnon superpose deux époques : le moment présent du deuil si difficile et l'évocation des moments de bonheur commun, mais aussi du mal de vivre qui a conduit le jeune homme à la mort.
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Pièce sur l'exil, l'exil comme une déchirure, Un est un monologue autobiographique dans lequel le personnage raconte son Iran perdu. Parti enfant de Téhéran, il passe par Paris, Toronto, Ottawa, puis Montréal. Partout il sera l'autre, celui qui ne ressemble pas à la majorité, celui qu'on oblige à se définir. Lui se dit Iranien, mais l'est-il réellement ? L'origine, la langue, les traditions partagées suffisent-elles pour s'identifier à un peuple ? Qu'a-t-il en commun avec les Iraniens de son âge qui se battent pour leur liberté, pour leur pays, pour leur vie ? Aujourd'hui, à Montréal, il tente de retrouver son unicité.
Mani Soleymanlou nous offre ici un texte vibrant sur l'identité et la mémoire, sur l'oubli et la perte de soi.
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Troisième partie d'une trilogie (La longue marche dans les avents, Leméac, 1984 ; Le tétreau des apatrides ou La veillée en armes, Septentrion, 1995), cette pièce de théâtre condense une partie de l'histoire du Canada français du xxe siècle, sur le mode de la superposition historique : on voit en effet des personnages historiques comme Arthur Buies et Laure Conan côtoyer des personnages de fiction s'échelonnant sur le siècle - soldats canadiens, membres du clergé, Indiens de Batoche, etc. Les petits drames intimes des uns et des autres servent ici à éclairer l'histoire d'un pays qui se souvient, certes, mais mal.
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La trilogie inachevée : Polichinelle, Pierrot (fragment), l'imbécile
Lomer Gouin
- Instant Meme
- 22 Mars 2010
- 9782895022954
Voici réunie et publiée pour la première fois l'oeuvre théâtrale de Lomer Mercier Gouin. Contemporain de Refus global mais davantage influencé par les artistes de l'entourage d'Alfred Pellan, par l'esthétique moderne des Cocteau, Picasso et Stravinski, Gouin puise à la commedia dell'arte dont il renouvelle les personnages. Balançant entre baroque et modernité, le dramaturge manie la critique politique à la manière d'un Ghelderode, joue des codes sociaux d'une façon qui rappelle parfois Ionesco.
André G. Bourassa, éminent spécialiste du théâtre québécois et des écrivains automatistes, rappelle l'importance de l'oeuvre malheureusement inachevée de celui qu'il considère comme l'un des premiers, sinon le premier, des tragiques du Québec. -
Dans « La fête à Jean », Pierre-Luc Lasalle donne la parole à ceux et celles qu'on entend trop peu : les endeuillés. Famille et amis sont réunis pour célébrer l'anniversaire de Jean. Mais ce sera le dernier, car Jean est atteint d'une maladie incurable. On mange, on boit, on rit, mais on pleure aussi, car la mort prochaine de Jean ravive chez certains des deuils, récents ou anciens. Proche du théâtre documentaire, mêlant fiction et réalité, la pièce aborde l'étape douloureuse du deuil dans nos vies.
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Christine et Alain ont décidé de marquer le dixième anniversaire de leur mariage en renouvelant leurs vux, dans leur Gaspésie natale. La veille de la cérémonie, pendant quAlain enterre pour la seconde fois sa vie de garçon, Christine retrouve ses deux belles-surs, Chantale sa meilleure amie de jadis et Catherine. Larrivée inopinée de David, autrefois lennemi juré de Catherine, donne un tour inattendu à la soirée. En évoquant les souvenirs de leurs années du secondaire, les quatre trentenaires laissent percer la solitude, le doute, le désenchantement et le désespoir qui habitent les uns et les autres. Dans un texte où lintensité dramatique fait bon ménage avec lhumour, Isabelle Hubert nous donne ici sa version de la crise de la trentaine. Lauteure de « La robe de Gulnara » et de« Laurier-Station » y exprime la compassion devant la souffrance de ses semblables et pose le regard lucide sur notre société qui font toute loriginalité de son écriture.
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Paco, un jeune migrant latino à la recherche de l'Eldorado américain, a entrepris avec sa mère de franchir clandestinement la frontière. Lorsque Telma glisse d'un train en marche, Paco est placé devant un choix déchirant : venir en aide à sa mère ou tenir la promesse qu'il lui a faite de poursuivre sa route quoiqu'il advienne. Deux décisions, deux récits : « Le sacrifice » ou « Les remords ».
Lançant ses personnages sur les voies de l'espoir ou de la résignation, qu'elle parsème de réalisme magique, Isabelle Hubert nous entraîne dans un monde dur, où la lutte pour la survie semble être la règle. Cette quête d'une vie meilleure peut s'apparenter à la longue migration du monarque, un papillon qui, du Québec au Mexique, traverse toute l'Amérique du Nord. L'espoir se transmet, de génération en génération. -
Barbara, Bernard et leur fils Bruno habitent une grande maison parfaitement aménagée, dans un quartier construit de maisons tout aussi vastes entourées d'arbres et de fleurs, faisant rempart contre la menace de la Ville. Normale en apparence, la famille se trouve au bord de la désintégration. Chacun vit pour soi, entretenant jalousement ses propres obsessions. Fasciné par le monde de la Rue, Bruno en ramène un jour une punkette qui cristallisera tous les désirs. Au gré des caprices de chacun, Blanche deviendra la nouvelle force centrifuge qui renforcera l'aliénation de cette famille étrange.
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L'empereur Auguste Commode vit ses dernières heures au milieu d'un banquet à Rome. À ses invités, il raconte ses exploits guerriers et ses récentes conquêtes sur les bords du Danube. Tyrannique et sanguinaire, vulgaire et débauché, il s'identifie au demi-dieu Hercule et se déclare plus grand que Jupiter. Après son assassinat, le Sénat proclame la damnatio memoriæ, la condamnation à l'oubli : on efface son nom, on détruit les statues à son effigie.
Sébastien Dodge s'inscrit en faux contre cet oubli, contre cette censure totale, et ressuscite, dans une pièce burlesque et gore, la mémoire de ces assoiffés de pouvoir et de sang qu'étaient les maîtres de l'Empire romain du IIIe siècle, successeurs légitimes ou usurpateurs. Plus de soixante personnages défilent, des plus tragiques aux plus pathétiques, dans ce condensé théâtral d'ascensions et de chutes. Entre rire et malaise, extravagance et parodie, tous ces figurants de l'histoire seront avalés par la spirale infernale de la violence. Damnatio memoriæ : pour la rédemption de la mémoire et l'obligation de se rappeler que les tyrans existent toujours. -
Une fête à l'atmosphère saturée d'alcool, de drogue et de sexe. Quatre amis dans la trentaine. Une femme, LA femme. Le récit à quatre voix de cette soirée se bouscule, dévie, se contredit, rythmé par les questionnements de chacun sur la condition masculine, l'engagement, l'amour et le couple. Et sur le besoin d'évasion qui pousse aux débordements.
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Camille, étudiante en criminologie, s'intéresse à l'impact des crimes graves en milieu rural. Quand Joé, 19 ans, commet l'impensable, la jeune femme débarque au village pour tenter de comprendre la réaction de la population. Mais elle se bute à un mur de silences, de blessures et de secrets.
Moitié suspense, moitié comédie dramatique, cette pièce rit de nos travers, s'émeut de la solidarité humaine et parle avec légèreté de sujets graves.
Le cas Joé Ferguson se présente comme un casse-tête à reconstruire, une histoire captivante et émouvante qui nous dresse le portrait de la pression insupportable autant que du réconfort extraordinaire d'une communauté tissée serrée.
Accepteriez-vous que les cendres de votre mère côtoient celles d'un meurtrier ? -
Les Contes à passer le temps conjuguent passé et présent pour offrir, d'abord, des histoires ancrées dans une ville de Québec contemporaine, grâce à la plume d'auteurs généreux. Inspirés par les quartiers de la capitale nationale, Lorraine Côté, Jean-Michel Girouard, Sophie Grenier-Héroux, Noémie O'Farrell, Jocelyn Pelletier et Erika Soucy donnent naissance à des personnages plus vrais que nature et racontent Noël comme jamais auparavant.
Dans un second temps, le recueil revisite avec enthousiasme les contes classiques du terroir québécois et d'ailleurs, de la Corriveau à la Chasse-Galerie en passant par la Reine des Glaces. Sous la plume de Maxime Robin, ces histoires intemporelles prennent vie et s'animent, portées par une langue évocatrice.
Évoquant à la fois les veillées d'autrefois et les soirées entre amis dans les cafés d'aujourd'hui, l'anthologie des Contes à passer le temps deviendra sans aucun doute un incontournable du temps des fêtes ! -
Chloé, une ado de 15 ans, étouffe dans sa vie terne de banlieue. Pour avoir la vie intense et sans limite à laquelle elle aspire, elle décide de tout quitter en effaçant ses traces.
À la merci de la bonne volonté et des exigences des camionneurs, elle parcourt les routes des États-Unis. Entre les squats, les trucks stop et les haltes routières miteuses, elle découvre le revers sordide de cette vie d'errance mais aussi l'amitié qui s'installe solidement entre deux écorchées. Elle laisse dans son sillage le désespoir de sa mère qui ne comprend pas sa rage et le sentiment d'impuissance de l'enquêteur confronté quotidiennement à la détresse qui se profile derrière les fugues. -
Buenos Aires. C'est l'époque du tango, de la milonga et du couteau ! Les artistes sont censurés par le gouvernement et intimidés par des milices fascistes. L'un de ces artistes, un poète désargenté, est enlevé puis enfermé dans une cellule. Il découvre avec étonnement que son ravisseur est «l'inspecteur Barracuda», le personnage fictif d'un tango séditieux dont il est l'auteur. De leur confrontation surgira un fil d'Ariane qui mènera le poète à une ultime illumination puis aux ténèbres. Le spectacle rend hommage aux écrivains et poètes tel que Borgès qui prirent la plume pour condamner la montée du fascisme.
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Quand Dominique apprend qu'elle est atteinte d'une grave maladie chronique, son monde bascule ; elle devra toute sa vie dépendre d'outils technologiques pour contrôler son état de santé. C'est sur ce choc, ce constat, que s'ouvre la pièce Post Humains.
Stupéfaite de constater que les compagnies qui fabriquent et fournissent les outils dont elle a besoin pour survivre peuvent également s'approprier les données recueillies, les utiliser pour influencer le comportement des patients, leur infliger des pénalités financières et les contraindre à choisir un traitement plutôt qu'un autre, Dominique part à la recherche d'une solution qui lui permettrait d'être autonome dans la prise en charge de sa maladie. Son parcours la mène à croiser des acteurs majeurs dans l'univers du post humanisme et les différentes philosophies qui alimentent cet univers troublant. Ce qui était au départ qu'une quête pour améliorer sa qualité de vie se transforme en un questionnement qui, au final, demeure sans réponse : le corps humain est-il appelé à disparaître au profit de supports technologiques ? L'humain est-il encore humain si ne subsiste que son intelligence ? La douleur, les sensations cutanées, la faim, sont-elles des expériences nécessaires ou superflues ? Doit-on à tout prix « améliorer » le corps pour transcender ses limites, ou au contraire l'accepter et simplement le maintenir en bon état ?